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CHAPITRE TROISIEME

MŒURS DES FLÉCHOIS.

Avant d'entrer plus avant dans le noavel état de choses dont bien des signes avant-coureurs mettaient déjà TeiTroi dans tous les cœurs honnêtes, et dont nous aurons à nous occuper dans notre 3"^* période, nous devons parier des mœurs et de la religion des Fléchois dans le courant du xviii°>« siècle.

Notre ville de La Flèche, quoique le siège d'une importante baronie , restait avant Henri lY à peu près inaperçue; mais les bienfaits multipliés de ce prince la mirent presque subitement en vue, et on ne doit pas s'étonner si les habitants, tout en conservant leur caractère inné de calme et de bonté , se plurent à alTicher quelques prétentions, qui leur ûrent donner le titre ou plutôt les qualifications de barons et de copieux. Dans un de nos chapitres précédents nous avons dit que pour suffire à des dépenses urgentes, Jeanne d'Albret avait mis en vente la baronie de La Flèche, et que trois bourgeois de la ville se présentant comme acquéreurs, furent acceptés, comptant en porter le titre et le transmettre à leurs enfants. Mais il leur fut signifié que Jeanne n'avait pas le droit d'aliéner le bien de son fils , et ils redevinrent bourgeois de barons qu'ils étaient. On en rit, et il paraitrait que le surnom leur resta ; de là à l'étendre à tous il n'y avait pas loin. (0

La tradition veut, en outre, que requis par les mêmes de ratifier la vente faite par sa mère , Henri IV répliqua en souriant : « Barons? mes amis; « ventre-saint-gris, vous l'êtes tous. »

(1) Note maoascrite de Ch. Boucher. — Nous rencontrons ici l'occasion de rectifier une erreur commise par inattention dans notre Première période, livre ô««, cbap. 3"*«, nous disons page 274, ligne 15»« : « Au sujet de ce retrait, le motif donné par le docteur Bou- < cher no doit pas être véritable, car Jeanne d'Âlbret tenait la baronie de La Flèche

« directement de ta mère Françoise d'Alencon. »

Or Jeanne d'Albret n'était que la belle-fille de Françoise d'Alençon , mère d'Antoine de Bourbon-Vendôme, père de Henri IV. Elle ne pouvait donc pas disposer du bien de son fils.

M. le marquis de ChifTreville, (1) Tallié des Choiseul, seigneur de Li Flèche, avait fait des recherches au sujet des surnoms de barons et d« copieux donnés aux habitants de cette ville. Il avait écrit pour avoir dei renseignements plus circonstanciés à M. Tabbé Auvé, qui était né dans le$ dernières années du xvii'»'' siècle et qui lui répondit. Nous reproduisons si lettre qui renferme des détails propres à dater Tépoque :

« J'ay lu avec plaisir, dans la lettre que vous m'avez fait l'honneur de « m'écrire, votre joly commentaire sur l'origine du titre de barons et de « copieux qu'on donne assez ordinairement aux habitants de notre ville de « La Flèche. Vos conjectures sont des plus ingénieuses et il n'y manquerait « rien , s'il s'y trouvait autant de vérité comme il s'y trouve d'esprit; mais « puisque vous voulez savoir l'origine de ces deux sobriquets, je commence cerai par le premier; il fut donné aux Fléchois à l'occasion de la dispute « de deux poètes , dont l'un Foussard estoit de notre ville ; son antagoniste « étoitun précepteur du collège. Je ne vous dirai pas sa patrie, encore « moins son nom que je crois mort avec ses ouvrages. Quoy qu'il en soit, « chacun de ces poètes à part se croyait un Apollon. En quoy ils se trom- « paient fort; mais on dit qu'ils pensoient plus juste dans le mépris qu'ils « avoient l'un pour l'autre , car ils se déchiroient sans cesse. Le poète fié- « chois, trop enflé de l'alliance de sa grande tante avec le seigneur mar- « quis de la Varanne, favory d'Henri IV, (2) ne chantoit que le roy et les « héros modernes de sa race. Il estoit fauxfilé avec le seigneur baron de la « Varanne et quelques petits maîtres de la ville qui croyant devoir aller de ^^ « pair avec ce seigneur, se ruinoient en belles dépenses. Les autres flé-

t^ « chois , plus sages , nommoient par dérision cette cotterie V Assemblée des

C3^ « Barons; et le poète pédant, pour se venger de quelques satyres que le

^ « poète fléchois avait faites de ses ouvrages , fit une comédie sur les barons

^ « fléchois où Foussard estoit joué sous le nom du héros. Elle fut même,

• ^ « dit-on , représentée à la Cour et fit beaucoup rire le Roy, à cause surloot

i?^ « de son style risible ; mais comme les choses qui ne plaisent que par le

« ridicule ne plaisent qu'une fois, le poète eut le chagrin de voir son oa- « vrage périr en naissant. Mais il a eu toujours l'avantage que le nom de « barons fléchois en est demeuré à tous les habitants de notre ville et que « depuis on a toujours confondu ceux-mèmes qui avaient donné le sobri"

