PIÈCES JUSTIFICATIVES
i» Fragment de Sanchoniaton; 2» Fragment de Manethon; 30 Ode de I>jayadéva (ayAtflfs); 4» Opinions et calculs chronologiques, tableaux de Riocioli ; 5<) Lettres de Démétrius de Pha- 1ère, dePtoléméeetd'Éléazar, à Toccasion de la traduction des Septante.
FRACIIUIW INB MUHCHOlilAVOli.
Nous reproduisons ce fragment tel qu'3 se trouYe dans Eusèbe, c'est-à-dire entremêlé de réflexions , qa6lquefoi& en extrait , et presque partoat en narration directe. C'est ainsi que Fa donné Fourmont » et c'est sa traduction, que nous plaçons ici.
JATIGLE PREMIER.
Sanchoniaton pose pour principe de cet univers, un air ténébreux» spiritueux , ou » si Ton veut, le souffle et l'esprit d'un air ténébreux ; un chaos plein de confusion et sans
clarté. Toutes ces choses sont, selon lui, éternelles et d'une durée sans fin.
L'esprit , devenu amoureux de ses principes , il s'en fit une conjonction y cette conjonction fiit appelée 7:^ e s ou l'amour.
Voilà le commencement de la procréation des êtres. Mab l'esprit ne connaissait passa propre production.
De son accoinctance ou conjonction avec les principes , sortit ce que l'on appelle mot ou mod; les ans disent que c'est un limon, les autres soutiennent que c'est une corruption de leur mélange, ce qui a fait les semences de la production qui s'en est suivie, et qui a, par conséquent, occasioné la génération des êtres.
Au reste , il y avait quelques animaux dénués de sentiment qui, dans la suite, devinrent (ou produisirent) des animaux intelligents. Ces animaux furent appelés sophasemin, c'est-à-dire contemplateurs du ciel; ils furent formés semblables à leur modèle , ou de la façon dont les œufs s'éclosent.
Cette matière alors parut toute lumineuse, et avec elle le soleil, la lune, les astres et les planètes.
Voilà l'idée que donnent les Phéniciens de leur cosmogonie , et elle va droit à Tathéisme.
II faut considérer à présent ce qu'ils disent de la génération des animaux. Voici donc comment Sanchoniaton philosophe là-dessus.
ARTICILE 2.
L'air ayant jeté une splendeur de feu , la terre et la mer s'enflammèrent : de là Texistence des vents, des nuages, des pluies violentes.
Or, toutes ces choses , cpn peu auparavant avai^tété séparées, et qui, par Tardeur du soIeO , avaient été tirées de leur place , se trouvant rejointes, et de nouveau mêlées les unes avec les autres dans Tair, elles produisirent les tonnerres et les éclairs.
Au fracas de ces tonnerres , ces animaux, doués d'intelligence, dont on a parlé, éveillés comme d'un profond sommeil, épouvantés même par ce bruit terrible, mâles et femelles, sur la terre et dans la mer, commencèrent à se mouvoir.
Voilà la génération des animaux telle qu'ils se l'imaginent; ensuite voici un autre texte de l'auteur.
ahticliî: 3,
Ce que l'on vient de voir a été trouvé écrit dans la cosmogonie de Taaut, et il a bien voulu nous communiquer les lumières que lui avaient données ses propres pensées et son expérience,
Ensuite ayant expliqué les noms du noto< ou vent dumidi^
du borée ou vent du septaitrion, et des autres vents, iloontinue ainsi : « Ces hommes les premiers, ou ces premiers hommes , prirent pour des êtres sacrés les germes de la terre ; ib les estimèrent des dieux et les adorèrent, parce qu'ils en vivaient, eux, et ceux qui venaient après eux, comme ceux qu'ils avaient vus devant eux ; ib taisaient des effusions et des libations. » Puis il ajoute : « jL'invention.d'an tel culte convenait assez à leur feiblease et à l'imbécillité de leur esprit. »•
Première génération.
Ensuite il dit que du vent Colpia et de sa femme Baau (Baau, selon lui, signifie la nuit), naquirent i£on et Protogone, qui étaient des hommes mortels ainsi appelés ; qu'iËoa avait trouvé la façon de se nourrir des arbres.
