UNITÉ DU GENRE HUMAIN ET DE LA CIVILISATION
Diversité des peuples et des langues. — La fralernilé humaine le fait jour à travers ces diversités. — De la moralité et de la réciprocité dans l'action sociale et hamanitaire. — Tous les législateurs ont consacré la loi de dévouement. — Elle est une condition de notre natHre« — Les archives humaiaes sont incomplètes , les législateurs y ont suppléé par des cosmogonies.— L'enseignement classique de rhistoire ne nous fait pas pénétrer dans ces recherches. —L'histoire juive nous apprend à demandera l'Orient ses traditions. — Les traditions de rOrient sont cosmogoniques. — L'origine du genre humain est aux lieui oà les cosmogonies ont pris naissance, en Orient, r- Variétés de l'espèce humaine. — Race caucasique. — Race mongole* — Race éthiopienne. — L'unité de l'espèce n'est pas détruite I^ar la variété des races. — Tableau des races et leur classification* —'Observations sur la valeur historique de cette cîassiûcation. — Les raees paraissent inégalement perfectibles. — Les conditions physiques et de territoire modifient la civilisation. —Degrés de civilisation différents dans les trois races. — La race caucasienne est la senle qui semble douée d'une activité indéfinie. — De la race caucasienne, comme source de la civilisation. — L'homme est postérieur aux grands cataclysmes, et la formation organique la plus récente.
— Les points les plus élevés du globe ont été peuplés les premiers.
— Le sommet le plus élevé du globe est en Asie. —C'est en Asie que se trouvent tous les animaux domestiques. — Les plantes et les ar-r bres sont asiatiques en général. — Les plus anciens monuments sont asiatiqves.— Les traditions de l'Asie sont homogènes. —Respect pour les Montagnes. — L'espèce humaine a dû prendre naissance aux lievx oé l'on trouve l'origine de tout ce qu'elle croit ou possède. — A laquelle des familles asiatiques fant-il accorder la priorité.
Le philosophe et rhistorien ont peine à surmoDler la première irapressioii de décourage-
ment qui les saisit , lorsqu'ils cherchent à embrasser, sous le point de vue général, les peuples innombrables répandus sur la surface de la terre. Effrayés des variétés qui les frappent au premier coup-d'œil, étourdis par le bruit des miUiers de langages qui n'apportent à leur oreille que des sons confus et discordants, ils ont peine à reèbnnaître, sur les traits altérés des peuples, les traces oubliées de la fraternité du genre humain.
La guerre arme les nations les unes contre les autres ; les discordes intérieures divisent les citoyens; l'intérêt individuel engendre l'égoïsme et l'envie, mal déguisés sous le masque d'une émukiion mensongère; enfin, l'antagonisme civil ou politique, fait reconnaître partout, l'homme en état d'hostilité contre l'homme. Il vit lié au soi qu'il cultive, à la terre qui le nourrit, comme les animaux, dont il s'approprie le travail; comme les arbres, dont lombrage le couvre, les fruits le rafraîchissent , comme les végétaux qtl'flfait contribuer à sa subsistance ou à ses plaisirs. Le temps, plus difficile à mesurer que Tespaçe, semble avoir manqué pour produire les divisicms infinies qui nous confondent. Pourtant, une observation plus attentive nous ramène à des
sentiments plus justes et plus vrais. Nous en* treVoyons,au milieu de ces luttes déplorables, les conditions dans lesquelles l'humanité est appelée à se mouvoir. L'intelligence proteste contre les passions haineuses que l'ignorance entretient après les avoir fait naître. L'activité sociale prend un essor plus vif, partout où une raison éclairée associe les efforts. De ces contrats partiels naît un enseignement nouveau, signal du retour aux sentiments d'union et de dévouement , à Taide desquels l'avenir développera les véritables destinées de l'homme sur la terre. Le sauvage, au fond de ses forêts vierges, le brame premier né de la civilisation, avec des formes et un langage différents, s élèvent également par la con- 'templation jusqu'au sentiment de l'intelligence suprême. Aucune discordance réelle n'altère l'immense harmonie de l'univers, partout la pensée se retrempe aux sources du beau et du bien , et l'historien , comme le philosophe, se raniment au spectacle de l'unité humaine constatée par les plus nobles attributs de notre espèce. Séparés par les traits» la couleur, les habitudes de la vie^ mais, réunis par les penchants, les sentiments^ les croyances, nous obéii^sons à une commune
loi de progrès. Promis à la inéme liberté, aspî* rant aux mêmes plaisirs, héritiers des mêmes douleurs, i'âme qui nous rapproche, proteste victorieusement contre la matière qui nous divise.
