‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuples (volume 2)Chapitre 13 sur 39 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

vmmmM,

ht la Gliiiia et de riDcieiuieU 4e m eivUisalloii, ^ TridlCfiMft des Cbisois.— Analogie des traditions et de la chronologie chinoise iree eellee des Indonst-^^Arée les Persans. — Rapprochements chronologijQnes. — Ordre des générations admises ï la Chine. -^ LestradilicAis SonC Incertaines ayant Tao soivaut les Chioois euxmêmes. — > Calcul chronologique de Freret. -* Ce n'e^t pas sur leuT chronologie qne les Chinois peuTcnt appuyer leurs prétentions. —Les Chinois ont une tradition i)n déhige , mais Incertaine pour l'époque. — Population primiliye. — Antérieure aux inyasions tarlares. — Klle dérii^ de plusieurs fomilks-exilées de la tribu militaire des Indous. — Comme ciTillsation les Chinois sont In*doui, comme race Ils sont Mongols. -^ Système de Deguignes. — ComhattK par dePaw«"*-Des Jaj^onals. ^ JDs admettent les premiers empereurs de la Chine et se rattachent dans le passé i cet «mpke*-— L0t^^ «virai 'P«^l€S limitrophes sont dans les mêmes conditions. — Les conquérants mongols se sont soumis aux usages des Chinois. — La Chine est le représentant de la civilisation de la race mongole. ^ La fhtt nègre ne se prête pas.aui rieeherebes historiques.

A Fextrémité de TOrient s'étend» mv un imm^ise territoire « une nation» la {4us singulière peut-être qui, existe sur le jglobe, et doQt l'orgueil peu éclairé» quoiqu'on en ait {mi dire> 4 enlossé

tous les rêves et toutes le$ pr^tçntioDS à lappui de ses fabuleuses annales. Ce qu'on ne peut lui refuser, c'est le travail et la patience. Les routes, les canaux, les ponts,. ia gnaide muraille, sont les immenses monuments d'une civilisation intérieure que le temps a lentement amenée; et si l'on songe à la prodigieuse étendue de cet empire, aux moatagnts et«tt<x déserts qui )e divisent, fimagî* nation s'efifaiera des ^orts qu'A a £allii feire pour Ker toutes, ces; parties, ^ ^ivers^4t.aaifimner un «nsemble fonctionnant souis unç itupul^îoo centrale et despotique.

L'ordre et 1» réguWilâ siwt k earacièi^ de celle civiNsation stationuaire » /4^nt k pmssaii^^^ pfltternelle eot \e fonément dans la fàtnflle , et le modlèje 4MsJ'QrdvQ< pdiitique^, oà b^MJet est^oiimis au pèrç dik h Jiwiîp». U est évident q»e HJ)- Mneè* de rektions et Faction tô^te Intérieur^ de la nation supposent une longue existence avant d'arriver à l'état social où nous la voyons aujourd'hui. L'immobilité dans laquelle elle persiste avec Um& les'éfêineftts de perfectionnement, semble prouarqr qu'elle obéit à utaé loi £atale de constitution ^ de race qui' Inî ]^kcrit les Kmites dont elle nedleiH^iie même pas à sortir. « Retenues par de&

« IcMs et dm insfitQlioAB aussi puérilds qu'immua- < blés, la musique et l'astronomie, la poésie, la c taMique militaire, soât ce qu'dUes élàieAt il y a c des dièdes '. L'empila Itii^mème est tt&é lutimie f embaumée, enveloppée de soie et (hiVgéè c d'biéraglyphes. »

On a cherché à rattacher les Chinois à une origine égyptienne, de fut la chimère de notre savant Deguignes, et, avant lui, du P. Kirker et de Hue t. Nous avouons qu il nous est impossible de trouver dans hè historiens et les monuments de Tantiquité rien qui pubsë autoriser ce système. Mais , avant d'entrer dans Texamenderorigine, occupons-nous d'établir les traditions, c'est la seule base possible de raisonnement.

La Chine semble , comme les peuples méridionaux et occidentaux de l'Asie, avoir conservé quelque notion confuse des premiers âges. Ces traditions , justes ou non , disent que le ciel a été plus de dix mille ans , ou dix mille huit cents ans à se former.. La période réduite des douze mille ans itidtens, diminuée des douze cents ans da qua-

^ Hebder, t. 2, p. 500.

irièma àge/donne également dix mille huit cents ansS

Trois, familles se sont succédées à laGhiue : les Tien-Hoang, ou rois du ciel, qui furent au nombre de treize et régnèrent chacun dix-huit n^ille ans^ les Ti^'Hoang, ou rois de la terre, au nombre de onze, qui régnèrent chacun dix*huit mille ans. En tout, quatre cent trente-deux mille ans ' pour les deux races..

Les Gin-Hoang, ou rois des hommes , partagés en dix ki, ou familles, dont les six premières contiennent soixante -dix-huit générations, et les quatre dernières , un nombre d'autres générations qui vont jusqu'à Fo-Hi.

n existe une analogie frappante entre ce récit et la chronologie des Indo-Persans, des Égyptiens et des Ghaldéens. Ce qu'il y a peut-être de plus singulier, c'est cette série de quatre cent trentedeux mille ans qui, n'ayant pas pour base un cal« cul astronomique , ne peut se retrouver sans qu'on

i Dise. prél. du Chou-King^ Ixi?. Le quatriènM âge doit dorer 1000 ans divins', avec un intervalle de 200 ans, en tout 1200. C^est ce <iaatrième âge que les Chinois ne doivent pas compter. — Bàillt, Astron. ind. ; dise. prél. Ixxxxvig.

* ÏM.y Ixvj, vij, Iviîj. « /Wd., Ivj.

lui assigne une autre cause , et elle ne peut cxis* ter que dans les rapprochements de nation. ^

Il y a plus, si Ton suppose que les Chinois ont eu l'usage de la révolution lunaire de vingt-huit jours et Tnsage des semaines de sept jours, ou la division du mois en quatre semaines. Multipliant par sept lès quatre cent trentOKletix mille ans, on arrive au nombre de trcMs- millions viagt*quatre mille jours, précisément le nombre accumulé des jours des deux prenoiiers âges^ indiens. Le hasard produirait bien ihfiicileinent dé pareils rapprochements, et il semble que Ton peut conchirede cette identité que les deui premières races chinoises sont absolument analogues aux àexix premiers âges indiens, et au teiUps des Dives, chez les Perses et les Indiens.

Ce ne fut pas sans raison, comme on le voit, que WilKam Jones ^ crut que les Chinois tenaient leur civilisation des Indiens.