Deuxième génération^
Que ceux qui étaient nés d'iËon et de Protogone s'étaient appelés Guenos et Guenea, et avaient habité la Phénicie ; qu'étant venu de trop grandes chaleurs, ils avaient élevé leurs mains au ciel vers le soleil ; car, dit-il, ils le croyaient le seul dieu du ciel, et l'appelèrent pour cela Beelsemen, ce qui signifie, chez les Phénicien^ (le Seigneur du ciel). C'est le même que Zeus chez les Grecs.
Après ces paroles, il reproche aux Grecs leur erreur ; car ce n'est pas sans raison, ajoute-t^il, que nous Êdsons souvent ces distinctions : elles servent à feire connaître, et les personnes, et les actions. Les Grecs n'y fiaisant pas réflexion, ont pris souvent une chose pour une autre, trompés par ramphSbologie des mêmes termes.
Troisième génération.
Ensuite il dit que de Guenos , c'est-à-dire du filsd'JSon et de Protogone, naquirent encore des enfants, mortels comme les premiers, qui eurent nom : Tun (^<^i), la lumière; rautre(nup), le feu; un troisième {^loi^)^ laflanmie; à ceux-ci, dit-il, le froissement des arbres fit inventer le feu, et ils en enseignèrent l'usage.
Quatrième génération.
Or , ils firent des enfimts d'une grandeur et d'une fierté extraordinaires; les noms de ces enfents furent donnés à certaines montagnes dont ils se rendirent les maîtres; de là les dénominations du Gassius, du Liban, de F Anti-Liban, du Brathy.
Cinquième génération.
De ceux-ci, ajoute-t-il, vint Memrumus, ou Ypsouranios.
Cette race prenait ses noms des femmes qui, alors sans pudeur 9 se prostituaient au premier venu.
Ensuite il dit qu'Ypsouranios habita Tyr, et s'avisa de faire des huttes de roseaux» de joncs et des écorces du papyrus mélës ensemble; qu'il se révolta ou eut des guerres contre son frère Ousoùs; que celui-ci fut le premier qui sut se couvrir des peaux des bétes qu'il prenait à la chasse; de plus , qu'étant tombé des ploies considérables, et s'étant Ëdt de grands vents, les arbres qui étaient dans le pays de Tyr, par ces agitations, prirent feu et brûlèrent une forêt : qu'Ousous s'étant saisi d'un arbre, et ayant coupé ses branches, eut, le premier, la hardiesse de se mettre en mer (sur les solives qu'il en fit); qu'il consacra an feu et an vent deux colonnes ; qu'il les adora et leur fit des libations du sang des bétes qu'il prenait à la chasse.
Qu'après que toute cette race fut finie, ceux qui restaient consacrèrent des poteaux , adorèrent des colonnes , et leur firent des fêtes annuelles.
Siœième génénOUm,
Que beaucoup de temps après la race d' Ypsouranios, était venu Agreus (le chasseur), et Alieus (le pécheur), inventeurs, l'un de la chasse, et l'autre de la pèche, d'où cette race avait été appelée les chasseurs et les pécheurs.
Septième généroHon,
Que parmi lears enfents il y eot deux jeunes hommes qui trouvèrent le fer et la manière de le travailler; queTun de ces jeunes hommes, appelé Chrysor, polit le discours, fit les enchantements, et mit en vogue Fart de divination. Il remarque que ce Ghrysor est le dieu Yulcain; que, de plus, il inventa Thameçon, Tappât, la ligne, les radeaux; qu'ainsi il fut le premier des hommes qui navigua (dans les règles) ; que pour cela, après sa mort, ils le révérèrent comme un dieu, et qu'ils le nommèrent encore AtafAt/tov (Jupiter machiniste). On rapporte que ses frères inventèrent la composition des briques et en firent des murs.
