CHAPITRE PREMIER
VIE ADMINISTRATIYE DE hk FLÈCHE. - U TERREUR. - PANNEAU MAffiE
JUSQU'EN FRIMAIRE AN m (DÉCEMBRE 1794).
Au moment de leur passage, en décembre 1793, les Vendéens brûlèrent toutes les archives de THôtel de Ville, et la plus grande partie de celles de Thôpital; il nous est donc impossible, comme nous Tavons déjà dit, de reconstituer d'une manière complète l'histoire municipale de La Flèche pour tout le temps qui précède le 23 ventôse an II de la République Française (13 mars 4794).
A cette date , on vivait encore sous le régime de la Terreur ; la situation ne devait se détendre dans une certaine proportion que quatre mois après ; et d'ici là , bien des tètes devaient encore tomber. L'administration municipale se composait des citoyens Panneau, cordonnier, maire; Beille; Beauflls; Milscent; Lefebvre; Bodin jeune; Lerou; Thourault et Bria. Haloyer était percepteur. Chaque jour amenait de nouveaux incidents, qui motivaient de promptes décisions.
Le conseil chargea le citoyen Bodin , jeune , de faire dresser dans chaque commune un état des indigents patriotes. Nul ne pouvait alors obtenir soit des secours, soit une faveur, s'il n'avait pas, au préalable, obtenu un certiQcat de civisme approuvé ou sanctionné par la société populaire. Et pendant bien des mois , nous voyons la fin de chaque séance du conseil municipal employée à examiner des demandes relatives aux certificats de civisme sans lesquels tout devenait difficile et même impossible dans les moindres détails de l'existence. On eut bientôt à s'occuper des instituteurs primaires. L'un d'eux , le citoyen Guinebert , demandait le paiement de la pension
d'un ci-devant élève du collège de cette ville, qui, au moment de la suppression de toutes les écoles , n'avait pas été réclamé par sa famille peutêtre proscrite alors et qui lui avait été confié par l'administration.
Il fallait en môme temps que les écoles primaires rétablir un hospice et on fit choix d'un infirmier et de onze infirmières. (1)
Le l»' floréal an II (20 avril 1794), une nouvelle administration fut sanctionnée par le représentant du peuple Garnier de Saintes. Elle se composa des citoyens Panneau, maire, remplissant ces fonctions depuis ventôse an II (février 1794); Leroy, Jamin; Mandroux; Beille; Thourault; Farcy, apothicaire; Perrinelle aîné, marchand; Richard, fermier à la Templerie; officiers municipaux. Les notables furent : Maloré ; Rocher; Joubert ; Beaufils; Drouault; Desvignes, notaire; Lefebvre; Bodin jeune; Simon-Boutteville; Maurad, tailleur; Allory, cordonnier; Guinebert, instituteur; Gilbert père ; Paulin Salmon ; Lusson ; Maloyer, le jeune ; Chauvellier aîné ; Le Monnier, notaire, le môme qui avait été blessé en combattant les Vendéens en décembre 1793, devint agent national : le bureau de la municipalité fut formé des citoyens Mandroux et Perrinelle, ayant pour suppléants Bodin jeune et Desvignes.
Très-heureusement pour les malheureux détenus, Paulin Salmon fut nommé commissaire des prisons et de la maison d'arrôt et remplit les fonctions d'ofiicier de police. Foubert était oflicier public.
Dans cette séance d'installation, il fut décidé que le bureau de la municipalité se réunirait tous les jours, de 10 heures du matin jusqu'à midi, et de 2 heures à 4 heures du soir. De plus, en raison de l'accumulation des affaires devenant de plus en plus urgentes, deux membres du conseil, à tour de rôle, durent faire un service à la municipalité pour l'expédition de ces mômes affaires, tous les jours, de 8 heures du matin jusqu'à 6 heures du soir. Le premier et le sixième jour de chaque décade, à 9 heures du matin, réunion du conseil général.
On eut à s'occuper aussi de fixer les foires suivant le nouveau calendrier républicain arrêté par le décret de la Convention nationale du 5 octobre 1793, an II. Tous les actes publics devaient désormais être datés suivant la nouvelle organisation de l'année. Ces dates furent donc données aux foires établies depuis longtemps à La Flèche. La peur fit promplemenl adopter ce calendrier dont les noms bizarres durent souvent étonner et dérouler les habitants de la campagne.
Le maire Panneau donna lecture d'une lettre des membres du conseil général de la commune du Mans regrettant de n'avoir pas pu donner un banqueta leurs frères de La Flèche qui leur avaient été députés. La cause en était le manque de subsistances. Ils rappellent le grave dissentiment qui s'était élevé entre
(1) Séances des 13 veatôse, 16 et 28 germinal an H.
les communes du Mans et de La Flèche et déclarent qu'ils Font complètement oublié.
Ce qui date bien Tépoque, c'est la décision du conseil suspendant Tinstitateur Housseau , qui n'avait pas voulu permettre à ses élèves de l'appeler citoyen , et, dans la môme séance, des certificats de civisme demandés par une grande partie des membres de ce conseil , complètement dominé par la société ou club populaire tenant ses séances aux Capucins.
