‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 145 sur 251 · MAISON DE RÉCLUSION-AUGUSTINES · texte numérisé non relu

MAISON DE RÉCLUSION-AUGUSTINES

Cette maison , actuellement occupée par les religieuses de Notre-Dame , était dirigée par des Augustines et destinée à renfermer les personnes du sexe dont les familles sollicitaient la réclusion pour cause de folie ou de mauvaise conduite. Ces religieuses eurent tous les soins possibles de ces pauvres égarées , leur témoignant les mêmes égards pour ainsi dire que peuvent réclamer celles qui ont conservé leur vertu. L'une des supérieures se refusa môme à exécuter des ordres ministériels qui lui prescrivaient des mesures humiliantes pour elles : telles que de leur couper les cheveux et de les vêtir de bure, etc.

De 1726 à 4743, sous le ministère du cardinal Fleury, on renferma dans cette maison la demoiselle de la Croix, maîtresse d'Honoré de Beauvilliers, évèque de Beauvais. Forcé de donner sa démission, ce prélat, loin de s'amender, mena une vie de plus en plus scandaleuse, de sorte qu'on finit

par le confiner lui-même à Citeaux. On avait fait enfermer à la Salpétrlère, puis aux Filles-Anglaises^ une femme Martineau dont il s'était épris; et eomme on sut qu'il cherchait à la faire enlever, on la mit à La Flèche avec la demoiselle de la Croix.

Cette communauté possédait un tableau remarquable , volé au moment de la Révolution et représentant M"*^ la marquise de Montespan en Madeleine pénitente.

En 1773, il avait été créé un bureau d'administration pour la maison, vulgairement appelée la Madeleine et qui a donné son nom au faubourg où elle est située.

En 4776, il fut un instant question de la suppression de cet établissement; l'une des religieuses se fit alors relever de ses vœux ; et l'on disait enceinte l'une des pensionnaires recluses. Nous avions lieu de penser que cette suppression fut 'effectuée avant la Révolution de 4789.

LES FILLES RLEUES

Le manuscrit d'un jésuite, dont nous avons souvent fait emploi, parle d'ane institution nommée les Filles Bleues dirigée par les demoiselles Hamelin. C'étaient, dit-il, de pauvres filles orphelines habillées en bleu et occupant la maison connue sous le nom de Petit-Collège. Comme nous allons le dire , l'abbé Gallard avait fait don de cette même maison , en 4 663 , en désignant l'emploi qui devait en être fait. D'autre part , nous lisons dans Burbure que cinq ans après, en 4668 , il fut question de la prendre pour y placer des orphelines, mais que le roi ayant refusé les lettres patentes nécessaires à cet établissement, le projet n'eut pas lieu. Il y a évidemment erreur dans ces dates ; car la lettre de cachet émanant de Louis XIV et ordonnant la dissolution de toutes les écoles dépendant de l'abbé Gallard ou établies par lui, est de décembre 4676. A cette époque donc seulement, on put avoir l'idée de placer dans la maison du Petit-Collège ces Filles bleues. Mais l'administration de la Fabrique de Saint-Thomas dut alors s'y opposer bien certainement, obligée qu'elle était de remplir les conditions imposées par le don de l'abbé Gallard.

Page 1