‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuplesChapitre 9 sur 15 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

mcvruBM.

Nous sommes désormais en droit d'établir cette hypothèse : Toas les peuples sont sortis de l'Asie centrale et du Caucase. — Des Tartares. — Que faut-ii entendre par ce nom? — II s'applique à des races dilTérentes. — Leur territoire est celui des anciens Scythes.

— Le nom de Tartare était celui d'une tribu — Les Tartares- Scythes sont les Buchariens, Kirguises et Usbeks. — Mélanges des Mongols et des anciens Scythes. — Les Scythes et les Saces sont la même famille. — Saces, Scythes» Perses sont le même peuple. — Les Anciens donnaient le nom de Scythes et de Celtes à tous les peuples du nord. — Des migrations. — Il y en a trois principales.

— La première celtique» la seconde germanique, la troisième escla- Tonne. — Des Celtes et des Ibères. — Même peuple. — Les Celtes sont Scythes. — Les Germains sont Asiatiques. — Forment deni familles, Teutons et Scandlnayes. — Les Goths et les Gètes sont Scythes. — Double séjour des Goths ou Scandlnayes en Asie.— Les Cimbres sont Germains. — Des Esclayons. — Ils sont Asiatiques. —-Les mêmes que les Sarmates. — Les mêmes que les Scythes. — Des Finnois ou Finlandais. — Mélanges de Tartares et de Scythes caucasiens. — Des Lapons. — Leur origine est finnoise. ^ Des Hongrois.— Les Hongrois sont de famille scythe. — La marche de ces populations est moins facile à suiyre que celle de la flimille arabe , mais on les retrouye toutes au berceau commun.

Dans le livre précédent, nous avons remonté , en commençant par les Égyptiens , la chatne des peuples de TÂsie occidentale. Nous étions con^ duits à aborder l'histoire d'Egypte, comme le der-

nier terrae'complet vers lequel remonte l'histoire classique; nous avons trouvé que tous les peuples de cette partie de TAsie étaient liés les uns aux autres par les rapports historiques, chronologiques et par le langage : confondus sous le nom générique d'Arabes, ils se rattachent au Caucase. Nous les avons vus s'étendre de proche en proche, et leurs différentes stations reconnues et déterminées jusqu'à leur assigner, pour origine , un point particulier de cette chaîne dé montagnes, qui a donné son nom à toute une race d'hommes. Cette première vérification, d'une hypothèse générale et fondée sur un nom de race,/ est insuffisante pour déterminer l'ordre constant des migrations , mais elle nous autorise à continuer nos recherches dains le même sens. Nous pouvons croire, jusqu'à preuve contraire, que; les autres familles connues sous un même nom de race ont eu, comme celles que nous venons d étudier, un même point de départ. Cette hypothèse a acquis un assez haut degré de probabilité pour que nous ne nous fondions plus désormais sur un aperçu général , et déduit des sejules considérations physiologiques. Les races pouvaient ne nous apparaître que comme revêtues de noms

arbitraires; nous parlons de ceux de Caucasiens « d'Altaïque, ou d'Éthiopiens. Pour la famille arabe , fraction de la race blanche , nous avons vérifié historiquement ses titres au nom de Caucasienne. Un grand nombre d'historiens s'accordent à faire venir les populations du nord d'un point de l'Asie centrale. Cette opinion , fortifiée d'une première vérification , nous autorise à continuer dans ce sens les investigations que nous avons entreprises ; elle nous donne le droit de choisir entre les méthodes qui s'offrent à nous et de n'avoir pas recours à celle que nous avons suivie jusqu'ici. Celle-ci nous était imposée. Nous n'étions pas autorisés à accepter, au début, comme une hypothèse suffisante l'opinion accréditée. Nous y avons été amenés par une suite d'observations qui nous a conduits pas à pas vers le but qui va nous servir dorénavant de point de départ. Nous avons remonté successivement du peuple connu au peuple, inconnu jusqu'alors pour nous, qui lui avait donné naissance, marche compliquée et dont il nous est utile de pouvoir nous affranchir dans l'intérêt de la clarté et de la rapidité de notre récit. Les peuples du nord qui vont nous occuper deviennent si nombreux que nous aurions à

craindre unç confusion inévitable dans Tétude des éléments de coordination. Si elle est possible, ce n'est qu'en simplifiant beaucoup nos moyens , que nous pouvons espérer de tçucher le but que nous nous proposons.

Ainsi, fondés sur les faits dont nous sommes en possession, nous resterons sur le terrain où nous sommes arrivés et de là nous chercherons à suivre les divers fractionnements dont les vestiges sont épars dans l'histoire.