On commençait à se préoccuper vivement de la question des subsistances. La révolution et la famine sont sœurs, et de celle-ci on en sentait cruellement les atteintes (1)
On dut faire le recensement du blé dans la commune.
Dans la séance du 28 mars 1794 (8 germinal an II), furent chargés de ce recensement :
Pour les rues de l'Egalité, Scévola, la Sarthe, l'Echarpe et la place Neuve, les citoyens Salmon et Gilbert;
Pour les rues Le Pelletier, Jean-Jacques, de l'Administration, de la Loi et de Voltaire , les citoyens Farcy et Maurad ;
Pour la place de la Liberté , la rue et la place de la Révolution , les rues Brutus et Basseville, les citoyens Legrand et Richard ;
Pour les rues de l'Union , du Verger et Simoneau , les citoyens Branchu et Guinebert ;
Pour les rues de la République et de la Fraternité, les citoyens Lemonnier et Maloyer,
Les Vendéens enterrés pendant le mois de frimaire (décembre 1873) ne l'ayant pas été dans une fosse assez profonde , et l'air étant corrompu par des exhalaisons dangereuses, le conseil arrêta dans la même séance qu'on étendrait une tonne de chaux au-dessus de chaque fosse.
Ce fut à cette époque que l'hôpital fut transféré à la Visitation.
Dans la séance du 9 floréal an II (28 avril 1794) la vente de la maison curiale fut décidée pour y établir l'étape. On pensa que l'étapier Bertrand (le chargé de tous les convois si fréquents alors) y ferait mieux son service.
Le collège de La Flèche, dirigé par les Doctrinaires, avait été naturellement compris dans la suppression de toutes les écoles militaires par suite du décret de la Convention rendu le 9 septembre 1793. Prévenus par le
^I) Au temps où la famine devenait de plus en plus pressante, le directeur de la compagnie française des Indes passa par La Flèche, se rendant à Nantes. II proposa à la municipalité défaire venir de cette ville une grande quantité de riz, sachant qu'il était arrivé an navire de la Compagnie avec un fort chargement. Cette oITrc fut acceptée et M. René Salmon, qui était un des associés et chez lequel était descendu le directeur, fut chargé d*accompagner celui-ci pour terminer et accélérer cette affaire si importante. Et, en effet, il arriva bientôt à La Flèche une quantité assez considérable de riz , qui fut partagée entre tous les habitants.
P. de la Mésangère, qui depuis six mois avait succédé au P. Laban dans la charge de principal, les parents des élèves, qui étaient encore au collège au nombre de cent et quelques, vinrent les retirer. Huit seulement, ou orphelins ou fils d'émigrés ou d'incarcérés ne furent pas réclamés et le P. de la Mésangère, avant de partir, les confia au sieur Brossier, qui tenait une petite école dans la rue du Collège, en face du mur méridional de la chapelle et de la bibliothèque. Celui-ci les recueillit, et bientôt il ne lui en resta plus que deux, dont l'un fut, après le départ de Brossier, admis dans la famille Bodin, et l'autre, par ordre du ministre de la guerre, laissé à la charge de la commune et confié aux soins du citoyen Guinebert, dont nous avons vu la réclamation au 8 mars.
Le membre qui, dans la séance du 2S avril , prend la parole dans l'intérêt de la conservation du collège s'exprime de manière à faire penser que si Ton n'avait pas manqué presque totalement de subsistances, on eut gardé les élèves restant au moment de la suppression et que la ville en aurait accepté la charge. Cependant, le maire d'alors et quelques exaltés ne partageaient pas cet avis ; ils disaient au procureur-syndic de la commune : « Nous n'avons plus besoin de cette maison féodale ; elle sera vendue et « détruite ; la charrue passera sur le terrain qu'elle occupe et le blé y « croîtra. Aujourd'hui il suffit aux Enfants de la Patrie de savoir lire et « écrire; tout cela peut s'apprendre ailleurs que dans une maison si long- « temps consacrée à l'aristocratie ; la vente aura lieu. » (1)
La passion aveugle toujours, quels que soient les temps. Ces hommes, qui exerçaient une grande pression sur l'opinion publique, semblaient oublier alors ce qu'eux-mêmes ont répété plus tard ou au moins leurs fils, à savoir qu'à La Flèche, sous les Jésuites comme sous les Doctrinaii^es, tous avaient part aux leçons données par ces savants professeurs, et que parmi les enfants des simples artisans de notre ville, il en était bien peu qui n'eussent pas fait toutes leurs classes au titre d'externes, (jt)
Mais, heureusement, l'influence de ces ardents clubistes fut fructueusement balancée par celle de Garnier de Saintes, membre de la Convention nationale: « Il n'avait vu, avait ajouté le membre du conseil, qu'avec « douleur la suppression du pensionnat, et engageait les administrateurs « de la ville à faire une adresse au comité d'instruction publique de la Con- « vention nationale tendant à conserver à ces beaux bâtiments leur an- « cienne destination. )»
Les citoyens Rocher, Guinebert, Lavalette, Joly et des Piltières furent
(1) Manuscrit de M. de Sourdon, ancien bibliothécaire et secrétaire du conseil à i*£cole miUtaire.
