‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuples (volume 2)Chapitre 11 sur 39 · TI · texte numérisé non relu

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t eelle du milieu}, qui était isiHiéiKeixrsf, excelle € oà ii faisait sa vésîdénce^ à son phi^ jetûMe £ls , < BomHie Jyràdfe dont îb tinaispGi^ le ntm mi t paysrmâmeicfatéepuis s'est app^^r&Rv

fr On raconte que Tour ei; ^/ëiem, jalom ' d^ c voif que Jyràdjer amiit eir la lœi M^re portion , c Kassassîoàrem ;^ et cette anîmosîté sub$isfe en« t core eMre le& trois étalsv^ »

il fatrt peut-être cwisiiérer ce passage d'un: écrvfai» persaw, o&fnmtd' une fàià^ iagéuieu^e; mmsldl ne feut pai^ myblier qm' les fables? tes- jbjiii^ mensongères ne le sont que par fa? forBfw?, ei qu'elles ont toujours eu p€mr but de rendre rafîsôn de fait» oubliés, ou de présenter les vérités «lorafes sous l'envehifipG <|iiî lies rendait plusifirap* pantes ou maiiivs* danger euses^i Ici nomi pMrtous coifisidérer cette tradittonr comme re&pressien: %urëededeux ii^its positifs mî eusHmèmes, sah voir : Twigiuo^ commune dm^ Scythes of des Perses>, et la haine qui' les divisait.

Les chroniques nationales des Persans ont été la proie du temps.

* Langlès, note (É^uDisc. sur les Persans, p. 70, t 2, JfféDv. de Calcutta

Les Grecs et les Jiiifs n en avaient qu'une con"» naissance fort superficielle. Le premier empereur persan dont ils parlent avec étendue , est le grand Cyrus, le Kaï-khosrou des Orientaux. C'est cette habitude des Grecs d'habiller . les noms à leur guise qui a jeté tant de confusion dans l'histoire et rend i^ difficile d'établir des concordances entre eux et les écrivains de l'Orient. Cette confusion s'augmente par l'habitude des princes asiatiques de prendre de nouveaux noms, de nouveaux titres, à différentes époques et à l'occasion de divers événements. *

Ces usages , si malheureux pour nous , et dont les Juifs ne sont pas exempts , puisqu'ils accommodent les noms persans à leur prononciation^ont tout brouillé. Les Persans eux-mêmes ont perdu leur histoire civile. Leurs prêtres avaient eu soin de conserver les livres de jurisprudence et de religion , de préférence à tous les autres. ' Il s'ensuit qu'il ne subsiste rien de l'histoire authentique des Perses , avant la dynastie des Sacany-

* WiLL. Jones, 77, t. 2, Recherchée anatiques^ dise, sur les Persans.

* Ihid., 78.

des , excepté quelques traditions et quelques fa* blés.

Les chrouologistes avaient décidé que la première monarchie établie dans la Perse, était la monarchie assyrienne ; Newton ne pouvait la faire remonter au*delà de 790 ans avant Jésus- Christ y et quelques*uns plaçaient son origine au premier siècle après le déluge. Will. Jones ^ ne pouvait remonter que de cent ans au-delà de l'époque fixée par Newton .

Il paraissait fort extraordinaire que le pays le plus délicieux de UOrient fut demeuré inhabité ou du moins sans gouvernement régulier, quand l'Egypte, conquête de la civilisation, était déjà un grand royaume, lorsque enfin les Chinois avaient déjà réuni les éléments de leur vaste domination. .

C'était d.onc en dehors des documents historiques qu'il fallait chercher quelques lumières, et heureusement , les recherches n'ont pas été infructueuses. Les croyances rehgieuses et les langues ont fourni à la sagacité patiente des érudit& ,

* WiLL Jo:sES 70, t % Recherch ct^iaf ., Disc, sur les Persans.

<ïes indications pleines d'intérêt , et qui ont amené la solution de la question.

Un auteur peraan , Mohamnied Mohiisen Al- Fâny , qui i»ourut en 1081 de l'Hégim » a composé xm ouvrage extrêmement eurieux «Ktîtuié Dttbistân ^ que nètas ne connaissoBS qae par on seul extrait inséré dans le premier àe& deuK numéros, les seuls qui aient para, du New 4matic MiseelUmtf, p. 86-136, publié à Calcutta par M. Gladwin, en 1789. hi^Dabtstân est un traité des principales sectes religieuses et philosc^hiques ' connues. Après b^ncoup de déiaOs sur l'origine des choses , détails qui décèlent les prin» cipes du ^béisme ou cuke des astres» l'ant^ir parle d'une dynastie antérieure à celie des Pycb- <làdyens/la plus ancienne que l'on fsxA couuie jusqu'alors chez les Persans. Cette antique dynastie se nommait les Mahâbâdyens , dii nom de son auteur Mabàbàd. Elle subsista plnsEieors milliards d'années, dont chaque jouriéisâ composé d'une ré vektion de Saturne, ou ds tee»te de aros

Mahâbâd divisa son peuple en quatre classes :

LiNGi.ES; note*, p. 22; Calcutta, t. 2, Disc, siir les Arabes-^

Les birhmân, ou devins; tes tchettry^ ou militai* res; les bass, ou cultivateurs» et les êoùd, ou arti-> saos. Identité parfaite avec tes castes indiennes. Cette monarchie Mahâbâdyenne fit place, en Perse, à celle des Gruitehàhyens, qui fut composée de quatre dynasties, les Pichdâdyens, les Kayânyens » les Acfakânyens et les Sacanydes.

Mohammed-Mohhsen nous représente Zoroas* tre comme le premier qui ait osé contredik*e ou attaquer le livre de Mahâbâd.

Ce rôle dé réformateur que prend Zoroastre viH^vis cette ancienne religion, dont les principes étaient ceux du sabéisme , et l'organisation celle des Indous, est un faif tellement important, qu'il contient en lui seul le germe de toute la classification historique de ces premiers temps.