Que de cette race il s'était élevé deux autres jeunes hommes que l'on avait appelés, l'un l'artiste ou le bâtisseur, l'autre le faiseur ou compositeur de terre. Ceux-ci trouvèrent le moyen de mêler la paille au ciment, ou à la boue dont on faisait les briques, et de les sécher ^u soleil; bien plus, ils trouvèrent l'art de faire les toits.
Huitième génération.
De ces derniers en naquirent deux autres , l'un desquels fut nommé Agros, le champ ; l'autre Agroueros ou Agrotes, le campagnard ou le destructeur.
Il ajoute qu'à celui-ci , dans la Phénicie , on avait érigé une statue très révérée , et bâti un temple magnifique , et
qu'à BybloSy Agroueros est appelé, préferablement à tout auti*e» le plus grand des dieux.
Ceux-ci joignirent aux maisons des places vagues , des endoSy des caves ou des scniterraîns. De cette race furent aussi les coureurs de campagne, et les chasseurs avec meute de chiens. L'on a appelé les derniers AXurai, et les prdniers
T iront;.
Neuvième génération.
De cette race naquirent Âmynus et Magus ; ils apprirent aux hommes Futilité des villages et des parcs.
Dixième génération.
A ces derniers succédèrent Hisor et Sydyk; le nom du premier signifie (tiXuToc ^rqui se dâie aisément; le nom du second, ^ixaioç, juste; on leur est redevable de la manière de fiaire le sd.
Miser eut, au nombre de ses successeurs Taaut, qui inventa récriture des premiers caractères ; c'est lui que les Égyptiens appellent Thoor; ceux d'Alexandrie Thoiit, et les Grecs Hermès.
De Sydyk vinrent les Dioscures , appelés aussi Cabires, Gorybantes, Samothraces.
Ceux-ci , dit Sanchoniaton, trouvèrent les premiers l'art de construire un vaisseau ; et parmi leurs enfants] il y en eut
qui trouvèrent Fusage des simples, la manière de guérir les morsures des animaux , et les enchantements ou guérisons par paroles.
Dans ce temps (dans le temps de Sfisor et de Sydyk) vivait un homme que Ton appela le très haut , en grec ^KToii^ et une femme nommée Berouth; ils habitaient autour de Byblos. De leur race sont Ëpigeos et Autochthon, c'est-à-dh*e lé terrestre, ou le né dans «on pays ; celui que, par la suite, ils appelèrent Ouranos. C'est de oe nom ( remarque le traducteur ), sans doute à cause de sa beauté et de son grand air, que les Grecs ont appelé le ciel Ouranos.
A Quranos, natt une sœur descendue des mêmes ancêtres, que Ton nomme F» Gué, et c'est encore de la beauté de celle-ci, dit Philon, que la terre a été appelée r>7.
Upsistos ou Elioun, leur père, étant mort attaqué par qudques bêtes, fiit apothéose, et ses en&nts ou descendants lui firent des libations et des sacrifices.
Ouranos prend dans la suite le gouvernement qu avait son père, épouse sa sœur Guéj a d'elle quatre enfants :
1"* Dus, appelé aussi Cronos ;
S^'Betylus;
S"" Dagon, ce que les Grecs exprimeraient par le donneur de bled ;
4^ Atlas.
Mais Ouranos eut encore de plusieurs autres femmes une race nombreuse; cela fit beaucoup de peine à Gué ; de sorte que^ devenue jalouse, die donnait un chagrin continud à Ouranos ; ils se quittèrent ; mais malgré la séparation, Ouranos venant chez elle à sa fentaisie, s'approchait d'elle de force, et la Uûsssât là ; il tâchait Aàne de hke périr les entants qu'il avait d'elle.
L'auteur dit que Gué assembla plusieurs personnes qui la secoururent oontre Ouranos, et, par là, tira vengeance de ses mépris.
GroDOs, devenu homme, et usant des conseils et des secours d'Hermès, le trismégiste, ( car celui-ci était son secrétaire ) pour l'honneur de sa Bière, s'opposa aussi très souvent à son père Ouranos.
Cronos avait, dans sa maison, Persepbone et Athena, c'està-dire, Proserpine et Min^ve.
La première mourut fille ; par l'avis de la seconde et d'Hermès, Crqnos se fit fsàve des coutdas et des piques de fer.
