IS
Moï^e, oocraitàla reproduction absoke du genre humain pir la famille de I!9oé, nous sommes for*' ces d'avouer notre doute. Il y aurait oertainem^nt eu insuffisance de temps. De deux choses Tune , où le genre humain a survécu au d&nge de Mo'ise et nous le croyons , ou la chronologie et les traditions de tous leis peuples sont fausses et on ne peut point le penser.
0^à fes Éthiopiens et les Ëgypti^is dispa^ raissent, le vaste empira d'Assyrie ya nous occuper maintenant. Mais c^est une discussion dans laquelledoivent figurer beeaicoupd*éléments et notas Avons à les examiner d'abovd , pour les rattacher plus tard et en former un ensemble qui nous pak>ait devoir résulter de nés recherche*^. L'Âsiyrie s'agrandit dés dépouilles d*un empire f^s ancien , de la Babyhmie. Au rappoi^t de Ctésîas, ce royaume était, très civilisé et inexpérîmeirié à i% gtterro. Il avait comme les anciens peuples asiatiques nue caste sac^erdotaie que nous voyons sous le nom de (]haldéens^ dominer eti"* coredans la capitale des vainqueurs, par Tascen*
* VoLNEy, (hron, des Bahyl.^ t. 2, p. 156, des Recherches nouv.
dant du savoir. 11 y a donc lieu de rechercher si un royaume des Ghaldéens fut établi avant celui des Assyriens.
C'est ce que Volney fait résulter d'une discussion détaillée dont nous ne pouvons insérer ici que les résultats: il admet que le royaume des Ghaldéens fut établi avant celui des Assyriens « lesquels avant Ninus ne possédaient probablement que le pays montueux situé entre T Arménie et la Médie, tandis que les Babyloniens possédaient tout le. plat pays situé entre la mer (le golfe Persique ) , le désert et les montagnes. Ce fiit le domaine constant de la race Arabe. Cette observation va nous servir de point de départ pour renfermer , sous cette dénomination générale d'Arabes , tous les peuples situés à Foccident de la Perse. Leur origine parait les y rattacher et nous en trouvons plus d'un témoignage. Les Arméniens; dit Strabon, ^ les Arabes et les Syriens ont entre eux des rapports marqués pour la forme du corps, pour le genre de vie et pour le
* Livre 1", p. 41.
langage, et les Assyriens ressemblent entièrement aux Arabes et aux Syriens. ^
Nous n'insistons pas maintenant sur ce £iit, parce qu'il doit ressortir d une manière complète d'une autre discussion, dont l'objet sera la similitude des peuples Assyriens, Ghaldéens, Arabes et par omséquent l'indiviaibilité, au moins quant à leur origine, de ces peuples. Nous devons nous oc(mper de ceux qui tenant une place à pairt dans l'histoire, doivent cependant être ramenés à cette [souche : c'est le cas du peuple phénicien dont les annales ont été pcésentées comme antérieures à oelleB des autres peuples , tandis qu'elles sont identicpiement les mêmes que celles des Ghaldéens et des Juifs, avec lesquels ils ne formaient originairement qu'une famille* C'est ce que nous allons chercher à établir par le témoignage d'un grand nombre d'auteurs.
Les Phéniciens étaient probablement Arabes d'origine , établis en premier lieu sur lea bords de la mer Rouge ^ • Ds s'y étaient déjà sans douté livrés à la navigation et je soupçonne ' même
* Strab. Livre i", p. 43.
* Hérodote^ liv. 1", p. 2.
* Clavier, Mût. deipreméen temps de la Grèce, t. i, p. 5.
qu'ils avaient eu quelques relations de coinpoiçrce avec les Indiens. Il ny avait pas long ten^s^e lei^ Phéjiictens hdbîtakiit les eètes éa ia Médi- (errapée lorsque Inaehus vint kAvgoé^ enviran ittSSO aois avant lîdtre èi^Xettedate est xio&fii^fiiée par le téHU»gna^ i;BÔme de Mdisp, l\ ëic^ àlW ca»iop de Tarrivée d' Abrobaai dassià P^iestipè, environ 1900 ans avant Jé^us^Christ, ^e lesCa* nanéens ou Phéaiciens «taiept xlèsJoi^ dapi^ le pays. Je serais porté à woire, ajoute tilairier, qulk étaient les ipémes que les Hyc^Sos oti pas*^ teurs qui posséder^ pendbsitit quelque temps une partie d^ r^igypte, suivant le t&taéignàigè de Jules Africain \ La quinïièmq dynastie, celle des pasteurs , fournit six rois Phénieieiis stiivirat cet écrivain. G^taing u^ges religieqv des Phéiàciens rappelaient ceux de TËgypte. Les sacrifices humains venaient mâme de ce piiy8.^0t) à ^n^ testé cet usage afftein et on a voulu eniaverles Égyptiens , niais malgré Fppinion d'Hérodote les Égyptiens €pt sacrifié des kommes\ Ce fut sans doute dan§ un temps fort a«*érieur à MoïSe, car il iien parle pas.
» Syncelle, p. 61. ■ ' *
^ CuviKR, t. i, p. 80. Hi^L d&6 p9;émi^rsienip^ de ia Grèce,
Déjà à Fcpoque de 1 ecriyain Si^cré, Sidou^éUi); une v^Ue célèbre. Les Phéniciens étaient étaUis depuis ^sfô^ez long jtemp^ $ur les liords de k Hèi diterrai^ée pour avoir pu donner k leurs villeB çf à l^ur conij^erce ijine e^j^tepisipn qujleg x^hdait ypje nation importante ^m^ \e lApp^e.
Les Grecs jlir^^Hi^aiept le mot pl^qF^^^^g;, par Eryiii^ée^s» qui signife fpuges \
)Le§ anciens histprieng g'aooord^ntàfaire.vieiiMr
les Phéi^îjçiem» de I9 Apr Hpiog^* Hérodote k^ieiiir feit dire • , Pli»e • et <|ufitia * , oeluiici moûis exr pUcitement, émettent la. mêni^opjnioi)»
Strabon '^ rappor.te qi^'pn ajs^r^i}; queJ^S Pfeét niciens et les Sjd|ppipng étfiejït unp qqlonici venue des bords de FOcéaQ i^t pnl^snomqqe Phéni-r ciens , dit-il , à can^ 4e la mer Houge ou Éry-i
thrée.
Pline attribije ^\k roi JËrythras , rt)i rouge , pu Edpp, {'invention des p$qmfs! pour mvjguer d^na
* Qnirt de GebeHn, p. 60, t. 8.
* Liv. r, p. 546, édit. Wesseling.
' Liv. 4, ch. 22.
* Justin., liv. 18, chap. 5.
^ Liv. 1", p. 42.; id. 16, p 7^r.
les îles de la mer Rouge. C'était le nom que les anciens donnaient à la mer des Indes et que nous avons limité au détroit qui sépare TÉgypte de la côte d'Asie, t Danaus le premier , dit Pline, « arfÎTa d'Egypte en Grèce sur un vaisseau. Avant < on se servait d'esquifs inventés dans les îles « de la m» Rouge par le roi Éry thras. * »
Il résulte de là une tradition constante que le nom des Phéniciens était le même que celui des Éry thréens ou rouges ; qu'ils furelit ainsi appelés parce qu'ils étaient originaires des bords de la mer Rouge , et que eefixt de ce pays qu'ils vinrent demeurer à Tyr et à &'don.
Or les peuples qui habitaient les côtes delà mer Rouge, ou l'Arabie Pétrée, étaient aussi connus sous le nom d'Iduméens ou hommes rouges, descendants d'Édom. Us étaient par conséquent Arabes. Les uns restèrent dans leur pays, les autres émigrèrent sous Je nom de Phéniciens et fondèrent les villes que Moïse trouva déjà florissantes.