Il en résulte, qu une puissante monarchie avait subsisté pendant plusieurs sièdes dans llran, avant le règne de Kayoùmarats , premier Pych« dâdyen que les Persans veul^at avoir été leur premier roi ; que la religion qui précéda de beaucoup celle de 20i'0àstre^ avait continué d'être professée par pteâieurs doctes persans, jusqu'au temps où vivait l'auteur. Quelques-uns des principaux d'entre eux, persécutés par les souverains

partisans des Guèhres, s'étaient retirés dans rinde, où ils avaient composé un grand nombre^ de livres. Mohhsen avait lu ces ouvrages, et avait connu k plupart des auteurs.

Si nous pouvons ajouter foi à ces auteurs, la monarehie de l'Iran, pourrait avoir été la plus ancienne de If univers. La question est de savoir à laquelle des trois sources , indoue, arabe ou tartare (scythe), appartenaient les premiers rois de cette contrée, ou s'ils étaient issus d'une quatrième race distincte de celles-là.

A L'époque de la naissance de Mahomet , deux langues, le parsi et le pehlvi, paraissent avoir été domin^antes dans le grand empire d'Iran ; celle de la cour était le parsi , le pehlvi était la langue des savants. Indépendamment de ces deux langues, les prêtres et les philosophes connaissaient une langue très ancienne et très difficile , appelée la langue du Zend , parce qu'elle avait servi à composer un livre de ce nom, qui traitait des obligations morales et religieuses et qu'ils regardaient comme sacré, tandis que le Pâzend, son com'^ mentaire , était en langue peUhri, comme plus répandue que l'autre.

Le zend et l'ancien pehlvi sontpresque tombés

en désuétude, leparsî s'est altéré pour devenir le persan moderne , mais dans l'ouvrage de Ferdoucy on le retrouve presque sans modification et je puis avancer avec confiance (c'est Wil. Jones cpiî parle) que des centaines de mots parsis sont de pur sanscrit. On en peut conclure que le parsi est un des dialectes de la langue sacrée en usage parmi les Brachmanes.

Nous aurons à parler plus longuement des langues dans le chapitre qui leur est consacré; mais il est nécessaire d'en dire ici quelques mots, non pour discuter les témoignages qu'elles fournissent, mais pour en établir historiquement l'existence et les conditions apparentes, sauf à examiner plus tard, et nous le ferons, la question générale qu'elles font naître.

William Jones établit ensuite que le pehlvi était une langue d'origine Ghaldéenne , enfin arrivant à la nature de la langue zend il rapporte cette observation capitale :

Anquetîl dans le Zend-Âvesta a donné deux vocabulaires, zend et pehlvi. Le vocabulaire

^ Wiu. Jones, i>ï«c. sur k$ Persans, mém. de CaleuUa^ t. â.

pehlvi confirme lopinion de William Jones sur Tarigine chaldéeime de cette langue* *-

Mais» ajoute-t-il , je reconnus avec un étonnement inexprimable , que sur dix mots zend , six ou sept étaient des mots sanscrits» et même que quelques-unes de leurs modifications étaient con* formes à la grammaire de cette langue.

On doit conclure de l'ensemble de ces faits» sui* vant Will. Jones» que les plus anciennes langues de la Perse furent le chaldèen et le sanscrit , que le pehlvi et le zend en dérivent respectivement. Nous établissons avec Anquetil^ que te pehlvi dérive du zend , ainsi que le parsi. Nous croyons enfin que le zend et le sanscrit ont été une seule et même langue, dont le chaldèen dér'we luimême.

Nous ne donnons icices considérations que pour montrer qu'en dernière analyse, tous les auteurs en quelque ordre qu'ils rangent ces langues» les reconnaissent comme appartenant à la mêoie famille. La filiation, si elle peut être établie, ne le sera que par des considérations de grammaire analy-

* C'est la proposition contraire que nous adoptons. ( Lir 4, 9* partie, consacré aux Indous et aux premiers Persans.)

iique et philosophtque.L opiak>jide\VîU. Jones qui n est pas décisive sous certains rapports , ne doil; dûnc pas être isejetée sous celui que xioas signakuas; c'est tout ce c[iie nous avions l;>esoin d'établir pour admettre la conclusion sans donner un a$seiitiaiant complet à la doctrine.

Il ajoute encore que toutes ces langues œntenaient quelque mélange, et que ce mélange était tartare. En efiGet , les meilleurs lexicographes assurent que beaucoup de jnots de l'ancien persan sont pris de la langue des Cimmériens, Tartares qui faisaient partie du grand empire de Q^t- Chaq.* Ainsi, les Indiens, les Arabes, les Tartares, ont laissé des preuves évidentes de leur passage ou de leur séjour dans l'Iran long-temps avant les invasions historiquement connues de ces mêmes Arabes et Tartares. Donc, ils en étaient probablement originaires, ainsi que les pacifiques Indous. Ceux-ci, émigrés à une époque plus ancienne , av;ûe]it reçu de leurs législateurs l'injonction de n'y jamais retourner.

Ainsi, d'une part, WilL Jones ' accorde, ou plu--

* LAKSLès^note b, p. 91, t. 2, Calcutta, mém. sur les Persans.

* WiLL. Jones, iUd., 95.

tôt il affirme qu'une nation dlndous a possédé et gouverné le pays d'Iran.

La religion primitive dlran, selon Mohhsen-al- Fâny annonçait un Dieu suprême, auteur du monde, que sa providence gouvernait , elle consacrait la fraternité humaine, et prescrivait une tendresse compatissante envers les animaux eux-mêmes. * Mais cette religion pure s'altéra bientôt, et le culte des Iraniens ne fut plus que le sabéisme, ou l'adoration des astres. Le culte rendu aux planètes , dans la Perse, semble avoir fait partie de cette religion qui subsiste encore de nos jours dans certaines provinces de l'Inde. Mohhsen assure, suivant l'opinion des Persans les plus instruits , que le premier monarque de l'Iran et de toute la terre fut Mahâbâd , (nom évidemment sanscrit) qui divisa le peuple en quatre classes, qui sont les mêmes, comme nous l'avons dit, que chez les Indous. Mahâbâd reçut un livre sacré du Créateur, et le promu Igua parmi les hommes. Quatorze Mahâbâds devaient paraître sur la terre, revêtus de la forme humaine , afin de gouverner le monde. Les Indous avaient quatorze menons chargés de fonc-

* WiLL. Jones, ibid., 99.

tioDs semblables. Le premier de ces menoûs a « oommele jHremier des Mahâbâds, bîssé un livre de règlements ou d'ordonnances divines : il est bien difficile de supposer, d après cela, que la pre* mière modification apportée à ce culte ^i pur, rendu à TÉtre suprême, fut le système des brames , qui domine aujourd'hui dans les pays où le livre de Mahâbâd oumenou est la règle des obligations reb'gieuses et morales.