Ensuite Hermès sut enchanter les troupes de Cronos, et les porter à la guerre contre cdies d'Ouranos : c'était toujours à l'occasion de Gué ; par là, Cronos trouva le moyen de foire quitta* à Ouranos le gouvernement des aflEaires, et de lui succéder dans la royauté.
Dans le combat, une des concubines d'Ouranos , sa bien-
aimée, alors grosse , est prise. Cronos la ctonne en mariage à Dagon ; elle accouche, chez lui, de Tenfant dont Ouranos est le père, et elle l'appelle Demaros.
C'est dans ce temps-là que Cronos feit entourer son ha-^ bitation d'une muraille, et bâtit, pour pi'emière ville, la
Byblos de Phénicie.
Après cela, ayant conçu quelques soupçonâ contre Atlas, son propre frère, et, par le conseil d'Hermès, l'ayant iatt jeter dans une fosse, il l'y enterra tout vif. Ce fut aussi alors que les descendants des Dioscures, ayant construit des radeaux et des vaisseaux, firent des voyages sur mer, et qu'ayant été jetés sous le mont Cassius, ils y consacrèrent un temple.
Les alliés d'Uus ou Cronos furent appelés Ëkdiim ; c'est comme si l'on disait les Ilistes, ou Croniens, ou Saturniens, et tels ont été ceux qu'on dit avoir vécu sous Saturne.
Cronos ou Saturne ayant un fils nonuné Sadid, et l'ayant soupçonné de quelque chose, il le frappa lui-même de son propre sabre; et, devenu ainsi son meurtrier, il le priva de la vie.
Il n'épargna pas davantage sa propre fille, à qui il coupa la tête, de sorte que tous les dieux (les Elohim , les Ilistes ou Saturniens ) étaient frappés d'une telle conduite , et ne savaient que penser de ses desseins.
Par la suite, il est dit : Ouranos ensuite envoya à Cronos, Astarté avec deux autres de ses sœurs, savoir : Rhea et Dioné : il les lui envoyait dans la pensée qu'elles le feraient
périr. Mais Gronos voyant ses daix sœurs jeunes, et en état d'être mariées, en fit ses femmes. Ooranos l'apprend, et fait aller contre lui Eimarmené et Hora ( deux autres de ses filles ) avec une armée ; Cronos les gagne toutes deux, et les retient.
Ouranos, ajoute ailleurs Sanchoniaton, est celui qui a trouvé les Betyles et fabriqué des pierres animées. Cronos ou Saturne eut d'Astarté sept Titanides ou Artemides, et de Rhea sept antres enfants ; le plus jeune, à sa naissance même, fut apothéose ; de Dioné il n*eut que des filles. Astarté lui donna encore deux enfants mâles, appelés Fnn Potbos ou Cupîdon, l'autre Eros ou Amour. A l'égard de Dagon, après avoir trouvé le bled et la charrue, il fut nommé Zeus Arotrios, Jupiter le laboureur.
A Sydyk , autrement le Juste , une des Titanides qu'il épouse, donne Asclepius; de même Cronos a, danslaPérée, trois autres fils : Cronos, qui porte le même nom que son père, Zeus ou Jupiter Belus et Apollon.
C'est dans ce même âge encore qu'exKtaïent Pontus, Typhon et Nerée, le père de Ponlus.
De Pontus naît Sidon ; celle-ci, dit-on, par la beauté de sa
vm» trouva le diant des cantiqaes : elle eut pour frère Poséidon ou Nq)tune.
Démarus a pour fils Melicartus, autrement Hercules. Ouranos entreprend une nouvelle guerre contre Pontus, il se sépare de' lui et se joint à Démarus. Démàrus tombe sur Pontus; mais Pontus le met en fuite, de sorte que Démarus fait le vœu d'un Sacrifice aux dieux pour sa propre vie.
IluSy c'est-à-dire Cronos ou Saturne, la trente-deuxième année de son règne, s'étant mis ea embuscade contre son père Ouranos, dans une espèce de vallon, d'un coup de sabre il lui coupa les parties : c'était entre des fontaines et des rivières.