(2j Renseignement oral donné par M. Panneau, ancien notaire, fils du maire de 1703 & 1791, et mort plus que nonagénaire en 1872. JI avait été employé comme secrétaire da district en 1794.
LA TERAEUR. 465
nommés pour s'occuper de cette question à laquelle ont toujours tenu de si près tes intérêts de la ville. (0
Dans la môme séance , le conseil reçut du district une demande pour qa*il lui fût adressé l'état des pertes essuyées par les citoyens indigents et les patriotes de la commune lors du passage des Brigands.
Il y avait à cette époque des noms très-lourds à porter ; ainsi , nous voyons le procès-verbal de cette séance signée par tous les membres du conseil, le maire en tète, et entre autres, par l'officier municipal Lefrine, ci-devant Le Roy. On l'avait aussi appelé La Montagne; mais il le quitta, le trouvant trop significatif.
Dans la séance du 16 floréal an II (5 mai 1794), les citoyens Guinebert et Joubert furent chargés de s'informer auprès du district et de la société populaire de tous les abus ou empiétements qui pourraient se commettre dans les bâtiments du collège. Le citoyen Joubert ayant déclaré qu'il ne pouvait pas dès le lendemain, se charger de cette mission, étant de garde, l'assemblée, après avoir pris l'avis de l'agent national, décida que les membres du conseil seraient désormais exempts de toute corvée ou service militaire.
L'administratipn du district ayant demandé un état de recensement des chevaux et des bestiaux de toute espèce, ainsi que de la quantité et la nature des denrées nécessaires pour les sustenter, le conseil nomma pour opérer ce recensement les citoyens Joseph Lefranc et Desvignes pour la section occidentale, Salmon et Joubert pour la section orientale, Farcy et Legrand pour la section des PouUiers , Richard er&eaufils pour la section de Bouchevreau, Thourault et Maloyer pour la section des Navrans.
La commune de La Flèche devait fournir quatre chevaux , une charrette et un voiturier. Celles de Verrou , Saint-Germain , Clermont , Créans et Sainte-Colombe un conducteur pour deux mulets, Bazouges et Crosmières deux conducteurs pour deux autres mulets.
L'agent national se plaignit de ce que les chirurgiens ne se donnaient pas la peine d'aller eux-mêmes à l'hôpital , et que, la plupart du temps, ils y envoyaient leurs apprentis. Ordre fut donné à celui d'entre eux qui recevait un traitement de s'y trouver tous les matins à 5 heures pour surveiller les pansements. On sait que depuis longues années les médecins de notre ville font à tour de rôle ce service avec la plus grande exactitude.
A cette époque, la vie se passait à prendre les précautions les plus minu-
(1) Au reste, les lois du 27 janvier et 17 février 1794 (8 et 29 pluviôse) étaient venues appuyer ces liéiirs de conservation.
« Art. 7.. — Tous les dépôts publics de nioiiumenls des ortS' et let établissements d'ins- • truction publique eiïsiàni , sont pareillement maintenus quant à présent. »
« AH. 12. — Les bâtiments servant à chaque bibliothèque sont entretenus des deniers publics ; Tadministralion et la police réglementaire appartiendront à la municipalité sous la BurveiUance du district.
4^ Là flIchi dbpuu 4789.
lieuses pour ne pas éYeiller l'attention des sociétés popalaires dont te moindre des dénonciations était écoutée soit au département soil aiUeiuB et pouvait conduire directement à l'échafaud. Tout homme suspecté d'émigration ou d'intelligence avec l'ennemi intérirar ou extérieur étadi bjtM et sa perte était certaine.
Aussi le citoyen Pihery de Lorme, qui avait été maire de la riUe, écri- Tit à la municipalité, qui fit droit à sa demande, pour obtenir on certifietC de résidence à La Flèche depuis 47B9 et un second constatant qu'il avait fait don à la ville d'une pièce de canon toute montée.
Dans notre premier livre , nous avons prouvé que sa terreur n'était pas vaine.
Dans la même séance , le conseil reçut une demande de dégrèvemoit, la loi sur l'emprunt forcé déduisant une somme de 4 ,000 francs pour diacu des enfants.
Nous roncontrons dans nos notes , à la date du S3 floréal an II (42 mat 4794), en pleine Terreur, un exemple bien frappant de l'observanea du dimanche, que le décadi, le dixième jour de ceux qui composaient la décade, avait remplacé. Le peuple ne pouvait s'y habituer et nous en byùdm la preuve dans le rappel de la loi sur les fêtes décadaires et nationales que le commissaire du directoire exécutif près de l'administration de La Flèche^ fut obligé de faire cinq ans après, le 4 floréal an VII (23 avril 4799), ajeu** tant que le peuple restait encore à ce sujet dans la plus complète igaoranœ. Or, d'après la Loi, le jour de décadi, toutes les boutiques, magasins, ateliers devaient être fermés dans toutes les communes , les tra vaux dansks voies et les lieux publics interdits sous les peinea portées par la loi , aaaf l'urgence.
