‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 112 sur 251 · MAIRES, ÉGHEYINS, PROCUREURS-SYNDICS · texte numérisé non relu

MAIRES, ÉGHEYINS, PROCUREURS-SYNDICS

« I^ort pour premier échevin, Monsieur Prudhomme, advocat, second « échevin , le sieur Chevallier de la Prottstrie pour troisième échevin , et le m sieur Farcy, chirurgien , pour quatrième échevin , et le sieur Saullay « pour procureur. »

La suite de cet extrait nous dit que les députés des compagnies, corps, communautés et habitants de la ville ont nommé à l'unanimité M. de la Rite maire.

« Desquelles nominations nous avons donné acte aux députez , en con- « séquence sur ce ouy le procureur du roy, avons à la pluralité des voix « institué et instituons Monsieur de la Rue maire , Monsieur Richer du Port < premier échevin , les sieurs Constable, Chevallier et Farcy second , troi- € sième et quatrième échevins, et le sieur Saullay procureur de ville , sont « signez : Fontaivie de Mordoit , Poulain de Pamay, lieutenant-général, « et Gandon. »

Autre extrait des Registres de l'Hôtel de Ville.

Assemblée générale du 40 janvier 4739, tenue devant François- Julien Poulain de Parnay, chevalier, seigneur de Parnay, conseiller du roi, lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de La Flèche , en présence du procureur du roi au môme siège.

Les délégués des compagnies, corps, communautés et autres habitants, fnrent MM. :

De la Rue , Richer du Port , Constable de la Vallée , Chevalier de la Prousterie , Farcy et Saullay.

Fontaine de Biré , Richer de Boisclos — Bertereau et Besnard — Auvé de la Noiraye et Le Noir — Havard et Joubert.

Lamée — Le Royer et Alline — Piel de la Bellangerie — Chanevas et Le Vacher — Couchot — Barrier et Gilbert — Louis Hubert — Guéhery et Reboulet — Dislè et Pisneau — Chauveau — Boutteville et Hamet dit Tremblaye — Mousset — N. Alline.

Le procureur du roi ordonne qu'il soit procédé à la lecture de l'Edit de création et ensuite à la nomination d'un maire et de deux échevins au lieu et place de ceux qui doivent être changés.

Les officiers de l'Hôtel de Ville demandent la continuation de M. de la Rue comme maire et nomment M. de Langlottière, premier échevin , et M. Hardy, quatrième échevin.

Tous les délégués nommèrent M. de la Rue pour continuer ses fonctions. Les orfèvres et autres marchands, ayant voulu porter leurs suffrages sur M. Poulain de Parnay, celui-ci, tout en les remerciant de leur bienveillance, les refusa et les engagea à demander la continuation de M. de la Rue.

En conséquence , M. de la Rue fut nommé maire, MM. Richer du Port et

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Farcy, h^ et 4"« échevins , étant exclus, furent remplacés par MM. Bliii de Langlottiére , lieutenant au siège royal de l'élection , et Hardy, niar* chand.

Antre extrait des Registres de l'Hôtel de Ville.

Aujourd'huy, douzième janvier mil sept cent quarante, en Tasseniblée extraordinaire de nous, échevins et officiers de l'Hôtel de Ville de La Flèche, le procureur-sindic dudit hôtel a dit que M. de la Rue, ayant été nommé par la déclaration générale du jour d'hier pour continuer pendant une troisième année les fonctions de maire de cette ville, il est nécessaire, afin que le public puisse profiter de ses soins et de son gouvernement, de se pourvoir incessamment vers le roy et de supplier Sa Majesté de vouloir bien autoriser sa nomination, parce que jusque là M. de la Rue ne pent faire aucunes fonctions au moyen de ce que l'édit de création de cet Hôtel de Ville du mois de septembre 1615 interdit aux habitants la façon de continuer le maire plus de deux années et qu'il n'y a que Sa Majesté qui paisse lever l'empêchement porté par ledit édit , que les raisons qui ont porté les habitants de cette ville à continuer les veues du mairat pendant une troisième année, sont si sensibles et si justes qu'il ne doute pas que si on les expose au roy et à son conseil , la délibération qui continue est admise et authorisée , que ledit procureur a dressé un projet de placet qui explique les motifs des habitants et qu'il requiert qu'il en soit fait l'examen pour en estre envoyé autant au conseil et autant à monseigneur l'intendant de cette généralité, afin de faire expédier sur iceluy Tarrest du conseil ou lettre de

X^ cachet nécessaire pour l'authorisation de la nomination de M, de la Rue.

\^ Ces conclusions sont adoptées et ont signé : Belin , lieutenant général de

police; Prud homme; Langellerie et Saullay, procureur-sindic.

PLACET au Roy des Habitants de la ville de La Flèche.

€ Sire, « Les habitants de votre ville de La Flèche, en Anjou , prennent la liberté « de représenter à Votre Majesté que M. François-Michel de la Rue, con- « seiller au présidial de La Flèche, ayant esté nommé par commission de < chancellerie du 24 avril mil sept cent trente cinq pour y faire la fonction € de maire en conséquence de l'édit de création des offices municipaux da « mois de novembre 1733 et ayant esté reçu devant monseigneur de Lesse- « ville, intendant de Touraine, le 5 mai 1735, il a si utilement et si sage- « ment gouverné les habitants , leurs biens , leurs revenus , que lorsqu'il a « plu à Votre Majesté de rétablir les villes dans la liberté de se choisir des « officiers municipaux, les suppliants contents et satisfaits de l'administra- « tion du sieur de la Rue, le nommèrent, par leur délibération unanime « du 10 janvier 1738, pour faire les mêmes fonctions de maire par élection

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f pendant le temps d'un an , et ils ont encore continué pour une autre an- € née par autre délibération unanime de 40 janvier 4739. »

Sait le détail honorable des services rendus k la ville de La Flèche depuis 4735, époque à laquelle M. de la Rue a été nommé maire à titre d'office.