C'est là que Ouranos fut apothéose ; il y avait rendu l'esprit, et son sang, sorti par ce coup, y avait coulé, mêlé parmi leurs eaux.
On montre encore aujourd'hui l'endroit où cela est arrivé.
Voilà donc (et c'est une r^exion d'Eusèbe) l'histoire de Cronos ou Saturne, et voilà ce qu'il y a de véritable dans cette vie, qu'on met de son règne, crue si heureuse et si célébrée par les auteurs grecs ; voilà les hommes qu'ils appellent la première race des mortels, la race de l'Age d'or, qui, selon les anciens, a vécu si heureuse dans les premiers siècles du monde.
Aprèsquelques autreschoses, l'écrivain, c'est-à-dire Phtion ( app^emment dans les remarques ), ajoute :
Astarlé-la-Grande, Jupiter, Dédiarus et Adod,le roi des
' dieux, régnaient dans le pays, suivant les conseils de Cronos ou Saturne. Astartë, pour marque de sa royauté, mit sur sa télé celle d'un taureau : parcourant la terre, elle trouva un astre tombé du ciel (un aigle) ^ elle le prit et le consacra dans Tyr, Tlle sainte. Astarté, selon les Phéniciens, est Aprodite ou Vénus. CnHios^foisaBl aussi son four de la tanre, donne- à Athéné, sa fille, le royaume d'Attique«
La famine et la peste s'étant feit sentir, Gronôs -offre à Ouraoos, sou père, son fils (Sadid), et se çircondt , ordonnaut à tous les soldats de son armée de faire la même chose.
A quelque distance de là, un fil& qu'il avait eu de Rhea, appelé Houth, à sa mort fut apothéose. Le nom que les Phéniciens donnent à ce fib est Plnton.
Par-dessus tout cela, il dit : Cronos donna deux de ses villes : Byblos à la déesse Baaltis, autrement Dioné ; B^^te à Neptune et aux Gabires, aux Agrotes ou campagnards, et aux pécheurs, c'est-à-dire aux «dieux appelés autrefois Alieis.
Avant cela il avait fût cette remarque. Le dieu Taant, imitant Ouranos, avait tiré le portrait des dieiK, de Cronos ou Saturne, de Dagon et des autres, pour en fisdre les caractères sacrés des lettres. A Cronos, pour signe de la royauté, il donna quatre yeux, deux par devant et deux par derrière. De ces quatre yeux deux «e fermaîepit et demeuraient en repos, deux autres veillaient ; de même, sur ses épaules, il mettait quatre ailes, qui semblaient voler, deux autres comme abaissées.
Son idée était de faire entendre, par les yeux, que Cronos ou Saturne, couché, veillait; et, qu'éveillé, il était coudié,
OU reposait ; par les ailes, que, se reposant, il ne cessait pas de voler (ou d'être en mouvement), et qu'avec ce mouve*' ment, il restait tranquille.
Aux. autres dieux il ne donnait que dieux aiies, une i^ur chaque épaule, pour montrer que leur vol était seidemeDft pour accompagner Cronos; H ajouta même à ce dieu deux ailes au haut de la tête : une pour marquer son esprit supérieur dans Tart de gouverner; rantre^ pour désigner la délicatesse de ses sensations^
Cronos étant allé dans le pays du nûdi, il donna toute l'Egypte au dieu Taaut, pour lui en faire un royaume qui lui appartint en propre. -
Toutes CQS cfaostis, dit4 (il s'agit de la cosmogonie), avaient été laissées par Iss sept en&nts de Sydyk, qui étaient du noDïibre des Cabires, et, par le huitième, leur frère Àsclepitts, selon que Tanutle lui avait rcfoonunandé. .
Et c'est ce système qui, un peu déi^ré par le fils de Thabiou (c'est-à-dire Sanchoniaton), le preaner hiérophante des Phéniciens, peuple dool l'antiquité remwto le plus haut, mêlé et enveloppé de qudques idées physiques sur le monde, avait été. laissé par lui aux prop&ètes des orgies.