Les Phéniciens se rattachent ainsi à la fa-
* Liv. 7, ch. 56.
mille arabe. Nous reprendrons ce sujet après avoir suivi les Phéniciens dans leurs idées cosmogoniques et établi les rapports qui les lient aux autres peuples, comme eux de famille arabe , les Chaldéens et les Hébreux.
Le système cosmogonique des Phéniciens est non seulement analogue à celui des Hébreux et des Chaldéens, mais il n'en diffère réellement pas. Ces trois peuples font précéder les temps historiques par dix générations que nous ne nommerons que par extension antédiluviennes, au moins pour les Phéniciens, puisque Sanchoniaton ne parle pas du déluge. Le mot anté-historique est niéme encore trop précis, car l'histoire ne commence pas encore nettement après Tépoque qu elles permettent d assigner.
Les dix générations chaldéennes, sont attestées par Berose, ÂpoUodore, Âbydene, Alexandre Polyhistor ; ^ les dix générations des Hébreux, pai* Moïse» ^ celles des Phéniciens, par Sanchoniaton.' On a beaucoup disputé sur Tau-
^ Syngblle, p. 28.
* Genèse.
* ËusèBB, Prép. évang.^ ch. 10.
théfnttcité du fragment de Sanchoniaton, mais en résunié on s'accorde à le regarder comme un document historique d'une haute importance. Tous les chronologistes en on fait une des bases de leurs savantes et obscures discussions. ^
Sanchoniaton ne fait aucune mention du déluge, et ta raison que Ton donné pour expliquer cet oubli n'est pas concluante. Il paraît , dit-on, que les adorateurs du vrai Dieu ont reproché aux pàyens le déluge comme une punition qu'ils s'étaient attirée par l'idolâtrie. Pour faire cesser ce reptx)chè ils ont tâché d^abolir la mémoire d'un monument si extraordinaire de la vengeance divine et de leur propre honte. Cela serait bon si tous les idolâti*es avaient également proscrit le souvenir du déluge ; on pouvait d'ailleurs lui assigner d'autres causes que la vengeance divine et une idolâtrie doht ne convenaient pas sans doute ceux attxqiïér^ elfe est reprùchée.
Sanchoîiiatiôn né fait mention que de la branché de Caïn et doniié, ainsi que nous Tavotis annoncé déjà, dix générations.
* CUMBBRLAND OU SANCHONIATÔN.
npwT07ovoç, ProU^gemxs* Prnnogeikiiiis*
Fsvoç , Fevsa. Genos, Genea. Genus, familia!
*ft.ç, m>p. <î»).o? P/ios, pur, phlox. Ignîs, lux, flamma.
Kafffftoç. Xt€avoç, CossioSy Libonos. Gassius,Iibaiius(moD.
M^pbuvoc OixTwos. Memrmmosfy (m^aos, Gektts, ptrcaDlo, Ug-
num.
ÀYpeoç, aXtgyç. Agrios, Alieitif^ AgriBsfis, venatôp,
piscator.
Xpuffwp oxat Tiffaicr-iç iChrusôTy hephcùstos I Vulcanus ignis, ar- Tg^vituç, 7>îti>ijç: \tédhnites, geinos. i" tîfet, tferrenûfe.
Aypoç , A7poi»]poç. Agros, Agroueros. Rus, Ager.
AfAuvoç , pLa7oç. Amunoi, magos. Defensor, iinbellis.
Mt(T»p, yat 2u(5vy. Jfwor } ivwSttC [«^"StUS.
NoIuS'Bèiiisf bônuHis ioî à remarquer , qi^-ayaiil le déluge les noms des houles étaient sd^ifioa*tifs; GhêzlesHébireux; dans les deux brandhës de Gain et de Seth, ces noms se resseinblent; et dans les deux listes chaldéebfae et ph^denne <m penti semB mim ,^ msJ^ la^ dlfSârenee apparente deiees^nkMiks, de laonorbreitses analogies de signification.' * Quelques pages plusî hsLS oious lRé^ trons en tableau cesidifférentes^ généra tiob s quand nous aurons parlé dos Chaldéens et des Hébreux , et nous chercherons à faire ressortir ce rapport des noms. On les trouvera plus longuement et plu^
sayammeDt expliqués dans l'ouvrage de Fourmont. *
Cet écrivain a tiré les conséquences suivantes :
V Pour les hommes d'avant le déluge , Sanchoniaton , Berose et l'Écriture , nous présentent les mêmes personnages.
2^ Ces personnages étaient les illustres de leur siècle, et proprement dit les inventeurs deâ arts les plus utiles.
5** Cet accord des trois peuples est la preuve de la véracité de chacun d'eux.
On nous accordera provisokement ces assertions qui ne tarderont pas à être justifiées. Il est nécessaire, avant de chercher les concordances , de faire connaître les différentes bases chaldéennes et hébraïques, sur lesquelles cette concordance doit être étabUe.
On ne peut élever de discussion entre les Phéniciens et les Hébreux sur les chififres chronologiques , car Sanchoniaton n'en donne pas , et se borne à la série des générati<ms.
* liéflex, crit. sur les hist. des anciens peuples^ t. 2, p. 4iU et suiv.
11 ne semble donc pas que les Phéniciens puissent prétendre, plutôt que les autres peuples; à une antiquité supérieure. Nous ne voyons d'ailleurs, nulle part, qu'ils aient peuplé aucune partie de la terreé Leurs colonies ont bien promené leur puissance plus loin que celle de tout autre peuple, mais ils ne firent que des établissements commerciaux qui supposent des populations déjà assises et multipliées , à quelque degré que ce fût, partout où ils s'arrêtèrent.
Indépendamment de cette observation , nous venons de remarquer que tous les documents anciens et l'opinion des plus illustres écrivains , des plus savants hommes les rattachent, non comme souche , mais comme descendance à des points de la mer Rouge , habités antérieurement à tous les temps historiques par la famille arabe , à laquelle ils appartenaient. Ils ne quittèrent probablement leurs anciennes demeures que par suite de quelque catastrophe naturelle ou politique, ou :nfin pour choisir une position plus appropriée à leurs habitudes de trafic et à llmpulsion voyageuse que nous leur reconnaissons entre tous les peuples.
Ce n'est donc pas dans la Phénicie proprement
T. 1. ly
dite, qu'il faut chen;:hiçr le plu$ apcî^n peuple. Les doçumeati» liistoriqiieâ q«e noua »yp0a dtéa» fle permettent pa^s de supposer qu'il» ai€«t pria u^^^sauce Stur les bords de la Médif.^tt(wéei €4 cependant Sandboniaton et Philpn de BiMoë qui publia son ouvrage , ne ipiQus 1^ présentent que convcne établis et fixés dans 1^ li$u même qui porta le n^w de Phénicie^ hw\^ t)^ dél^ininé par touç les géographes. Us ne viur^^nt poii^ Tooqa^ per sans apporter avee eux an moin^ la.tvadidon de leur ancienne demeure; w serait dcMi<ç à ce point de départ qu'il faudrait rapporter le ger^me de leurs idées cosmogonique^< : telle est aussi la vérité.
Elles ont pu se modifier depuis , e(^ le voisin?^*^ des Hébreux a dû amener» entrelesdeyx peuples^ des ressemblances plus, frajppanies qu'entre ces, deux branches Qt celles qui étaient restées au berceau commun. : ç ejst ç^ que fc çqmp^aKPA démontre. Dans la fajmiUe ^ahe ,. les Phénicieus,, les Ghaldéeqs et les Hébreux ont été plus immé' diatement en contact et ç'eçt cptre eux que tes. analogies sont aussi plus évidex^test
Les Phéniciens s exprimaient, à peuples QQ^kt^/^ Moïse qiiant à la manière dont le mwde. fut
formé, et ron trouve entre le récit déSanchontâton et celui du législateur hébr eai une coû^" formité dsses& marquée pour proncHicer que , du moins quant ^ fond, la cosmogonie de l'un était ^ en partie, copiée sur celle de Fautre ,* quelque fut d'ailleurs le premier ; et pour lier cette communauté de cosmogonie à une origine qui explique la naissance des premiers rapports , nous ajooteroiis qâe dans les premiers temps la religion des Phéniciens et des Ëgyptiens était , en substance, la même. ^ Cette analogie s'étend même jusqu'à la langue '.