Mais , ce n^est pas tout, les Gin-Hoang, qui viennent à la suite des deux premières races dont nous venons dé parler, oni aussi des ressemblances avec les Péris, que la tradition persane

*■ hktiiY, Mtr, ind., Disc, prél., cxij.

' Discourt sur les CMnms , Calcutta , t. 2 , 405.

place au troisième àgç mdieD , ou aux temp^ «Uté* rieurs k Kayoùinarate et i la dyaa^lie des Pyscfa^ dâdyeas. L9 nom de Gin, appliqué par les Chinons à la troisiénie race^ est le môme que les Arakie»^ doûneBt ûn% Péris. Tout le monde eoùnaît les fuites ingénieiises des Orientaiix «ur lesDives, les Pet* is et les luibitaiits pûétiqsea du Gimnistan* Getîn^vaHedefiGm-Hoimg^quirépoBd au trûsième âige indien t est partagé en diic auires intertafle» nommé» fei, et le^tradHionsebinoiaes partegeut les six (premiers m ^i7(ati(e^dix-*M< généra* ijoni^; C'est ÇQ que nops avons trooré déjà pour les lQdoiis.Il reste, à la vérité, quatre ku qu'ilfftudraii comprendre dans riotervdle compris çntr^ la fia du troisième %e , q\ie nous avcms ^n^ aveq les Indous à trois mille cent denu^ aiB^ avant notre èrer et l'an 29^> où commence, suivant Içs Çhinoit^ le règqedci ForJIi.On cent qu^r^nt^^uQuf ans seraient bien peu de chose pour les y placer, s'il l^laû leur supposer an nombre de générati^v^ «n rapport s^vec cellçs des six premiers ki^Frçrcft, comm^ nou» alkms le voir^ réduit cette série de deux mille neuf cert cinquanteitrois ansjusqn a Fobi à deux miU^ cinq cent soixante-quinze, et Deguignes pense que Fohi doit être compris dans les neuf périodes

ou ki, qui suivent Ibs trois, preaiières familles.

De cette manière, les quatre derniers ki venant à la suite dés âoixànte-dix-huit générations devraient remplir Fintervalle entre la fin de Fohi quf, en lui supposant soixante ans de règne, lom« berait en 2514 avant J.-G. , et trois mille cent deux

ou cinq cent quatre-vingt-huit ans. Cet intervalle de cinq cent quatre-vingt-huit ans » en le supposant rempli par des règnes calculés à trente ans pour tinè génération, donnerait seize générations et huit ans.

Or, observons que sous le seul nom de Fo-Hi , considéré comme le premier des San^Hoam dans Deguignes, les Chinois placent quinze généra^ tiens , non compris Fo-Hi , auquel ils donnent x^ent un ans de règne suivant les uns , cent dix ans ^ui- , vaut les;aa)res;

Quinze générsAictaiiB ^ évaluées à trente ans , fon t quatre cent cinquante; et les huit ans omis ispiatre cent cinquantchhuît, ce qui se rtq[>pit)lshe déjà du chiffre que nous cfaérfchan& Gomme nous rattachons Fo-Hiaiix dix ki , e est seulement sur quinze génâralM)n& que nous avons cakulé ^et nous aurions ainsi tr^te-îfieiirfans comme terme moyen des gé* ;

nérations, dont la somme est de cinq cent quatrevingt-huit.

La chronologie du Tsou-Ghou ne commence qu'à Hoang-Ti ; et entre Fo-Hi et ce dernier se place le règne de Ghin-Nung-Ghi^ sou» lequel se trouvent sept générations^ qui conduisent jusqu'à Hoang-Ti, que Freret place à Tan 2455 av. J.-G. C'est donc vingt-trois générations à intercaler depuis Tan 2455 jusqu'à Fan 3102» ou ea six oent quarante-sept ans; c'est vingt-huit ans par génération, ce qui ne choque pas la vraisemblance.

La conciliation des époques de la tradition chinoise n'offre donc rien dimpossible, en admettant les similitudes précédentes tirées de Fhistoire chronologique de llnde ; mais nous ne saurions trop répéter que nous sommes loin de considérer ces traditions comme authentiques. Tout ce que nous prétendons en inférer, c'est qu'en les jugeant fabuleuâes ou ooinmè mêlées dé£sbleset dei^ vérités, eljles sont une ciroyance géniale, et que les Ghiodià l'ont adoptée edmme les autnes.

Si nous avons vu que les GUnoisont leurs calculs de gàiérataons comme les Ihdons, et leur période comme les Ghaldéens, nous trouverons ègalement qu'ils ont les analogues des dix Avatars

des Indous et des dix générations des Hébreux et des Ghaldéens. G-est, comme pour les nations qoeBOusvenonsde citer, une espèce de contrôle de leurs autres calculs; et, s'ils se trouvent d'accord^ c'est une vérification qui donne à l'un et l'autre système une authenticité relative et telle que XIOU& venons de l'expliquer. ^

Voici, suivant Deguignes S l'ordre des générations adopté par les Ghinois :

' P6u<m-Roo. -^ C'est le premier homme; il semUe désigner

le chaos..

T»ii-Hoàm-<]Ihi. — Augoste famille du ciel. Ti-Hoam-Chi. — Augoste famille de la terre.

Après ces trois familles, les Ghinois en placent neuf autres:

Gin-Hoàh-Ghi. — Auguste famille des hommes.

Oo-IiOUo-Xi.

Tço-Ti-Ri.

Ho-Lo-Ri.

tiBN6-TÔ!fG-Rl.

€Bo^BImo-&i.

Sun-f BI-&I. — Celui-ci est omis dans le calcul de Deggjgnes ^

. mais il se trouve dans le Chou-Xing.

l!f-Ti-Xi.

• Cuii-Toiio-Xi.

On prétend que chacun de ces ki , ou périodes,

• 'Hi$f. des Hum. y 1. 1, p. 5.

contient plusieurs princes qui ont régné pendaot lon^-temps. Quielquea écrivains Jes ool regardés comme despériodçç astrouoiniquesinveii téespewr indiquer le OQncowrs de certaines jilraètea. Pour compléter ces k\^ ou. périodes i il ^nt y jtm^ dre Fo-Hi; on pourrait même dire que pcmr aller jusqu'à la chronologie q^i commeni^e à Hoaug-Tî, on y joindrait convenablement Qhin*Nui)g*G}ii, ce qui donnerait dix ki| îndépendattmtônt des générations divines qui précèdent, et coAdiûniit jusqu'à l'époque où la chronologie commence à s'éclairer.

Mais nous n'insistons pas sur ces convenances très problématiques, et pour nous en tenir au ta-; bleau de Deguignes , Fo-Hi lui-même ne doit pas figurer dans les ki, ce qui les réduit réellement à neuf.