Armés de cette foi vive dans la fraternité humaine et dans Favenir qui doit récompenser tant de siècles d'efforts, nous contemplons avec plus d'intérêt cette vaste arène, où Fesprît huixiain lutte contre une nature qui n accorde rien qu'au travail. Nous suivons avec complaisance ce travail incessant des âges, dans un intérêt d'avenir. Nous cherchons cette puissance qui sert de mobile à l'homme, et fait sa propre cause de la cause de la postérité. Puissance aveugle d'abord, loi étemelle, mais non définie, à laquelle obéirent nos ayeux; instinct bieh&isant que le temps a éclairé, et qui, mieux compris aujourd'hui, revêt, pour l'honneur de nos semblables, tout l'éclat qui s'attache au dévouement.
Ce qui nous fait hommes, c'est la moralité des actions et la faculté de communiquer par le langage ; or ces deux facultés ne s'exercent que par la réciprocité. Sans le langage, pas de société qui s'établisse; sans la moralité, pas de société qui se
conserve. N'y eût-il que deux hommes réunis, en tant qu'associés, les droits de l'un sont les devoirs de l'autre. Les fruits de l'association sont à tous deux en proportion de ce que chacun a fourni à la production. La société civile et politique n'est que l'extension de cette loi primordiale. Tout ce qui existe en dehors du contrat réciproque , est ahus de la force et exploitation du plus faible par le plus fort. Il n'y a de progrès, dans la véritable acception de ce mot, c'est-à-dire dans son application à l'humanité , qu'à cette condition. Cette vérité, si triviale en principe qu'il suffit de l'énoncer pour qu'il ne s'élève aucun dissentiment de quelque valeur, il a fallu tous les siècles antérieurs au christianisme pour qu'on s'en rendit compte, mais elle vivait en réalité. On ne l'avait pas formulée en loi de progrès humanitaire, mais elle existait en axiome de morale, comme garantie des relations privées. Gomme puissance que nous nommerons un moment passive , elle consacrait la sécurité ; à l'état actif , elle conduit à l'amélioration par le dévouement de chacun à tous et à l'avenir.
Moralité passive est en soi un terme impropre , ou plutôt ce sont deux termes qui s'excluent.
Quiconque pourrait être supposé à Tétat rigoureusement passif, serait un être immoral, car il s'approprierait le travail d'auiruî. Ainsi, on ne peut être dans le droit et dans le devoir, c'està-dire obéir aux conditions mêmes dé sa nature , sans payer sa dette au travail commun. S'y soustraire en partie, c'est encore faire retomber un certain poids sur les autres; c'est exploiter ses semblables, et l'exploitation est contraire au contrat qui lie leshommes. Ce contrat n'est pas encore appliqué complètement, mais il est défini, proclamé. On ne peut plus dire : ne nuisez pas, mais : soyez utile, car la société ne vous doit qu'en raison de ce que vous lui donnez. Gela n'était pas compris dans la civilisation ancienne, où l'esclavage était considéré comme juste et nécessaire ,. et où le mot de société n'avait qu'un sens limité aux hommes libres. Ainsi , la notion morale d'égalité et de solidarité dans le travail , n'était paa admise dans les sociétés antérieures au christianisme. Nous ne parlons pas ici seulement du travail matériel, mais aussi du travail intellectuel. Tel qu'il était, il ne s'accumulait pas moins au profit de l'avenir. C'est par là que les temps anciens ont concouru par Je fait au progrès, et ont été plus
moraux qu'ils n'en avaient Inintelligence. Par le fait seul de Texistence de la société , il y avait dévouement à la famille, à la patrie, et utilité pour l'humanité; car la famille et la patrie sont fonctions de l'humanité , seulement les limites du sentiment national excluaient l'idée de dévouement humanitaire.
