GOUVERNEKENT DE LA DÉFENSE NATIONALE
Le bataillon de La Flèche s*est sonvenu. A Coulmiers, MM. de Lamandé, lieutenant, Breton ont été tnés; MM. Richard, Hullin, Pinean, Pichard, blessés : et beaucoup d'autres mobiles des environs ont été ou tués ou blessés.
Séance du 25 septembre 4870, — Question de la garde nationale. — Armement. — Adresse au Gouvernement.
Le conseil déclare donner son adhésion au Gouvernement, qui a pour but, pour devise, c la Défense nationale, » Le conseil donc annonce qu'il adhère à toutes les mesures qui auront pour objet la défense de la patrie, l'expulsion de l'étranger, le maintien de l'ordre et de la liberté , et ensuite l'établissement de la Constitution que la France , consultée et libre , sera appelée à se donner. Le conseil exprime, en outre, sa profonde reconnaissance pour les citoyens courageux et dévoués , qui s'efforcent de sauvegarder son honneur, au milieu des dangers qui l'entourent et des malheurs qai l'ont assaillie.
Séance du 3 novembre 4870. — Adresse au Gouvernement de la Défense nationale :
c Le conseil municipal de La Flèche , apprenant les événements déplo- € râbles qui se sont accomplis à Paris dans la journée 30 octobre , flétrit de c son indignation la conduite des hommes criminels, qui ont tenté de renc verser le Gouvernement de la défense nationale, et de lui substituer le € régime de la démagogie et de la terreur, etc.... »
Ateliers de travaux communaux, en prévision du manque de travail pour les ouvriers.
Séance du 43 septembre 4870. — Question des maires et adjoints. H. Hnet déclare au conseil que M. TonnelJier et lui ayant été appelés au Mans par M. le préfet Le Chevalier, ce magistrat leur a dit que divers renseignements reçus lui avaient fait connaître qu'il devait pourvoir au remplacement des maire et adjoints de cette ville. Sur l'avis donné par ces deux conseillers municipaux , le préfet de la Sarthe déclara qu'il avait reçu mission d'établir des administrations municipales en complet accord avec l'esprit des populations, et que, d'après ce qu'ils venaient de lui affirmer, 0 n'avait rien de mieux à faire que de maintenir celle de La Flèche.
Néanmoins, MM. Grollier, Papigny et CuUier désirèrent que le conseil allât aux voix, et les trois administateurs obtinrent l'unanimité pour leur maintien dans les fonctions municipales.
Séance du 29 novembre 4870. ~ Armement, équipement et habillement des gardes nationaux mobiles.
Emprunt de 80,000 fr. à cet effet. 400 obligations de 400 fr. chacune, remboursables en 40 ans par voie de tirage.
Séance du 6 janvier 4874. — Réquisition de voitures.
Séance du 23 février 4874. — Contribution de guerre pour l'arrondissement
290 LA FLiCHE DEPUIS 4789.
M. le maire communique au conseil une lettre qui lui est adressée en date du 18 février par M. le maire du Mans, et parvenue à La Flèche le 23, par laquelle ce magistrat lui transmet une lettre-circulaire envoyée aux maires des chefs-lieux d'arrondissement par M. Drigalsky, préfet prussien de la Sarthe. Cette lettre-circulaire notifie au maire de La Flèche que Tarrondissement est frappé d'une contribution de guerre de 4,082,360 fr., dont le premier tiers (c'est-à-dire 360,600 fr.) devra être versé k la caisse générale de la préfecture, au Mans, le 23 février, avant cinq heures du soir, par les soins de M. le maire de La Flèche, centralisant les cotisations des autres communes, qui devront lui être transmises par les maires des chefslieux de canton. La date du versement du reste de la somme sera fixée ultérieurement.
En cas de non-versement de ce premier tiers au jour assigné, les communes de l'arrondissement se verraient condamnées à des poursuites sérieuses , opérées par la force militaire allemande.
Pendant la délibération , un membre communique au conseil une dépêche ofiScielte de M. le ministre de l'intérieur aux préfets, en date du 19 février, publiée par les journaux d'Angers et ainsi conçue :
€ Je vous confirme instructions données par prédécesseurs, relatives à « armistice et ainsi formulées, que je vous prie de transmettre à vos sous- « préfets :
« Nourriture, logement des troupes et paiement de l'impôt par douzième, « dus dans pays occupés ; toute autre réquisition est un abus contre lequel « il faut protester, sans toutefois arriver aux extrêmes ; prévenir actes de « violences en donnant faible à-compte.
« Si contraints, forcés, réclamer sursis. Quant aux occupations con- « traires à délimitation d'armistice , s'opposer, protester, mais céder à la « force plutôt que d'engager un conflit. Nous touchons au terme , questions « de réparations seront débattues en même temps que questions de paix.
« La zone neutralisée est à l'abri de toute demande de l'ennemi.
« Signé : E. Picard. »
En conséquence, le conseil se range à l'avis émis par M. le maire, qui propose de répondre au préfet prussien, sans entrer dans aucune discussion, que la lettre de sommation datée du 18 ne lui est parvenue que le 83 seulement , et que , n'ayant rien reçu des maires de l'arrondissement, il n'a , par suite , aucun versement à faire.
Si M. le préfet de Drigalsky insistait de nouveau, M. le maire pourrait alors invoquer les clauses de la convention mentionnnée par M. le ministre de l'intérieur. De la sorte, il sera gagné asssez de temps pour que Ton atteigne, sans concession ni conflit, le terme de l'armistice, qui sera suivi soit de la conclusion de la paix, soit de la reprise des hostilités.