Une observation naît cependant des dén<>minytions données à ces premières familles. Lm quortre premières, ea écartant Potron-Kou, qut semble désigner le chaos, offrent, dans l'ordre où ell?» sont placées, une véritable analogie avec la trai-

ciitiQU des jours de la création.

Le chaos, puis la création du ciel^ puis la terre,

l«s v^étaux, k^ nnimm^; enfin l'homoie;, ii|u^, appartientà l'âge de Gm*Hoain-Ghié

I>9 P^ Ami^' dit qHQ Ws Gio-Hoiii^, oa ^p^^^rs (i»}.bomfn«s. .«ncçédèreat aux Ti'Po»^» Ils divisèrent Ij| (eire en neuf pwties.,.,.» U A'e$t , parlé que d'un GiftrJttoMtg , quoiiin'i^ f«ssem œuf . du même nom qui donnèrent ^ m^e t^nps d^ lots au aumde. Apre» ôw^ U Q*y QH( plus surJa tçrre qu'uii ^mpcpreur; I43 9nlr^& tMwy^mîii^ avaicfit le tUr« de roi et lui ipcyodaient homm^tg^*

Le Père Aiuiot observée , à ce sujet, qv^uuau*' teur^ oommé Iliu-Tsoug^Hai, sans toijiçher au

nombre d'années des Gin-Hoang, abrège cel^i des Tien-Hoaug et deç Ti-Hoapg, préteqdant qu'on ^ substitué le cwactère qui sigaifie mille à celui qui sijgnifie cent , et qu'on les a fait vivre uu van et huit mit h ans, ce qui équivaut à dix-buit mille ans, au lieu d'un van et huit cents ans, ou dî^ mille huit cents ans. Le même Père ajout<^ que , f» les çri-*

tiques chinois, après avoir encore fait de ces ra*' tranchemeuts, voul^çut apprécier la valeur de ces années f on pourrait se réunir avec eux et conclure que ce qu'ils disent n'est qu'une tradi^on

* Cmv kifie y Disc. prêl.,hyiil

délurée de ce que rÉcriture dit des patriarches avant le déluge.

Nous pouvons doiic considéré? les Gin-Hoang comme un nom collectif qui embrasse tous les ki ou périodes. Les six premiers auront duré soixante* dix-huit générations , et, en y comptant Gin-Hoang lui-même , quatre-vingt*six. ^ f

(yest à la fin des soixante-dîx^huit génék*àtk)ns indiennesr que commence le calcul des années so* laires de ce pays, ou l'âge dit kali-yugam. Pour suivre l'analogie, c'est donc après le sixième ki

que le même calcul devra être admis pour la

Chine.

D'un autre côté , le nom de Fo à la Chine est lé même que Boudda aux Indçs, et Boudda figure dans le neuvième Avatar; Fo-Hi est également le neuvième ki, si on ne compte pas Gin-Hoang dans les soixante-dix-huit générations; et le Chou-King vient de nous dire qu'il n'y devait pas être compris.

n resterait à placer les deux ki, sept et huit, dans l'espace de cent quarante-neuf ans, ce qui donnerait un règne de soixante-quatorze ans et demi

* Giou-Xm«^ Ixxij.

pour chacun. C'est beaucoup ; mais » si Tou fait attention que tous ces temps ne peuvrat être soumis à un calcul précis; que les Chinois donnent des règnes de peut ans et plus aux hommes de ce temps, à Fo-Hi^ par exemple, on ne s'étopnem plus de ce chiffre de soixante^atorze<< .

Les ChincHS eux-mêmes convienn^t que pour les temps antérieurs à Yao il n'y à afucune espèce de fond à faire sur leurs traditions : c'est donc seulement sur les généralités qu'il faut se fonder pour chercher deà analogies, et nous Tenons d'en signaler de nombreuses, qui se rattachent principalement aux traditions indiennes, puisque de ce côté, indépendamment des calculs de générations et de périodes d'années, figurait les rapprochements des Avatars et des Ki. Quoiqu'ils ne soient pas identiquement les iodêmes que les dix générations chaldéeimes, il est difficfle de croire qu'ils ne prennent pas leur source dans les mêmes idées; car les mêmes faits se «rôuvent compris dans les temps embrassés par l'un et l'autre cdcal, et le chiffre en est, à bien peu de chose près, le même. Au surplus, nous nous elpo^Hons au reproche de crédulité, si nous prételidions tirer

de tout cela autre chose que des probabHités plus oo moins digues d'attention. Nous convenons des différences, et nous ne chercbons pas des identités ; mais si dans ces temps anti-historiques les traditions se touchent par beaucoup de points, nous disons que des fables communes sappasem ou vakne étadbfaeent des rapporta de^ peuples âans lesquels to«t devient inexplicable; et, comme nous Tavons diâ^ c'est surtout aux ttadilioiift indiennes qm se lient les traditioiis de k GhiniB.

Nous avons raisonné jusquici dans la double hypothèse de la dato de 1953 et de fô7$ pour Fo-Hi. Ubistriire chinoise peut fournir des document» qui permettent de concilier ces dates si difTérentes. Ce seul &it prouve à quel point elle est peu précise* Freret se fonde sur la dtfte d'une éclipse pour déterminer le temps d*¥âô ; tes séries de princes que les Chinois placent sous les nmns principaux, peuvent angmanterou dnnînuer les temps antérieurs» suivant quVm adopleou qv'en rejette ces séries. Nous n'avons pas besoin de nouft prononcer à cet égard; nous trouvons dans las temps antérieurs tout ce qui pouvait rea^'ef 4mis Tobjet dd nos rechercheSw

«5 Voici da resté comment Freret établit son

calcul :

Après les trois familles et les neuf périodes., les Chinois placent les San-Hoam ou les trois Âu^ giistés. Quelques écrivains placent entre ces trois princes des séries d^autres princes qui rivent pendant de lohguesjinnées; mais le témoignage formel de Gônfucius les fait succéder immédiatement/ Ainsi Fo-Hi,Chîn-nung-Cïii,Hoang-Ti, successeurs les uns des autres, sont aussi les successeurs immédiats des neuf kî ou périodes.

La durée de ces règnes est inconnue, dli 'moins n^est*elle marquée dans aucun monument La chronologie du Tsou-Chou commence à Hoang-Ti, et ne nomme ni Chîn-Nting,*hi Fo-Hi. En leur supposant à chacun soixante ans de règne, ou 120 ans pour les deillt (Hoang-Tî étant placé a Tan 2455 avant J.-C), le commencement de Fo-tfi serait à Paii25'?6fâvàntJ.-C. C'est 43o ans aviant la vocation d'Abraham.

