SAVOIR
l"" Les Caucasiens.
2» Les Mongols.
S"" Les Malais.
4^ Les Ethiopiens.
S'* Les Américains.
Sous ces cinq divisions, viennent se ranger une muUitude d'autres races, plus ou moins distinguées par la couleur, les traits, la forme du visage; mais, il règne toiy ours beaucoup d'arbitraire dans la distribution , et il est permis de ne pas admettre, jusquà preuve contraire, le grand nombre de distinctions radicales que quelques écrivains ont adopté. Cuvier, dont le nom en ces matières, est une autorité devant laquelle toutes les autres deviennent secondaires, ne reconnaît comme bien distinctes que trois races \
1° Blaftche ou caucasique.
^ Jauue ou mongolique. 5° Nègre ou éthiopique.
Les malais ni les Papous ne se laissent facilement rapporter à aucune de ces trois grandes races. Cuvier ne trouve pas de caractères suffisants pour distinguer les premiers des Indous caucasiques et des Chinois mongoliques, et se demande si les Papous ne seraient pas des nègres anciennement égarés sur la mer des Indes.
* Mgne animal, 1. 1, édit. 1829.
Les différences que Ton rencontré entre ces variétés, et les types auxquels on les ramène , peuvent provenir d'alliances entre les races diverses et de certaines modifications locales. Bien qu'impuissante à altérer radicalement , au moins pendant le laps de temps écoulé depuis lapparition de l'homme sur le globe, les conditions dans lesquelles nous voyons Tespèce , on conçoit que l'union de plusieurs causes a pu et dû amener quelques changements. C'est ainsi que de l'union de la race nègre et de la race caucasique , en Egypte , a dû nattre une population nombreuse « dont le caractère mixte rappelait sa double origine. Nous en parlerons plus tard à l'article des Égyptiens, * et nous aurons lieu de faire la même remarque à l'occasion de la race mongole et cauca^ sique à la limite de ces deux races en Tartarie.^
L'analogie des races se retrouve dans l'analogie des laognes, observation juste et féconde que nous espérons ét^idre par la suite, et qui, par la triple route de l'embranchement des races , des rapports des langues et des analogies de croyan-
* Liv. 2,
* Liv. 5.
ces , nous conduira aux filiations des peuples que nous avons pour objet de présenter autant qu'il sera en nous.
Le rameau Araniéen, ou de Syrie, s'est dirigé au Midi. Il a produit les Assyriens » les Gbaldéens, les Arabes, les Phéniciens, les Juifs» les Aby^ins colonie des Arabes ; il est très probable que les Égyptiens lui appartenaiem.
Blumenbach pense que les Egyptiens peuvent être placés entre l'habitant du Caucase et FEthiopien, mais qu'ils ne diffèrent d'aucun plus que du Mongol, dont le Chinois emprunte les traits: opinion qu'il ne faudra pas perdre de vue, quamd û sera question de l'origine des Chinois» et qui 4i^accorde parfaitement avec l'histoire', qui ne montre nulle part la race mongole en contact avec la twre d'Egypte.'
Voici dans quels termes s'explique, sur cette question 9 Cuvier; nous ne pouvons empruater une autorité plus imposante*
c Dans toute la partie de l'Afriqlie qui est sohs < la zone torride, les voyageurs nuxleraes ne
* CuviER, Bigne animal, 1. 1.
^ Magasin enayclqpédique^ t. 1 , p. 825.
connaissent que des Nègres et des Maures. Los Abyssins ne paraissent qu'une colonie d'Arabes. On a trop peu de renseignements sur les Éthiopiens sauvages , dont parlent Hérodote et surtout Âgatharchides , et, d*après lui, Diodore de Sicile, sur les Gallas dont parle Bruce, qui ont envahi une partie de l'Abyssinie pour arriver à aucun résultat solide.* « Ce qui est bien constaté jusqu'à présent , et ce qu'il est nécessaire de redire , puisque Terreur contraire se propage dans les ouvrages les plus nouveaux, c'est que, ni les GalIas, ni les Boschismans, ni aucune race de Nègres, n a donné naissance au peuple célèbre qui a établi « la civilisation dans l'antique Egypte.
« Aujourd'hui , que Ton distingue les races « par le squelette de la tête et que l'on possède « tant de corps momifiés, il est aisé de s'assurer « que quelqu'ait pu être leur teint, ils apparie-
< naient à la même race d'hommes que nous.
< Qu'ils avaient le crâne et le cerveau aussi volu-
< mineux, qu'en un mot ils ne faisaient pas ex-
* CuviER, sur la Vénus hoUentote,mém. du Muséum, t. 5,
« ception à cette loi cruelle qui semble avoir « condamné, à une éternelle infériorité, les races « à crâne déprimé et comprimé.