Ceux-ci,, cherdiaal à rendre leur rel^km recommandaUe, les ont transmis à leurs successeurs et aux initiés.
Au nombre de ces prophètes <^t Isiris; le frère de Chna, le premier q^, par les étrangers , ait été appelé Phénicien.
Les Grecs qui, pour la beauté de leur génie, l'ont emporté sur toutes les autres nations, se sont appnoprié» toutes les anciennes histoires ; ils 4es ont ornées et fort exagérées. Us ne
dierchaimt qu'à divertir dans leurs récits; et, pour en composer des fiibles agréables, ib les ont infimment changées.
Nous supprimons les autres réflexions d'Ensèbe. A ce fragment, il joint un lambeau tiré d'un livre que Porphyre avait £ut sur la nation juive. On y voit que :
Thot ou Taant , si illustre diez les Égyptiens, avait été Phénicien ;
Qu'il était le premier qui eût écrit des dieux d'une manière dégagée de la superstition du vulgaire;
Que le dieu Syrmubelus et Thuro, qui ensuite, par un changement de nom, avait été appelé Chusarthis, plus récent que Thot de plusieurs siècles, avait éclaird sa théologie , cachée juscpie-là sous des allégories et des emblèmes ;
Qu'anciennement c'était la coutume, dans les calamités publiques, de sacrifier ce que l'on avait de plus cher, et ses' enfants bien*aimés ;
Que c'était pour cela que Gronos ou Satiffne, appelé par les Phéniciens Israël, avait sacrifié son fils unique.
On nous donne encore un fragment de Philon de Byblos, pris du livre de Sanchoniaton : De Pkœmcum ekmentis.
Il y était dit que Taaut avait fort médité sur la nature des dragons et des serpents ;
Que si ce sage, et après lui les Phéniciens et les Ëgyptiais, attribuaient jme espèce de divinité à ces animaux , c'était à cause de leur vivacité et de leur espèce d'immortalité.
Philon afonie qu'il avait tmi un traité intitulé Ethotkia, où il avait traité, fort au long, de ces mêmes animaux.
Que le serpent avait été appelé, par les Phéniciens, Agathodemûn, et pai* les Égyptiens Gnepb ;
Que Zoroastre, dans son Livre sacré sur les choses de Perse^ avait parlé du même dieu. Ge dieu, dit-il, est le maître de toutes choses, exempt de la mort, ou éternel dans sa durée, sans commencement, sans parties, semblable à luimême, source de tous les biens, excellait, prudent, source du juste sans en avoir étudié les causes :
Idées qui appartiennent à la théologie la phis sublime.
{ FouRMONT , Réflexions crhiques sur les anciens peuples, t. 1, p. t à25. )
FRACSmSIVV DE MAIVBTIIOIV*
DANS JOSEPHË.
Sous le règne de Timaiis, l'un de nos rois , Dieu, irrité contre nous, permit que, lorsqu'il ne paraissait point y avoir sujet d'appréhender, une grande armée d'wi peuple qui n'avait nudle réputation , vint du côté de l'Orient , se rendit sans peine maître de notre pays , tua une partie de nos princes, mit les autres à la chaîne, brûla nos villes , ruina-
ao6 lempies, et traita si oniellementles habitants, qu'il en fit mourir plusieurs» réduisit les femmes et les ei^bii^ eo ser-' vitude, et établit pour roi oa de sauatiou, Dommé Salatis. Ce nouveau prinœ vint à llempbis, imposa un* tribut auK provinces, tant supérieures qu'ioférieures i^ et y*étsd)iit de fortes garnisons, principalement du cdté de rOrimt, parce qu'il prévoyait que lorsque les Assyriens se<tronv»radent encore plus puissants qu'ils ne Tétaient , Venvieleur prmdrait de conquérir ce royaume. Ayant trouvé dans la contrée de Saite» à Torient du fleuve Bubasle , une ville autrefois nommée Avaris , dont la situation h^i parut très avantageuse, il la fortifia extrêmement et y mit aux environs tant de gens de guerre, que leur nombre était de deux cent quarante nulle. U y