En vain les protestations de l'égoisine individuel voudraient s'élever contre cette solidarité des hommes et des temps; en vain, cherchant à soumettre à son intérêt d'un moment les efforts de l'humanité , un homma se ferait le centre du mour Tement des autres hommes. Si ce déplorable égoisme pouvait se répandre assez , non pas pour ^'élever jusqu'à l'état de doctrine, puisquedoctrine sup{>ose d^à une pensée collective, mais pour gangrener le corps social dans chacun de ses ineo^ br es» l'huDianité victime de cette lutte dé l'ignorance , déchirée bientôt par mille efforts contradictoires, tomberait dans la barbarie et ladtisolution ; mais il n'en est point , il n'en peut être ainsi; l'union des efforts est une nécessité pom* l'homme social , et qtielqa'étroit que puisse être l'esprit individuel, sans le vouloir et sans le savoir, tout homme est fonction d'une or-
ganisation supérieure à ses instincts personnels.
Tous les législateurs, quelque soit leur culte, ont consacré cette véiité pratique et lui ont donné l'autorité d'un dogme. L'amour de ses semblables est , dans toutes les religions , une vertu qui a ses sacrifices et sa récompense. Sans parler de la religion du Christ , qui en est la sanction la plus complète, les doctrines philosophiques, ellesmêmes, en ont admis et enseigné le principe.
Qu'est-ce autre chose que cette métempsycose,qui faisait du retour de l'homme sur la terre une expiation ou une récompense, suivant les œnvres d'une existence antérieure? N'était-ce pas intéresser l'égoïsme, lui-même, à tout ce qui est beau et bien, par l'espoir d'une existence supérieure à celle que l'on possédait aujourd'hui. A vaut que le christianisme eut placé l'existence dans un spiritualisme plus épuré , une telle doctrine était le chefd'œuvre de la pensée philosophique et religieuse, et le lien le plus puissant de la société.
La nature, elle-même, en nous donnant ces sympathies généreuses que les plus froids calculs n'éteignent jamais, nous instruit assez qu'elle nous a créés pour nous aimer et nous défendre mutuellement. Dans les hommes les plus dépra-*
vos , les mouvemeuts imprévus de Fàoie sont une protestation de la bonté de notre nature contre la corruption qui Ta dégradée. Un assassin risque souvent sa vie pour sauver l'homme qu'il voit en danger; plus d'un avare au cœur desséché et flétri a retrouvé une émotion de pitié au spectacle de la misère et du désespoir dont , peut-être , il était la cause.
Ainsi y l'activité des efforts de l'homme , pour atteindre un résultat dont il ne doit pas jouir , est la confirmation de cette solidarité qui unil les siècles et les climats.
 quel point du globe rattacher le premier anneau de la chatne que nous dérobe le passé ? A quelles archives s'adresser pour retrouver cette généalogie du genre humain? Anéanties par le temps, ou incomplètes, incohérentes dans leurs rares débris, elles n'éclaircissent pas la première difficulté qui nous arrête. Sur ce point , il faut savoir se résigner à l'ignorance , dont aucune donnée ne peut nous faire sortir; l'arrivée de rhomme sur la terre sera éternellement un mystère. Les titres de sa possession sont écrits dans l'incontestable pouvoir de la soumettre à ses be« soins, dans la nécessité. Mais cette curiosité, qui
entraine les hommes au-delà des limites de lem* existence matérielle, ne leur permet pas de se résigner à l'ignorance.