Jules Africain * nous apprend que les Phéniciens faisaient remonter leur origine à 50,000 an«^ Nous sa tons ce qu'il faut rabattre de ces prétentfOQs Communes à tous tes anciens , mais il est constant que les Phénîciens,dès lès temps les plus reculés, avaient commencé à parcourir le monde.
La Grèce connaissait les Phéniciens avant d'avoir aucune notion de l'Egypte. * Les Phéniciens
* ^ead, des Insc, t. M, p. 55».
' Hiêt. univ. des anglais, t. 5, p. 185.
' y^ead, deê Insc, t. 54, p. 358.
* Stncelle, p. 17.
* Jossra, eùntrt ^ppion,^ liv. 1", n« 12.
confiaient aux prêtres les archives de la nation ^ et en cela ils imitaient les Égyptiens et les Baby* Ioniens. ^ Ces archives existaient encore du temps de l'historien Joseph. Il les cite comme telles et comme s'il eut dû prévoir que Ton. voudrait contester la vérité de ce qu'il avance.'
n parait que Sanchomaton qui vivait vers le temps de la guerre de Troie,* composa ses livres d'après les opinions recueillies chez ses voisins et en particulier chez les Juifs. Il joignit aux annales de sa nation ce qu'3 y apprît, et cela explique la grande conformité qui existe entre les opinions cosmogoniques des deux peuples/ indépendamment de leur origine commune qui avait produit des traditions fort ressemblantes. Cette double cause de rapport suffît pour rendre raison de l'analogie que nous rencontrons dans les documents émanés des uns et des autres.
L'histoire de Phénicie écrite en phénicien , par son auteur , fiit mise en grec, ou plutôt paraphrasée, dans le deuxième siècle, par Philon de
* Joseph, contre Appion, liv. 1er, n° 6
* iMd., Uv. 1", uo» 17-^18—21.
' Suidas, au mot Sanchoniaton.
^ Suidas, au mot Iliérohaal.
Bibios , compatriote de Sanchoniaton , et nous retrouvons le fragment qui nous en reste dan^ Eusèbe.*
Les Phéniciens portèrent le nom de Cananéens. Salomon les nomme ainsi au livre des Proverbes.^ Sanchoniaton laffirme en disant dans le fragment cité par Eusèbe que Chna , abréviation de Ghanaan fut le premier dont le nom fut rendu par celui de Phénicien.
Ainsi, nous voyons les Phéniciens originaires de la mer Rouge : puis, dans les dynasties de Ma* nethon nous trouvons les rois phéniciens, plus tard nous les trouvons dans la Syrie et le pays de Ghanaan; leur histoire est donc suivie et justifie leur origine première, que leur nom de Cananéens n'autorise pas à établir, au pays même de Ghanaan. On a même prétendu les séparer des Cananéens.'
Nous avons déjà étudié quelques-uns des peuples de TAsie, ou originaires de l'Asie, dont les annales prétendent aune antiquité effrayante.
* Eusèbe, Prép. évang., t 1", ch. 9,-10.
' Prov. 51—24.
^ Lauâvze , t. 54, p. 17», Mém. de VAcaà, des Tnsç'
Déjà nous savons qu'il n*y a pas lieu de s'e&ayer de ces chiffres immenses ; nous verrons bientôt cet aperçu confirmé. Nous sommes ramenés maintenant aux Perses, aux Chaldéens et aux Indiens.
Au nom de Perses , Timagination chercbe à embrasser cet immense empire de Cyrus dans lequel s'engloutireiPit tous les anciens peuples de TÂsie pour former la monarchie du roi des rois. Cette monarchie est évidemment postérieure aux peuples primitifis, puisqu'elle se forma de leurs débris. Il y aura lieu dès^-Iors d'examiner plus en détail ce qui se rapporte à son histoire, puis^ qu'elle nous offre deux états distincts dont le dernier est la centralisation des peuples de l'Asie. Antérieurement à cette époque, nous aurons à examiner son origine, son sol| ses lois et ses croyances. Mais les Chaldéens que nouj$ venons de voir plus en rapport avec les peuples dont nous avons déjà parlé , appellent plus immédiatement nos regards. Nous reviendrons sur cet empire des Perses ou empire d'Iran comme le nomment les Orientaux. C'est par lui et dans son sein que nous pensons avec William Jones qu'il faut chercher le point de départ de tous les peuples cauca-
sîques, on plutôt, c'est h lirîqu'&pparttenaît le terrain oit s'eisrtopéréelàiéparSrtiôiidecespeu^Ws. L'wigfiie des ànfcièns peuples tet d-slufàilt'tiltis diiléiie à cot)nâ!trë;qti11ft remonteht à tine époque amtérièfirè k Tuâdge de FétîrJtiirê Kttétiale: Aucun d'eux n'a laissé d'annales ^sontempot^îôes. C'est pap ifiâ«iMién m par fétâdt^îdë débrâ épa^s que l'on peut e^ter d'dbtènir quelques ndlièus qu'il est iiéoessaif Q de lier eimre ^les; On t»^> peut guère se flatter d'^tteittâre ftHs haut qtt'iitïe pro*babHitépluilQUmèîM'yràit^tfitlâliltt. Mai^HS^l est posail^lé d6^iippi»0ëhéf et de moitte eti HitÀiè^e de lumiièire è ^s^à^e là rai^son , fibùis Violer tes oircba^ticèÉ loieàta^v dm ddAftéies «dolées von 9K> cordera' qwle» èkMoes^de védl&lscmtftoiltéi» ^m
La i^aisbA tdît .qufeBtl^e.deux 'peUpks'lîÉaîtirq^ phes de même race, dont l'un» Mvï^é^aax IpaiaoK de^ -^imcies: et dé; l'A^rkidlitiBrp $ jbabité ua toi pl^ét appi'o^é à ce^ habitudes paîsâ^Ies ; Uau^ treverrimt et vagaditind , vit de^pSlipig^l^u du 8€Îb des troupeaux, la raison , disons-nous, conduit à croire que le plus ancien, est celui qui est demeuré errant. Enefifet, ttotts «ODoevons qu'une tribu, jusque-là errante , s'aiTête , se construise
des demeures, observe et se civilise. Une race civilisée ne quitte pas ses demeures pour devenir errante et pauvre. Ainsi , si les Ghaldéens et les Arabes sont le même peuple originairement; l'Arabe a pu devenir Chaldéen , naais le Cbaldée» nsL pas dû devenir Arabe..
Les Chaldéens * furent des Arabes civilisés , à qui l'étendue et la planimétrie des contrées qu'ils habitaient sous un ciel sans nuage, permirent d observer les mouvemens de^ étoiles.^
Yplney tait remarquer ici queGicéron emploidle mot Assyriens; mais cela ne peut s'entendrequade : ceux de la Babylonie, pays de plaines , et non dé ^ ceux de Ninive , dont le pays se trouve au {md du: mont Taurus. Quelques li^es plus loin , Gicéron nomme, parmi ces Assyriens, les Ghaldéens, ainsi appelés non de leur profession, mais de k province qu'ils habitent.
Jusqu'ici nous parlons 4es GhaMéens et Assyriens suivant les récits d'Hérodote. Xénof>h(ki , dans sa Gyropédit^^ fait naître une autre opi»
* VoLNEY, t. 2, p. 184, iîecfecrcfce* notttJèWe*.
' CicÉRON, De dMîMitiùns, liv, i"Vch. 1.