Dans ce système, la chronologie chinoise serait par conséquent fort loin de présenter une antiquité qui' put balancer ceHe de TÉcriture, et dans

^ Freket , ^cad, de$ Insc, I. iS^ p.'^l64.

IG

celui que nous avons exposé précédenment, elle serait d'accord avec les traditions sacrées. Cest ce système qui nous paraît le plus probable; car il repose sur les mômes fondements que les calculs des autres peuples ; et quoique les Chinois ne soient pas de même race que les Indpus caucasiens» nous allons nous efforcer de montrer, que leur civilisation n'en est pas moins d'origine caucasienne; origine que ne. contredit pas leipr é^it d'immobilité actudle, et la place qu'ils occupent dans la série des rameaux de la race jaune ou mongolienne.

Mais avant de passer à ce point importaoït, nom suivrons la chronologie chinoise jusqu'anx temps historiques, pour nous rendre raison ,.;^utan( que possible, de leurs idées, et quoique cela n'ait pas trait directement au but que nous, nous proposons.

Freret ^ donne aux quatre règnes qqi suivent celui de Hoang-Ti 250 ans..E9 les retranchant de 2455, époque fixée pouriloang-Ti, l'anuiée d'Yao se trouvera 2205. Nous avons une observation qui fait correspondre la soixante-dixième année

< jicad. de$ In$c.^ U 18, p. %U.

d'Yao à Ym 2136 atamt J.-C., œ qui donne la même année 2205 poor le conftmencenient de soïh règne^ Les quatre règnes qui se placent dans eèt intervalle sont de 250 ans%

Dédaignes* donne seize ans de moins, suivant le calcul du Tsou'^hon.

Frèret a, comme on le voit, modifié en la dis* CQtant la chronologie du TsourGhou. Si on suivait cette chronologie dans Deguignes * depuis le sue^ cesseur de Hoang-'Ti jusqu aTi-*Yu, on aurait un intervalle de six r^nes é^aux à 390 ans. Mais Ti-Yu, dans cette chronologie, étant placé à 2207 ans avant J.-C., c'est-à-dire deux ans avant l'époque que Freret désigne pour Yao^ qui lui est fort antérieur, nous arriverons par la nécessité d'ajouter les 390 ans des six règnes et les 120 ans jusqu'à Fo-Hi, à 2717 ans pour le règne de cedeiv nier, ce qui ne s'accorde ni avec Freret, ni avec la chronologie adoptée par le P* de Mailla. Cependant comme 390 an$ pour six générations sont une moyenne trop forte, en la réduisant à 41 ans, on arriverait, à deux ans près, à ce même calcul de

^ ^ead. des In$c,, 1. 18, p. 297.

^ Bbc., iÊiit.âeiHuns^ P- <$>7» 1. 1"

2455 pour le règne de Hoasig-Ti. B eM vrai qu'alors TobservatioQ faite sur la soiiante-dixtème anaée d' Yao devrait être négligée.

Nous le répétons donc; il &'y'a*TÎen à puiàer pour nous dans œtte d^ondogie , 'que te6 'aiiâlogies générales anté-histonqiids que nous' avons signalées. . ^ .. ; ^ :

' Ce n est donc pâ% toût-à-faH sûr leû^ ch'rbtiolô- ^êHjQie les Chinois peuvèut'fondei^ la prétention d'avoir été de tout tëmp$ le peuple le plus éclairé de là terre; aies en* croire, tous lëà attii, toutes les sciëndes ^aut*aient été iiâVèntés par" leurs prémiers princes. Pour lé dire en passant; il est assez ridicule (l'attribuer .un art ou uu'é science .à une invention de premier jet, côm^plète en naissant ; mais ce qui est plas' fâcheux, âj^rès une telle exagération, c'est l'igcrorance où' étaient plongés les Chinois' à Farrivée dés Jésuites parmi èux.'ll a iiaiihi rectifier lelifrs balèukâstrouôiniqu'esi et c'est sur l'habileté des missionnaires, irëconnué par les Chinois'eux-ikiémeé, que l'étabUssemènf des cbréti^is fut fondé. Triste démenti cpie les habitants du céleste empire se virent contraints de se donner à eux-mêmes. ,,. ,,. v v En général, il y a pen de fond à fitire «lir les

antiquités cfaiaoises. Noils aVonà vu par lé ra(H {XMTt qui assiste entre les ang^tès fapùllés du ciel» de la terre et des. hommes , et i^s . circonstances' cdsmogontqu&^^iqfi'il y« a* liéû' de çroilre que ces traditîoiis <»it été appliquées À «n ancien éti^ mo narchique, dont l'existenoe ne s'appuie sur aucun documenit Aé quelque valeûn Gôâfucius lui^iiéme avoue que phisirai*s des anciens matériaux des annale» cfainc^s ne ^subsistaient pins de son temps. • :

Obswvations et annales nous latissgnt'tionc dans mie inoar);ltudô à pei) près égale. Cependant il n'eii>*&nt pas condbre^ qu'il faille tout rejeter de oes ^rouienirs^'Au milieu dé cet anms confus dmvraisemblanees^il est pl>sslkle d^èx traire quelques faits propres à être râîpprochés iés traditiens des lautrçs )[)euples. . La concordance qn^on y rencontrera, sera de nature, à éclairer la question, et à donner, sinon une entière authenticité, da bsoins une certaine importance , à des récits où quelques vérités peuvent être cachées sous dejs syibboles extravagants; . ;

La tradition du déluge, que nous avons signalée, chez les Indiens et chez les peuples sémitiques, ne se rençoQ|tne.que^\d'asie «manière ccn-

fuse cliez les Chinois. Ce qu'ils ^n disent se trouve même fèàcé à une époque à laquelle il est iq^possihle de rattacher un tel événement. . c Sous le règne d' Yao une grande partie de la « Chine était ensevelie sous les eau:s. Plusieurs <( écrivains européens ont saisi cet évéaiement ^ pour en former le déluge de Noé; d'autres Tout ç regardé comme un déluge particulier. Dans le

< Chou-king» il est dit que ces eaux montaient

< jusqu'^au ciel, et surpassaient les collines et les c raionMignes.» Si cette inondation avait été

< aussi considérable qu'on la dépeint, aa quel c endroit aurait pu habiter Yao avant Féeoulef c ment des eaux? Je crois que ce d^nge n'est

< aujU^e chose que le débordement ordinaire des

< fleuyes et des rivières, dans un pays qui n'était c que médiocrement peuplé et qui vraisembla- ^ blement n'avait pas encore été entièremeut dé- « friche ^> .