Toutes les genèses témoignent de cette ardeur de savoir, qui a tourmenté les sodé* tés, et de l'importance , conçue et admise par tes premiers législateurs , d'expliquer le phéno-* mène inexplicable de l'existence du glotte et de ses habitants, ou de chercher à en rendre raison. Dans l'impuissance où ils se sont trouvés, de prouver matériellement les suppositions de leur haute intelligence , ou d'établir , par des faits , ce qu'ils avaient recueilli comme tradition, ils ont en recours à des communications immédiates avec la divinité. C'est par Tintervention de cette autqrité divine <iu'ils sont parvenus a consacrer et à faire respecter leurs doctrines ; méthode ex* cellente pour des peuples enfans, sensibles au merveilleux qui s'empare de l'im^igination, imrrs insuf&sante en présence des déductions sévères d'une maturité moins poétique*
Jusqu'à quel poiii^t ces grands législateurs eux'^mémes, s^identifiaient-ils avec leuri^ propres affirma ti<His? C'est ce que peut nous £aiire entrevoir la comparaison des époques auxquelles ils
olit vécu^ des sources où cbaciap deux a dà puî* sér , ou Ta pa Êiîre. Si ce ti'avuil aoui» coihIuH à trouver dans toutes tes cosmogonie^ , une base couâtaute au milieu des akéraiions sticcessiv^, iKius serons ameiués à croire que toutes remontent à une origine commune* La source première peut jaous en d^neoreir inconnue , mais cela peut B^rvir-du ixtolns ^ créer ;4ans la science hiatorique, HB [point d^dép^i^t» prinpipe.d^ordro et de oouniusâiances réelles, et qu'il faut é(al^lir 9,vant de ckercher l'explication des phénomènes dç développement de rhumaaité»
» • > L'enseignement classique de l'histoire est ren-
fermé dans des limites étroites; c'est une routine
transmise de génération en génération , et qui,
pendant long-temps^ a peu cherché à s'éclairer
de nouvelles idées. Tout se borne à une succès-
sion consacrée de faits isolés de leurs causes et de
leurs effets. Les origines n'y sont traitées qu'eu
passant pour les peuples dont on s'occupe. Les
plus anciens y sont négligés. Il n'en peut guère
être autrement; l'accessoire, dans le système
d'enseignement , absorberait le principal si cette
élude y était conçue sur une base plus large. Il en
régulte toujours que nous arrivons dans le monde avec des connaissdnees historiques extrêmement restreintes/- C'est une série dtot les Ëgy{Hienis sont le {wemier terme ^ et par eux on obtient quelques notions confuses sur les Assyriens^ les Ghaldéens, les Perses, les Mèdes, les Indiens; c'est par les sciences de FOecîdent que l'on pré^ tend nous initier aux connaissances^ historiques qui embrassent le monde , et on ne peM se dissimuler tout ce qu'une pareille méthode a ^'incomplet. Au reste , les travaux qui ont si fort étendu le champ de l'histoire, sont modernes, et jusqu'à ce qu ils se soient répandus assez pour entrer dans le domaine commun, il n'y a pas Heu de les faire passer dans l'enseignement pratique.