^ X^opnoN, Cyropédky Ik. 3, eh. 2. ^^ -
nion, qu'ont adoptée plusieurs auteurs, et en particulier ie sayant et judicieux Freret/ Xéftophon donne le nom de Ghaldéens au même peuple qu'Hérodote appelle Ghalybes.
n -le représente non plus comme une caste sacerdotale établie à Baby lone » comme les mages en Perse, mais comme une nation barbare et peu nombreuse établie sur cette branche du Caucase, où TEuphrate, le Tigre, TAraxe et le Cyrus prennent leur source. Ces deux opinions ne sont pas impossibles à concilier : il se peut que ce petit peuple barbare soit descendu de ses. montagnes, abai^dom^ant dans les plaines fertiles de la Babylonie un petit nombre des siens, et ait poussé plus loin, pour conserver en Arabie ses habitude» errantes.
(^iqu'il en soit, et cette identité originelle des Arabes et des Ghaldéens étant réservée , il resté à examiner les traditions chàldéennes. Ce sera le HiQy^ de les rattacher à leur vraie source. Atant de les classer, il faut les connaître, et pour arriver à ce but, nous aUons examiner leurs opinions ou plutôt leurs préientîens.
* FrbreT) t. 5, p. 286.
Berose et d'après lui , Jules Âfricaîn et Alexandre Polyhistor wm& donnent uiie chronologie de^ rois cbaldéeiis aditédîluviens/
Noms. Annëet.
Âlorus 36»000
Alaspar 10,800
AmélM 46,800
AmèDoa 43J00
Metalar. . ^,800
Daôn. .....,,,... 56,000
Everodach 64.,800
Amphis 36,000
Otiartes 28,800
Xixuthros 64,80d
Cette série est absurde , . quant aux chif&es /si on les considère ocNSune l'expression de la durée de dix, générations. simples; maïs si on veut y ypki comme le disent <)es {écrîtains tnc^^is euxmêmes , des calculs asircoionliqves ou a&trologi^ ques , Fabsurdité n^érite d'èti^ examinée^
c Les Ëgypti^s, les Ghâldéem» les Phéni* € ciens se donnent une ^tiqnité
* Synceue, p. 17—18.
c 9M1 moy^a 4e certaines supputations asCroloc gîqiies.^ »
Examinons ce point de vue nouveau.
On appelle en astronoaue grande année ou etitnée de restitution ^ l'espace de temps que le soleU, les planètes et les étoiles fixes emploient à revenir et à se retrouver tous ensemble à un point donné du ciel ; en d'autres termes , c'est l'expression des révolutions simultanées de plusieurs astres pairtis d*un même point, et s'y t^roirvant apràs une longue série de leurs mouvements âciégaux. Cette grande année fat d'abord estimée 35^060 ans, puis 56,000, puis enfin 432,000; c'est le diiSfre dé nos dix générations. Ainsi , le zodiaque matériel a été couver ti- en zôdiak}uedirono k^ique, et on a appelé <lui^ do monde ce qui n'e&t que la durée d'une irévolution circjulàire. De là , viennent les mots de annus et antiutus , an* neaiiet année; mundus et orbis; le m<mde ouïe cercle»
Cette grande période, supposée d'abord de 36,000 ans , n'offrait pas un concours parfait de toutes les sphères ; pour atténuer les fractions et
* Syncblle, p. 17. *
les rendre insensibles, les mathémaliciens ima** ginèrent de les reverser sur plusieurs révolu* tiens.*
36,000 k i%^ 433,000. Le déluge termine le cercle de révolution.
Pour continuer :1a série d'après les seuls documents pro£smes , nous ne nous sommes pas occupés des Hébreux. Leur origine chaldéenne les place naturellement ici.
La preuve de cette origine ressort naturelle^ ment de leur chronologie même. Nous pensons que ce peuple dérive d'une secte ou tribu chaldéenne, qui émigra, et vint, à la manière des Arabes , camper sur la frontière de Syrie, puis sur celle de l'Egypte. *
A la dixième généi;ation après le déluge , exista chez les Ghaldéens un homme juste et grand, qui fut très versédans la connaissancedes choses célestes; c'est ce queditBerose dans Joseph.' Le même Joseph rapporte au même lieu différents témoignages de l'origine chaldéenne d'Abraham. Gom-
* VoLNBY, Recherchée nouvelles, t. !•% ch. 15, p. 178 et suit.
* VOLNEY, t. 4, p. 162.
2 Aniiq, jud., liv. 1*% ch. 7, parag. 2.
me il n'y a pas lieu à contestation, et que Moïse est d'accord avec les autres, nous ne les reproduirons pas ici •
Voici la chronologie des Hébreux » suiyaiit Moïse.
Noms.
Adam. .
Seth . .
Ëiios . .
Kaioan • Mahlaléel Jared. .
Enoch. .
Mathusala Lamech.
Noé. . .
Annëes de leur vie<
Age A la naimnce de leurs fils.
En ajoutant cent ans (100), qui s'écoulèrent après rayertissement que Dieu d<MUia à Noé, nous avons 1656 ans pour l'époque antérieure au déluge.
Ce calcul moins effrayant que celui d^sChaldéens est encore assez impossible quant aux chiffres. Mais ce sont moins les chiffres que les générations qu'il faut examiner ici et nous en
voyons dix comnie chez les Ghaldéens. Ghe^ iés deu^ peuple^icçadix géoéi^atiiHistscait suivies d'un déluge. U y a plus, ce déluge décrit dans laG^xèm e3t absolument le même que celui des Gfaaideens décrit par Alexandre Polyhistor dans le Syn^ celle. * Âbydene le décrit de même dans Ëusèbe. ^ Ge n'est pas à cela que se réduisait les analogies qui existent entre ces peuples. Les Indiens ont aussi leur paradis et les quatre fleuves qui en sortent viennent également d'une source commune \ La période indienne est la même que la période chaldéenne .
L'âge actuel du monde, suivant les Indiens, est de 4,320,000 ans qu'ils divisent en quatre âges plus courts.
Le premier est de. . . . 1,728,000
Le deuxi^e de. . . . i, 296,000
Le troisième de. . . . 864,000
Le qwdnîème da. . . . 438,000
Ge dernier nombre est celui de la période chal-
* Stitcelli , p. 50.
* BiniRE, Prip, évmg,^ liv. 9, ch. 42,
5 VOLNBY, p. 188, t. 4.
dé^ne^ et chacnD des autres cotame il est facife de le voir est 2, 3 et 4 fois ce même nombre de 4^%000. Nous aînsistonaipas ici mr ce rapprochement qu'il nous a paru nécessaire d'indiquer à jcausedeVapalogia frappante* Nom consacrons un livre aux Indoiis et nous tk>us y étendrons dareantage.
Ce qu'il y a de singulier c'est que ce nombre divisé par 360, qui représente le nombre des divisions du zodiaque *■ le plus ancien , donne pour quotient t%000 qui est la période perse et étrusque , et Télément de la période dialdéenne. 12,000, ~ 84,000, —86,000,— huit termes suceessife nous conduisent à 4S52,000.
Âpi^ avoir donné séparément les dix gênératiofie hébraïque , phénicienne , chakléenne , il ne paraîtra pas inutle de les placer en regard l\ine de Tautre et d'en fiiire ressortir plus nettement les concordances à Faide des explicaticms qu'en a données Fourmont. Ce sera un grand pas de fait, dans la recherche que nous nous sommes proposée des différentes branches de la famille arabe , que la certitude de l'union de ces
* VOLNEY, t. 1", p. i74.
trois branches i^^rincipales sous le point de vue des traditions, cosmogoniques et des premières générations d'hommes qui ont commencé à peupler le globe.