Kayoùmarats, que les écrivains persans donnent comme leur premier roi et le premier homme, n'arriva donc au pouvoir qu'après la chute des Mahàbâdyens. Mais la chute d'une dynastie, à la fois politique et religieuse, n'est pas une simple révolution politique , c'est aussi une modification de croyances ; aussi voyons-nous la croyance nationale prendre alors le nom de religion de Hoùchenk, et porter encore l'empreinte des lois de Mahâbâd. Zoroastre fut le réformateur de cette ancienne religion, et sa réforme dura jusqu'à la conquête des Musulmans. Saady , dans son ouvrage intitulé £t>u«tôn, ne sépare pas la religion des Guélnres de celle des Indous. Il ne se contente

* BousTAN DE Saady, ch. 8, cité par Lanclès, p. 105 du discours sur les Persans.

pas de dowier aux Braètuianes le nom de Mogh (mages); A les appelle eaoore lecteurs da umd et du pazend.

Cette confusion était-cHe réelle on femte , je ne saurais le déterminer dit le président de la société de Calcutta; mais il me paraît certain que k religion des Brahmanes, avec qui nous conversions tous les jours , était dominante dans la Perse , avant le règne de Kayoùmarats.

Ainsi, la croyance des Iraniens se rattache au culte, plus pur, des Indous; ainsi une dynastie puissante fut établie dans Tlran avant les Pychdâdyens, et cette dynastie fut commune aux Indous et aux Iraniens. Son histoire a été greffée sur celle des Indous qui fondèrent les monarchies d'Ayodhyâ et d'Indrapresthâ.

Nous découvrons donc dans la P,erse à la première origine de l'histoire, les trois races di*tifictes auxquelles nous assignons l'Inde , l'Arabie , la Tartarie.

Une question toute naturelle résulte de cet aperçu général que le reste de cel ouvrage «tst destiné à confirmer : ces races ou plutôt ces trois familles venaient -elles de pays éloignés , se ras-

«mUer dans Tir an , ou en sortirent-elles cooime d'un centre Gommnn ?

Il serait canlnke à tous les résultats obtenus jusqu'ici, de supposer qu'elles fussent venues de pays éloignés. Dans la série ascendante , depuis les Égyptiens jusqu'aux Arabes, nous avons toujours été conduits versles montagnes de TAsie centrale, pour y retrouver l'origine de la famille asiatique occidentale. Dans nos recherches sur les &miltes scythiques nous sommes arrivés au même résultat, il n'y a donc pas lieu d'admettre la première partie de la questimi. La seconde partie est directem^ent Kéeà Tobjet dont nous nous occupons, et ce sera avoir avancé beaucoup la solution du problème général qui a pour but la recherche du point de départ de tous les peuples , que d'avoir établi que l'Iran est le centre commun sur lequd^ ils se sont tous appuyés. Nows établirons ensuite , et par des rapprochements successifs, à quelle contrée de l'Iran nous devrons définitivemenf le fixer.

Nous continuerons, à cet effet, nos recherches sur la discussion établie par Will. Jones , sauf à l'éclairer et à la compléter plus tard par d'autres documents.

< ^ Observons la position centrale do riran qui est borné par l'Arabie, par l'Inde et par la Tartarie , tandis que TÂrabie n'est C(»itîguê qu a riran , et qu elle est éloignée de la Tartarie et séparée de la lisière de l'Inde par un golfe considérable. Il n'y a donc que la Perse qui semble avoir été dans le cas d'envoyer des colonies dans tous les royaumes de l'Asie. Les Brahmanes n'auraient jamais pu se rendre de llnde dans l'Iran , attendu que leurs plus anciennes lois existantes leur défendent expressément de quitter la région qu'ils habitent maintenant. € La tradition n'a pas même conservé parmi les Arabes le souvenir d'une émigration de leurs aïeux dans la Perse avant Mahomet. Quand aux Tartares , l'histoire ne nous laisse pas même entrevoir qu'ils aient abandonné leurs plaines et leurs forêts antérieurement à l'invasion des Mèdes , et alors même ils furent conduits par des princes d'une famille assyrienne. Les trois races dont nous avons parlé (et nous n'en avons trouvé que trojs) sont donc

1 WiLL. Jones, Dise, sur les PersanSj p. 110, t. 2, asiat, rech.

c sorties de Flran comme de leur patrie oomc muue. >

Nous pouvons réunir à ce passage une autre observation du même auteur, et qui tend à confirmer l'opinion qu'il vient d émettre;

La fable de Souradèvi , ^ déesse indienne du vin , dans un pays où il est défendu aux Brahmanes d'user des liqueurs fermentées , est une indication nouvelle que les Indiens venaient originairement d'un pays où Ton faisait du vin.

Après avoir présenté , comme probable, l'opinion qui fait sortir les Gotlis ou Scythes de la Perse , les Irlandais et les anciens Bretons de la mer Caspienne , opinion conforme à ce que nous avons consigné dans le livre précédent sur les races scythiques, Will. Jones conclut ainsi :

€ Nous pouvons donc regarder comme hors ( de doute que llran ou la Perse , dans son ac-

< ception la plus étendue, fut le. véritable centre

< de la population , du savoir , des langues et des

< arts. Qu'au lieu de se propager seulement vers « l'Ouest , comme on l'a follement supposé , ou « vers l'Est , comme on aurait pu le supposer

* Calcutta^ t. 1, p. 189.