Les traditions juives sont l'objet d'une étude particulière, et parla manière dont on les transmet elles ajoutent peu à ces connaissances. Les / Juifs ont puisé à des sources évidemment chal- ( déennes et égyptiennes. En cela pourtant ils ont rendu un important service; leurs livres sont aujourd'hui , à ne les considérer que sous le rapport historique , du plus haut intérêt. Document prèsque unique, et le plus ancien recueil écrit des traditions et des croyances humaines , ils ont fait
descendre jusqu'à lious leur morale religieuse, plus épurée que les théogonies gro(X|aes et romaines: ils ont lié les crof^ances 4& i^Ocddent à eelles de TOrient ; peut-éfahe oofrils , pias^e toute autre chose, coolifîbué à faîne'kiaîtce >ta dÎMèCtoii méthodiqiBe , que > ie séjour 'âes Européens daïte llnde a permis de' suivie' avéolpluB dé sottii,et d'étudier avee une constaisûeqiie racquisitâm de ^connaissances nombreusessur rOrieiM -et le ber* ceau des populatîonsi a réooÉipenBée;
C'est par les livres juifs que l'ofi a senti enfin ,
que pour recomposer les archives humaines , il
fallait s adresser à ces vastes contrées de l'Orient «
séjour d'une civilisation déjà puissante et apf cienne , à une époque où les peuples occidentaux ignoraient jusqu'aux premiers éléments des sciences; c'était là que devaient être restés, soit dans les livres, soit dans les traditions, les croyances , les superstitions , les enseignements
les plus respectables sur les premiers ,temps de
la vie de l'homme sur la terre. L'Orient devait
fournir des moyens d'étude aussi précieux qu'a-
boudants; lès travaux des missionnaires, lés re-
cherches plus larges et plus facilement suivies
db^Aii^ds ibiiëia péninsule de l'Inde, ont jué* tilié œttefréviçioni.
Ne soyons pas exehisîfs pourtant , et ne con^ cliiona pas de là que Ton dwve accorder moins desiHiie aur dffcnte des Gdocs; enx^méiiies aTaîent: conçu Tutifité de oonsidter las yéritdbles sources* Leurs philosophas et leurs liistoiîens oiit voyiSgé dans cette intention , et nous, leur de^iis d'aiitant pins de reconnaissance, que ces voyages étaient alors 'Inen phis difficiles qu aujourd'hui ; les résultats en étaient aussi bien moins glorieux, ^ous ce rapport au moins, que cette gloire ne de-
vait pas s étendre au-delà des limites de leur patrie. Ajoutons qu ils ont eu Tart de créer l'enseml^léde la reproduction des faits historiques, d'y placer Tordre^ la méthode, la critique même, quoique ce ne soit pas là leur point de vue le plus brillant, et qu'ils ont su embellir des charmes d une immortelle éloquence , des narrations auxquelles ils avaient su les premiers donner un
rôrps et la vie.
Il*"» *' ' >• ' '
' < C'est à la Grèce ( dit Herder ), que la philo-
€ ^phie de l'histoire appartient spécialement,
c puisqu avant elle aucune natioii n'avait, à pro-
€ pi^ement parler, d'histoire qui en méritât lé
« nom. Les Orientaux ont écrit des généalogies <E et4eâ fables, des montes ou des ehanls natio* < naux ont suffi aux peuples du Nord.
«f Les Grecs en on l fait un vaste récit * >
Il faut bien convenir pourtant » sans leur contester leur mérite, qu'avant les Grecs et tes peuples dont ils nous donnent incomplètement This*' toire, il avait existé d'autres peuples , une autre dvilisaiion. Ce qu'ils nous en disent suffît pour enflammer Tardeur des recherches; mais ne la satisfait pas à beaucoup près, hoBoroiis<^i€|s pour ce qu'ils ont fait , et dierchons à sii{^>léer à l'în« suffisance des récils qu'ils nous ont transmis.
Les Chaldéens, les Perses , les Indiens, imparfaitement connus par les Juifs et les Grecs, ne forment qu'une race; ils se ressemblent par les traits du visage et même par une ii>tmité de choses de convention, telles que leurs divinités^ les noms de leurs constellations, enfin jusque par je fohd de leurs langages. • - * . . - ;
Ceux d'entre ces peuples don* la civiBsâttoii est peut-être la plus ancienne et paraît avo^r le
* Philosophie de l'Histoire de V Humanité^ t. 2, p. 491
* C» viËR , Disc: pril. O^éemènt» fossiles.
moins varié dans ses formes, ceux qui, probablement, sont encore le plus voisins de son berceau^ les Indiens, nont malheureusement pas d'histoire. .
