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CHAPITRE DEUXIEME

VIE ADMINISTRATIVE DE U FLÈCHE (suite). - FIN DE U TERREDR. - RIGAULT- BEAUVAIS, MAIRE. — FRIMAIRE AN m (DÉCEMBRE 1794).

Les événements divers survenus & la suite du 9 thermidor à Paris avaient eu lentement leurs effets dans les provinces.

A La Flèche , le maire terroriste Panneau administrait encore en frimaire an III ; il quitta ses fonctions du 9 au 23 (du 29 novembre au 13 décembre 4794), et fut remplacé par M. Rigault-Beauvais , homme sage et modéré, et qui , avant la Révolution, était lieutenant général de police au siège présidial de La Flèche. Cette nomination est due au représentant du peuple Génissieu.

Le 23 frimaire an III (43 décembre 4794), les membres du conseil prêtèrent le serment qui suit : « d'être fidèle à la nation ; de maintenir et de € faire exécuter la Constitution républicaine et le gouvernement révolu- € tionnaire et de mourir en le défendant. »

Les membres de ce conseil furent alors :

Rigault, maire; Gâchez; Chauvellier; Mandroux; Maloré; Lozaoui fils; P. Salmon; Boutteville; Durand; Legrand; Chaudemanchefils;Thourault; Rocher ; Malloyer ; Rocher-Desperrés ; Baratte ; Hamon ; Gilbert ; Leroy ; Perrinelle; Desvignes; Branchu; Pelle fils; L. Courrier, agent national ; Liberge aine.

Le même jour, le tribunal fut installé en présence du conseil général de la commune; il se composa de MM. Le Métayer, président; Hamon, Péan, Rocher et Le Breton , juges ; Lelong, greffier.

Ces magistrats prêtèrent serment.

Les Chouans resserraient de plus en plus la ville et empêchaient trèssouvent les cultivateurs de venir l'approvisionner. D'un autre côté, on ne doit pas se dissimuler que leur présence intimidait les ardents révolutionnaires et arrêtait les vexations ; car ceux-ci savaient que les Chouans étaient impitoyables pour ceux d'entre eux qui tombaient entre leurs mains.

Le 23 frimaire (43 décembre 4794), les commandants de la place et de la garde nationale représentèrent au conseil que, pour mettre la ville à l'abri

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des incursions des brigands qai parcouraient les communes Toisines , ils avaient établi plusieurs postes , mais que le peu de troupes qu'ils avaient à leur disposition ne leur permettait pas de prendre les mêmes mesures pour toutes les entrées de la ville , qu'en conséquence il était urgent de faire clore la rue Affranchie et le petit pont neuf de la rue Voltaire (rue des Lavallois).

Nous voyons apparaître ici pour la première fois l'honorable Rocher- Desperrés en qualité d'agent national.

Le 24 frimaire (44 décembre 4794), le bureau de la municipalité se composa des sieurs Mandroux, Guéhéry; Desvignes et Chaudemanche. H. Liberge aine fut ofBcier de police et Baratte officier public chargé des actes de naissances, etc., etc.

Non-seulement on prit les mesures demandées par l'autorité militaire , mais encore on augmenta le nombre des réverbères.

Le 4 nivôse an III (24 décembre 4794), les membres du comité de sur-* veillance révolutionnaire invitent le conseil général à envoyer tous les soirs audit comité un officier municipal et deux notables pour faire la perma-^ nence conjointement avec eux et prendre les mesures convenables aux circonstances.

Ce fut dans cette séance du conseil que le sieur Fayet, prêtre jureor, et qui avait jusqu'à la cessation définitive de tout culte remplacé à Saint-Thomas le curé Milscent, fut admis comme secrétaire adjoint du sieur Pelle» dont les appointements furent fixés à 4400 livres.

Le conseil leva le maximum , si nuisible au commerce et à toutes les transactions.

43 nivOse an III (2 janvier 4795), on manquait définitivement de grains; l'inquiétude était à son comble. Le conseil général de la commune adresse une pétition à la Convention pour demander à titre de prêt la somme de 800,000 livres. Il envoie des commissaires dans les communes du district de Baugé pour acheter des grains.

Les commissaires Cbauvellier et Gilbert ayant acheté des grains dans les communes de Chigné et de Genneteil, ne purent, d'après l'opposition férmelle du maire de cette dernière commune, se les faire livrer. On y envoya le citoyen Rocher, juge du district et membre du conseil, qui parvint cependant à faire enlever les 24 0 boisseaux achetés. Mais les communes environnantes ayant manifesté de vives inquiétudes, les commissaires n'osèrent pas y continuer leurs achats , et on s'adressa au département d'Eure-et-Loir.

26 nivôse an III (45 janvier 4795), d'après un arrêté du représentant da peuple près les armées des côtes de Brest et de Cherbourg, on forma um liste de ceux qui pouvaient faire partie de la garde territoriale; elle portait 85 noms.

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Le comité national de salut public accorda à la commune de La Flèche la somme de 400,000 livres par rentremise du citoyen Richard» représeutanl du peuple.

8 pluviôse an III (84 janvier 4795), D'après l'arrêté de la Convention nationale , l'anniversaire de ce que cette assemblée appelle la juste puui^ Éton du dernier rai de France, est fêtée avec pompe à La Flèche.