Noos aurons encore à y remarquer des conformités d'une autre sorte et.de nature à faire naître au moins l'étonnement. Nous voulons par^ 1er des rapports ou plutôt des identités d^ noms entre les deux branches de Gain et de $eth. Dans les deux listes hébraïques nous trouvom» Irad qui a un grand rapport avec lared et qui se trouve placé à la même génération; Mathusaêl et Mathusak^ ; deux Lamech , conformité . singulière et qui semblerait indiquer que l'auteur sacré, au moins sous le point de vue généalogique, n'aurait pas eu des rapports bien complets ou bien àutlj^Âtîques* En effet il ne semble pas naturel, de croire que les mêmes noms aient été donnés aux mêmes; degrés de descend^mce, dans les deux branches de la même famille, lorsque des haines les séparaient. ( Voir le tableau en regard* }
Tableau eompaté des générations hébraïques, dans
Chaldéenne et Phénicienne.
les deux races i
de Seth.
Ué- Samm- Sep- Bois ebald^iu.
breux. ritains .tantes.
1 Adam
a Seth
5 Enos
4 Kainan
5 Malalecl
6 Jared
7 Enoch
8 Mathasala
isr
9 Lamech.
10 Noé
FamiUe do Caïn.
1 Àlor
2 Alaspar 5 Amélon
4 Aménon
5 Metalar
6 Daôn
7 Everodach
8 Amphis
9 Otiartes
600 10 Xixuthrus
1 Adam.
2 Gain.
5 Hénoch.
( omis.
6 Irad.
7 Mayiaêl.
8 Mathusaêl
9 Lamoch.
452,000 Générations Phéniciennes.
L IIpuTOYOvoç.
âfcvoç, Fcvca.
5*«Çj TTUp. *XoÇ.
^fiaaatoç, Xtêavoç.
5 Mcppouvoc. OM(T<aoç.
* 'Xpuo'oiïp xac if}f acofoç Te^^i-noç , 7^iyoç.
8 Aypoç , Aypouîipo;.
9 Apiuvoç , iicfr^oç.
10 Hiffùip , mai Suôux.
Protogonos.
Genos. Genea.
Phos^ pur,phlox.
Cassios, lUMxnos,
Memrounos, ousoos.
ÀgrioSy alieus,
Chrusor, hephaiitos et techn%tes,geinos.
^gros, agroueros.
Amynos, magos.
Miser y sydic.
Primogenitus-
Genus, familia.
Ignis, lux, flamma.
Montes,cas6ius , liban .
Descabanes, des hutte&.
Agrestis, venator, pis-| cator.
Vulcanus ignis, tartifex, terrenns.
Rus, ager.
Defensor, imbelMs.
Justns.
Cependant si l'on fait attention que partis du même point et sous Finfluence des mêmes besoins les hommes ont dû inventer ou rechercher les mêmes arts; que d'autre part les noms étaient la représentation des idées qui s'attachaient aux individus et que cela devait être ainsi» l'étonnement cessera. Toutes les conclusions qu'on en peut tirer, bien loin de nuire à notre recherche ne font quela confirmer. Que Moïse ait complété les deux listes l'une par l'autre ou qu'il ait trouvé la source de toutes deux dans des documents antérieurs, ce sont d'autres questions, il ne s'agit que des faits d'analogie et notre remarque subsiste.
Les génératiœis de Moise dans les deux branches, rapprochées de celles de Berose et de Sanchoniaton ne présentent pas des rapports
moins frappants.
l"" Adam, — AtoruSy — primogenitus. LaquaU* fication que les Ghaldéens donnaient à Alorus répond à celle de primogenitus , premier né.
C'est celui que Dieu a éveillé, auquel il a donné le mouveiQent. La première femme que Philon de Biblos appelle Eon, découvrit la première que les fruits des arbres pouvaient servir de nourriture.
2° Gain, — Alaspar , — Genus. Dieu promet la sûreté à Gain ^près le meurtre d'Âbel et dédare que lui-même prendrait soia de venger sa morL Les Chaldéens ont nommé Alaspar, Dieu est son vengeur. On pourrait trouver quelque ressaaai^ blance entre le nom de Gain et le Genog de Philon.
5" Henoch^ — Amêton, — travaillant Fourmont préfère la version amettaros , donnée dans la liste d'Âbydène , travaillant à Taide du feu* Gela se lie^vec pur, phos, phlox feu, de Sancho^ niaton. Selon la Gepèse Gain bâtit une ville et lui donna le nom de Hénoch , son fils.
4"* Amênon le faiseur de forti&^tions. G'est ce que Sanchoniaton dit de Libanus et de Gassius dans le fragment. Gette génération est omise dans la descendance de Gain donnée par la Bible.
S*" Metalaros ou Megalaros, suivant la liste d^Abydène. G'est le Memrounos et FOusoos de Sandioniaton qu'on suppose des géants assez forts pour déplacer les montagnes. Ges géants furent toujours présentés comme les contempteurs des dieux. G'est une tradition constante cbez les Anciens.
Mahalalel , en syrien , signifie contempteur de Dieu , et nous voyons le nom de Malaléel à la cinquième génération de la famille de Seth.
Le temps de Memrounos fut signalé par la prostitution des femmes» et cela s'accorde avec ce que Moïse raconte des désordres de ce tempslà. Cette génération est également omise dans la branche de Gain.
&" Jared, Irad, Daèn, Alieus. Jared sigm'fie qui descend, chez les Hébreux. Ce terme a toujours été une espèce de nom d'office chez les Phéniciens , les Hébreux, les Arabes. L'Écriture l'emploie pour désigner les matelots , et en général les navigateurs. Âlieus est absolument un pécheur. C'est aussi le temps où la chasse et la pèche furent portées à leur perfection.
7*^ Chrysor, Evérodach. En chaldéen Ahhed- Orequin, signifie tenant des morceaux de fer. Ce chrysor porte , dans l'Ecriture, le nom de Michi x>u Michios^ que donne Sanchoniaton. Bochart le fait dériver de chores-ur, qu'il rend par le mot grec Puritechnitès^ artisan par le feu. Cumberland préfère la racine Charas , agir avec vigueur, battre; maehi ou mechi est une machine, Chry-
sor, invente les voiles et perfectionne la navigation.
8" Amphis, Mat husala dans la branche de Setb, Mathusaël dans celle de Gain» Agros. Au nom d^Âgros et Âgroueros, Sanchoniaton ajoute les Aletai ou coureurs. Amphis, dans Berose, signifie se séparant , disperstis ; dans les deux branches hébraïques, Mathusaël et Mathusala représentent le mot arabe Matash, qui signifie séparation. C'est à celte génération qu'appartiennent les laboureurs.
9** Lamech — Atnynos — Magos — Otiartes.
— Lamech et magos se sont dits de ceux qui ont bâti des villages. OHartes, dans Berose, représente cette signification. Othi signifie CooperienSy couvrant;ilr/65 on Aria signifie les nuds, les lieux nuds. C'est à cette époque que les hommes for* muèrent des villages et rassemblèrent des troupeaux. Les quatre branches conviennent encore.
10*' Noé, Sydik, Xixuthrus, Sisulhrus dans la liste d'Abydène. — Noé est appelé le Tsaddique en arabe, ou le juste par excellence. Xixuthrus est celui que Dieu cacha. C'est à ce person-
nage, dont le correspondant n'existe pas dans la race maudite de Caïn , qu'arrive le déluge. Nous observerons que, quoique Moïse n'ait pas fait mention de dix générations dans la race de Caïn , il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait pas eu dix générations dans cette ligne avant le déluge. Moïse* ne dit pas qu'il n'y ait pas eu d'autres descendants que ceux qu'il a nommés ; mais ayant un autre objet en vue que la race de Caïn , il n'est pas étonnant qu'il ait cru pouvoir négliger les noms qu'il ne lui semblait pas utile de rappeler. Au reste, cette observation n'a qu'une importance très secondaire , et nous ne la mentionnons que pour n'être pas accusés d'oubli ou de négli^ gence.
