CHEZ LES FAMILLES CELTIQUES ET GERMANIQUES
Nous n'avons que peu de mots à citer sur ce sujet ; mais la tradition du déluge peut être retrouvée dans ce passage de la quatrième feble de YEdda.
« Les fils de Bore tuèrent le géant Yme, et il coula tant de sang de ses plaies, que toutes les familles des géants de la Gelée y furent noyées, à la réserve d'un seul géant, qui se sauva avec tous les siens : on l'appelle Bergelmer. Étant
monté sur sa barque, il échappa^ et par lui s'est conservée la race des géants de la Gelée. Cela est eonfirmé par ces vers :
Plusieurs hivers avant que la terre fût façonnée^ fiergelmer était déjà né, et je sais bien que ce Sage géant, s*étant mis dans sa barque, se sauva.
[Mythologie celtiqw, fable 4« }
mËIiUCSE DIM GHAIiDÉBMS.
Xisutbrus fut le dixième roi : sous lui arriva le déluge. €ronos lui ayant apparu en songe, l'avertit que le 15 du mois dœsius, les hommes périraient par un déluge ; en conséquence, il lui ordonna de prendre les écrits qui traitaient du commencement, du milieu, et de la fin de toutes choses ; de les enfouir en terre dans la ville du soleil, appelée Sisparis; de se construire un navire, d'y embarquer ses parents, ses amis, «t de s'abandonner à la mer. Xisutbrus 'Obéit : il prépare toutes les provisions, rassemble les animaux quadrupèdes et volatOes; puis il demande où il doit naviguer. « Vers les dieux, » dit Saturne ; et il souhaite aux hommes toutes sortes de bénédictions. Xisuthrus fabriqua donc un navire long de cinq stades, et large de deux ; il y fit entrer sa femme, ses enfants, ses amis et tout ce^quil
avait préparé. Le déluge vint; et bientôt ayant cessé, Xisutbrus lâcha quelques oiseaux qui, faute de trouver où se reposer, revinrent au vaisseau : quelques jours après il les envoya encore à la découverte ; cette fois, les oiseaux revinrent ayant de la boue aux pieds; lâchés une troisième fois, ils ne revinrent plus : Xisuthrus , concevant que la terre se dégageait , fit un ouverture à son vaisseau ; et comme il se vit près d'une montagne, il y descendit avec sa femme , sa fille et le pilote ; il adora la terre, éleva un autd, fit un sacrifice, puis il disparut et ne fiit plus vu sur la terre avec les trois personnes sorties avec lin. Ceux qui étaient restes dans le vaisseau ne les voyant pas revenir, les appelèrent à grands cris. Une voix leur répondit en leur reconunandant la piété , et en ajoutant qu'ils devaient retourner à Babylone , selon Tordre du destin ; retirer de terre les lettres enfouies à Sisparis, pour les communiquer aux hommes ; qae du reste, le lieu où ils se trouvaient était TÀrménie. Ayant oui ces paroles, ils s'assemblèrent de toutes parts ^ et se rèadirent-à Babylone.
Les débris de leur vaisseau, poussés en Arménie, sont restés jusqu'à ce jour sur les monts Eorkoura; et les dévots en prennent de petits morceaux pour leur servir de talisman contre les maléfices. Les lettres ayant été retirées de terre à Sisparis, les hommes bâtirent des villes, élevèrent des temples, et réparèrent Babylone elle-même.
(Berose, dans Aleœ. Polyhistor, inséré au Scelle, p. 30.)