< avec autant de raison, ils se sont répandue dans € toutes les directions/ >

Nous avons achevé de rapporter Topinian de Wiii. Jones. Nous avons besoin, pour en tirer une conclusion , de la resserrer et d'en présenter la substance.

Cette opinion se fonde sur trois considérations, qu'il est nécessaire d'examiner successivement :

l*" L'ancienne langue zend offre une telle ana* logie avec le sanscrit; les croyances des prem^rs habitans de la Perse , suivant Mohhsen , sont tellement identiques à celles des Brahmanes, qu'il y a grande probalùlité que les Indous viennent de la Perse.

2* La disposition géographique de la Perse, ou Iran , feit nakre l'opinion que les Indous viennent de la Perse , et non qu'ils soient venus de l'Inde pour peupler cet empire; opinion cwroborée par ta défense faite aux Indous de qiutter leurs pays natal.

S"" L'abstinence de vin , à laquelle sont soumis les Indous , quoiqu'ils honorent une déesse qui préside à la vigne, annonce que cette interdiction

* Disc, sur les Persans, Hi, t. '2.

na pas toujours existé, et que le culle a pris naissance dans un pays où l'usage du vin était permis.

Cependant WiU* Jones fait trois races distinctes des Arabes , des T2u*tares et des Indous.

Sur la première raison, nous ferons observer que la double analogie qu elle présente prouve Tidentité^ et non l'antériorité , et qu'elle n'est rien sans la seconde qui se fonde sur la disposition géographique delà Perse, pouren faire sortir les indous. Nous les examinerons donc simultanément.

Il est vrai que la disposition géographique de llran favorise l'opinion de la triple migration indienne, arabe et tar tare (scylhe). Cette disposition, jointe aux trois considérations précédentes tend à y placer leur origine ; et l'on a peine à concevoir, dès -lors, l'assertion d'mie ^siinction aussi positive que celle qu'exprime le savant président de l'Académie de Calcutta*

II faut supposer qu'il n'a pas eu d'autre intention que de faire ressortir les différences depuis long-temps existantes entre les trois familles ; mais c eut été plaider à la fois deux causes, que de soutenir , d'une part , la distinction des races , et, de

Fautre, l'identité des croyances, des langues et du territoire.

Il n'est donc pas exact de dire , et ce serait al« 1er au-delà de sa pensée réelle que d'admettf e , aussi absolument (|ue Will. Jones, que les trois familles soient distinctes malgré leur séjour cornmun sur le même territoire. Il en doit résulter , et nous le croyons ainsi , que les Indous viennent de la Perse. L'exposition, et la discussion de ses idées , établit que Perses et Indous ont habité simultanément la Perse, que les Tar tares (Scythes) y ont laissé également la preuve de leur séjour ; mais bien loin qu ils puissent être considérés comme des races distinctes, ils retracent, au contraire, tous les caractères d'une identité primitive. Nous étions déjà arrivés à ce résultat , lorsque nous avons énoncé l'opinion de €uvier * sur la race caucasienne.

L'analogie, moins grande, qui existe entre le èhaldéen , l'arabe et le sanscrit , qu'entre cette dernière langue et le persan actuel, pourrait faire nattrê l'idée que lés Arabes n'ont occupé la Perse qu'après la retraite des Indous , et qu'ils ne l'ont

pas occupée tout entière ; cela peut prouver aussi qu'ils ont parcouru , pour s éloigner du point de départ commun, un trajet plus difficile, et dans des circpnstances qui ont modifié d'une autre manière leurs habitudes et leur langage. L'examen que nous en ferons justifiera, cet aperçu.

En résumé, on se prête difficilement à ce séjour simultané de trois races distinctes sur le même sol. Il semble plus naturel de croire que le temps y a fait pénétrer les différences qu'on y remarque. Que la tige originelle aura: occupé le point le plus élevé du territoire de l'Iran , c'est-àdire les versants de l'Imaûs, et que de là elle aura peuplé l'Inde, la Perse et la Tartarie ou Scythie. Nous avons vu que les habitants de ces pays sont de même race , malgré la distinction exagérée de Will. Jones , et nous verrons bientôt que l'examen des langues mène à la même conclusion.

Nous pensons qu'après la grande catastrophe dont le souvenir s'est conservé chez presque tous les peuples , ceux qui survécuirent descendirent des plus grandes hauteurs du globe, qui sont les chaînes du Thibet et de l'Inde , et se répandirent dans la Perse ou suivirent la chaine des montagnes pour se répandre , de là , comme

le dit William Jones. Les modifications auront été plus ou moins sensiUes suirant te temps, les rapports et les circonstances. Mais tous remontent à cette source, parce qu'ils scmt unis conmie race, comme langue , comme croyance» Ces deux dernières faces de la question n'ont fiias encore , îl est yrai,été suffisamment examinées, mais nous en avons assez dit pour être autorisés à émettre notre opinion sur cette unité que nous achèverons de mettre en lumière.

Après avoir ainsi exprimé notre opinion sur l'identité des trœs grandes familles, nous avons à examiner la question des peuples qui ont vécu sur le territoire d'Iran ou de Perse , selon les dé* «cations grecque et moderne.

Autrefois les Mèdes étaient généralement eon- BUS sous le nom d'Âriens, c'est à dire peuples de riran/ Chez les Orientaux ce cpie 1 on nomme les Perses et les Mèdes est compris sous le nom dlraniens, c'est un seul empire dont la Médie et la Perside étaient de simples j)rovinces. Les deux empires, qui sont claîi^ment distingués dans les livres des Orientaux, sont l'Iran et le Touran,c'est-

* ff^RODOT^, lîv. 7, r. 559. Édit. Wessel.

à-dire la Perse et laScythie.^Nous avons expliqué^ au eommencement de ce livre, la tradition qni se rapporte à cette séparation, ce qui la fait remonter à un partage entre deux frères , et suppose une union ancienne entre Tlran et le Touran.

