‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 146 sur 251 · LES FRANCISCAINES · texte numérisé non relu

LES FRANCISCAINES

Au mois de mars n72, une novice ou religieuse s'était jetée par-dessus les murs dans les fossés de la ville, qui bornaient au midi les jardins du couvent. On l'avait retirée à temps et réintégrée au milieu de ses compagnes. La Cour de Blois ordonna au lieutenant général et au procureur du roi de La Flèche de se faire représenter cette religieuse pour qu'ils l'interrogeassent seule et sous peine de la saisie du temporel de la communauté.

Les religieuses refusèrent et en appelèrent au conseil d'Etat. Les juges se présentèrent, mais ne furent pas admis. Elles déclarèrent enfin qu'elles étaient prèles à obéir, si on leur envoyait des juges qui ne fussent pas prévenus d'avance contre les supérieurs de la maison et qui se conduisissent convenablement avec elles. La Cour de Blois défendit alors au lieutenant général de se présenter au couvent des Franciscaines et chargea un autre juge d'assister le procureur du roi.

La religieuse qui avait été cause de ce conflit, mourut au mois de mai de la môme année.

Il avait été question, en 1753, de transférer les religieuses de Saint- François de La Flèche dans les monastères des Ponts-de-Cé et de Saint- Florent-le-Vieil. Quelle était le motif de cette translation projetée. Les habitants de La Flèche et les communautés des différents corps d'état durent être consultés. Celle des avocats-procureurs donna pour avis que cette translation serait dt^savantageuse aux intérêts de la ville, qu'il n'était pas juste que les biens venus de familles de La Flèche passassent à des monastères éloignés et qui lui étaient complètement étrangers, que si celte translation était effectuée pour des causes majeures reconnues nécessaires, il étaitjustequeles biens de ce monastère, dons, soit du duc René, soit de particuliers, fussent consacrés par la mairie soit à la fondation d'un hôpital général, soit à doter l'IIôtel-Dieu (celui de M. Le Royer de la Dauversière) qui en avait grand besoin et que, d'ailleurs, il existait un précédent, puisque lors du départ des Cordeliers de cette ville, en 1604, leurs biens qui s'y trouvaient furent donnés partie à l'Hôtel-Dieu, partie aux pauvres de la ville et partie aux religieuses de Saint-François qui en jouissaient.

Deux avocats furent nommés par leurs confrères pour suivre cette affaire qui devait être discutée par le maire et les échevins avec Mgr l'évoque d'Angers, Jean de Vaugirault.

Ces religieuses furent maintenues dans leur couvent et ne le quiltèrenl

qu'en 1788, époque à laquelle on n'en comptait plus que quatre, qui furent transférées à Château-Gontier. On voyait dans leur église de très-belles statues, de beaux ornements et de riches tapisseries dont la plupart provenaient des largesses de Marguerite, duchesse d'Alençon.

Ce couvent devint jusqu'à la Révolution le siège du duché de Beaumont. (0 Quelques temps avant la première révolution, on avait eu le dessein d'y établir l'hôpital.

LA TEMPtERIE

Cet ancien bénéfice des chevaliers du Temple était devenu une simple ferme. Il ne reste aucun document qui le concerne. Ce bénéfice fut probablement vendu au moment du procès de ces religieux guerriers et a fini par faire partie soit de la terre de la Varenne soit de la seigneurie de La Flèche.

(I^ Renseignement verbal d'un ancien notaire.

Notes sur Guillaume et René Fouquet de la Varenne,

Seul, Guillaume Fouquet de la Varenne apparaît souvent, surtout du vivant de Henri IV, dans les mémoires du temps. Son fils René reste inconnu — pacificus vixit — et n'a marqué que par sa lidélité, en 1620, aa roi Louis XIII venant à La Flèche pour combattre la reine sa mère qui prenait position à Angers avec une armée.

A juste titre , toute mention relative à ces deux seigneurs engagistes de La Flèche, attire particulièrement notre attention, et nous en rencontrons une dans la très-curieuse notice sur Urbain de Laval , connu surtout sous le titre et le nom de maréchal de Bois-Dauphin. Elle est due à M. Tabbé Ledru, membre titulaire de la Société historique et archéologique du Maine, professeur au petit séminaire de Précigné, qui la publie dans notre revue.