€ Ils espèrent de votre bonté , Sire, qu'il plaira à Votre Majesté , autho- € riser leur délibération du onze janvier 4740, ce faisant ordonner que le fi sieur de la Rue continuera ses fonctions de maire nonobstant l'empêche* c ment qui pourroit résulter de Tédit de création de l'année 4745.

« Ont signé :

« Belin, lieutenant général de police — Prudhomme, « Langelerie et Saullay, procureur-syndic. »

La demande des habitants de La Flèche fut agréée par le roi et M. de laRue Docan fut continué dans ses fonctions.

En 4744, l'Assemblée générale des habitants votèrent tous pour lacon* linuation de M. de la Rue, commissaire, à l'exception des députés du présidial qui votèrent pour H. Belin de Langlottière.

U y eut à ce sujet conflit entre le procureur du roi et le procureur-syndic de l'Hôtel de Ville.

Le premier considéra que l'agrément du roi pour sa nomination exceptionnelle de maire , en 4740, le reconstituait dans le droit de nomination pendant deux années, que par conséquent les habitants pouvaient le renommer en 4744, si bon leur plaisait; au contraire, le procureur-syndic considérait qu'au bout de sa troisième année de mairat, M. de la Rue ne pouvait pas les reprendre qu'après qu'un successeur les eut exercées pendant deux années consécutives. Nous remarquons que, seuls, les membres du présidial ne partagèrent pas l'avis du procureur du roi.

H. de la Rue devint donc maire de la ville à titre d'office, en 4735 jusqu'en 4739, et de 4739 à 4744 inclusivement, il remplit ces mêmes fonctions , c'est-à-dire par les suffrages des habitants , pendant sept années consécutives.

Les services que ce maire rendit à la ville de La Flèche furent non moins éclatants que le courage dont il fit preuve au moment de la terrible inondation de 4740. Il en fut récompensé parla noblesse dont Louis XV voulut bien l'honorer en 4743. L'enregistrement des lettres de noblesse de M. Michel de la Rue eut lieu à l'hôtel de ville, le 2 janvier 4748.

« Aujourd'hui , 2 janvier 4748, en l'assemblée ordinaire de Nous , maire, € échevins et officiers de l'hôtel de ville.

« Le procureur de cet hôtel de ville a dit que M. François-Michel de la c Rue, conseiller du roy, juge-magistrat en la sénéchaussée et siège prési- « dial de cette ville, subdélégué pour la même ville et élection , et cy-devant

« maire électif de cette ville, a, en récompense de ses services, obtenadE « roy , au mois d'avril 1742 , des lettres de noblesse pour luy et sa postérité € né et à naistre en légitime mariage, lesquelles ont été enregistrées ai < Parlement suivant Tarrest du 29 mars 1743 ; que M. de la Rue a présenté € lesdites lettres à cet hôtel de ville le 30 du mois dernier et en a requis € l'enregistrement. Qu'à son égard, il estime qu'on ne peut pas trop s'eit- « presser de donner à M. de la Rue des marques de la reconnaissance que « cet hôtel de ville a en particulier, et que cette ville, en général, luy doit « des souïns qu'il a pris pour son gouvernement, pour en maintenir le$ « droits et pour sa décoration. C'est pourquoy, il requiert qu'il soit présen- « tement procédé à l'enregistrement desdites lettres , pour jouir par M. d« « la Rue et sa postérité de l'effet et contenu en Icelles.

« L'affaire étant mise en délibération , l'hôtel de ville ne pouvant témoi-

€ gner d'une manière trop marquée à M. de la Rue sa joye et son extrême

f satisfaction de voir les services signalés qu'il a rendus à cette villepen-

« dant tout le cours de son mairat , récompensés par Sa Majesté même en

« l'honorant et sa postérité de ces lettres de noblesse dont il a requis avec

€ tant d'empressement l'enregistrement; cet hôtel de ville le regardant

€ d'ailleurs comme un monument éternel de la gloire et de la dignité arec

€ laquelle il a rempli ses fonctions pendant le cours de sept années entières

« que cette ville a eu la consolation de l'avoir pour maire, ce qui luy aarait

€ fait souhaiter ardemment d'avoir dans sa personne un maire plutost per-

^ « pétuel qu'électif, si le roy, par son édit de création de l'hôtel commun de

>^ « cette ville n'en avait autrement ordonné, les compagnies, corps et com-

j^ « munautés de cette ville l'ayant toujours regardé comme un vray père,

1^ ^ doué d'une sagesse profonde , d'une probité à l'usage de tout , et d'one

« expérience consommée , qui rendront sa mémoire à, jamais précieuse à « cet hôtel qui est l'heureuse source de la noblesse qu'il s'est si justement ^uj. € acquise pendant qu'il en étoit le chef.

l?^ « A esté arresté, vues lesdites lettres de noblesse seront enregistrées sur

« les registres de cet hôtel de ville pour y avoir recours, et jouir pour M. « de la Rue et sa postérité de l'effet et contenu d'icelles. « Fait et arresté audit hôtel , lesdits jour et an.

« Sont signés sur le registre :

« Le Tessier, maire — Galloys — Duvivier — « Lamé — Lespine — Saullay, procurenr- « syndic — Gandon, secrétaire. »

Nous trouvons joint à cette délibération de l'Hôtel de Ville une pièce latine en l'honneur de M. de la Rue , signée par M. Lamé , échevin. Nous pensons devoir la consigner ici :

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