Les gouvenieinrs particuliers des provinces de^ Perse, portaient le titre de rois , comme on le voit^ dans les écrivains grecs, et dans ceux de TOrienti Us avaient souvent des guerres enu*e eux.

Il est certain, que chez les Grecs et les Orientaux , il est question des mêmes pays, lorsque les . premiers parlent de la Perse et de la Scy thie , les autres deriron et du Tom*au. Lorsque les événements se sont passés dans le môme temps, il faut donc que ces écrivains désignent les mémes*prin'ces, ou leurs généraux, quoique sous des noms différents. ^

Si l'on prend Temptre des Mèdes et celui dès Pwses pour un seul et même état, on verra cet état renfermer jusqu'à Gyrus, la Médie, l'Assyrie, la Perside et les provinces voisines. La même obn-

* Anquetil Duperron , Acadâe$ Inscript., p. 480, t. 40

* /dtd., p. 48f, t. 40

servation se rapporte à l'Iran jusqu'à Ke Khosro* (Gyrus). Depuis ces deux princes, (c'est le même, nous venons de le dire) les bornes de cet état sont reculées considérablement vers l'Ouest et le Nord. (La Scythieou le Touran). Enfin, depuis Darius, les conquêtes des Perses (Iranians) ne paraissent s'étendre que vers l'Ouest. Elles comprennent l'Asie mineure, la Grèce, l'Egypte.'

Dans Moïse de Ghorène , les Arméniens s'unissent aux Mèdes , et le même fait se retrouve chez tous les Orientaux. Minotcher , issu de Féridoun, voy de Perse, qui avait fixé le siège de son empire en Médie, tue Salem, roi d'Assyrie, issu également de Féridoun, et Tour, roi de Touran, issu, comme les autres , de Féridoun ; et établit l'empire des Iranians.'

Ge Minotcher , que nous voyons établi en Mé^ die , est le seul roi de Perse qui ait soumis les rois de rieoien. Roi de Perse ou de Médie sont ici synonimes. SousÂstibar, les Parthés renoncent à

*■ WiLL. Jovts^Diic. sur les Persans, CaletUtay t. ^ ^ Anquetil, ^ead. des Inscript. ^ p. 482» t. 40. » md., 485.

la domination mède» et se livrent aux Saces^ dont le pays répond exactement au Touran.

Entre. les chefs des Scythes et ceux des Perses il existait^pne querelle de famille , fondée sur les droits de succession blessés , c'était Tempire de llran» donné à Irets/ par Féridoun.

Cyrus , roi des Perses et des Mèdes, a pris Babylone; c'est là^chez les Grecs, la monarchie perse la plus étendue , ils la donnent comme un nouvel empii'e , tandis que chez les Orientaux c'est toujours l'empire d'Iran.

On doit penser , d'après ce mémoire d'Ânquetil , ^ que les Perses et les Mèdes sont le même peuple. Ajoutons que les hommes que Djemschid employa pour défricher et peupler , sortaient de riranvedj, au nord de la Parthie. Ce sont les Scythes, maîtres du Nord de l'Asie avant Ninus, ce qui s'accorde encore avec l'opinion d'Âmmien Marcellin/

Ainsi, tous les peuples convergent vers un point

* Itetê, le même qae Langlës appelle Jrddje au commence ment de ce livre.

' ÂNQUETiL, ^cad. des Tnscript.. p. ^446, t 40.

* Liv. 31, ch. 2,

central. Les peuples du nord, d'origine scythe^ aboutissent à la Perse, dans les écrivains anciens et modernes, orientaux ou occidentaux , et nous avons vu les peuples de l'Assyrie et de la Ghaldée toucher de même cette terre centrale de llran.

Nous devons à l'occasion de la Perse, que nous présentons comme le centre d'élaboration des populations» parler de ces royaumes ou provinces, que leur position centrale rapproche aussi de cet empire, et qui ont été peuplés par les mêmes nations. Là aussi se sont trouvées des peuplades qui ont émigré dans les temps anciens. Il nous importe, pour ne pas donner une esquisse incomplète des principaux peuples, de lier ceux-ci aux grandes Êunilles dont ils sont une véritable descendance.

Au premier rang se présente T Arménie.

Moïse de Gfaorène ^ fait vaiir le nom d'Armé* nie d' Aram , fils de Sem , ou d'Aram un des souverains de ce royaume. Nous avons déjà eu occasion de dn'e ce que nous pensions de cette filiation de la famille de Noé. Ce ne sont pas les peuples qui en sont descendus, mais la famille ellemême, qui a été composée d'autant de membres

* Hist. arm., p. 49.

qu'on a trouvé de peuples auxquels il fallait assigner des ascendants. Ce n'est pas , d'ailleurs, une erreur à reprocher à FÉcriture. Nous ne l'entendons pas ainsi. L'Écriture n'est pas un «isdgnement de géographie politique; elle a donné ses divisions sous la forme la plus brève. Appeler homme ce qui fîit peuple, n'est qu'une manière d établir les mêmes rapports sotis une forme différente. Bochart ^ donne une autre origine à ce nom, et le fait dériver de Âar, montagne, et de Mini f province du royaume. Ce mot de Mini qui signifie métal, en hébreu, s'accorde d'ailleurs, avec la constitution physique de l'Arménie , abondante en métaux, au rapport de Procope. ^

L'Arménie est bornée à l'Orient par les d^ix Médies; au Nord, par l'Ibérie et l'Albanie, ou cette partie du Caucase dont elles sont entourées; par les monts Paryadres et l'Euphrate, à l'Orient; au Midi, par le Taurus.

Il est peu de pays qui comptent autant de fleuves que TÀrménie, ce qu'expliquent ses hautes montagnes. Ces fleuves appartiennent aussi à

* Phalbg., Ht. 1«% ch. 5.