€ La tète des Gonanches , peuple qui habillât « les Canaries avant la conquête des Espagnols, « et qui avait l'habitude de conserver les corps « par une espèce de momification, annonce, « comme les momies ordinaires, une origine cau- « casique. »
Nous ne devons pas dissimuler pourtant que quelques écrivains distingués ont attribué aux anciens Égyptiens le type nègre, Volney *, entre autres,,et s'il faut avoir recours au témoignage des arts, la tète du sphinx serait une autorité à l'appui de cette opinion : elle offre le caractère nè^re.Nous entrons dans plus de détails sur cette question à l'article des Égyp tiens \ Nous nous bornerons ici, où nous parlons des races , à représenter que les corps momifiés appartenaient certainement à Iq classe supérieure en Egypte; que, cette classe appartenait, elle-même, à la race caucasiqiie. Que la classe inférieure et la plus nombreuse , celle
* VoLNEY. J^oyage en Syrie, t. i, p. 75.
* Voir livre 2.
dont le type était représenté par le sphinx , était n^e et que du rapprochement des deux avait dû naître une population mixte. La civiUsatiQ^ était le résultat de Tinflaence eaucasîque, ainsi la. loi dont parle Cuvier n'a point re^^u de démenti. Ge.tte classification , nous, ne la donnons pas arliit^airement , c'est le résumé des observations . de Blnmenbach, sur la configuration des Égyptiens.
n détermine ainsi, le caractère de physionomie des anciens Égyptiens qu'il divise en trois classes.
1® Celle qui convient à la race éthiopienne.
2^ Celle qui approche de la figure des Indous.
5® Celle qui tient un peu des deux premières et qu'il nomme Mixte \
La position géographique de l'Egypte , sur la b'mite des deux races , explique ce mélange, et les momies, dont le caractère est caucasique, doivent d'autant mieux reproduire cette forme , qu'il est plus naturel de penser que c'est à cette race civilisatrice que la supériorité dut appartenir : les soins et les dépenses de la momifi-
*■ Observations sur quelques momies' égyptiennes, ouvertes à Londres, par Blum. Magasin encyclopédique, t. 1, p. WS — 525.
cation étaient plus à la portée de la classe supérieure que de toute autre*
Le rameau iudieu g^main et pébsgîque esi beaucoup plui^ étendu et s'est divisé bien plus ^n*ciennemetit. Cependant Ton reconnaît les affinités les plud multipliées entre les quatre langueil principales* :
l*" Le sanscrit.
^ L'ancienne langue des Pélai^es»
S*^ Le gothique ou tùdesque.
4** L'esclavon.
Les anciens Perses ont la même origine que les Indiens, et leurs descendants portent eftcore aujourd'hui les plus grandes marques de rapports avec nos peuples d'Europe. Le rameati scythe él tartare , originaire du nord de la mer Caspienne » a ses analogues dans les peuplades qui y sont feintées et dont les langues tout lei^ méDMft , mai^ qui sont mêlées avec d'autres petites natioïkft. h^ peuples târ tares stfttt restés plus intd<it6, maie les Mongolie ont mêlé leur sang au leur dati^ leurs conquêtes.
CuTiER, Bégne animal, t. 1.
Cette dassiâcation des oaturalistes^ qui reitta-^ che à la nèsie Imiiche toas les peuples du midi, de l'ouest et du nord des. dimaes cauca* siques, sera plus tard confirmée par rhîstoîre. Dans cette section, où il n est question que des ideittités physiologiques, nous avons voulu in« Yoquer le témoignage des naturalistes seuls.
A Torient de c^ rameau tarfare de la race eau*casique, commence la race mongolienne, qui domine ensuite jusqu'à l'Océan oriental. ^ Les Huns en faisaient partie, et cela explique Tétonnement et 1 effroi qu'ils inspirèrent par la singularité de leur figure, à l'époque de leur grande invasion sous Attila. Les CUnois en font partie actuellement, par le mélange que le temps et les invasions successives ont perpétué ^. Les Mandchoux en sont la troisième branche. L'origine de cette race paraît être dans les monts Altaï, comme celle de la nôtre dans le Caucase , mais son histoire est impossible à suivre.
Les peuplades qui composent la race nè^re, sont toujours restées barbares, au moins la géo-
* CoY. Bègne animait t. 1.