Il est exact de dire qi(ie les Indous n'^ont pas d'histoire; mais leur inunobilité même, leur atta«* chement à leurs anciennes coutumes , au milieu desquelles s'infiltrç avec tant de peine quelcpie peu des usages de leurs maîtres actuels, les Ân« glaîs, nous autorisent à croire que nous retrou* vous parmi é&soii les forn^es effacées partout ailleurs des ten^ps prijopitifs, ou du moins.de la plus haute antiquité. relative. S'il est vrai que Thistoire soit un tableau du passé /elle était moins Qécessaire dans un pays qt le présent et le p^ssé se confpndent, Il y a plus, cette représentation vi-^ vant^ est plus fidèle que ne peuvent Tètre Jes réçitç les plus. (Consciencieux, toujours empreints de Fesprit particulier de leur auteur. Restent donc les dates et les faits : les monumens peuyen^ jusqu'à un certain point, y suppléer. Les redberches de la société asiatique et les observations des voyageurs modernes ont eu pour résultat d'éclairer ces ténèbres historiques. Les systèmes religieux et théogqniques des Indous ont été
examinés par des hommes d'un savoir immense et d uae patience a toute épreuve. On a. pu dé* 4MÎre d^ ^e^ conseîenoi^x traYani^^ des conoor^ dfiQces «t4eâfs^cfayron«iine$ hist<)rî<{ue6 4» pl^As b^utJntér^t^^ fauliqiiîté et jlesr premiers établii^ semenjl^ des^^aceiï j^umaînes; sur leur formation en nations»; leur mairçhe , leur point de départ^ leur oulte. Les coosttiietîoKiS' ont été^ §xamii|ié®$y Hkesurées dabs * toutes Leur^ dimensions ayec n^ zèle infatigable; tour destination $jété recanBU0^ 0ti à Taidedcf ces élémaits divers, on:apudéter- Bimer des épèqum aveoBa9iez)d6 Traîaeaiblânce> ël'éciaîrcir lés livres par les jnanomeutSi eonune les niinahnneBlS'iar les livres^ r : ^ . .
^éiLa théologîe^des Indoti&caofiaere leddestruoi € Citions successives Kfueila surface du globe a es^ c Sttjées^ Ce nest quàim pea/moins de cinq « mille ans qu'ils font remonter la ileviiiève. Une €. danœs. révolutions est même décrites dons des c termes • preiquér^ correi^pondanls .à' oettx de
Tel^esleffeètivementle toràctère^non^sealem^nC
de ladKûkgie desindous, maià eneonejlp tousiies^
** WtLL. JONE», CaïCtt^^a/4. /, p, 170. •'
peuples dont' tes premières traditions nous soûl plus ou moins connues* Les annales primitives de chacun d'eux, ont cherché à rendre compte des phénomènes successifs qui ont si^alé les transformations du globe , et c'est par Tanalyse de ces traditions qu'il est possible de remonter aux syn* chronismes historiques et à la simultanéité de la vie des peuples; de déterminer enfin*, par les rapports et les différences , ce qu'il faiut croire sUr l'origine et Texistence des nations.
C'est donc dans les théologies des premiei*^ peuples connus que nous devons chercher leurs idées cosmogoniques et les premières sources» de l'bisloire» Cette danoée ,. appuyée sur les pre* mîers f»ts auxqu^ notre examen puisse remonter, s'appuie d'aitteurs sur un raisonnement ab-^ strait, déduit de l'observation générale des graods faits qui si^ialwt l'histoire de l'humanité.