Sans vouloir trop presser ces analogies , que nous empruntons à l'ouvrage de Fourmont,* en les abrégeant beaucoup, il est impossible de ne pas les considérer comme un puissant motif de croire à l'unité de tradition entre les trois peuples, et par conséquent à l'unité d'origine.
L'objet de l'auteur phénicien parait avoir été
* Hist, tmiv. des Angl., t. 4",p 582 (notes).
* Recherches sur les anciens peuples, t. 2, ch 25, {> 461
de persuader que sa nation était la plus ancienne. Cette prétention est celle des autres branches de la famille arabe. Au lieu de l'attribuer à la vanité nationale » il est bien plus naturel ée croire que, l^s traditions étant communes » il n'y avait réel* lement d autre cause de cette prétendue vanité» que la parité même des situations. Chacune des cosmogonies était ^ au foud.» la même; et les peu«^ pies, venant d'une wurce éommune , ont con* serve, chacun de son côté , là descendance telle qpe les moyens du temps le rendaient possible. Chacun d'eux , pris à part , pouvait se considérer comme le premier, car son récit était bien le tableau de la souche primitive, tel qu'il avait été transmis à la famille entière. Seulennent^les deux peuples profanes , les Chaldéens et les Phéni* dens, paraissent avoir adopté de préférence la descendance de Gain: cela parait assez naturel. C'est à cette htsû^he qpue Moïse lui-même attri^ bue l'invention des arts. Les premiers bienfaiteurs de l'hmHanité ont été ceux dont rhumanité a dû conserver le souvenir. Si Moïse n'a pas choisi cette branche à leur exemple, c'est que sa position de réformateur lui a fait préférer une autre descendance pour obliger le peuple hébreux à se
considérer comme la famille choisie, et Im' rappeler sans cesse les devoirs particuliers que sa mission lui imposait.
Nous concevons sans peine que chaque bran* che, livrée à elle-même, a dû altérer plus ou moins la tradition de ces desjcendances. Ce que nous y cherchons, c'est une série de concordances assez nombreuses pour en tirer cette conclusion : que tout dérive de la même source. Placés plus haut ou plus bas , les mêmes noms , et par conséquent les mêmes idées , se retrouvent daQs les différents tableaux ; cela suffit pour les mettre en rapport : ainsi, que Sydyk doive, d'après le récit de Sanchoniaton , se trouver plus bas que Noé , cela déplace , mais ne détruit pas le rapport. Il y a plus , on doit trouver peut-être une plus grande garantie dan^ ces différences. En effet , si elles n existaient pas , on pourrait facilement imaginer que les opinions cosmogoniques sont calquées les unes sur les autres, tandis que les variations qu'on y remarque, trop peu considérables pour constituer des traditions différentes, s'éloignent assez pour qu'on pense que chaque peuple , livré à son imagination, n'a fait que varier le même fond, ce qu'il nous importait d'établir.
' Nous ne devons pas passer sous silence Tobservation de Freret , qui fait remarquer que les Égyptiens ont , par le chifire même des générations, une antiquité supérieure à celle des Ghaldéens. *-
Les générations égyptiennes sont au nombre de 92 depuis Menés, celles des Ghaldéens ne sont que de 86, ainsi, il y aurait six générations en faveur des Égyptiens; mais observons que Menés est le premier du règne des hommes en Egypte, conmie Alorus est le premier des Ghaldéens et qu'il n'existe pas d*analogie à établir entre Âlorus et Menés, tandis qu'on en a étaUi entre Menés et Menou des Indiens, entre Menés et Noé, entre ce dernier personnage et Xixuthrus et par ccmséquent entre Menés et Xixuthrus* La première génération égyptienne se rapporte à la dixième des Ghaldéens. Ainsi , la différence -étaUie par Freret n'est pas réelle. Car, dans les deux pays , on peut remonter au même personnage, au moins autant que ces analogies peuvent être considérées comme constantes, et dans les deux pays, il n'y a
* Tome 9, p. 56.
plus au-dessus que le règne des dieux en Egypte, et les dix générations dans la Ghaldée. Le point de départ serait donc le même.
Mais nous le répétons » nous ne croyons pas qu'il y ait rien de positif à tirer de toutes ces chronologies sur lantériorité relabre des peuples. Tout ce qu'on en peut conclure, c'est la parité des méthodes de calcul, qui prennent chez tous ces peuples leur source dans l'astronomie. Ces calculs auront été £dts en rétrogradant dans un passé obscur, suivant l'orgueil de chaque peuple, et le diiffre est plutôt l'expression de la vanité que de l'ancienneté des nations. Nous n'y voyons que la répétition des mêmes moyens, la probabilité d'anciens enseignemens communs, et par ccmséquent d'origine commune. Nous y trouvercms , tout au moins, la preuve que les peuples se ^ont copiés les uns les autres sans que rien fasse bien distin* guer la copie de Toriginâl.
Les Ghaldéens ^ poussèrent la connaissance des astres plus loin qu'aucun autre peuple. Us portèrent ensuite cette science dans l'occident , appri-
Abil Farage , His(. dyn., p. 184.
rent aux hommes à élever des temples aux étoiles, et à les disposer de manière à attirer leurs influences salutaires. Deguignes^ affirme que toutes les données astronomiques des Orientaux sont les mêmes, et balance entre^ les Indiens et les Chai* déens pour Thonneur de l'invention.
Ces rapports sont tels , qu'il parait nécessaire ponr s'en rendre compte de les attribuer à une origine unique. La période chaldéenne, multipliée par^dix, donne 4,330,000 ans , qui forment la pé-^ riode indienne. Cette période immense est remplie ou doit Tétre, par dix avatars ou apparitions de
Yichnou. ' Le dixième de ces avatars est encoro à venir, il y a donc parité dans la base de la période astronomique et dans le nombre d'avatars, quelque chose quir-appelle les dix générations des Gbaldéens , des Hébreux et des Phéniciens.
Nous reviendrons sur cet aperçu. Nous avons à e;!Laminer maintenant le fait, s'il est constant , de l'identité des Arabes et des Gbaldéens. Avant d'entrer dans une question de priorité entre les
* j4c€td. des Inscript., t. 47.
* WiLL. Jones, CalctUta.-^Mém. sur les Dieux delà Grèce, dé V Italie et de l'Inde,
Ghaldéens et les Indiens , ii est nécessaire que nous soyons bien fixés sur ce qu'il faut entendre par le premier de ces peuples. U est, suivant nous, une des branches dont nous avons parlé dans ce livre , et qui viennent se confondre dans une souche unique que nous avons désignée sous le nom d'Arabes. Nous ne nions en rien, assurément, les nombreuses distinctions que l'histoire a établies entre ces branches, mais il s'agit de tirer de toutes ces diversités des points dé réunion qui, antérieurement aux temps historiques, fassent retrouver les mêmes éléments , une tige unique comme point de départ des peuples devenus distincts.
Séparé du reste du monde, le peuple arabe a conservé ses mœurs, sa langue , ses traits et son caractère primitifs aussi long-temps et d'une manière aussi remarquable que les Indous eux-mêmes. Il forme un contraste frappant avec ces mêmes Indous par les traits et 1 expression.' Dans les plaines, comme dans les villes, ii était parvenu à un très haut degré de civilisation plusieurs siècles avant de conquérir la Perse.
^ WiLL. Jones, t. a, p. 5, Mémoires de Calcutta.
La langue arabe est Tune des plus anciennes du monde et il est aussi vrai qu'étonnant qu'elle ne ressemble en rien au Sanscrit, source illustre de tous les dialectes Indiens; sous quelque rap port qu'on les envisage, elles paraissent avoir été inventées par deux races d'homifies différentes/ Le plus ancien caractère arabe connu était le Koufique qui servit à la première publication du Coran. Les caractères modernes en sont dé^ rivés et l'origine en est la même que celle des lettres hébraïques ou chaldéennes. Nous sommes dans l'ignorance à l'égard des lettres Hhemyarytes,^ qui paraissent cependant, suivant quelques auteu^ être les mêmes que l'on observait sur les bandelettes de certaines momies d'Egypte. On a dit la même chose des caractères phéniciens.