* Liv. 1", De Bello Persico. cai). 15.

dautres états. Leur source seule et une petite partie de leur cours sont situés en Arménie. Leurs eaux vont se perdre dans le Poht-Euxin , la mer Caspienne et le golfe Persique. Ainsi» l'Arménie est le centre du mouvement des eaux de ces trois grands lacs. C'est aussi là qu'on avait cherché le paradis terrestre et les quatre fleuves qui en sortaient. Mais cette opinion s'accorde peu avec le froid excessif des montagnes et la végétation très peu méridionale de ce pays. *

On parait en général adopter, à l'égard des Arméniens et de leur origine , le sentiment de Strabon, qui ne fait qu'un peuple, partagé en deux tribus, des Arméniens et des Syriens. La grande conformité entre les deux peuples, les divers traits qui les caractérisent également dans les mœurs et dans le langage , prêtent à cette opinion une force supérieure , et Bochart * la croit la mieux fondée.

Strabon dit positivement que les Arméniens, les Syriens, et les Arabes*, parlaient le même lan-

* TouRNEFORT, lettre 7.

* Bochart, Phaleg.^lïy. !•',€. 5.

3 Strab. liv. 1«% p. 41.

ga^ et appartenaient à la même famille. Nons

voyons, dans Polyen,* qu'ils employaient le caractère syriaque.

D'un autre côté , le langage des Parthes et celui des Arméniens, est le même, suivant Bayer .^ Nous sommes donc portés à croire qu'un langage général antérieur, a donné naissance aux dialectes répandus de lun et de l'autre côté de rimaûs.

Si l'on 'veut se rappeler ce que nous avons dit à la iSn du deuxième livre, consacré aux Arabes, Rous sommes arrivés précisément à la même conclusion, en remontant l'histoire des peuples dits araméens. Sur le témoignage de Xénophon, nous avons admis les Ghaldéens comme originaires d'Arménie, et nous avions déjà montré que les Arabes et les Ghaldéens sont le même peuple. Les mêmes faits se représentent sous d'autres noms. Les Ghaldéens Arméniens, et les Syriaques , nous amènent à la même tige arménienne, avec Xénc^hôn^ Strabon, Polyen et l'Ëcriture. Moïse, dans sa classification, a dû suivre naturellement la tradition arabe , et c'est aussi dans

* PoLTŒNUS, liv. 4, chap. 8.

' Baybr, Hiit, r$gni Bactriani, p. ai.

rArniénie qu'il place la source de cette puisque c'est là qu'il fait arrêter Tarche. Ne dissimulons pas cependant que ce sont les Arméniens que Strabon fait descendre des Syriens» ce qui est impossible à notre avis. Nous a^ons £sdt con* naître ailleurs/ que nous considérions, avec tous les écrivains, les montagnes comme peuplées avant les plaines.

Nous n'avons que très peu de noticms sur les lois de l'Arménie. La religion a été l'objet de quelques observations. Strabon dit que les mêmes divinités étaient honorées du même culte chez les Arméniens » les Perses et les Mèdes. D autres écrivains assurent qu ils ensanglantaient les autels de leurs divinités, par le sacrifiée de victimes humaines.'

Les royaumes du Pont et de Gappadoce ont formé quatre satrapies sous l'autorité des rois de Perse.

Le nom de Pont venait du Pont-Euxin et ce nom s'étendait à toute la côte de cette mer. Les habitants de ce royaume avaient la même langue

* Liv. 1", à la fin.

« Hist. wntt?., t. 15, p. 20.

et la même religion qne les Gappadociçns. Ils étaient renommés par lenr habileté à travailler le i&r. On les a fait descendre de Tubal , un des frères de Gomer.

Les anciens connaissaient la Cappadoce sous le nom de Syrie ou d'Assyrie, et les habitants étaient appelés Leuco-Syriens ou Syriens blancs/ Elle était située entre le montTaurus et le Pont-Euxin. On rattache les Cappadociens au dernier fils de Gomer, et par conséquent à la famille celtique. Dès le temps de Gyrus, un grand de Perse fut roi de la Gappadoce , après avcnr épousé la sœur de son maître. Nous voyons toujours ces petits royaumes limitrophes de la Perse, sous la domination dûrecte ou sous l'influence du grand empire. Il n'y avait presque point de différence entre la religion des anciens Gappadociens et celle des Perses;^ remarque qui s'applique aussi, comme nous venons de le voir, aux habitants du Pont.

n y a , dit Strabon , ' une grande multitude de

* HAiOD., liv. 1", p. 55; liv. 7, p. 542. ' HUt. univers,, 1. 15, p. 240.

* STRABONytUv. 15, p. 755.

Mages dans la Gappadooe, et les temples des dieux des Perses y sont très multipliés.

Moïse de Chorène ^ assure que la langue cappadocienne était la même que celle de l'Arménie. Ëudoxe disait que la langue arménienne était un dialecte de celle des Phrygiens. Hérodote avait dit , avant Eudoxe , que les Arméniens étaient une colonie de Phrygiens.^ On peut conclure de là que, dans leur origine, les peuples de Tune et l'autre Phrygie, ceux de la Capadoce et ceux de l'Arménie , avaient composé une seule nation qui parlait la même langue. '

Maintenant , il s'agit d'examiner où peut être la source de tous ces dialectes.

A cet effet , nous chercherons en quel temps et en quelle partie de l'Asie la langue zend était en usage.

Les noms que les écrivains de l'antiquité nous ont conservés, sont, la plupart, zends, et plusieurs ont encore la dureté qui caractérise cette langue.^

* Livre l»*, ch. 15.

* HERODOTE, liy . 7, p. 542.

3 Freret, Inscript., t. 19, p. 55,

* Livre 9. Voir le 2« voL

Anquetil * rapporte plusieurs exemples con«> cluants de ce fisiit , et il résulte , de ses citations , que les noms mèdes sont aussi persans et zends. Ce qu'il dit pour les noms d'hommes n'est pas moins Trai des noms de provinces , et il en rapporte également* des exemples dans le mémoire que nous citons. Des noms de province , son investigation s'étend aux noms de fleuves^ et il trouve la même identité dans les noms donnés aux fleuves Araxe\ Gyras et du Phase , les plus célèbres entre ceux qui arrosent l'Arménie , 11ran proprement dit, et la Géorgie.