« quet avec ceux qui l'avaient mérité

€ A l'égard du nom de copieux, la source en est plus ancienne; elle a « commencé avec notre ville. Vous savez peut-estre que lorsqu'Henri IV la « fonda , il y créa en même temps un présidial et d'autres juridictions,

(1) La fiUe du marquis de Chiffrcrille avait épousé Lord Clare, maréchal de ThomoDd; leur fiUe unique épousa un Choiseul-Praslin. — Charlricr de MM. de MonUey et d'AchoD. arrière-neveux des marquis de ChiffreviUe.

(3) La Varenne avait épousé Catherine Foussard.

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€ qu'il fallut remplir d'officiers, et pour cest effet, il fut obligé d'y attirer

€ des magistrats et des familles entières de diverses provinces pour remplir

c cette nouvelle colonie et pour rendre plus célèbre un petit endroit qui

€ avait déjà l'avantage d'estre le lieu de sa conception. Toutes ces familles

« se réunirent ensemble dans un petit lieu avec l'antipathie ordinaire entre

« les peuples de ces différentes provinces. On se critiquoit les uns et les

« autres sur le langage, sur les coutumes et sur les façons de vivre. En un

€ mot , pour me servir du même terme , on se copiait en tout et pour tout

< où l'on se trouvoit. C'est cette petite guerre de nation qui fit donner à ces « nouveaux habitants le nom de copieux. Et ce nom ne nous vient point € comme vous le pensés de ce qu'on critique ici les étrangers plus qu'ail-

< leurs, au contraire, on y a pour eux toutes sortes d'égards et de distinc- « lions et c'est pour cela même qu'ils s'y plaisent beaucoup ; puisque d'an- « glois seuls on en a vu jusqu'à trente à la fois, en pension chez les « bourgeois. »

Ainsi , M. Foussard ou du Yau-Foussard avait été attaqué dans la farce des Barons fléchois par un nommé Gauthier, fils d'un marchand drapier de la rue Saint-Honoré et devenu précepteur au collège, quoique celui-là l'eut fait admettre dans la société de petits-maitres qu'il fréquentait. Dans la critique que Foussard fit de cette pièce , il maintient le titre de baron : € Je € ne scay, dit-il , si parmy vous , Messieurs Badaux (sobriquet des Pari- « siens), on use si librement du bien d'autruy, mais chez nous autres, € barons fléchois (car vous sçavès que nous le sommes et qu'on ne nous « recherche point pour cette qualité comme on a fait pour les faux nobles)

< — (allusion aux recherches de Monlfaut) — un larcin d'esprit seroit puni « rigoureusement. »

Dans un vieux quatrain , les Fléchois avaient été fort maltraités probablement par les nouveaux venus à l'époque de la création du présidial et peut-être par quelque prédécesseur de Gresset au collège.

« Ventre de sou et bas de soie , « L'air d*un dindon , Tesprit d*ane oie , « Grossier de mœurs et de patois , « Tel est le portrait du fléchois !

Gresset, qui aurait eu mille motifs pour être de très-mauvaise humeur, quand il fut exilé à La Flèche, s'est montré plus aimable et plus juste envers elle et ses habitants ; car il dit dans la relation de son voyage :

« La Flèche pourrait être aimable < $*il était de belles prisons ; « Un climat assez agréable , « Des petits bois assez mignons , « Un petit vin assez potable ,

CP

4c Des petits concerts assez bons , « Un petit monde assez passable.

« La Flèche poarrait être aimable « S'il était de belles prisons.

Dans une scène de la Farce des Barons , Gautier a fait allusion au Ventn de son :

CLIDAMIS

« Il a donc des moyens autant et plus que trente?