Dans le mois de mai 4794, une nommée Marie H*^^, ouvrière, se présenta un dimanche au magasin du citoyen RouUier pour y acheter bb petit galon rose. Ce marchand , sa femme et ses filles la renvoyèrent an M disant de revenir le lendemain , si elle voulait en avoir. La nommée Marie H*'^'^ les dénonça immédiatement au conseil municipal , qui appda deraBl lui tous les membres de cette famiOe. Ils n'hésitèrent pas , malgré le danger qu'ils encouraient, à faire la même déclaration.
Or la loi supprimant la solennité du dimanche et prescrivant i'obser* vance de la nouvelle semaine décadaire, ne datait que du 44 germinal (34 mars).
En conséquence , le conseil , après avoir ouï l'agent national , déclara que la loi, quoique connue, n'était pas encore parvenue officiellement et que les femmes Rouiller étaient censées l'ignorer.
Mais vu les propos tenus par la mère et la fille aînée , il fut décidé que la présente délibération serait envoyée aux membres composant le comité de surveillance révolutionnaire pour valoir dénonciation à l'effet d'aviser
LA TERRRUR. 46t
inx moyens de punition que ce même comité croirait devoir prendre contre elles.
Partent ailleurs » elles eussent payé ces propos de leuf tête. Il est pro-^ l»able qu'on intervint en leur faveur ; car nous ne voyons pas qu'on ait donné une suite bien sérieuse à cette affaire. Le père dut faire des sacrifice6 d'argent; à une somme de 1S,00Ofran<;8, autorisée par Garnier de Saintes pour secours aux pauvres, on en ajouta une de 200, offerte par le citoyen RouUier, et une seconde fois celle de 3,000 par le même.
Cependant nous le retrouvons comme suspect parmi les incarcérés à la Visitation. Son argent ne suffit pas pour le garantir entièrement.
Le 26 floréal an II (15 mai 1794), on fit remettre en état le coffre-fort de la municipalité, qui avait été brisé par les Vendéens, et, sur la demande des membres du comité de surveillance et de correspondance de la société populaire de la commune , le conseil leur concéda la sacristie de Saint- Thomas et la chambre haute.
La famine se faisait de plus en plus sentir. H ne restait presque plus de grains dans les magasins, et cette quantité était insuffisante pour en faire h distribution ordinaire. Le 27 floréal (46 mai), le conseil de la commune et le comité de surveillance révolutionnaire se réunirent et décidèrent qu'il serait écrit au district de transmettre aux habitants des campagnes la demande instante d'approvisionner les magasins de subsistances dans lesquels venaient aussi puiser toutes les communes voisines.
La pétition faite par la société populaire pour le maintien du collège fat adressée en cinq exemplaires aux citoyens Mathieu et Viliar, membres du comité d'instruction publique, celui-ci, ancien principal du collège, à Garnier de Saintes , à Richard , de La Flèche, membre de la Convention nationale , et à la société des Jacobins de Paris.
Le 4 •' prairial an II (20 mai 4794), nouvelles préoccupations pour les denrées; troubles au marché; défense aux citoyens de n'acheter que sur la place et de ne pas aller s'approvisionner dans les campagnes et sur les routes ; ordre aux aubergistes et cabaretiers d'inscrire à leurs portes la quantité, la qualité et le prix de leurs vins; beurre et œufs devant être déposés dans un lieu commun et vendus sous les yeux des commissaires. Toutes mesures indiquant suffisamment la situation.
Ce fut le 6 prairial an II (25 mai 4794) que la société populaire demanda & la manicipalité de faire enlever l'inscription placée sur la pyramide du port, qui consacrait le souvenir de sa construction. L'inscription était surmontée par des armoiries ; elle fut enlevée, mais la pyramide subsista jusqu'à la construction du quai, de 4830 à 4835.
Les citoyens de Lucé et Fercoq furent désignés pour recevoir les vieux linges et les rognures de parchemin. Chaque citoyen devait , d'après l'arrêté de la Convention , en fournir une livre.
C*est vers cette époque que mourut le chirurgien Lépine , père du docteur Lépine, si longtemps médecin en chef de l'école militaire. Le conseil lui donna, le 47 prairial an II (5 juin 4794), pour successeur, en qualité de chirurgien des prisons , le citoyen Farcy .
Le même jour, on constitua un bureau de charité. La commune se composant de 6,000 âmes environ , l'agence fut confiée à huit citoyens et autant de citoyennes , qui se divisèrent la commune en deux sections ; la liste des indigents inscrite sur un registre fut adressée au district.
Pour la section orientale, furent nommés les citoyens Fo'iuher, Ix Métayer, Rojou et Courtois; les citoyennnes Saltnon, Lahorie, Jottu et fille Jottu ;
Pour la section occidentale, les citoyens Boûard, Baratte, notaire, Jean Chauvellier et Cheroufyrie; les citoyennes Mandroux, fille, Fonfi^ioe, Monnier et veuve Gaulois.