Nous aurons l'avantage d'avoir procédé à poS'teriori pour arriver à notre hypothèse asiatique et de procéder à priori pour le reste de notre travail. Nous ignorions d'abord, et nous avons dû cherchera réunir des éléments qui nous conduisissent à un terrain solide , arrivés là nous pouvons jeter un coup-d'œil d'ensemble sur les rameaux de l'arbre au pied duquel nous avons été conduits. C'est le Caucase et la Perse. La question que nous avons à examiner dans ce livre se résume ainsi :

Les peuples de l'Occident et du Nord , que la tradition recueillie par tous les historiens fait venir de l'Asie, sont-ils dans leur origine un peuple et se rattachent-ils à la Perse et au Caucase

comme nous venons de le voir pour les* Arsdiés;? Dafls quel rapport sont-ils les ims avecles anhi tros? Dans -quel ordre leurs migtatîons cmtelles eu liçu ? . I^nfin ces migratîoiis étafetissent^^ elles entrçeux d^s difTérenees qui lesdistingu^oft radicalement^ pu ne font-elles que. séparer dans l!ordi?6 des temps ce que nous yoyons «âépnré sur la I terre • sans détrjuire la: çouimunauté .dé famille et d origine? Telles sont les questions que ce livre doit ^sayer de résoudre»

L'histoire est le d^ni^r g^re d'écrire que Ion se soit avisé de cultiver , dit Diodore * ; aussi n*e^t-il pas çto^nant qu'cm ait facilement perdu de vue des souvenirs que rien ne rappelait a la mémoire, et que le temps altérait et effaçait sans cesse. De là les pri^tentions de tous les peu* pies à une antiquité que lorgueil national voulait faire remonter plus haut que celle de tous les autres. Les Grecs ont toujours disputé. de leur antiquité avec les Barbares. ' Les uns et les au Ires soutiennent qu'ils sont orjtginaires des pays qu ils habitent ; qu'ils ont enseigné les arts

* Livre !•*, sect. i'% édit. Khodom, p. 9.

A JJM- p. 9.

et kfc sQieiaH)e& flux ftiitt*é^bônimë$, et faf^lës^jfk^è^-' nmm «les actidtts dîgnée ' d'étrè êca^itefs. / - ^ -î.Biodmîd ne ^eiit pas prendre ^ârti dans tëtlë dicqpmô; -eè dans admettre , atec Ëjphoi*e de Cû-' iii6&r<lî^^<%^ ^^^is^^a^G» <)ue lés Bâh*bai^éâ fus-^ mai phi8 imcmnB q âè les Greds; il cotomèneé soii hfstqiire ttnivef selle par lès Égy ptîënfs qu'il ran^ë dàns^ cette première dslsse. Il ^sf as'séz'Miarré de voir les ahdîèns GMcs, tdrâiés à Téfeole déii Égyptiens^ donner & leurs i&aiïreg celte flénoitfînation, qui bjoufait, qadféfti on eA dise , quelque

chose de pm fla^ur à Fidée d'étranger^. Peut-* être Tépithète aljirait^lé été moitiiâ mal "placée si elle àvaitété appliquée uni^uemeht afUl peuplée dont nous allons patiér maintenant. Grâce ait temps et Aût progrès dé Téléiïierit dvih'sâteur ; îb ont surpassé leurs modèles sans chercher à les rabaisser par d'injurieuses dénominations^ ' Sur le Tersant oriental des grands plateau!

asiatiques, séparées au midi dé la famille arabe par les castes contrées de' llndoustan , bornées au nord par les monts abaissés du Caucase et les fleuves qui se jettent dans le Pont-Euxin , les hordes Tartares, dans leurs steppes sans limites, promènent leurs tentes nomades, coipme aux

premièi^ jours da tr^^nde. Elles 'confinéûi fi k Perse , large et fertile terré r assise entre Vovkm et roccidéiit de TÂsie, él qui' déploie au pled^de^ pbi^ hautes tidôùQlgkieè du glèbe iséâ riehë^ ât délicieuses plaines, comnâe pàût mvitéi^ îéS pré* miers hommes à y descendré et à l^àvetWiirei* eu sein de la terre inconnue.

D Ogouz Kan , l'uii de leurs premiers rois, jusqu^à Genffis Kan , né au douzIèiÀe siècle de notre ère , les Tartares comptent euyiron quatre mille ans. C'est de ce point que comitienceleur histoire traditionnelle. Les orientaux. régardent Ogouz Kan * comme le dixième desceiidant de Japhet y ce qui placerait le déluge toujours assez près de trois mille ans avant notre ère.