* Voir Hv. ». De$ Chinms.
graphie historique n'est-elle parvenue à nous doniier aucun édaircisseoient satisfeisant sur les peuples de Tintérieur de l'Afrique S
Tous les caractères de cette race, nous montrent qu'elle a édiappé à la grande catastrophe ^ sur un autre point que les races caucasîque et altaïque , dont elle était peut-être séparée depuis longtemps, lorsque cette catastrophe arriva. Sa constitution physique la rapproche manifestement des singes \
Les habitants du nord des deux continents » sont plus difficiles à rattacher à Tune ou à l'autre des deux premières races. Aussi remarque-t-on, à leur égard, une grande divergence d'opinions. Samoïedes, Lapons, Esquimaux, viennent, selon lés uns, de la race mongole; selon d'autres , ce sont des rejetons dégénérés du rameau scythe et tartare de la race caucasique. Il se peut qu'il y ait du vrai dans les deux opinions. Le triste climat sous lequel vivent ces peuples , et les limites contiguês des deux races aux extrémités
* Cuv., JRégne animal.
^ CuviER, Ossements fossiles. Disc, prél,
' Cuv., Règne animal, t. 1.
defÀsie, de rAmériqoe, et de TEurope, donnent quelque yraisemblanee à une fusion ancienne, et à une conunune d^néresc^ice.
Les Américaîiis n'ont pu encore être ramenés» ni à Tune ni à l'autre de nos racés de l'aocien ccmbnent. Cependant, ils n ont pas. tacm plus de canMNère précis et constant qui puisse en faire une race particuliôre. Leurs cheveux noirs, leur barbe rare les feraient mongols, si leur nez assez saillant, et leurs traits bien prononcés ne s y opposaient. Leurs langues sont aussi innombrables que leurs prâplades, et on n'a pu encore y saisir d'analogie ni entre eHes ni avec celles de l'ancien monde* Les éléments qui pourraient, servir à déterminer la population primitive de l'Amérique, manquent donc, et l'arbitraire des opinions peut s'exercer, jusqu'à ce que de nouveaux progrès, dans la géo^n^hie, et dans l'étude comparée des langues, aient fourni d'autres moyens d'éclairer la question.
Après avoir rapproché et signalé ces différences, il semble .qu'on se soit interdit toute croyance en l'unité du genre humain. Mais, pour être placés à distance, sur l'échcAlede l'humanité^ les peuples les plus misérables, n'en ont pas
moins droit à ce titre d'hommes, qui n'exclut pas pour eux les malh^irs q|ie la Barbarie leur impose. La séparatkai radicale qui distin» gue l'homme du plus par&it desanimanx» c'est la parole et la moralité des actions. A quelque degré que la parole ou la morale se fassent re« comattre dans l'homme, elles existent comme le sceau de sa condîtioii et la garantie de ses droits vis^à^'vis le reste de Tespèce» Une ^x^m« tation barbare lui a bien refusé une sympathie, dont Tavidité Uu4t les sources, mais elle, n a point osé lui €9Qlever le titre que la nature lui a accordé* Nous naissons à peine à Tespoir qu'une émiU sation plus humaine reconnaîtra sans restriction cette unité dans ses conséquences» comme elle ne peut la méconnaître dans son prindpe. Ce ne sera pas toujours en vain , que le. cri de la nature se fera entendre pour des in^tunés à qui leur faiblesse interdit de réclamer les titres méconnus de leur origine.
Ge n'est pas sans pudeur, qu^apfés dix4iuit siècles èe dbris^niœie, d'une religion quia prêché l'égalité, la fraternité, on se voit réduit à plaider encore irtie cause qui n'a pu prendre nais^ sance et se perpétuer, que pu le plus abomina*
bl« (HiUi àé lontes les loig diYÎnes^ «t hiunaine» La honte en est, non à la raoe entière » ow le pnqoipe est à tons et l'oiibb k qnelqiM^^wns, ma» aux faonmies asseK avepglé» par J'«;vance er les passiona sordides ^ pour fouler au$ pieds Us drats d'nnç ncensybenrense; £11^ nest poiât au nègre nfiwfnné^ contraint par Taibits de la force de subir nn atroce esdavage, contre lequdi il ne pouvait pas méqie protester^ nata que la généro* site du {dus poissant avait contrante le detek* d'^pai^nar à la faiblefi|se sans défense. .
On a émis cette opinion , que les racaa étaient an progrès successif des unes sop ks autres, e^. que{)ar conséquent la plus faible, la moins conifdète» cdle que ses facultés r^idait moins pn^re à la civilisation et à Tordre social , était la plus aqcimne. Combien il eut été plus digne de l'organisation morale et intelligente de l'Europ^n, de s'établir le tuteur de cette race , débris, peut-être, d'un monde antérieur, et condamnée à une éternelle inféricxritét de Fenvironner de la double protection, qui ne muiqfie ^int à ren&ncé ei à la vieillesse, dont elle semble résumer tous les droits, et de conlondre dans un sentiment qui mà'iterait un nom sur la terre, )a pitié qui veille
auprès du berceau à la véûération rdîgieuse qui tôDCtifie le bulte des aïeux.