On recherchait partout le plomb nécessaire pour fondre des balles. La Visitation se trouva désignée comme beaucoup d'autres monuments publics pour qu'on y enlevât le plomb de sa toiture. En date du 43 prairial (4^ juin 4794), le conseil décida que la société populaire et le couiité de surveillance révolutionnaire seraient invités à nommer chacun deux membres qui , réunis à deux commissaires nommés par le conseil , rédigeraient une pétition au district mentionnant les grands avantages que la commune et le district lui-même pouvaient obtenir par la conservation de cette maison , en y formant un établissement de secours bien mieux placé qu'à l'infirmerie du collège.
« D'ailleurs , disait le conseil , il y a dans le district beaucoup de châ- « teaux appartenant aux émigrés sur lesquels on peut prendre une grande « quantité de plomb. »
Le S5 prairial an II (43 juin 4794) la disette de viande est signalée par le citoyen Beaufils devenu agent national.
Le 4 «r messidor (49 juin), un membre du conseil dit que Garnier de Saintes étant au Mans, il serait intéressant pour la commune que ce représentant signât le procès-verbal de ses séances à La Flèche lors de l'épuration des corps administratifs de cette commune , qu'à ces séances il avait été fait beaucoup de dons et qu'en même temps Garnier de Saintes avait donné une somme pour les blessés dans la défense de La Flèche contre les Vendéens , que la commune ne pouvait satisfaire aux besoins multipliés de ces citoyens , parce qu'on n'avait pas encore l'arrêté du représentant à ce sujet.
Le conseil nomma donc pour se transporter au Mans le citoyen Liberge, ofiicier municipal, qui, avec un membre de la société populaire , devait prier Garnier de Saintes de décider si le district avait le droit de loger an collège plusieurs ménages de gardes-magasins, si on pouvait faire transpor-
ter à la Visitation tous les lits et meubles de l'infirmerie du collège pour y établir un hospice; ils devaient lui faire observer que le district avait les clefs de cet établissement, dépendant de la commune, et disposait à son gré des meubles et des appartements de cette maison.
Nous avons dit précédemment quels hommes étaient à la tête du district.
Le 2 messidor an II (20 juin 4794), le district s'occupe de la révision des jeunes gens non encore partis pour l'armée, et décrète une réquisition sur tous les fils blancs et écrus.
Le 6 messidor an II (24 juin), nouvelles préoccupations pour les bâtiments du collège toujours menacés. Après avoir entendu à ce sujet l'agent national , le conseil arrête qu'il sera adressé une requête à la commission des arts tendante à la conservation de cette maison nationale.
Comme à toutes les séances , des demandes furent faites pour des certificats de civisme. Nous remarquons cette fois parmi les solliciteurs deux élèves de l'Ecole de Mars, Esnault et Gérard.
L'Ecole de Mars fut instituée par la Convention nationale par suite du rapport de Barrère , lu par lui à la tribune le 43 prairial an II (4 «^ juin 4794). Chaque district de la République dut envoyer à Paris six jeunes gens de 46 à 47 ans 4/2, qui devaient recevoir à l'Ecole de Mars, par une éducation révolutionnaire, toutes les connaissances et les mœurs d'un soldat républicain.
Cette école, établie au camp des Sablons et qui joua un certain rôle politique au 9 thermidor, fut supprimée le 2 brumaire an III (23 octobre), après une existence de 5 mois seulement. Il ne reste plus de cette école militaire de la République qu'un souvenir confus et quelques-uns de ces sabres à la romaine , conservés dans les familles comme un legs curieux du passé.
Les élèves Esnault et Girard avaient donc voulu se munir pour leur vie d'école, de certificats de civisme. (4)
La Convention ayant décidé que les municipalités auraient l'administration des collèges, celle de La Flèche demanda au district communication de cette loi ainsi que des ordres qu'il avait reçus pour faire abattre le dôme du collège. L'agent national avait été chargé , en effet , d'en enlever simplement les plombs ; et ce fonctionnaire reçut de la municipalité l'invitation de faire garnir en plomb la partie de l'église sur laquelle se trouvait ce dôme.
Garnier de Saintes fait réquisitionner le surplus des laines nécessaires aux habitants pour la confection des pavillons des vaisseaux de la République ; il accorde en même temps aux indigents de la ville une indemnité
(1) Voir Ecole de Mars. Institutions d^ éducation militaire ^ S"»* période, lirre !•', chap. l*r pages 11 à 41.
470 LA FLÈCHE MFUIS 4789.
de 42,000 francs. Après autorisatiofl de ce représentant, le citoyen 6ermond , membre da comité révolutionnaire, appelé à d'autres fonctions ,* est remplacé par le citoyen Roujou, apothicaire, en date du 48 messidor an II (30 juin 4794).