On dit aussi dans l'Inde , que des marchands Indous ont entendu parler le Sanscrit dans l'Arabie Heureuse , et quelque induction qu'on en puisse tirer sur la souche commune des deux nations, cela peut ne prouver que d'anciennes relations de commerce. On dit encore qu'il existe
* WiLL Jones, t. 2, p. 11, 12, 15.
2 iMd.fp. 141, note b.
de la ressemUance ent^celes religions des Arabes payens et des Indous : deux nations peuvent avoir adoré le soleil et les étoiles sans être unies par le sang. C'est une superstition commune à plus d'un peuple, et nous pouvons en toute sûreté dire qu'avant Mahomet les Arabes étaient idolâtres.
On peut donc croire que les Arabes, tant du Hhedjaz que de ITémen sont sortis d'une souche absolument distincte de celle des Indous, et qu'ils formèrent, à peu près aux mêmes époques, leurs premiers établissements dans les régions qu'ils occupent aujourd'hui.^
Nous n'avons aflaibli en rien l'opinion ôq Wit liam Jones, elle tend à séparer les Arabes des Indous et il nous importe d'établir dès à présent que cette opinion n'est point exacte. En effet, nous aurons à prouver que les Ghaldéenj» ou Arabes appartiennent à la même race caucasienne que les Indous eux-mêmes, et si nous laissions s'accréditer cette séparation, telle que l'exprime Wil« liam Jones, nous serions conduits à admettredif*
1 WiLL. Joms, t. 2, p. 16, Mémoires de Calcutta.
férentes souches caucasiennes, ce que nous n'admettons pas et ce que Tbistoire est loin de faire supposer.
WiHiam Jones étend plus loin encore cette assertion y en séparant aussi arbitrairement la souche Tartare ou Scythe des deux autres, Arabe et Indou. La distinction qu'il établit se borne ^u fond à reconnaître des familles distinctes, mais il les présente comme assez isolées les unes des autres pour faire supposer une séparation plus profonde quelle ne Test réellement, comme nous le ferons voir.
William Jones s'exprime d'une manière si positive et smi autorité est si puissante dans ces matières qu^on a peine à se défendre de se ranger à son opinion, mais son nom, tout puissant qu'il soit , ne doit pourtant pas empêcher l'examen , et l'examen conduit à croire qu'il s'est exprimé d'une manière trop absolue , eb séparant arbitrairement les traits et l'expression des Ârarabes de ceux des Indous. Cuvier * reconnaît au contraire que ces peuples ne forment qu'une race,
Diic. pi'élim. aux On. fossilet.
et sur ce point ropinion de Guvier a plus de valeur que celle de William Jones. U est vrai que Guvier se sert du mot Ghaldéens, tandis que William Jones parle des Arabes, mais si nous établissons que les Arabes et les Ghaldéens sont le même peuple, la question restera placée dans les mêmes idées si non dans les mêmes mots.
n existe dans les contrées orientales plusieurs peuples distincts qui ont un langage particulier et ce langage malgré les différences que l'on y . remarque, semble n être que celui d une famille qui en se divisant et en s'éloignant de sa source primordiale et du pays qu'elle habitait dans son origine, a souffert des changements et des altérations considérables , d'où il est résulté autant de langues différentes. 11 s'agit de ce langage où si Ton veut des langues que parlaient autrefois les Hébreux , les Phéniciens , les Syriens , les Ghaldéens, et que parlent aujourd'hui les Arabes et les Éthiopiens. On doit y ajouter pour les temps anciens les Égyptiens qui n'existent plus et dont les Goptes sont les descendants. Toutes les langues de ces peuples, regardées en général comme des langues différentes, ont entre elles une telle qfûnilé, qu'il serait plus exact de les
prendre pour de simples dialectes d'un langage général que l'on parlait dans les contrées que ces peuples habitaient. *
Il est impossible d être plus explicite que ne la été Deguignes, dans le passage que nous venons de citer : nous chercherions vainement une autorité qui s'appliquât plus directement à notre objet et à nous appuyer du nom d'un plus savant homme. Cette similitude qu'il remarque dans les langues se fait remarquer jusque dans les caractères qu'elles employaient. Anciennement, dit un académicien estimable , quoique moins célè-^ bre ^ les caractères arabes étaient bien différents de ce qu'ils furent ensuite et de ce qu'ils sont aujourd'hui, leur alphabet était celui des Hébreux.
Si nous ne perdons pas de vue que le caractère hébreu avait été emprunté aux Ghaldéens , après la captivité de Babylone, nous trouverons, entre les Ghaldéens, les Arabes et les Hébreux, un
* Deguignes, Sur le» Langue» orient. — Acad. dei Inscr., t. 56, p. 115.
? DupUY, ^cad. des Inscr., t. 56, p. 271.
nouveau rapprochement, et qui n'est pas sans importanoe.
Cette ressemblance des mots et des caractères n'est pas la seule que Ton puisse signaler; elle s'étend jusqu'aux noms : un voyageur estimé en fait la remarque dans ce passage.
c Je prie les savants de rechercher d'où pourrait venir cette grande ressemblance entre les noms arabes et les hébreux.^ > C'est le vceu de Niebuhr, que nous essayons de réaliser sans prétendre au titre qu'il assigne à ceux qui peuvent se livrer à cette recherche.
Les livres de Moïse sont une source abondante d'idées sur ce sujet, et ne nous sont pas de peu de secours. La géographie que l'on a tirée de ces livres, est précieuse. Elle indique l'identité d'origine de presque tous les anciens peuples des bords de l'Euphrate, d'une partie de l'Asie mineure, de la Syrie et de l'Arabie. Identité parfaitement constatée par les ressemblances de leurs langues, car Farabe, Thébreux, Taraméen ou ancien syria-
^ NiEBOHR, Descript. de l'jéràbie, p. 2tti
que, ont autant de rapports entre eux que l'italien, l'espagnol et le français. ^
Nous ne craignons pas de joindre à ces témoignages, celui d'un des plus anciens orientalistes de France : celui du savant missionnaire que Fran* çois P' avaitcbai^ de renseignement des langues orientales au collège de France, nouvellement fondé. Nous tirons d'un de ses livres, ce seul fait. *
c Ces trois langues , (l'hébreux , le chaldéen » l'arabe) n'en sont qu'une. »
Ainsi, nous voyons figurer sur la même ligne et se confondre dans la même opinion, les érudits, les orientalistes, les géographes, l'historien sacré. Une telle concordance met hors de doute la question d'identité à la recherche de laquelle nous nous sommes engagés.
Observons de plus, que les philosophes GhaN déens étaient Sabéens, et quoique le sabéisme ne soit pas particulier aux peuples delà famille arabe, et fut plutôt un culte commun au genre hu-
* Màltgbrùn, précis de Géographie, t. !••, p. 20. 2 GuiLL. PosTEL, De ùriginibus, ch. 8, p. 52, de lingua ara Jnca.
main dès son origine, cependant, comme aucun de ces peuples n est soustrait à cette observation générale, nous en pouvons conclure , du moins, qu'ils n ont pas subi le mélange de races étrangères à ce culte; le pays des Ghaldéens esc encore de nos jours, rempli de Sabéens ,' surnommés chrétiens de Saint- Jean. *
Ainsi, similitude de race , de croyance et de langue, concordance entre tous les témoignages qui établissent cette similitude ; on peut en con« dure affirmativement l'identité des Arabes et des Ghaldéens.