Les circonstances rapportas par le Chou-kiag sont bien d'accord avec les récits du déluge, et on peut croire que les Chinois n'ignoraient pas cette tradition ; mais, faute de Bavoir la rattacher à

* DB«ui«Nii> iïMf . 4€ê Hum, 1. 1, p* r.

attcnne épiicpte précise , ils en auront fait sans doQté un évéomient looal, qu'ils auront- rapporté àTépoque d'Yao, parée qu'il est possible que ce prince ait donné des soins particuliers au dë^sécbeinent des terres. On adoptera fadlenent qu'à l'époque oii il irécut^ les restes d'une grande catastrophe, quoique éloignée déjà , pouvaient sé^ joumer encore, sur la terre. C'est la civilisation seule qui restîdte àj'agriculture les terrain^ <}ue quelque cause que ce. 8(»t y avait rendus i)n- {NTopres. BliUe ws aprèsle dâuge, la Chine pouvait encore être inoniij^ sur beaucoup de points; les Gaules, deux mille aas plu^tard, offraient bien encore dans lews forêts et leurs marécages les preuves de l'absence de population et de civilisation. Une inondation partielle à la Chine et les travaux d'Y^o peuvent avoir fait attribuer à son règne les circonstances confuses et presque oubliées de la tradition diluvienne. Les Phéniciens qui avaient emprunté, comme nous l'avons vu, leur côsqiogonie aux Chaldéens, ne parlent pas non plus du déluge, et cetta circonstance est bien plus singulière qu'à la Chine. En- effet, les Chinois sont isolés et veulent toujours l'être, tandis que les Phéniciens vivaient entourés de peuples chez

eâ2

le$quel$ 1« déjtug^ était une tra()itmi «e^et Peutôtire, au reale w si uoiis avioAs^ sur tmi. phEis^de xenseigqementsv y trobverionfi^qous sur cetpfajetles docUDoi^ts qui nous manquent > :

Puisque nous n'ayons pas à pénétrer phis^ atclnt dani^ cette question indécise , passobs à de^ considérations d un^autré ordifè, el cit^iSèbôiis ce que fui la |>opulàticm primitive de k GMne.

€ La populationiKâiiirê<Jb la Ciifmé est désignée* « par fes Ghimûs eux^nén!ies'8iô)àsrle nom tfe Pe- € sing (les cei^ fatoilles )i' traisemWabJeinent c d'après une> tradition qni^fiimr le tfottfbré de f :^Hes qtft aVaiestiifii^iMné lé ^premier nbyàÀ de « ;la uati6Uk H n'y k ménié idico^ë à présent (fue « quatre bu cinq cèotsnoBtis de fami^^ c daustôilt l'elnpipè, et le$ psersônnes qui portent c un ménle.noiiiderfainille, sont sihien cdbsîdé* € rées comme issues d'une même tribu, que la « loi s'o^ï^ose h toute aliiàbd^ ehfcrè elles. La cîvî- € lisation* effiicé, toutes leà âwtreg nuances qui «pouvaient distinguer des anciennes tribus, et € l'accession d'un grand nombre de familles « étrapgèïes venue&cfe k TâPiarie et du T ibet.

* ABEt Kémusat, TVom: MéL asiai, t. i, p. 55.

f lie pei:tn^t (]^i]^ 4a reconnaibre les tvâ^cs des € y^ri^Ués Atttocbthoiies de laChîne. »

Gepjeindaat^d^iiisies parjie&.iiabonta Tempîre, et.sucfout (laiis ie& proinnceB de Totiest ( }es plus YQÎsmes du Tlubel ), il subi^iste encense de$ tribus qui appartiennent, selon toute appar f^çe, àja popidatîc»! plîmkrre, modifiéepar lek Chinois des provinces centrales. On trouve deoes S^t^ daiis plusieurs pixiyineqs : fl en est qui pas-^ Sfitit) powTj Tibétains;^ ^ On ne parle, pas ici dès lMUyQtcfadii9a,.des Tongous^ des^tribus Mongoles ^ Oû!^Qure& : tontes ee& caces sont étrangères à kpopplalion de la Ghine, pMpr^nènt dite«^ . ,,.Abei Rémusat^ dans uiie discpsâioû sur te niom é^ la tribu dei^Tdbinâs^ accorde comma vraisemblable l'origine indienne de ee(te tribu; il en c6n• çlutqueoela..s(ttaque lantiquité du codedeMe-r Qou , ps^ûequ!il pnétënd que ce nom ne pût venir à la GonnaissanGe des Ifidi^as, que vers Tàn 246 avant notiie ère. ^ Cette antiquité dû code de Menou in^Kurie peu à notre objet, ainsi nous n'entre* rons pas dans rerameq de cette assertion, aufre-

^ Sun- ta philosophie des Indou$, t. % p. 555, Nouv. Mél.

ment qu'en de qui touche nos reicherches. Âbel Rémusat n'appuie 'pas scm a^ertîon do preuTCS qui puissent établir que les Indous et les Chinois ne se scmt connus qu'à l'époque que ncms Tienons de rapporter.' Cela fùt-il^ il ne serait pas impossible d'établir les causes.de l'oublr dans lequel ]/^s deux nations seraient restées 4'iRie< à l'égard

de l'autre.

En elTet^ ce fut par suite d'une' altération de crpyanoes que diverses tribus^ entre autres celle des Tchinas, furent séparées de leur tige pritt^ tivoi et rhorreur deslndous pour les prà^nès étrangères, r^sembde asfiee à Tfaorraur que les chrétiens du moyen-âge avaient pour les excommuniés.. Les lîndiens se renfermant à l'one&t, 1^ Chinois s'étendant à l'est de Tlndostan, les deux peuples, purent oublier leur origine, et lorsque les relations de commerce, fruits du temps^^et de la civilisation, les rapprochèrent^ ce lut comme une révélation de leur existence mutuelle. Cet isolement ne fut pas seulement l'effet de réfragnàncas nationales; nous avoi^ déjà remarqué que les bi* dous furent refoulés par les invasions assyriennes, et quand une fois une puissance intermédiaire se fut interposée entre les deux peujples, la croyance

des ims^ l'orgueil des autres dut les maiotenir dans cet état d'ignorance réciproque.

Il powca toujours rester de la discussion d'Àbel Rémusat , qu avqnt les invasions tartares il y eut des habitants dans la Chine ; c'est ce qu'il appelle les autochthoiKes de k Chine, probablement dans le Sfens relatif, sa^s entendre autre efaose que leur possession et leur établissement plu$ anciens. Se* condemeut, que. ces Tohinas viennent de la frontière de l'Inde ^t ont donné leur nom à la Chine ' il ne varierait que sur le. temps; il ne s'éloigne donc que bien peu de William Jones, dont nous allons rap{K>rter l'Qpîmon.