Le 43 messidor an II (4*' juillet 4794), on appelle rattention delà amaicipalité sur le grand nombre de réfractaires appelés sous les drapeaai par suite de la première réquisition, et qui ont déserté en route pour reUmmer dans leurs communes , notamment dans celles de Courcelles et de Ligron ; la municipalité en prévient le district, ces insoumis devant très-probablement se réunir dans les bois et se joindre aux Chouans
Le 45 messidor (3 juillet 4794), le conseil, précédé des tambours et soin d'un grand nombre de citoyens , parcourut la ville pour annoncer au peuple la grande victoire remportée par les années républicaines en Hollande.
Le manque des denrées les plus nécessaires se fait rigoureusement sMCfa*. Les épiciers n'avaient plus de marchandises ; les chandeliers manqusdeol même de tout ce qui était nécessaire à leur industrie. Le prix de la vianëe était monté à 0,95 centimes la livre , prix exhorbitant à cette époque.
Le 99 messidor (47 juillet 4794), on dut s'occuper de former un bureau de charité en raison de cette triste circonstance. On forma deux classes parmi les pauvres. On accorda à la première classe 39 francs par chef de famille, et aux fenunes et enfants de cette même classe 9 fr. 75; à la seconde , 86 francs aux premiers et 6 fr. 50 aux seconds.
La somme à distribuer montait à 42,800 francs.
480 chefs de famille de la 4'« classe 4.680 fr. »»
468 femmes et enfants 4 .579 49
430 chefs de famille de la 8^ classe 3.438 >»
884 femmes et enfants 4 <456 »»
636 Total 44.447 40
D'un autre côté , la municipalité émit des billets de confiance pour la somme de 567 livres 43 sols ; à leur rentrée successive ils furent brûlés.
Le 3 thermidor an II (84 juillet 4794), on termina l'inventaire des meubles du collège et , pour qu'il n'en fut pas extrait, toutes les portes extérieures durent être fermées à la fin du jour et rouvertes au soleil levant par le sieur Martin , concierge.
La part de la commune de La Flèche dans le riz venu de différents ports fut de 888 livres, au prix de 48 sols 3 deniers. La distribution en fut faite par les soins des commissaires de la municipalité , de la société populaire et du comité de surveillance révolutionnaire.
La Mayenne fournit un peu de seigle. Le district ordonna des réquisitions sur des fermiers de la commune. D'un autre cété , les bouchers menaçaient de ne plus pouvoir fournir de la viande au prix déjà très-élevé de 49 sols
LA TBRRBUa. 471.
la liTre. Le 9 thermidor (87 juillet), nous la troavoûs taxée ainsi qu'il suit :
Vaebe, tuée et dtstribaée 45 «ois la lirre.
Honton 44 sols 9 deniers.
Veau. ...... 4 ^ .«...«.. « 9 sols 9 deniers.
Viande mélto .........< 44 solsw
Om le Toît f en dehors des préocoopations si grares de la politise el d'nne terreur générale qui paralysaient tous les mouyements , on souffrait ODCore dei allMntea d'ane famine qui dotait de joar en jour dejenir de plus on fritts redoutable^
€ Les événements des 9 et 40 thermidor répandirent, dit M. Thiera^ (4) c une joie que plusieur» jours ne parent calmer. Une foule de gens, qui c qui avaienl quitté leur province pouf se cacher k Paris ^ se jetaient dans c les voitures publiques pour aller annoncer chez eux la noutello de la € commune délivrance. On les arrêtait partout s«r les routes pouf leur c denwnder des détails. En apprenant cea heureux événements ^ les uns « rentraient dans les demeures qu'ils avaient quittées depuis longtemps ; « les autres , ensevelis dans des caches souterraines f osaient rt paraître à € la lumière. Le» détenus qui remplissaient le» nombreuses prisons de c France , commençaient à espérer la liberté , ou , du moins y cessaient de « craindre Téchafaud. »
Qu'allait-il advenir ? On n'en savait rien encore. Hobeepierre était tombé ainsi que ses principaux, adhérent». Mais la Convention était toujours debout ; et qui pouvait afBrmer qu'elle allait entrer dan» une voie tout à kit réactionnaire f
Il est certain cependant qu'il se produisit une détente générale. Ceux qui jusque*là avaient si cruellement abusé d'un pouvoir diacrétionnalre , commencèrent à regarder en arrière et à craindre qu'on ne leur demandât u» compte sévère de leurs actes. Toutefois, dans les provinces^ beaucoup conservèrent encore leurs positions pendant quelques mois au moins.
C'est ce qui arriva à La Flèche.
Des commissaires avaient été chargés de présenter un plan d'éducation ; il» firent leur rapport le 44 thermidor (4<^ août 4794). Cette mission était CMtainement difficile à remplir du moment qu'on se trouvait alors complètement en dehors de tous les errements établis dans l'instruction publi** que par les hommes les plus distingués et les plus compétents de l'ancien régime. Tous les livres encore existants étaient écrits dans des vues direc^ tefflEont opposées au système révolutionnaire. Les commissaires n'eurent qu'à demander qu'on se bornât & enseigner toutes les sciences utiles à un républicain ainsi que les notions sur les droits de l'homme et sur la nouvelle Constitution.