Ainsi j les mots des langues anciennes usitées aox environs de la mer Caspienne , rapprochent le zend de ces contrées.

Le rapport du zend avec le géorgien est une autre preuve qui fixe la première langue dans les lieux que nous venons de lui assigner.

€ ^ Anciennement , ribérie , gouvernée 'J)ar un « seul roi, étendait ses limites à l'Orient, jusqu'à « Ecbatane, métropole de la grande Médie; à « l'Occident et au Midi, jusqu'à Trapesunt et

* Acad., t. 51, p. 5G5.

* /Md., 568.

c Ârzerom, et au Nord jusqu'aux Âbasques. Dec puis, bornée à cinq provinces, elle s'est vue resc serrée entre la mer Noire et la mer Caspienne, c Quatre de pes provinces (llmérète, le Garduel, c Rakhète et Guriel) forment la Géorgie , projnre- < meut dite ; la cinquième est la Colchide , qui

c diffère des quatre autres par les mœurs, la <i langue et la température de Taîr, quoiqu'elle € leur soiUimitrophe. »

L ancienne Ibérie, ou la Géorgie aetodle, nous apparaît donc comme un pays où la l^ingiie ?send était parlée , et par (x>nséquent Tanci^uie langue de riran.

Il résulte de T^isemble de ces faits que les populations de la Perse appartenaient à une race

commune, puisque leur langue était la même, ainsi que les objets de leur culte : quelles que soient donc les migrations qui aient pu avoir Ueu parmi . elles , elles se rattachent toujours au centre commun des anciens Iraniens , dont le «end ^ait la langue; et nous verrons à l'article de V analogie des langues , les conséquences que nous devrons tirer de ce fait. D nous suffit maintenant d'établir qu'aucune catégorie particulière ne peut être invoquée pour y rattacher l'une ou l'autre des pro-

vioces de Tlran. L'exemple coûtraîre de la Golchide demande pouriaul un mot d'é^plicairon.

Hérodote ^ Diodore de Sicile , Denis Périegetès et Ammi^i Mareellîn» {^étendent qett les Côichiens étaient originaires d'Egypte, et placés là par Sésostris/

Laiùberti , ' daûB sa Relation de ta Cùlchtde , tout en admettant les ressemblances par lesquelles on cherche à fonder cette origitle , ne peut cependant admettre le fkit comme véritable \ et la raison qu'il eil donne est celle-ci : Atknt farrivée de Sésostrîs,* la Colchide avait uû roi , qui triompha même du monarque égyptien; ce qui prouve que le {peuple qui habitait cette contrée était déjà nombreux. Cependant cet échec n'iarréta pas le conquérant égyptien, qui s'avança JUsqu'au Tanaïs. L'invasion de Sésostris tt lès soldats qu'il put laisser effectivement dans lë pays , ont pu produire cette différence de mœurs et de langage qui existe entre la Colchide et les autres provinces de la Géorgie*

* HfeOD., liv, 2, p. 150; DiOD., liv. 1", p. »0; Denis Perieg.^ whiê descriptioyen 689; âmmibn, chap. 8.

' Lahbbrti, p. 5.

* Plin, HUt. N., liv. 53, c. 5,

Si ce fait est vrai, et les anciens historiens sont d'accord pour le reproduire » il y a donc possibilité d'expliquer Tanomalie apparente de la Golchide. Nous ne quitterons pas ces provinces de la Perse sans indiquer un dernier rapport qui confirme tout ce que nous avons avancé, et rattache plus spécialement encore llbérie à l'Iran, et l'Iran à rinde, conformément à l'opinion exprimée dans le livre de Mohssen al-Fany.

Selon Strabon,^ les Ibériens étaient divisés en quatre classes, d'après les mêmes bases^ à-pjeu^ près, qu'en Egypte et aux Indes ; fait qui peut servir à la fois de confirmation à notre opinion sur l'unité des provinces de l'Iran, et à diminuer l'étonnement produit par la ressemblance des Colches et des Égyptiens , puisqu'alors une ori- ^ne primitive pareille aurait dû nécessairement amener, quoique par des chemins déférents , des conséquences au moins analogues. La marche de l'armée de Sésostrisj en augmentant ces analogies, aurait donné à cette province une physionomie plus prononcée et plus rapprochée de celle des

* Strabon, liy. XI, p. ffOl.

Ëgyptiens.Ainsi s'expUquent^dn moins autant que Bous^lë pouvons, les faits qu'il semble au premier eoup-d'œil bien difficile d'admettre^ comme possibles ou probables.

Ainsi, d'une part, la femiUe arabe se rattache à la Perse par TArménie et les sources de l'Euphrate. La famille scythe se rattache à la Perse par le pays des Saces , et plus immédiatement encore par les liens plus étroits d'une identité véeMe comme peuple. LesPerses,euxH3ièmes, considérés comme fraction séparée, remontent vers lespointsles plus élevés de leur territoire actuel, et se rapprochent du versant occidental de l'Imaûs ; les Scythes, ou Saces, occupent le versant septentrional. Plus nous étudions l'origine de ces deux peuples, plus nous les voyons se rapprocher d'un centre commun, et ce centre commun c'est la partie la plus élevée de la chaîne de l'Imaûs ou des montagnes du Thibet. La tradition^ historique qui met les trois empires de l'Iran , du Touran et d'Assyrie, entre les mainsdesen&nts deFéridoun, nous atteste encore l'unité primitive des trois branches pour n'en faire qu'une seule souche. Ainsi, Iqs deux rapports de géographie hisr torique , et d'origine traditionnelle , sont entiè^p-