« Dans ce premier culte ( l'homme ), embras- <t sanfe tout, adorant tout, n'oubliant que lui* € même , a une cosmogonie , une théogoaie ,' et f point dlûstoire:. c'est l'Inde et l'Orieiit , sitôt c qu il apparaît. De l'univers , il descend aax em^ < pires, auxquels son être est si bien attaché, € qu'il n'est rien que par qux: c'est la Médifi, la
« Parse , l'Élgypte , FÂssyrie« Des empires , il € retombe , par degrés» sur lui-même, quoique
< son moi n'emprunte Picore que de k cité sa
< Valeur et son indépendance. La cité se brise €, encore avec Rome , et son moi . restant seul , ft découvre en lui-même un infini plus vaste
< que le premier qu'il vient de parcourir , c'est c l'univers chrétien. Cet infini , il le divise en- € core, aspirant, après des siècles , à ne relever « que de ^Qi, c'est la réforme, c'est le christia- « nisme et ce qui en est la suite. ^ >
Malgré une certaine obscurité métaphy siqijfô , on peut découvrir, dans ce passage , on tableau exact des phénomènes successifs de la vie de Fhomme sur le globe. Il serait nécessaire d'ajou* ter que l'homme, en possession de cet individualisme, dont la réforme et le cartésianisme lui ont restitué la possession,n'estpas arrivéau résultat définitif qu'A doit se proposer; carie s^rrtiment,|e culte du moi , ne peut être et n'est pas un résultat final. Rentré en possession de son individualité, Tbomme est lonction active de l'humanité » et c'est en
* Edc. QuiNET, JStudea sur Herdkr, t- 5, p. 500 d.c l'ouvrage de H^DER, Phîl. de VHist. de VHum.
donnant Inhumanité pour buta sa. libre activité^ qu'il accomplit la mission d'ordre et de dévoue* ment dont il sent ia pusssanoe^ en lui-même. ^
^us avons développé ce sujet danste Discours pf^liminaire, Ge que nous voulons recueillir de l'observation que nous venons de »citerj c'est que l'origine du ^enre humain estaù lieii cmles oôs* mogoniesi ont pris naissance. Ce n'est point là une hypothèse lancée systématiquement , c'est une série de faits déduits de l'observation > etquf nous prouve, après l'histoire, et,. qemnie elle, par uft jraisoaimQfieiit appKcj^é à ces^faits,queie berceau des cosmogonies , c'est l'Ori^iit* ^ »»;:.
Avant tout, cependant , ne.secaifrdl pas nécessaire de nous interroger d'une manière plus pré-^ cise <sw , les variétés de l'espèice i humaine que nous, voyons répandues sur la suisface diD globe. Ici^noiK^ la voyonsirapprochéc^ par l'organisatioBi pjl)ysique,>de$ îsmiipauz^ les moins imparSaiits; là, ejUç Jouit .d'nne . civilisation, plus perfeet^omiéev rifîljie des produits des arts : d'une organisation politique, appropriée^ sans dqate , à, ses besoins^, et à sa nature , puisqu'elle a à peine subi les plus légères modifications : justement fière des enseignements d'une morale élevée. Une autre, enfin^
la première de toutes, par la puissance de ses facultés» par l'emploi qu'elle en a fait, réunit les dons les plus complets que comporte L'organisa* tion humaine. Avide du mieu^ , vers 4equel sa mobflité Tentraine, elle seule est douée de cette activité, qui crée pour l'homme le besoin d*un, progrès indéfini. L'avenir ne lui oppose pas de borne qui soit un obstacle , pour cette ardeur de savoir et d'agir, toujours satis- &ite, sans jamais se lasser ; opposition constante avec ces nations, qui semblent condamnées à l'immobilité : existence passive, en contraste avec le but de perfectionnement et d'amélioration sociale, qui, sur la terre, est la fin de Thomme en général, et son mobile comme être actif et intelligent.
La division le plus généralement reproduite, distribue l'espèce humaine en cinq variétés;