CLITANDRK

4c Je crois qu*il peut avoir deux cents livres de rente. >

A quoi Foussard répond toujours dans sa critique :

« Oronte, le bien ne fait pas Thonnéte homme; il est Je grands mamnts « qui en ont plus que vous , tout le bien dont vous vous vantés ne feroil « pas un baron tel qu'est le moindre déchois. »

Quant au sobriquet de copieux, il ajoute :

« Oronte, le temps nous presse; et le carrefour des Copieux, où vous <( avés été si bien berné , attend avec une juste impatience les derniers « traits de votre portrait à la An de mes censures. »

Le voisinage du présidial peut faire croire que les copieux se donnaient rendez-vous sur le passage des hommes de loi à l'endroit qu'on appelle le Grand-Carrefour, formé par le croisement de la Grande-Rue , de la rue Basse et de celle des Quatre- Vents.

Malgré quelques petits travers, les Fléchois n'avaient rien perdu de leur

^ piété et de la pureté de leurs mœurs. La Flèche dut le nom glorieux de

tS sainte au bon naturel de ses habitants, aux lumières et au zèle de son

C3^ clergé qui était secondé par un grand nombre de maisons religieuses.

21 L& Providence donnait, en outre à l'Anjou , depuis longtemps, des évéques

'^ dignes des premiers siècles du Christianisme , et La Flèche eut en même

• ^ temps le bonheur d'être gouvernée par des curés, zélés collaborateurs de

\?^ ces éminents prélats.

Avant le curé Milscent, dont nous aurons bientôt à parler, les trois derniers titulaires de Saint-Thomas furent MM. Gaignard , La Barre et Donjon, prêtres d'un mérite bien rare.

D'un autre côté, les jésuites eurent jusqu'en 4762, époque de leur suppression, une grande part dans la direction des consciences; ils rassemblaient , tous les samedis soir et tous les dimanches , trois congrégations sous les auspices de la Sainte-Vierge. L'une était composée de boui^eois, la seconde d'artisans, et la troisième , qui était divisée en deux , comprenait les écoliers externes et les pensionnaires du collège. Le bien que faisaient les Jésuites ne se bornait pas à la religion ; ils répandaient de grandes aumônes et montraient le plus grand désintéressement dans l'administration de leurs biens. Tous leurs fermiers étaient riches ; le prix des fermes n'aug-

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menUiit jamais. Lorsqu'après la destruction de cette Compagnie on donna de nouveau leurs biens à ferme, ils furent portés à 40,000 livres pour un hail de trois ans, et au second bail ils le furent à 60,000. Au reste , on doit dire que tous les ecclésiastiques , soit séculiers , soit réguliers , traitaient très-doucement leurs fermiers.

Les Carmes et les Récollets avaient des associations pour les filles et les veuves. Les Capucins avaient leur part aussi dans le bien effectué pour la sanctification des âmes. Les religieuses de Notre-Dame et les Visitandines s'occupaient de l'éducation des jeunes filles de toutes classes ; les dames de la Madeleine , chargées du relèvement des filles dévoyées et les hospitalières de Saint-Joseph , ne bornaient pas leurs soins à ceux que demandent les maladies du corps. Chaque jour, avant le souper, celles-ci donnaient des instructions aux malades qui leur étaient confiés , la plupart , si ce n'est tous , gens grossiers et ignorants.

L'homme chrétien était continuellement rappelé à Dieu par le son des cloches. A minuit, celles des Récollets et des Capucins se faisaient entendre en appelant les religieux au chœur, soit en hiver, soit en été ;' à 4 heures , celles des Jésuites, des dames de l'Ave annonçaient leur lever. Puis celles des autres communautés se faisaient successivement entendre pour les olGces aux différentes heures de la journée.

Les fêtes particulières des communautés étaient des occasions propres à entretenir et à réchauffer les sentiments religieux dans le cœur de tous par les prédications et les cérémonies auxquelles elles donnaient lieu.

Pendant le Carême, les Jésuites, les Capucins, les Récollets occupaient la chaire de Saint-Thomas tous les jours d absolution. De plus, chaque dimanche de l'année , un jésuite prêchait au collège. Tant de secours donnés à un peuple docile par nature en avaient fait une société de frères, que lâchante conduisait, que l'amour du travail animait. Les Fléchois commençaient par sanctifier la journée en allant à des messes , qui se disaient régulièrement à 5 heures en hiver et été au collège, et à 6 heures aux Carmes et à la paroisse , quelquefois plus matin. Chaque maison y envoyait ses domestiques à moins d'un travail extraordinaire. Les boutiques s'ouvraient ensuite et tout le monde était à son travail de grand matin.