Les Tartares n'avaient point de lettres et lusage de l'écriture leur était totalement inëoiinu. Un auteur àràbê dit avoir vu des caractères qui étaient en usage dans une partie iâe la Tar tarie niéridîonale. Uaprès sa description il est impossiblé de ne pas soupçotiner que ç étaient ceux du Tliibet qui sont évidemment indiens. Cette observation a trouvé des contradicteurs. Rien, au

* De Guignes, ïliêt, des Huns, t. 1, partie 2, p. SMim\» '>îi

^isurpU)$, dii Will. Jon^s S n établit une communauté d'ongiue entre les Tartares et les In4o]as^ jkon plus qu'avec les Ai-abes^ S*U se trouve qijelgiie ressemblance avec ces derniers , ilfautl'sU;^ tribuer à Tanalogie de leurs déserts et à la nécessité d'une yîe errante.

Cette assertion fait naître plus d une observation. La première c'est que ce mot tartare, en lui-même si vague , a été appliqué à tant de peuples, qu'il est bon de s'entendre sur le sens précis qu'on doit y attacher. Nous avons déjà montré plus haut comment Will. Jones , en séparant les Arabes des Indous, se trouvait en opposition avec les analogies de races. Plus tard nous montrerons que son assertion^"^ beaucoup trop générale, n est pas moins combattue par les analogies de croyances et de langages. Ce que nous avons dit des Arabes, nous le dirons maintenant des Tartares ; il y a plus d'une famille sous ce nom et en conséquence on ne peut pas dire d'une manière absolue, que la famille tartare

* WïLt. J0WE8, Disc sur hs Tartares, t. 2, p. 47, Mémoires is Calcuita.

diifène des Inde»» et des Arabes» et c est ce qu*af^. firme Willi Jones. ^

La question qui se présentci à résoudre est donc celle<«ci : Que doit-on entendre par le mot tarUttes ?

Pfous voyons figurer sous ce nom des peuples dont les différences vivement tranchées se prèr tent difficilement à ce qu-on leur assigne une commune origine. Ces difiér^Kes ne se rapportent pas seulement à la racé ; q«i k» dis- -tii^e d'une mmiière abs(4ii6, mais aux usages, tf ui , tout en. constituant une séparation mems évidente, les élo^nent cependant aussi sur quel' qiies points assez importants. Nous n'en cûons pour exemple que le Chinois de race mon^e, :et le nomade Kii^ise dont la vie est si différente.

Les peuples qm figurent sous le nom de Tartares , sont les Afghans , les Mongols , liss Mantohous et autres coiftpris vulgairement squs ce nom chez les modernes, sous celui de Scythes chez les anciens* Ou pourra bÎQpt^t reco^o^tire

* WiLL. Joues, Dise, iur les ïWtareê, t. a, p. -42, Calctfîta.

tfu'ih y a d'importeBi^s dislinaîoiiâ à iaîne ^ et c'est Tobjet dont nous allons noys oœuper.

V La désm^imùsmàe T»tarifi indépendante a atérfansfii^ d$4«iilt9fQps, dit Mi4te-Bran r pttis^ que les pays désignés sous ce nom sotttbdbîtés par. A^ K^lmonks «li des Mpug^s et wm pas ^pv€^ des Târtwe9« Première d»sïQiwsfiMii cpm iHms n^oyons i^fianitre; ILest d'aj^itant laioms feciie de 4Q.coBiesi»r, qiie par Moi^ols on entend ^^ette 4abe j^ne; qui a dcmné son nom à une de^ gvandepdiRrisioni^ide Yes^pèdd htimmne; par <xmséquent «tte ne peut làtre i^onfondue avec les autres Taiflams q« n appartiennent pàe à la même race. Les M»itohoiis ou les Tartares ^pii habitait la partie la pfais orienlafe' de FÂsie , peuv^ent .être C(!itieidérés comme les plus rapprochés de félat de civilisation. Les Kalmouks et plusieurs antres peapkdsB voisines n-éfant qu'une branabû de Moiig^b., ^se ràttacHent à'oGftte naition parla forme des traits. La <?ottleiir de leur pean a fourni lé nom de Itoi des types placéii par les physiologistes lïur la même ligne que lèft types étÉi(!^en et caucasien.

i Ment^U'E ttMMJÈnma^ finir a^. é l'JêU,i. d2^.p,,$i.

- MeNTELLE et MALTEBRtlN, t. ^2, p. 25, 155, 160.

»vm :4^^t fm^'spm m^^yp^on» de à^î^^K,

aux possessions russes, à l'est au,iaj9;^^pf>i^.||); j^.,|^s.mpftts HippUT^<»^^ * Pile ;Pieim ètr^qqn,ï4af ^1^ c|e l'Asiç ^^t^. : . ,, . , .

.{^Itjioçu^'bui ..par . jdeqsf • nation^ prinoipfiles^ . ^as V|Ur^i§f^iei;-les,3ucharieps. La nation )i:i.i^i)i%e jfoofWï \P pl«s«raj>d mtn)a^.^ ^sj Jt^^lantg.