Sous lisons dans la 2™« livraison (\ 878) page 268 , note 3 :

Bois-Dauphin , d'après Louvet, sergent royal d'Angers et chroniqueur, i^'élait concilié les Angevins en usant de son crédit auprès de la reine mère pour faire « lever le subside qui se levoit sur h vin entrant en ville, » S'il feuten croire le môme chroniqueur, le baron de Sainte-Suzanne, René fouquet de la Varenne , qui succéda à son père dans le gouvernement de la ^ille et du château d* Angers (S août iôii ?), aurait été tenu en suspicion, parce que Guillaume Fouquet, reçu autrefois dans la capitale de l'Anjou, avec autant d'honneur que le roi lui-môme, avait, pour récompense, établi « plusieurs tributz, subsides et maltoustes » et « fait ériger un collège de « Jésnites à La Flèche, qui n'est qu'une bicoque, lesquelz avaient attiré « toute la jeunesse qui estoit à étudier au collège d'Angers. » — Revue de ^'Anjm, 4"« année, 1. 1, p. 89 et 30.

Or il y a certainement confusion; Guillaume Fouquelde la V^arenne n*est mort qu'en 4616; jusqu'en 1613, entre autres titres, il prend dans tous ses actes seigneuriaux le titre de gouverneur des ville et château (T Angers; depuis 1613 , il y ajoute celui de lieutenant du roi en Anjou, province dont, en 1609, Bois-Dauphin avait obtenu le gouvernement.

Bassompierre , en effet, nous dit dans ses mémoires, /6/5 : « Ils lui « dirent (Concini et sa femme à la reine) que je lui éloignais ses serviteurs « et que je mutinais le monde contre elle. Il arriva en môme temps que je « revins à Fontainebleau (où se trouvait la Cour) après avoir accomodé à « Paris, par Tordre de la reine, les différents de MM. de Montbazon el de « Brissac , qui étaient prêts à se brouiller, et fait consentir M. de Boisée Dauphin que La Yarenne fut lieutenant en Anjou, »

René de la Varenne, son fils, et héritier par suite de la renonciation de son frère aîné, évéque d'Angers, ne fut, jusqu'en 1616, que baron de Sainte- Suzanne, et depuis 1606, que gouverneur des ville et château de La Flèche; le brevet qui lui accorde cette faveur porte ce motif que le roi ne veut pas qu'un étranger à la famille de Guilla^ime Fouquet de la Varenne ait quelques authorités sur luy audit lieu de La Flèche où il a estably sa principale demeure, — (La Flèche et ses seigneurs, î"»® période, livre 1®', chapitre 2, page 34.)

L'épitaphe placée à la chapelle du collège, au-dessus de la tombe de Guillaume de la Varenne, portait : « Ci-gît haut et puissant seigneur, « messire Guillaume Fouquet de la Varenne, seigneur, marquis de ce lieu, « gouverneur des villes et châteaux d'Angers et de La Flèche, lieutenant « général pour le roi en Anjou, qui, ayant été chéri de son roi, Henri-le- « Grand, lui fit aimer aussi la compagnie de Jésus, et, par son crédit, lui « procura pour collège cette maison royale. En naissant, il trouva La « Flèche peu de chose, et, en mourant, il laissa cette ville en répu- <( tation. »

A la mort de Guillaume , René Fouquet de la Varenne devenait héritier de sa fortune et de tous ses titres anciens, moins de celui de plus fraîche date de lieutenant du roi en Anjou.

Au-dessous de l'épitaphe, on lisait : « Messire René Fouquet de la « Varenne, son fils, seigneur et marquis dudit lieu, gotiverneur des villes « et château d'Angers et de La Flèche, lui a fait dresser ce monument. « Priez Dieu pour son Ame. »

Nous pensons donc avoir suffisamment éclairci cette question. Remarquons de plus cette marque de déférence vis-à-vis de son père , en lui donnant le titre de gouverneur des ville et château de La Flèche, quoiqu'il le fut lui-môme depuis 1606 avec survivance pour tous ses héritiers directs.

Page 1