L'innocence des mœurs était telle qu'une fille ayant perdu l'honneur, il n'y eut qu'un cri contre elle dans toute la ville ; on évitait de marcher dans les rues à ses côtés. Le docteur Boucher, ayant eu pour un travail particulier à compulser les registres des naissances depuis 450 ans, observa que certaines années il n'était pas né un seul bâtard et que le nombre ne dépassait pas deux, quand il s'en rencontrait.

Une demoiselle pouvait sortir seule le matin et l'après-midi sans sa mère. Personne ne le trouvait blâmable. Rien ne s'opposait même à ce qu'elle allât à la campagne avec une ou deux de ses amies. De mémoire d'homme.

il ne s'était pas commis d'assassinat. Jamais un vol ni d'indignes Tripoi ries. Les tribunaux n'étaient , en général , occupés que de discussions d'L térôts particuliers.

Les femmes et les filles des bourgeois étaient simplement mises ; le Imt était inconnu. Pendant longtemps, il n'y eut à La Flèche qu'une coifléose; les marchandes de modes n'ont paru qu'en 4770.

Les bourgeois n'avaient communément qu'un habit de drap pcmr tes^ dimanches et un second d'étoiïe très-commune pour les autres jours de h semaine.

Le deuil des épou\ était de deux ans. La première année tout en laine ; la seconde, on se permettait la soie ; alors seulement on rentrait dans les cercles de la société. Tout spectacle était interdit. Le deuil des enfants pour père et mère était d'un an , les six premiers mois en laine. Frères et sœurs six mois; trois en laine. Cousins-germains, trois mois; demi-deuil, veste^ culotte et bas. Issus de germains , six semaines.

Les repas consistaient dans la soupe et le bouilli, rarement une entrée; à souper, de ki soupe , un rôti ou un ragoût et de la salade. L'heure du dîner était midi, celle du souper à 7 heures. Après le souper, tout le monde , en été , allait à la promenade ; en hiver, on visitait ses amis et sa famille. A 9 heures 4/2 ou 40 heures, tout le monde était au Ut.

Chaque maison avait à sa porte un banc en charpente fixé en terre; sur ce banc, la famille venait prendre le frais dans la matinée ou dans les belles soirées.

Dans les jours de galas , on ne se mettait à table qu'à une heure. On n'y servait que le vin du pays. L'eau de coing y tenait la place des liqueurs de ^d Verdun ou des Iles. On ne connaissait pas les vins de Madère , de Chypre

l^ et moins encore le Tokay. Au dessert, on chantait le maître et la mûtresse

^ de maison. Le café n'était d'usage alors que dans les grandes maisons.

La comédie fut longtemps inconnue. Mais les tragédies du collège précédant annuellement la distribution des prix, attiraient beaucoup d'étrangers et défrayaient les conversations fléchoises pendant plusieurs jours.

On ne donnait de bals que dans les maisons particulières et jamais dans un lieu public. Les redoutes n'ont succédé que longtemps après.

Le carême était alors rigoureusement observé ; il fallait des causes bien réelles de santé pour s'en dispenser. Les lois du royaume ne permettaient qu'à un seul boucher de vendre pendant ce temps ; et il était tenu de payer une somme à l'hôpital.

Des spectacles de piété occupaient les trois jours de carnaval. Les Jésuites faisaient marcher leurs écoliers avec des drapeaux , des guidons , des Oambeaux et des cierges précédant l'image de la Vierge, qui était élevée sur un pavois porté par les plus grands écoliers. Une musique vocale et instra-

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neotale accompagnait cette marche, qui, après s'être arrêtée dans les élises désignées, se rendait à celle du collège parfaitement illuminée. Tout « terminait par un salut solennel en musique.

Les cabarets étaient trés-peu nombreux ; la police veillait à ce qu'on n'y lonnât pas à boire pendant l'office divin, et aussi à ce qu'on n'ap- )ortàt aucune viande, aucun gibier au marché les jours d'abstinence, sous )eine d'amende et de confiscation au profit de l'hôpital.

Il n'existait à La Flèche que deux billards et un café.

Telles étaient les mœurs des habitants de La Flèche pendant la moitié du [rnv^ siècle.

Hais deux causes réunies à peu près dans le même temps y opérèrent ine malheureuse révolution. La première fut le renvoi des Jésuites, )n 4762; la seconde l'établissement d'un escadron de carabiniers, en

Les Jésuites formaient une digue à l'esprit de philosophie qui commençait i se répandre dans toute la France. Les œuvres de Voltaire s'introduisirent lans toutes les classes. Cette digue détruite, l'inondation gagna le foyer de liacun.