« D'où était venu le peuple singulier qui gou- < verna long-temps la Chine avant qu'elle fût « conquise par les Tatârs ^ ? »

Telle est la question que se pose ce savant illustre ; il existe quatre opiuions à ce sujet. Un petit nombre d'écrivains a soutenuque les Chinois étaient une race aulochthone; d'autres les prétendent issus de la même souche que ^ les Hébreux et les Arabes eux-mêmes, et M. de

* WiLi Jonës, Calcutta, t. -% p. 405. DUcours sur les Chinois.

Paw, 1^ fait de$ceQ4r@ des Tatârs^k quatrième est celle des Brahntaoes^ qui .4éadeni ique 1^ Ghinqis $ont des Indous de la classe Kchatrya » ou militaire t qui, oubliaat peu à peu 1^ rites et là. religion de leurs aucôtres, s'élaidirest idans les vîlUjéQi^ qu'ils po^èdput maiuteiiaait. ' ' Lapreaiière opinion qui le^ dé^ài^e autochr thpuj^ m s'appuie sur rieilv et si l'uae des autres est vraie, elle tombe d'elle-même, ha seconde n~ est pas admise par les Al*d»8 eu^^mèmë§f, puisqu'ils fcHat descendre les Chinois desTartarës^ et aucune analogie ne les rattache entre éiix. La troisième , qui les fait descendre des^ Ttftâr^/ è;e rapproche de çellq des ^chmaiies..Ëti effet, M. dé Paw fait une niôme itioe des Scythes et des Tartuffes. Or, il reconnaît les Scythes pour avoir été leâ Ooths,

. a même origine que les btdous \ s\ sdn propre raisoénènièdt, fondé sur la repsemUanee dès languefs , est à Tabri de toute objection. '

G'esf évidemment abuser des mots que de dire que les Brachmaneset de Paw sont du même avis,

^ WiLL. Jones, Calcutta, t. 2, p. 406>/>i<c. êur Ui Chinoii. ^ De Paw, préface des Recherchée.

IqfÇfilp 1^8 (iQ$ iiéri]/)eQl les £lhiik<»s. directement dbe la clas^^ m^italiredes Indoiis, tandis t{uê l'autre s'y verrait amené par la tri[de filiation, que WiU lisf m Jones vîe^t d^ét^tdir. C'est de descendance directe qu'il s'agit ici, et lorsq«ie de Paw les fait Tar tares, il dit et veut dire, quils sont directement émsHaiés de ce peuple. Reste i^isuiie à concilier çe.qu!il y a efiectivràiëni de contradictoire à faire des Scytlije^ et dés Chinois des peupleà tartares ; mais c'est une nutre question sur laquelle no»s avons donné jkàvb opinion précédemment

\jtiv. 3, des ^cythes). La confu^on est dans le mol tartaresy qui n'est pas 'synonyme à la fois de Mongol et de Scythe, et dont l'aOcepticm trop étendue a été k*éiluitë à sa véritable valeui;. - \

ilestèila qualnème/qui est celle des Brachmanes /et qu'il faut examiper.

William Jéipies ? commence la discussion par 1^ piissfigô du Code de JMËenon auquel fafit allusion Abel Rémûsrft.

c< PJusieàrd&miUeâ dé la classe militaire , ayâtit < . abandonné peu à peu les préceptes des Yedas c.èt la société 4es Brahmanes, vécurent dans un

* WiiL. Jones, Disc, sur les Chinois^i. 2, p. 406^ Calcutta.

c état de dégradation, tels que les habitants de c Pondraca et d'Odra, ceux de Dravira et de tf Gambôja, les Yavanas (les Grecs), les Sacas « (les Scythes), les Paradas (les Parlhes), et les « Pahlavas (les anciens Persans), les Tchinas , et c quelques autres nations. »

Tous les pandits s'accordent à dire^ftie lemo^ Tchinas signifie les Chinois. Us affirment que les Tchinas de mehou s^établirent dans un beaapays, qu'ils ont été long-temps et sont encore venom^més pour leur industrie; quils ont vu d'anciennes idoles chinoîses^ qui avaient des rapports manifestes $ivec la religion primitive de llnde, avant que Bouddha y parut.

À quelle époque cette migration des Tehiiias auraiC-eUe eu lieu? Il règne sur ce point une incertitude qu'on ne peut, raisonnablement se flatter d'éckircir d'une manière positive. Nous avons trouvé, avec Freret, 2573 ansàv. J.-G. pour le règne de Fo-Hi; mais Gonfucius déclare^ qu'avant l'établissement de la troisîème dynastie, il n'existe pas de monuments historiques dignes de foi. Le Père de Mailla^ et les cbrônolog^tes, pla^ cent ce même Fo-Hi deux mille neuf cent cinquante-trois ans avant notre ère, ce qui s'accorde

mieux avec les autres traditions. Dans Imcertilude où nous restons « nous n avons qu'à chercher ailfeurs que dans une chronolo^e inowtaine le fait même de la migration et le point de départ de la nation et de son premier chef connu on désigné.

n parait vraisemblable que Fo-Hi a pénétré dans la Chine; c'est tout ce qu'on peut dire de plus raisonnable. Deguignes * n'ose donc point , malgré ses immenses recherches sm* les peuples asiatiques, prendre un parti dans cette incertitude. L'entrée de Fo-Hi dans la Chine serait encore plus rapprochée que ne le dit Freret , si l'on adoptait l'opmion de William Jones \ Il place la troisième dynastie chinoise environ onze cents ans avant l'ère chrétienne> ce qui ne ferait pas remonter Fo-Hi à plus de treize ou quatorze cents ans.

Suivant les Chinois eux-mêmes, Fo-Hi, chef de lenr race, apparut dans une province de l'ouest appelée Chen-Si, et tint sa cour dans le territoire de Tchin , où l'on suppose que s'établirent les fugitifs dont parle le législateur indien.