venait au temps de la moisson pour faire faire la récolte et la revue de ses troupes, et les maintenir dans un tel exercice et une si grande discipline, que les étrangers n'osassent entreprendre de le troubler dans la possession de son état. Il régna dix-neuf ans. Bceon lui succéda et en régna quarante-quatre. Apachnas succéda à Bceon, et régna trente-*six ans sept mois. Apopbis , qui lui succéda , régna soixante-un ans. Janias, qui vint à la couronne après lui, régna cinquante ans un mois; et Assis , qui -lui succéda, régna quarante-^neuf ans deux mois. Il n'y eut rien que ces six rois ne lissent pour tâcher d'exterminer la race des Égyptiens; et on les noimnait tous Hyo-Sos, e'està-dire roisrpastemrs ; car kye^ en lai^e sainte, signifie roi, et M», en langue vulgaire, signifie pasteur. Qudques-nns disent qu'ils étaient Arabes, l'ai trouvé en d'autres livres que ce mot hycsos ne si-
gnifie pas rois-pasteurs , mais pasteurs captifs : car hyc^ eu langue égyptienne ^ei hae^ quand on le prononce avec aspiration, signifient sans doute captif ; et cela me parait plus vraisemblable et plus conforme à l'ancienne histoire.
Ce même auteur dit que lorsque ces six rois et ceux qui vinrent après eux , eureut régné en Egypte durant cinq cent onze ans, ils furent chassés d'Egypte en grande partie^ et le reste se retira dans un lieu nomnfé Avaris. Chassés decette ville par Themosis, ils se retirèrent à travers le désert de Syrie, dans la Judée, et fondèrent Jàusâileai.
Manethon continue à parler ainsi :
Depvis que le roi Themosis eut chassé les pasteurs d'Egypte et qu'ils allèrent bâtn* Jérusalem , il régna vingtcinq ans quatre mois ; Ghebron, son fils, régna treize ans ; après lui , Amenqphis régna vingt ans sept mois ; Amessis , sa sœur, régna vingt ans neuf mois ; Mephrès régna ensuite douze ans neuf mois; Mépfaramutosis, vingt-cinq ans huit mois ; Amenophis, trente ans dix mois; Orus, trente-six ans cinq mois; Acendberés, doiuse ans un mois; Ratosis, son frère, neuf ans ; Acencherés, douze ans cinq mois; un autre Acencheréç , douze ans trois mois; Armais , quatre ans un mois; Ramesses, un an quatre mois; Armeces.Miamum, soixante-six^ns deux mois ; et Amenophis, dix-neuf ans six mois. Gethosis Ramesses, qui lui succéda, assembla de grandes armées de terre et de mer , laissa Armais , son frère, son lieutenant-général en Egypte, avec un pouvoir absolu, et lui défendit de prendre la qualité de roi, de fieq faire au préjudice de sa femme et de ses enfants, et
d'abuser de ses concubines. Il marcha ensuite contre l'Ue de Cypre, la Phéaicie, les Assyriens et les Mèdes , vainquit les uns et assujétit les autres par la seule terreur de ses armes. Tant d'heureux succès lui enflant le cœur , il voulait pousser ses conquêtes encore plus lob dans l'Orient; mais Armais, à qui il avait donné une si grande autorité, fit tout le contraire de ce qu'il lui avait ordonné ; il chassa la reine, abusa des concilbines du roi son frère, et, se laissant persuader par ses flatteurs, mit la couronne sur sa tête. Le grand-prétre d'Egypte en donna avis à Gethosis. Il revint aussh6t, prit son chemin par Peluze, et se maintint dans son royaume. On tient ^ue c'est ce prince qui a donné le nom à l'Egypte, parce qu'il portait celui d'Égyptus aussi bien que Gethosis, et Armais s'af^pdait autranoit Danaûs.
Voilà de quelle sorte parle Manethon : il est certain qu'en supputant toutes ces années, elles se rapportent, et que ceux que l'on nonunait pasteurs, c'est-à-dire nos ancêtres, sortirent d'Egypte trois cent quatre-vingt-^treize ans avant que Danaûs allât à Argos.