Ijb prix du blé est fixé à dix sols la livre ; tous ceux qui prendront les moyens d'obtenir une part de cette denrée plus forte que celle qui l^f mvioAt en raison du nombre de personnes composant sa famille, sera coq** sidéré comme suspect.

48 pluviôse an III (6 février 4795). Demande de troupes au représentant Dabois-Dubay, pour repousser les entreprises incessantes des Chouans.

82 pluviôse an lU (40 février 4795). Achats de fèves pour mélanger avee la farine de blé.

8 germinal an III (28 mars 4795). Le citoyen de la Rue est chargé de poursuivre l'affaire du placement d'une école centrale dans le collège. Qaaot aux écoles primaires, on y consacrait le petit collège (maison actuelle des Frères), Tinfirmerie du collège et le presbytère. La Convention venait de déeréter la création d'écoles centrales pour l'enseignement des sciences et des arts dans toute l'étendue de la République.

43 germinal an III (2 avril 4795). L'agent national représente au conseil qae la ville est de plus en plus menacée par les Chouans, qui, chaque jour, augmentent en nombre , que les travaux qui ont été faits par arrêté du 23 fkimaire dernier pour mettre la ville en sûreté ne sont pas suflOisants pour repousser leurs attaques, qu'il existe à l'extrémité des rues de cette ville des ponts très-larges et difficiles à défendre la nuit par une garde peu nom-* breuse, qu'il est de l'intérêt général de faire faire à ces ponts des retran«« ebements pour suppléer aux portes qui ont été détruites, et ledit agent natîOQal propose de demander au général de brigade l'autorisation de faire faire les travaux Jugés nécessaires pour la défense de cette place. Le conseil juge les craintes de l'agent national très-fondées et adopte son avis.

La fluiire donne connaissance d'une lettre du comité de salut public ordonnant aux agents nationaux des districts de surveiller avec soin les prêtres insermentés. En conséquence de la loi sur le libre exercice et sur la police des cultes, du 5 ventOse an III (24 février 4795), le conseil arrête que les prêtres insermentés qui seront soupçonnés de dire leurs messes dans des maisons particulières, sont mandés pour déclarer où ils enten^ dent exercer leur culte, afin qu'il devienne possible de les surveiller d'une manière efficace.

48 germinal an III (7 avril 4795). Le général Varrin autorise le conseil à prendre les mesures les plus convenables pour fortifier la place de La

Flèche. Bodin , le jeune , est chargé de s'entendre à ce sajet avec le sieur Dubois, commandant la place, et le citoyen Simon architecte.

23 germinal an III (13 avril 4795). Les habitants des campagnes ne pouvaient plus obtenir de passe-ports, les membres de leurs municipalités étant tous en fuite par crainte des Chouans. Us s'adressèrent à celle de La Flèche , qui décida qu'elle en donnerait à ceux qui seraient accompagnés soit d'un citoyen bien connu, soit d'un officier municipal de leur commune. On donna en même temps des passe-ports à ceux des Chouans, certainement peu nombreux , qui avaient profité de l'amnistie décrétée en faveur des Vendéens ou Chouans qui déposeraient les armes le 42 frimaire an in (2 décembre 4794).

La pénurie des subsistances se fait sentir de plus en plus ; le bois manque, les Chouans démontent toutes les charrettes. D'un autre côté, les réfugiés abondent en ville.

Le 28 germinal an III (47 avril 4795), on décide que ces réfugiés seront admis au partage des subsistances. A cette époque , il ne reste plus que des fèves en magasin. Il est fait un appel à tous les citoyens auxquels il reste encore un peu de blé.

2 floréal an III (24 avril 4795). Le 24 germinal (40 avril), la Convention avait ordonné le désarmement des hommes qui , dans leur section ou district, étaient connus sous le nom de terroristes. Le conseil eut à s'occuper de cette question et à réduire à l'impuissance ceux qui avaient persécuté leurs concitoyens ; il décida que la nouvelle instance de l'administration lui faisait un devoir de satisfaire à ce qu'elle exigeait, et qu'avec toute la prudence et toute la sévérité que la matière demandait, on dresserait une liste signée par tous les membres de l'assemblée , de tous les noms des hommes de la commune jugés dans le cas d'être désarmés , et que cette liste serait envoyée à l'administration.

Comme pendant à cette mesure , nous rencontrons à la même date celle qui concède à ceux qui en feront la demande individuelle là faculté d'exercer un culte quelconque dans un édifice national non-occupé.

29 floréal an III (48 mai 4795). Le procureur de la commune expose au conseil que la disette devient de plus en plus générale, que les choses les plus nécessaires montent chaque jour à des prix tels qu'il n'est plus possible aux citoyens de pouvoir en acheter, que, de plus, l'agiotage le plus effréné vient mettre le comble à cette cruelle calamité. La classe la moins fortunée a reçu, il est vrai, du blé à peine au septième du prix qu'il coûte, mais une autre denrée de première nécessité manque. Aussi les pauvres se jettent dans la campagne pour y ramasser du bois sec ; cette ressource n'étant pas suffisante, ils viennent de mettre à nu le bois de la Juiverie et celui de l'Arlhuisière. Hommes, femmes et enfants coopèrent à cette destruction; On voit même parmi eux des gens jouissant relativement d'une certaine aisance.

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