^ Begoigres, HUt. des Huns, p. 4, 1. 1. * Wni. JoNis, Càlcmtia, t. a, p. 441.

semblanoe des traite qui existe eHtre les Tartares et les Chinois autorise pleinement l'opinion de ceux qui les rattachent à une même wigine. Au premier aspect, les Chinois sont des Mongols, cela n'est pas douteux; mais on nous accordera peut-être aussi cette proposition : Une tribu peu nombreuse, alliée successivement et exclusive* ment aux Mongols, perpétuellement conquise par ces mêmes Mongols» a-t*elle pu contracter le caractère physique de cette race ooiiqnéranie, et incomparablement plus nombreuse? La réponse n'est pas incertaine , ce nous semble. Nous pouvons, à notre tour, opposer Une autre question aux partisans exclusifs de l'origine mongole des Chinois. Comment se fait-il que les Mon^ls, ou les Mantchottx, ccMiquérants de la Chine, n'aient pas imposé leurs mœurs aux Chinois? que, tout au contraire, ce soient les Chinois vaincus qui aient amquis, par la civilis^son, lenrs sauvages envahisseurs. Cela ne peut vennr que de la supériwilé de la civilisation chinoise; et cette civilisation, de qui la t^iaient-ils? C'est à cette question que répond tout ce <pe nous av^Ms dit dans ce chapitre : ils la tenaîent des ladous. Ainsi les deux opinions, si hostiles en apparence, peu-

vent très bien se concilier. Il y a eu conquête ré«ciproque du grand nombre sur le petit en tout ce qui concerne Torganisation physique des habi* tants de la Chine; conquête de la pensée la plus haute sur la pensée brute , si nous pouvons le dire ainsi, au profit du petit nombre sur le plus grand. La victoire est restée, comme toiyours, à la puissance physique pour tout ce qui était matériel; à la puissance intellectuelle , pour tout ce qui était de rintelligence.

Nous arrivons à l'opinion soutenue par Deguignes, avec plus de savoir que de succès. * D prétend que les Chinois viennent de TËgypte. Nous pourrions, à la rigueur, abuser des mots, comme nous reprochions tout-à-rheure à WîU. Jones de l'avoir fait, et dire que cette opinion revient à celle des Brachmanes et à la nôtre, seulement par un détour un peu long.

Les Égyptiens ou Éthiopiens, car ces peuples sont le même, ^ avaient la même origine que les

^ Mémoire par lequel on prouve que les Chinois sont une co- Umie égyptienne , 1759, in-lâ.

* ^^yage de Nordm, p. 548-5»l, t. 5.

so

X'awètre de cette tribu militaire, qui devint la tigQ desTchinas, futifionddha^ fiom identique à cdui de ForHi. Yoki en quels :teraiés ee^e tvadîtiopi eàt rapportée : Un prince] noôinsé Brouhya, cinquième descendant de Bouddiia , fut êxiké ||>ar son père Yayâti à l'est de l'Indostan , avec cette imprécation.: Puissent ieà ascendants ne pai cIm* naître le Yeda.

. Il y a no singulier rapport entre cette traditibh indienne et la traifitiim chinoise. Chez les ubs et chez les atotres le nom de Bouddha appairtient, sQÎl an chef dè^ Témigratron ,« âoit à son ancêtre. L^h est exile à Test de Tlndostan » l'autre aririvé àla Chipe par l'ouest; c^est'la posuibù respective des deux pays. Le Bouddha exilé ne pôuràît être suivi que d'un pèt^t udimhre d'émigt^ants; dans ce temps comm^ anjouvd'hm, le 'malheur avait sans doute peu de courtisans , et nous voyons dans le passage d'Âbel Rémusat que la p6j[>uiàtion native de la Chine est désignée par les Chinois* CMix* mônies sous le nom de Pensidg {lè»ceût^tdÀiV^$). Nous voyons que les restef * de.cëtée pojpiliËition primitive subsistent encotéà pMeétdailsiés^^rr ties montagneuses de l'empire ,^ et qu'ils passent ponrTibétains; or, le Tibet est limitrophe desfdeux

{>ays. Nous avons établi que tes généralilés déduites dés traditions coisinogo&îqueB rattachaient leB Chinois aux peuples cauctoiens en géiiérat et plus paiticnlièrement auk Indous. De tous ces faits réunis, nous concluons : 1*^ que tout s'oppose à ce qu'on accorde aux Chinois une antiquité anssî grande que le supposeraient les chif&es monstrueux de leur chronologie fabuléuse; :â^ que la première lueur qui précéda lés temps historiques paratt poindre à c^te province de Tçhin dû les Indons envoient leurs exifês, oh les Chinois placent leurs anéétrès. Enfin , que la civilisa^ntdes Chinois est due à la ra^e inddue caucasienne.

Ce n*ést pas sans motif que nous disons civilisatiota; c'est dans ce sens seulement qu'il faut entendi'é aujourd'hui que les Chinois sont d'origine indoue. En^/^érité» si touâ ceux qui s'attachent à uiie opinion exclusive voulaient se relâcher un inst«nl^e leur rigueur syi^tématique ^nouscroyons qu'il serait facile de s'eni tendre sur beaucoup de points d^ttus beauooup^trop vivement. William Jones irestqfe lei Chihois soient Indoûs; dé IWiM^ veutkfufib soîest Tartâres/et^ùcgus', nous prétendons qu'ils ont raison' tous les deux. La res-

^ration égyptienne ait été postérieure à 1122. L'ignorance où on serait resté sur les circonstances de son passage au milieu de populations plus nombreuses et plus avancées, serait plus surprenante encore, et à coup sûr, dans ce cas, l'alphabet égyptien aurait été transporté enChine. Mais cetie dernière hypothèse n'est admissible d'aucune manière.

De Paw conclut, après de nombreuses observations et une comparaison suivie des coutumes, des croyances, des arts des deux peuples, que l'opinion qui fait venir les Chinois de l'Egypte ou du Sennaar est absolument sans fondement.

Si nous nous sommes cru fondé à dire que les Chinois ne peuvent pas disputer chronologiquement la priorité aux Indous, nous pouvons affirmer que les Japonais sont encore bien moins en droit de le faire. Il y a beaucoup d'apparence que les Japonais sont des Coréens et desTartares, policés par quelques cdicmies chinoises.^ Kœmpfer les fait venir directement du Sennaar; nous ne nous occuperons même pas de cette assertion, dont le temps a lait justice. William Jones y est

1 DB6UI6NES, Hist, des Huns, t. i".

fort opposé, comme on va le voir : < Il parait in-^ concevable» dit*il,^ que les Japonais, qui semblent n'avoir jamais été ni conquérants, ni conquis, eussent adopté tout le système des lettres chinoises, avec ses inconvénients, si, de temps immémorial il n avait pas subsisté de relations entre les deux peuples ; ou en d'autres termes, si la raeo: hardie et spirituelle qui peupla le Japon au railieu du XIIP siècle avant J.-C, et fonda la mo*^ narchie 600 ans plus tard, n'avait pas porté avec elle le savoir et les lettres qu'elle avait possédés en commun avec les Chinois.

Les Japonais auront, comme les Chinois euxmêmes, subi de nombreux mélanges avec lesTar*tares, ce qui a altéré les traits originaux des uns et des autres^

Comme les Égyptiens et les autres anciens peuples, les Japonais prétendent avoir été gouvernés par des dieux ou esprits célestes, et ensuite par des demi-dieux ou esprits terrestres, pendant un nombre prodigieux d'années. Après les demidieux vinrent les hommes mortelsi qui forment la troisième race.