ment d'accord. Sur ce terram oonunniD de k Perse » se dévrioppe le noyan des populations primitives qui se rattachent au nord et à TOce»dent. Suivant toutes les règles de&}»obabilîtés«t les analogies d'yn autre ordne que nous avons signalées l«nr séjour fut étaUi sur les pins hau** tes moatagnea, ce ne fui que timidement qu'aies s'aveuturèvent et prc^bablement sans quitter le flanc des monta^oes; dUes durent ainsi sume la chaîne qui se termine entre la merGaspimne et ie PoBfl'EiKsin. La terre inculte et couverte d^eao ou de forêts ne fut desséchée et travaSBée ^'après de longues années d'une vie nomade ou de dbasse; d'est la vie des Scythes et des hordes des montagnes d'Arménie. Mais les eaux se retirent, les peuples deviennent pfais nomèrauK; attirés par ta beauté des rives des fleuvBs, ils y établissent leurs demeures. La- jeunesse aventureuse, la partie d» la nation aeeeotiwée à la vie vagabonde jssque-^ oonsaorée, cdnserte^ ta possesi»on de ses m€»tegnes et sen exisf^itee^ féroce et sauvage, ou poussant plus avant, réneon* tre dans les terres qu'elle décottvrej'emplfteenient le plus approprié à ses habitudes errantes ; cest la race qu'on appela Arabe qui^ sortie des.nH)n-

lagnes où TEuphrate prend sa source , laisse sut? les riyes délicieuses du fleuve , et dans les fertiles plaines de la Ghaldée , ses enfants les plus paîsi*^ Mes, et parvient aux déserts , où elle a conservé ses moeurs^ D'autres s'aventurent sur un autre versant dès numtagnes, peuplent les vastes plaiifês de la Tartarie indépendante , mais rencon-^ trant sur leur route un ciel moins favorable et une terre moins riche, ils conservent les habitades d'un peuple chasseur et nomade , ce sont les Scythes. Au centre, séduit par le riche as*» peol des campagnes de l'Iran, le germe de ces populations reste au bel ceau qui les àdbrita toutes, se développe, défrichant devant lui celte terre qui devait, sous la main du travailleur, devenir le plus dâliciem territoire^ ce sent les Iranfans; toutes les peuplades fé#oces ôu adoudes par la civilisation naissante* quittes avoisine leur ressemblent ptf les traite -, ki hu^ue , les nieeurs, la religion.. Oà ^tenter ailleurs 10 centre possible des popàhitioBs^i^mftiv^. Aussi ^est versf ce point que ^lustoii^e, di'aecard avec la tradition, d'aceofd avee les cosmogonies , d'accord avec les probabilités qui peuvent naître de la catastrophe diluvienne, les place toutes, ou du moins celle» qui

appartiennent à la même race, dite Caucasienne ; et qu on aurait appelée avec autant de raison Imalayenneou Thibetaine.

Un savant moderne Schlosser/ dans son histoire universelle de Tantiquité , envisage la question Perse sous un point de vue très analogue au nôtre, et qui s'accorde avec la doctrine de MdhisseH Âl-Fany, et la dynastie Mahâbâdyenne.

ISous avons, dit-il, des autorités dont le poids n'est pas contesté, qui prouvent qu'il existait, dès les temps les plus reculés,, un système sacerdotal dans l'orient de la Perse. Les traces de ce sys* tème se retrouvent dans la Bactriane, chez les Mèdes et chez les Persans. Nous reconnaissons les restes de sa civilisation et de ses institutions dans celles de la Perse et de l'Inde. Les écrivains orientaux et les grecs qui ont puisé aux sources persanes confirment cette opinion ; et sans faire trop de fond sur ce qu'ils disent, il eslcependant digne de remarque que chez les uns et chez les autres, on retrouve la trace d'une tradition générale. La ville de Balk est le théâtre des premiers événements de l'histoire de Perse, et le premier

* Tom. !•% cti. 5, p. 194.

roi à qui les Persans attribuent la domination, Kayounoiarats en est , suivant eux , le fondateur C'est aussi vers la Baclriane que se dirigent toutes les opérations des Assyriens à la première époque assyrienne ou babylonienne. Le témoignage d'Ànquetil est ici fortifié par celui de Bayer.*

Le même Bayer ,^ dans un passage remarquable, confond les Bactriens, les Indous et les Seotateurs de Zoroastre, et il appuie sa conjecture d'autorités respectables. Cette conjecture de Bayer, si savant dans ces questicms, acquiert un plus grand poids encore de l'opinion de M. de Sacy , qui déclare que la ressemblance du zend et du sanscrit le conduit à penser que ce sont deux dialectes de la même langue. Cette opinion de M. de Sacy avait été , sous certains rapports» ceUe de William Jones. Nous revenons sur cette question au livre que nous avons consacré à l'analogie des langues.

Il y a donc eu, entre l'Inde et la Perse, un ancien empire auquel toutes deux ont emprunté

* HisL reg. Bactr,, par. 2, p. 5.

' 11., part. 9, p. 21.

leur langue et leur rdligion; cet em[»re était situé dans la Bactriane^ d'où viennent paiement les quatorze mahabads et les quatorze menons. Ainsi ncms pouvons donner le nom d'Indo-Perses aux halntans de la Bactriane. Nous av<»is vp que le zend s'étendait sur la Perse, et que ses dérivés font aujourdliui la langue persane. Nous pouvons donc établir que des frontî^es de rÂrméuie à llnde s'étendait la branche Indo-Per»<pie, la branche Scy thique s établissais pendant ce temps sur les bords de la mer Caspienne et dans la Tar<^ tari^ nous avons dit déjà sur quelles raisons nous nous étions fondés pour la rattacha à k» Perse. Nous trouvons d<»ic, avec Sdblosser, que les deux races scythique et persane se lient à la Bactràme ou à Tanoien royaume de Pen^. Nous avons rattaché à la Perse ht famille Arabe. Notre conclusion est , que tous les peuples docit nous nous sommes jusqu'ici èeciipés ont eta leur peint central dans la Bactriane. Les bdous s'y MHiafehent également ; nous avons parlé plusieurs fois d!e ce grand peuple, Thistoire des autres nations nous y conduisait nécessairement. Nous sommes amenés maintenant à nous en occuper d'une manière plus spéciale pour le lier au système que nous

voyous se développer successivement sous nos yeux.

Ce sera l'objet de la seconde partie de ce livre.

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