(1) EitUnT$ de la Riwlutian, tome VIT, page 2.
Le \ 6 thermidar, le sieur Simon , architecte , fut chargé de la garde du mobilier du collège et y reçut un logement.
Les Chouans , répandus dans toute la campagne , ayant des intelligences dans les bourgs environnants^ donnaient autant d'inquiétudes que la famine ; on savait , en outre , que toutes les fois qu'ils pouvaient mettre ia main sur un révolutionnaire , ils lui faisaient payer chèrement tous ses méfaits sur les personnes ou les propriétés. Aussi le 49 thermidor an II (6 août 4794), le conseil prit l'arrêté suivant :
« Considérant que le voisinage des Chouans, et regorgement à Sablé et « aux environs de plusieurs sentinelles, font craindre des désordres pareib « dans la commune , il est arrêté :
« 4<> La garde sera montée en personne jusqu'à nouvel ordre; les corn- « pagnies ne se prendront plus de la tête en queue pour former la garde « journalière , et les citoyens seront commandés le même jour en nombre « suffisant dans toutes les compagnies ;
« 2<» Toutes les nuits, un membre du conseil de la commune sera en « permanence et le comité de surveillance révolutionnaire sera invité de « lui adjoindre l'un de ses membres ;
« d<> Les portes donnant sur la rue de l'Egalité et sur le rempart, dépen- « dantes des maisons Beaufils , veuve Née , Androuin et autres » seront « dégoncées jusqu'à nouvel ordre ;
« 4<» Les citoyens seront invités à exécuter la loi qui les autorise à arrê- « ter tonte personne qui leur paraîtra suspecte. »
Le citoyen Lefranc-Malmouche , capitaine de l'artillerie de la garde nationale, demanda des gargousses pour le service des deux pièces de canon.
Le 21 thermidor an II (8 août 1794), arrêté du comité de salut public ordonnant aux cultivateurs des communes environnantes de venir à La Flèche pour approvisionner les marchés.
Le 22 thermidor, on sut qu'il n'y avait pas eu de sentinelle tuée à Sablé; la permanence fut alors levée ainsi que les différents postes de la garde nationale. Les aubergistes reçurent défense de livrer à la fois à tout individu plus d'une chopine de vin. En même temps, sur le rapport de M. Davy delaLammerie, administrateur de l'hôpital, on apprit que les bouchers ne pouvaient pas fournir au prix du maximum.
24 thermidor (11 août 1794). Tous les cultivateurs doivent fournir état de la quantité et espèce de denrées provenant de leurs récoltes. On demande la création d'un corps de garde près de l'hôpital ; la sentinelle, détachée de celui du collège , se trouvant trop éloignée et sans défense. Le receveur de l'enregistrement invite la municipalité à lui remettre l'état des biens des émigrés , déportés ou reclus , lesquels biens ci-devant faits valoir par ces individus et mis à ferme ou à moitié.
42 fractidor an II (29 août 4794). Pont de la Résistance (des Cannes) réparé.
44 fructidor an II (31 août 1794). La Visitation est définitivement affectée an placement de l'hôpital ; le conseil refuse de livrer le collège pour cette destination.
46 fructidor an II (2 septembre 4794). Le prix de la viande est fixé : le bœuf à 44 sols la livre, le veau à 10 sols, le mouton à 12 ainsi que la viande mêlée. Le commandant du bataillon de la Dordogne, en garnison à La Flèche , propose d'envoyer chaque décade un détachement et sa musique à la municipalité et ensuite de se rendre en pompe à la société populaire.
47 fractidor an II (3 septembre 1794). Projet d'un camp formé entre La Flèche et Sablé, de l'établissement d'un hôpital militaire, beaucoup de réquisitions et affaires à ce sujet. Permanence rétablie pour le conseil. Grand nombre d'officiers et de charretiers logés en ville, plaintes des habitants subissant cette nouvelle charge.
26 fructidor an II (12 septembre 1794). Certificats de civisme donnés à des citoyens bien connus , MM. Fercoq , Deval , Le Roy-Guitonnière , Julien Couchot, Rocher, lieutenant au. bataillon de Paris, Perrinelle le jeune.
Premier jour des Sans-Culotides , an II de la République française (17 septembre 1794). On fait entre les habitants un partage de sayon et on réquisitionne tous les sons pour la nourriture des cochons.
Sur l'observation de plusieurs membres du conseil, il est arrêté que la cinquième fête des Sans-Culotides sera fêtée dans l'enceinte du club, à deux heures après midi ; les corps administratifs en seront prévenus ; le commandant de la troupe et celui de la garde nationale seront priés de fournir des musiciens pour cette fête ; il sera envoyé à ces commandants deux commissaires , les citoyens Panneau et Liberge , qui requerreront d'eux douze hommes pour la police, c'est-à-dire six volontaires et six gardes nationaux. Le rassemblement se fera à la municipalité à 2 heures aprèsmidi , puis le cortège se rendra à la société populaire.