D'un autre côté , les officiers , tous riches et appartenant à de grandes amilles , logèrent dans des chambres garnies chez le petit bourgeois et 'artisan ; spéculant naturellement sur la position de leurs hôtes , ils deinrent promptement familiers et prodigues d'argent, et introduisirent dans es murs de cette ville la corruption des mœurs, (i)

Le mal fit nécessairement et comme toujours de grands progrès, favorisé lar les mêmes éléments ; cependant la généralité de la population resta hrétienne et catholique, et sincèrement attachée à la royauté; elle l'était ncore au moment des tristes événements dont nous allons entreprendre le ècit. Ce qui nous le prouve , c'est d'abord une note que nous avons renoutrée aux archives de la guerre, émanant du conventionnel Garnier de laintes , qui parait douter très-fort des sentiments révolutionnaires de La 'lèche ; et ensuite la lettre du commissaire Saint-Félix , adjoint au milistre de la guerre , et qui lui écrivait : « La Flèche m'a paru être encore

une ville royale; par exemple, on y voit des auberges ayant pour enseigne des couronnes et des fleurs de lys. » (2)

La ville de La Flèche est restée toujours suspecte de royalisme aux yeux es exagérés , et ce n'est pas sans raison peut-être, puisque quelques récits idiquent que les Vendéens y avaient été bien reçus ; (3) et on ajoute , ce ai nous parait exagéré , à bras ouverts.

(1) Notes maDuscrites da doctear Boucher.

(3) Récit de la mission de Saint-Pëlix à l'armée de la Vendée.

(8) llanuscrit 905 de la bibl. d'Angers , de Tingénieur Goury.

DÉTAILS DIVERS — XVII et XVIII™ SIÈCLES

1610. — Réception et visite des fortifications et murailles de clôture É la ville de La Flèche.

Par un bail passsé, en 4597, devant messire Charles Foureau, conseilll du roi , lieutenant-général au siège de cette ville , Jehan Nadreau et Fni^ çois Bidault étaient chargés de ces travaux. {

M. René Artus, conseiller du roi, président en l'élection de La Flèehd décide qu'il sera fait une visite des fortifications en présence des députés il la ville, les sieurs Bidault et Nadreau et le conseiller Treton, magiH trat au présidial. Les maîtres-maçons et charpentiers furent, en oativj requis.

1634. — Nous avons dit qu'il y avait eu une transaction entre M. M marquis René de la Varenne, après l'incident que nous avons nommé H guerre des grenouilles, et les Jésuites. L'amour-propre du seigneur nj trouva satisfait, et les Jésuites purent user à leur aise de l'eau de leur domei pour établir un moulin.

TITRE du Moulin du Collège passé entre les Jésuites et le marquis ,

de la Varenne. \

c Par devant Pierre de la Fosse et Jacques Le Sourd , notaires de M. hj

« marquis de la Varenne, et les PP. Claude Noiret, recteur, et L. Milqiûiitl

« principal des pensionnaires,

^ « Le marquis de la Varenne autorise à baisser totalement la pierre di,

?^ c taille qui est au bas de l'écluse d'entre le portail de Saint-Germain 6t|

c7S « celui des Bancs d'un pied seulement en toute sa largeur, qui est de il

tu « pieds 8 pouces et sur icelui lesdits Pères seront tenus de mettre un bar^j

.^ c reau en fer dont les barreaux seront d'un pouce carré , distant d'un pooctl

S « et demi l'un de l'autre, et au-dessus d'icelui feront mettre un ratean dt

\kU « bois qui sera porté sur une pièce de bois de grosseur compétente qui sei^

\^ « posé sur le râteau de fer, lequel râteau de fer sera planté debout e^

« le râteau de bois en travers , sans que ledit marquis puisse faire rehausser c ledit entablement. » — 21 mars 1634.

1643. •— Le duc de Beaufort, second fils de César de Vendôme, accasi d'avoir attenté à la vie du cardinal de Mazarin , fut arrêté et enfermé a château de Vincennes. Grand , bien fait, adroit aux exercices , rempli d'ao-j dace, aux manières grossières, il était devenu le favori du peuple. Ooh donnait le nom de Roi des Halles. Il parvint à s'échapper de sa prisoD fut depuis le héros de la guerre de Paris. Si nous faisons mention ici de prince aventureux, petit-fils de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, c'est que, dit Nougaret (Histoire da Donjon de Vincennes, 4807), il se réfug* dans le Maine et l'Anjou et se cacha pendant quelque temps chez le curé de La Flèche.

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