' MKOTEI.LE et >Uyt;^RWM.,J,„jli2,.4v..?<4!,..W»^ ,, . . ., ,y * ;W«I., 212. , ,j ,. ,:

- La nation bucharîenne' fei^t tàrtai^ , avckî qtieiqiies àUératîoris. * 'Les tàrtares nsbëks sentit établis sur soii térrScoire, Mais la population origîiiaâpe est Seylhe un même Perâe , eè (pA du resté était tk méâie ebdse, suitàiit Ammieii Marcèlfin * et d'autres. C'est \e pays où les plus

anciennes' histoires plâiceht lé bércèaû idé Ik

monàréhiè Per^é; Vêtait lé: tétraiii dés guerres entre îés Perses' et les Scythes, d'oi-ideçà et â'difiîfelâ dé riii»ûs. 1 ^-'

* ' Les Usbeks afctuels ressetnUent aux autres tar tares, triais la conquête a mis sous leurydmination une race d'Habitants plus. anciens dti pays et qui leur est supérieure. 'Ces naturels que les conquérants appellent Tadjfks, soht^lus l)eaux et se rapprochent des habitants de ïa petite Bucbane. On peut présumer que leur ididtâe appartient à Tancieh persan, ina^ quHt ne s'est pas* conservé pur. Il est mêlé de terméà turcs , 'mongoliens' et même indotiis; mélange ^ilî jparatt se retrouver dans leurs traits. Cette affinité particulière du langage bucharien avec le persail et

Mentbllb et MALfÊBRU» , tom. 19 , p. asm.' ^ Ami. Màrcbllin, liv. 5i, ch. 9.

par coméqi^eiie avec^ toiNes^leiiUiiigws: gothi^ tqftfés, settiblë être co^fittaéè pM^ pblràxif saern»^

<!;ôBfifme tonè môme 'Tàli^^nan'e^îongMiairetKles

fait un pedpleJ'B0^1]p<fw^'>lçsîfi^sfià|g^^ pîmcai la^fais géMfalo sèlibisi^ se^iter Si^ Ifiqedes lyrcsaii iib9dti6»lt»<feyiU m^PiG^V^^ ^mais ifa^yàii»fentxde pay3-:ptosfjflrii^ MiA»

'les Hunsi^^ àiiicquélslles :Pera|wiiiisU»xmM h nom de iWcs^ dit lliéqihyUc;|tàw(ftyx£|i4M^ , Il suffit dfim skpple GCN^^^kidLJâlé $mMsfi!if%f pour tbir iQtfeîdatrjlaitemÉoii^ ob-

<ni(képfbc:lek dî'Y^nBes Jaàbns imtatff^slà^MenMit autrefois la graride paÉifUi £Hgfti»ufi(iii^lmtK^ <A dit qmies'Seytlie&'defe anqimiScaottlj^ftJar-

* • MfiNTtixK et «ÂtTEutof ;tt)m: I2;'^!'4à7*y '^ "• ' . ' ^'^^

• Voir la Carte du Mémoire de Êayçr, y^cod. de St. Péter sb..

extension beaucoup trop grandes I^qp^^veiti^^ 4f »i6tatiiUfl|g{fium^;iW3e ^f^ msffmsi^^ 9Ptt$.a9

soythe^y fctqî dîsf qufi^ la^imdbit ^çètu|uéraiiti9^ j séyj(be peufc-toèij^Ejgme^l élai^: filqfi.rQdi)lm] vms jlri6|iffi^i;, I$à/>è4|e'>s^étai4iaètéi46'fmrjke.^^^

tiinfcd séi:Miit>Jkieoit|s»pi|ei)t)f(ind^ la^raoe ôëd'èv91^43l;tni(iitdULSfiArTO plia;qpiràq|iGyk||iMhiiri^ die kOMitfaufiiapnfiSItifelIMfi ^iè^AmMsj^ ^M^'F^^^JMpal^ab^^^i^ râLlt^Fato^li pto&mfe qtf aaunli(^« ^j;stal»îb<ps(>Makq9iik ifattstlëuF ti^pé

-dôdt robli^tâ'ink BeâetrQBare)p£i£ dafasrlf srïiÇaa>itflrei|>claâdMPtiuside»t ams^porloiMi^ ;1 < ii/l ^ ' j ^ -^ C6'^u^il<)es«faiaot> deidiraiJe'fiâtdEoiKf}^ ieB Tartares occidentaux occupent un territoire que

les Scythes oçc^p^ient^^ijitrieifpis. J^qi^s f^çu^f^rpns %ië^^fès^Sdytheé étlè^^^^âësàp^^ la

même souche , car plusieurs des nations sciYtl^^ques s étaient établies en Perse, et les rappçr^s

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