A côté de la question d'identité, se trouve celle d'origine. On dispute pour savoir sr les Ghaldéens, si tristement célèbres dans l'histoire juive , descendent d'Arphaxad, souche des hébreux. On a même cherché à retrouver les Ghaldéens, tantôt dans les Ghalybes des Grecs , tantôt dans les Scythes qui firent une invasion dans l'Asie. Mais toutes ces discussions desavants modernes n'ont pu fixer le sens des indications vagues que les écrivains hébreux, postérieurs à Moïse donnent sur ce peu-
*- Court de Gehelin, t. 8, p. 8.
pie, d'abord féroce et conquérant, bientôt riche, civilisé et adonné aux sciences.
L'opinion de Xénophon , que nous avons rapportée plus haut , a un caractère assez plausible. Cette race barbare qu'il place à la source du Tigre, de l'Euphrate, de TAraxe et du Cyrus, peut, non-seulement sans choquer la vraisemblance, mais avec beaucoup de probabilité, être considérée comme la souche de la nation civilisée établie sur les bords de l'Euphrate. Les premiers habitants des belles plaines de la Babylonie ont dû naturellement descendre des hauteurs, en suivant le cours du fleuve. Les populations ont toutes suivi cette marche. La richesse du pays, la beauté du sol, a dû les engager ày fixer leursdemeures. Quelques-uns d*entre eux, plus persévérants dans leurs habitudes barbares, plus amoureux de leur sauvage indépendance, auront porté leurs pas jusqu'en Arabie. Cette croyance, qui ne choque aucune tradition et s'accorde avec Xénophon^ est aussi d'accord avec les similitudes de race justifiées par les considérations que nous venons de présenter sur l'identité des familles chaldéennes et arabes.
Nous avons donné plus haut l'opinion de Stra-
bon/ qui fait des Arméniens, des Arabes et des Syriens, un même peuple; nous ajouterons à Tautorité du géographe grec cette observation extraite d'un mémoire d'Anquetil. '
Le peuple Marde occupait, très anciennement, différents points de la Perse, et l*on retrouve dans l'histoire différents témoignages de ses invasions ou migrations successives. Alexandre le combattit après la prise de Persépolis et lui accorda la paix. Avant le héros macédonien, le pays des Mardes n'avait pas souffert d'invasions, et ils exigeaient tribut des rois d'Asie. Partout ils habitaient les montagnes , et ils étaient disséminés sur les différents points du vaste empire d'Iran^Leur bravoure , dit Arrien , était due à leur pauvreté. Os étaient adonnés au brigandage : toujours en course, en chasse, en expéditions militaires. Placés entre l'Iran et le Touran (la Scy thie) , allant duMazanderan à l'Oxus, leur nom de Marde, homme en persan, répond très bien au mot Pahlvan. Rien ne convient mieux que les détails
* Strabon, liv. 1", p. 44.
^ Aniîustil^ Jcmdémié des fn$cript,y t. 45, p. 197—1509.
de leurs mœurs aux Pahlvans , ou héros, braves , qui occupaient le Djebal et le Sistaa sous les rois
de Perse.
Le pehivi était la langue de ces anciens Perses ou Scythes, car leurs usages sont scythes si leur séjour est compris dans l'Iran» Leur caractère moral est celui des sauvages de l'Amérique, des Arabes du désert , des Grecs dans les premiers âges , des anciens habitants de l'Europe.
Mardes, Ghaldéens de Xénophon , Arabes du désert, sont unis par les moeurs et la manière de vivre. Après œ rapprochement, il pourra parai* tre assez vraisemblable d'assimiler^ comme tribus d'une même famille , ces Ghaldéens des sources de l'Euphrate , ces Mardes de mœurs arabes , qui* occupaient divers points du territoire de riia» , ces braves que l'on nommait Pahlvans et dont la langue é^ait le pehivi. Ghose remarquable, le pehivi est regardé comme l'analogue , sinon comme la source du chaldéen; ainsi, les Ghaldéens de !a plaine auraient avec les Ghaldéens des sources de l'Euphrate, le nom et le langage com^ muns. Ils ne feraient qu'un peuple avec les Arabes, et Ion retrouve chez les Arabes ICvS mœurs des Ghaldéens primitifs; donc , les Ghaldéens de.
la plaine, Arabes eux-mêmes suivant tous les historiens, doivent être , d'après toutes les probabilités , le même peuple que les Ghaldéens des montagnes; et cette probabilité est presque Féquivalent d'une certitude, si Ton se rappelle que la montagne verse ses populations sur la plaine , et que la Babylonie est aux pieds de la chaîne caucasique , où les Ghaldéens primitifs faisaient leur séjour.
Nous pouvons tirer des ouvrages de Moïse une induction qui n*est pas sans valeur dans la question de Torigine des Ghaldéens. Les enfants de Noé se sont répandus dans différentes directions, mais tous ont eu leur point de départ dans les montagnes d'Arménie, oii l'arche s'arrêta. Or, Moïse peut bien être soupçonné d'avoir voulu tout ramener à la tige des Hébreux , mais non d'avoir déplacé cette tige. Son seul intérêt, pour en faire la race choisie entre toutes les autres, était de la ramener au berceau même de toutes les populations , suivant les Asiatiques occidentaux. Les Ghaldéens , d'après l'Ëcriiure même , sont la souche des Hébreux ; donc , de l'avis de Moïse, les Ghaldéens descendaient des montagnes d'Arménie. On ne peut pas soupçonner.
sans doute. Moïse et Xénophon de s*étre concertés , et cependant Moïse , Xénophon et le bon sens y s'accordent parfaitement dans la question.
Enfin, si Ton porte le scrupule jusqu'à élever un doute, fondé sur la croyance populaire, qui fait descendre les Arabes du fils d'Abraham Ismaêl,nousne manquerons pas d'autorités pour écarter cette opinion.
On distingue deux sortes d'Arabes. L'Écriture * les tire de la même souche que les Hébreux, par Héber, père de Jectan, qu'elle donne comme l'auteur de la famille arabe. Mais elle en désigne une autre branche dans Ismaël * et ses enfants.
Parmi les nombreuses Êimilles que désigne l'Ëcriture , certaines ont dû prendre l'ascendant sur les autres; aussi Yoit-on que les Arabes, même avant Ismaël , avaient des rois ; l'histoire orientale nous l'apprend. Le Coran parle des prophètes Hood et Thamud, et suppose déjà des rois; quelques-uns mêmes prennent ces prophètes
^ GBNàSB , 10—25.
. 2 Genesb , 2»— 13—14— 1».
pour Héber et Saleh, ce qui mettrait les Arabes plus loin que Héber, malgré rÉcriture, qui le donne comme leur auteur.
Diodore nous dit aussi ^ qu'avant Ninus, les Arabes avaient régné à Babylone , et qu'il y eut une alliance entre Ninus et Arieus, roi des Arabes. Il résulterait , de plus , de ce passage de Diodore, que les Ghaldéens et les Arabes ont été unis dans la même monarchie, et se séparèrent long temps avant Ninus , puisque celui-ci a recours à un de leurs rois. L'observation que nous avons faite, et qui consistait à faire séjourner dans les plaines de la Babylonie une certaine portion de cette race chaldéenne , originaire des montagnes, se trouve par là appuyée d un témoignage historique.
Ainsi , toutes les recherches faites sur les peuples dits mal à propos sémitiques , nous conduisent à une souche chaldéenne ou arabe , ce qui est la même chose. L'opinion de Xénophon rattache cette souche aux sources de TEophrate : l'Écriture la- confirme. Nous verrons plus tard
* Livre 2, au commencement.
que rArménie comme la Médie faisaient partie du grand empire que les Orientaux ont toujours désigné sous le nom d'Iran. En conséquence, nous pouvons établir que la race arabe se rattache à l'Iran par l'Arménie.
Nous verrons plus tard si cette souche peut être hée à celle qui s'est propagée dans l'Inde. Mais avant d'entrer dans les détails de cette filiation , nous avons à examiner la question des Tartares , pour arriver ensuite à réunir, s'il se peut , les trois races , indoue, tartare et arabe, dans une seule.