4" vendémiaire an III (22 septembre 1794). Nouveaux recensements de grains et nombreuses demandes de certificats de civisme ; il est répondu qu'il n'en sera désormais délivré qu'aux fonctionnaires et à ceux qui en auront besoin pour des liquidations.
3 vendémiaire an III (24 septembre 1794). Grand nombre de citoyens refusent de monter la garde ; nomination de deux commissaires pour étudier la question.
30 vendémiaire an III (21 octobre 1794). Fête pour la prospérité des armes de la République. Adresse à la Convention nationale.
3 brumaire an III (24 octobre 1794). Lettre du commissaire ordonnateur Tapier invitant la municipalité à nommer deux de ses membres , qui , con-
474 LA FLiCHB DEPUIS 1789.
jointement arec deux commissaires du comité réTolutionnaire et le commandant temporaire de la place , composeront le conseil d'administration de rhôpital militaire de la commune.
Les nommés Filliot, chapelier, Marie Siolang, Jean-Baptiste Beanfils, juge, Louis Saguier, tailleur, André Boisseau, cordier, et Freslon araient acheté les terrains sur les rues ci-devant des Récollets et de Saint-François ; n'ayant pu entrer en jouissance de leurs terrains depuis te 5 jnia 4792, ils demandent le paiement de l'indemnité qui leur est due.
4 brumaire an III (25 octobre 4794)» La principale préoccupation des autorités a toujours trait aux subsistances et oblige à former un comité chargé de pourvoir à cette question de chaque jour ; sont nommés :
Piel Bellangerie , receveur ;
Le Métayer, Lavallette, Bria, Hamon, Moreau et Perrindle, distributeurs;
Fleuriot, Savardan fils, Chauvellier cadet, Pérou, Heslin fils, rece^Nirs au magasin.
44 brumaire an III (4« novembre 4794). Les instituteurs du collège présentent un compte de 942 livres 46 sols 44 deniers pour la pension da jeune citoyen Turpin , dont le père est émigré. Les citoyens Perrinelle et Sahnon sont désignés pour vérifier ce compte, ainsi que tous ceux des «fants qui se trouvent dans la même position.
28 brumaire an III (48 novembre 1794). Marie Allory, ayant nonrri et entretenu pendant huit mois un enfant abandonné, demande une indemnité qui lui est accordée.
On demande l'état des chanvres, do dienevis, des noix et des teines récoltés dans la contrée. 400 voitures sont mises en réquisition povr transporter à Saumur et autres lieux des subsistances pour l'armée de l'Ouest.
9 frimaire an III (29 novembre (794). Les citoyens Estoumean et Per-^ not, directeurs du spectacle de la ville, présentent une pétition daas laquelle ils se plaignent de ce que le conseil , par arrêté du 3 de ce mois^ et sur Tinvîtation du district , supprime le spectacle de nuit des décadis , et dm que la rareté de ta chandelle est le motif qui a donné lien à celle sappression ; ils donnent pour défense que ce spectacle est bien Ma de diminner la lumière et qu'il y a économie à représenter, puisque aTec doure bougies ils éclairent et amusent chaque décadi de douze à quinze eents personnes; ils ajoutent que si on veut bien retirer l'arrêté^ ils s'engagent : 4<> à prendre les chandelles dans les villes voisines; 2» à r^réaeitter à S heures du soir, de manière à ce que le spectacle soit terminé à 5 heures.
On leur répondit que ta coasommation de la chandelle n'était pas le seul joeîit qmï avait déterminé l'arrêté du a de ce moîa, que le principal consi^
tait dans la crainte des accidents provenant du feu , qu'ensuite des malintentionnés pouvaient s'introduire dans le collège et incendier les immenses magasins militaires qu'il renferme , et de plus l'bopital militaire , la bibliothèque , les archives du district et autres établissements précieux. Le conseil ajoutait qu'à l'heure où tous les citoyens sont occupés à combattre les brigands qui entourent la ville , il n'est pas convenable de se livrer à de pareils plaisirs.
Malgré la réaction du 9 thermidor, Panneau , Beauflls et quelques autres étaient restés membres du conseil général de la commune, le premier en qualité de maire, et les autres de notables ou officiers municipaux. Ils disparaissaient au mois de décembre.
Depuis le passage des Vendéens jusqu'au mois de décembre 4794 le conseil général de la commune fut composé des sieurs :
Panneau , maire ; Lefëvre; Bodin jeune; Lerou; Thourault; Bria; Beille; Beanfils ; Mandroux; Milscent; Leroy, dit Le Frêne; Jamin ; Farcy ; Perrinelle ; Richard , fermier ; Lemonnier, notaire ; Maloré; Rocher; Joubert; Droaault ; Desvignes ; Simon Boutteville ; Branchu ; Legrand , chapelier ; Haurad, tailleur; Allory, cordonnier; Guinebert, instituteur; Gilbert; Paulin Salmon ; Lusson ; Maloyer; Chauvellier aine ; Desvignes , notaire ; Pelle fils» secrétaire du conseil.