Vous YOu$ sente2 ému à la Tue.de l'idiot^ du crétin , de Thopnne priiré die raison ; votre sympathie est exdtée par le;spectacle de la misère et de la d^radatîc»]; que ne réservea-vousi qudque peu démette compàssicm pour une race que tous lès câvadt^es déclarent être la vôtre.
L'enfant abandanné à son imprévoyance et à sa faiblesse, périra de froid, de faim et de misère. L'animal saura toujours pourvoir à sa subsistance; la nature Ta doué de l'instinct dô ccoiservation ; et Ta constitué de manière à ne pas sulÀ' la nécessité d'une longue protection. L'bomme a drac besoin de raison pour vivre, le nègre n'est pas dans une autre condition que le blanc
Placé, il est vrai, à un degré noLOÎns émincent pour quelques-uns des états moraux , aucun cependant ne lui a été refusé. Le.nègre, cotntne le Uanc, possède la mémoire, riiKi3giQâtio»,lejul^ment, l'esprit, le génie méip^. L'enthousiasme^ L'exaltation, l'état contemplatif, ne lui sont pas plus interdits qu'suix autros races, et s'ilieAr est Dnipar ces nobles cdté&derbumanité, ses infirjjpij^^'ue Ven rapprochent pa^ raoin^» La folie, les.
haUucînalioiis, sont un tribut de malheur iiâpoeé à l'espèce humaine, et aucune des raioes q^i exis-» tent sur la terre , n'est exdue de ce triste part^*
n vit dans Tavenir par la prévoyance :. quelqu'en sœt le degré , c'est un caractère qui n'a été (tonné à qudques animaux que comme condition organique; partout l'homme ( et la couleur de sa peau ne modifie en rien c^te nécessité) privé naturellement d'armes, de couvertures, de force, d'abri, doit son existence à son industrie; il la conserve ou k protège au moyen du feu, des vê« tements, des maisons, de la culture delà terre» de la diasse, de la pèche, de la donkesticàté à la« qudle il a su réduire les animaux , soit qu'il les destine à sa nourriture, soit qu'il en exige des services et du travail \ Tous ces caractères sont particuliers à l'espèce humaine , et la diitf inction de races cesse devant ces lois de la natufé qui pèsent également sur tous.
Froclamon&'le donc, la variété des races n exdut en rien l'unité de l'espèce ; cette unité existe dans les véritabies attributs qui la distinguant des autres générations animales. Nier l'humanité
4 pkHotmaire de» 6^kceémidi€aie9, t. 2i,p. aSs. (Virey).
pour les nègres , serait la nbr également pour les blancs , car les uns et les autres sont séparés des aniisiaux par les mêmes attributs; leur actraté seule y met^les différences. De même que la différence d'organisation étalât une éoheUe entre les animaux, la Tariété entre les races établit une Ugne de démaroation entre les peuples. Ii'tustoire les classe diaprés le plus ou le moins de perfeo|ioi| de leur civilisation.
Si nous avions entrepris un ouvrage de |^y« siologie i nous aurions suivi les races hmnaims dans leurs ramifications les pins déliées Mais il s'agit pour nous de civilisation et d'histoke^ aussi nous bornerons«nous à présenter ce tableau sont** maire des races principales. Ce sujet, ai intâres^ sant d'ailleurs, a été traité par des naturalistes et par d'autres savants et philosophes qui Tout en?* visage comme but spécial , ou comme accessoire important. Nous regardons comme si^ffisantes, pour l'objet que nous nous sommes propose, les considératiops que nous avons .émîses d'après les autorités les plus compétente» Boixr les résumer toutes , nous joigisans ici un taUeau ^ c'est celui qui nous a paru le plus simple et se rapprocher davantage de la classification adoptée
par Cuvier, dont il reproduit les trois divisions principales. Si plus tard nous trouvons que les classifications historiques répondent à cette première donnée , si les croyances religieuses con< firment les résultats fournis par l'histoire , si les langues y ajoutent leur autorité et nous conduisent aux mêmes conséquences que Iqs faits historiques et chronologiques, et les opiuions philosophiques et religieuses, nous serons en droit de conclure qu'ancone objection raisonnable ne peut s'élever contre la filiation des peuples , qui résultera de cette triple épreuve*