Ainsi, Ton voit quelllanethon prouve deux dioses : l'une, que nos ancêtres sont venus en Egypte, et Fautre, qu'ils en sont sortis près de mille ans avant la guerre de. Troie.
( JosÈPHE, Répanse à Appion, , liv.. i , chap. 5. — Trad. d'Arn auld d' Ara>iLLT. )
Nous avons parlé, dans le texte (livre 2), des dynasties de Manethon, antérieures au fragment que nous veifons de citer, et du calcul général qui donne le résultat de toutes
ces dyaasUes des dieux, des demi-dieux et des personnages historiques»
Ol» DB IMAYADAYA.
(avatars. )
Les Indous comptent dix principaux avatars dans la période actuelle de quatre âges, et ils sont tous décrits, suivant Tordre où Ton suppose qu ils ont eu lieu , dans Tode suivante de Djayadèva, le grand poète lyrique de l'Inde.
1 . Tu recouvres , 6 Césava , qui prends la forme d'un poisson, le Yéda dans les ondes de rOcéan de destruction ; tu le places joyeusement dans le sein d'une arche fabriquée par toi. Sois victorieux, 6 Héri, seigneur de l'univers !
2. La terre est solidement assise sur l'immense largeur de ton dos, qui s'agrandit encore du calus occasioné par sa pesanteur, ô Césava , qui prends la forme d'une tortue. Sois victorieux, 6 Héri, seigneur de l'univers !
3. La terre, placée sur la pointe de tm museau, ôCësava, qui prends la forme d'un ours, demeure fixe oonmie la figure d'une gazelle noire sur la lune. Sois victorieux, ô Héri, seigneur de Tunivers I
4. La griffe à la pointe merveillense , posée sur le lotus exquis de ta patte de lion, 6 Césava, qui prends la forme d'un homme lion, est TabeQle noire qui piqua le corps d'Hiranyacacipou, à ^ on avait arraché les entrailles. Sois victorieux , 6 Héri, seigneur de l'univers !
5. Par ta puissance, tu trompes Bali, 6 nain miraculeux, toi qui purifies les hommes avec Teau ( du Gange) qui jaillit de tes pieds , 6.Gésava, qui prends la forme d'un nain. Sois victorieux, 6 Hâri, seigneur de Tunivers !
6. Tu baignes dans Teau pure , composée du sang des Kchatryas, le monde dont les foutes sont effocées , et qui est soulagé des douleurs des autres naissances , 6 Césava , qui prends la formç de Par^^i^-IUùoa. Sois victori^ux , ô Héri, seigneur de ^'univf|rs ! ,
7. Avec satisfocticn pour toi-même, avec plaisir pour les génies des huit régions, tu disperses de tous côtés, dans la (rfame du combat, le démon à dix tètes , ô Césava, toi qui prends la forme de Rama-Tchandra. Sois victorieux , 6 Héri, seigneur deTunivers!
8. Tu portes sur ton corps resplendissant un manteau brillant comme un nuage azuré, ou comme Tonde d'Yamounây qui s'avance vers toi par la crainte de ton soc sillonnant, ô Césava, qui prends la forme de Bala-Rama. Sois victorieux 9 6 Héri, seigneur de l'univers!
9. Tu blâmes ( chose étonnante ) tout le Véda , quand tu vois, 6 cœur sensible, le carnage des animaux ordonné pour les sacrifices, ô Gésava , qui prends le corps de Boudda. Sois victorieux, 6 Héri, seigneur de l'univers I
iO. Tu tires ton cimeterre redoutable, tel qu'une comète enflammée, pour la destruction de tous les impurs, 6 Césava, qui pi:ends le corps de Calki. Sois victorieux , 6 Héri, sagneur de Tunivei^s !
orinrioNTS wum ii*A«B ou momdb.
DEPUIS SA CRÉATION IUSQu'a LA NAISSANCE DE JÉSUS-CORIST.
Parmi les auteurs qui nient l'éternité du monde, aucun, depuis sa création, jusqu'à Tavénement de Jésus-Cbrist, ne compte plus d'années que 7000, ni moins que 5700.