* WiLL. Jones > Calcutta, t. 2, p. 422.

Les Japonais placent le fondateur de la dynastie des Dairi, qui régnent actuellement, en Fan 582 avant J.-C; et pour remplir l'intervalle qui s'est écoulé depuis le cinquième et dernier des demi-dieux ou esprits terrestres, ils admettentles premiers empereurs de la Chine, en commençant à Fo-Hi. Ainsi il n'y a pas lieu de discuter l'ancienneté de cet empire, qui se rattache, dans le passé, à la Chine. La civilisation présente des Japonais n'a pas moinsemprunté àleurs puissants voisins, et ils sont devenus, pour les Chinois, des rivaux dangereux. Jadis, réduits à un état de barbarie qu'augmentait la violence de leur caractère, le voisinage d'un peuple de qui ils ont reçu l'écriture et lessciences, les arts et les manufactures, les a conduits à rivaliser avec la Chine, et même à la surpasser. Conmie leurs voisins pourtant , ils restent, à l'égard des Européens ^ , dans cet état d'infériorité relative, qui naît de leur impuissance à perfectionner ou à tirer parti de leurs connaissances. C'est beaucoup déjà, qu'après avoir dû uniquement aux Chinois leur industrie agricole et manufacturière, et les éléments de leur civilisation,

^ Herder, t. 2, p. 50S^

ils soient parvenus à égaler, et même à surpasser leurs maîtres ; l'orgueil et la violence ont suppléé pour eux, jusqu'à un certain point, à cette activité intelligente qui semble appartenir plus particu*lièrement à l'Européen.

L'histoire atteste à chaque page que toutes les nations qui se sont élevées au-dessus des autres par leur industrie ou leurs arts, ont exercé autour d'elles une influence plus ou moins grande ; ainsi les contrées qui avoisinent la Chine ont dû à ce voisinage des modifications qui portent Tempreinte de leur source.

De même que le Japon, et à un plus haut degré, la Ck)chinchine^ le Tonquin, les peuples de la Corée , ont subi cette influence, t^a Cochinchine est à l'égard de la Chiqe une véritable colom'e : même religion, mêmes arts, même système de gouvernement, plus despotique encore peut-être; l'empereur est un vassal de la Chine,^ et les deux nations sont étroitement unies par le commerce. Mais , pas plus l'une que l'autre , elles ne paraissent devoir s'élever au-dessus du degré qu'elles ont atteint : la même immobilité les a frappées,

^ Herder, t. 2, p. 50Î).

Les Tonquiûois, moins avancés dans la civilisation , n'en ont pas moins, dans la limite de leur action intelligente et industrielle, le caractère chinois; leur infériorité relative peut avoir pour cause la chaleur plus grande du climat. Les habitudes laborieuses des Chinois sont difficiles à conserver sous un climat plus chaud que le leur;

aussi leur empreinte est-elle plus prononcée vers le nord.

Ce sont les Mantchoux qui ont soumis cette contrée à la Chine; mais antérieurement, elle avait dû être peuplée par des Tartares.^ Leurs cerémonies, leurs jeux, leurs habillements, leur religion, leur viennent des Chinois. Mais où cette influence chinoise put se faire le plus sentir, c'est sur les Mantchoux et les Mongols. Non-seulement les Mantchoux, qui ont conquis la Chine, se sont soumis aux usages des vaincus, ainsi que nous Tavons déjà dit ; non-seulement les deux branches de la race jaune ou mongolienne , les Mantchoux et les Mongols proprement dits, tour à tour conquérants, se sont soumis à la Chine, aux lois et aux mœurs policées du pays qu'ils étaient venus

^ DEGtiitiNES, Hiêt. des Huns^ t. i*'.

assujétir, mais les hordes mêmes qui sont restées errantes n'ont pas laissé que d'être modifiées.

Ainsi la Chine est le centre de cette civilisation mongole , que nous avons présentée comme inférieure à la civilisation caucasienne. Toutes les conséquences que nous avons tirées de ce fait sont donc applicables aux peuples secondaires que nous venons de nommer. Tous se résument dans l'unité chinoise , dont nous avons déterminé la situation relativement à la race, à la population primitive et à l'ancienneté chronologique.

Quant à l'ancienneté de la race jaune ellemême, nous n'ajouterons rien à ce que nous avons dit au livre l""" , d'après l'opinion de Guvier; savoir : que tout annonce qu'elle a échappé à la grande catastrophe sur un autre point (rÂltaï) que les races éthiopienne et caucasique. Le mystère de sa création ne nous est jpas moins fermé que celui de la création des autres * races.

Cet isolement de la race ne s'étend pas jusqu'à la civilisation. Nous avons vu que, malgré les différences d'opinion sur les sources de cette civilisation , il y a accord sur ce point qu'elle est venue du dehors. Nous avons essayé de faire voir

qu on ne pouvait la rattacher qu'à Tlnde, et que, dès-lors, elle est soumise, sous ce rapport, à cette espèce de loi générale qui lie toutes les popula^ tions entre elles par le centre Indo-Perse.

n n y a pas lieu de faire les mêmes investigations sur les peuples de race nègre. Nous avons établi que leur état de civilisation , au lieu où il était le plus avancé, ne suffisait pas pour y recoa^nattre les véritables éléments d'une société politique. Dès-lors la base même du raisomiement n'existe pas. Le très petit nombre de progrès qu'à faits cette race, décidément inférieure, a été dû à la fréquentation des races plus heureuses pu plus favorisées par leur organisation. U y a lieu de praindre, nous l'avons même observé, que cette loi qui la condamne ne reçoive une démonstration plus complète de son établissement libre à Saint-Domingue. Bien loin d'avoir fait dans l'ordre politique et civil le progrès auquel elle semblait naturellement appelée, on a cru reconnaîtra des traces de dégénérescence depuis que l'impulsion et l'exen^ple lui manquent. Les documents que Qous pourrions cb<ûsir parmi les récits des voyageurs ne nous fourniraient aucune base suf- ^sante pour établir des rapports. Ëp fait e| en

dépit des efforts essayés dans le but de réhabiliter cette race malheureuse, nous n'avons donc réellement aucun terme qui puisse être raisonnablement admis comme élément d'investigation et de rapprochement. L'antiquité ne saurait nous rien offrir, et les temps modernes nous fournissent au contraire la preuve fâcheuse qu'il ne saurait y avoir de place dans les recherches historiques, telles que celles que nous nous sommes proposées pour but , pour la race éthiopienne ou nègre.

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