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ÉGLISE DE SAINT-THOMAS

Desplantes , son premier vicaire et depuis deux ans son zélé coadjuteur, fut nommé curé de La Flèche. Il avait fait ses humanités au collège de Château-Gontier, puis , après son temps de séminaire au Mans , avait exercé les fonctions de vicaire à Château-Gontier, puis à La Flèche.

On voulut faire revenir le Gouvernement sur cette nomination et demander H. Tabbé de Bigault d'Harcourt , qui avait prononcé l'oraison funèbre de M. de La Roche. Mais Mgr Caron maintint la nomination de M. Goumenault (seizième curé) ; M. Tabbé de Bigault en aurait bien peu profité, car il mourut subitement Tannée suivante.

Comme nous avons à le dire , Tannée 4 832 ne fut pas heureuse pour le clergé. A Tarrïvée de la duchesse de Berry dans la Vendée , le Gouvernement prit toutes les mesures de répression nécessitées par de pareilles circonstances.

Le présideiA du tribunal , M. Letellier, sous Tinfluence d'un commencement d'aliénation mentale , vit partout des rebelles , lança des mandats d'amener contre les hommes les plus recommandables , et fit môme comparaître devant une Commission d'enquête un vieil officier général, ancien commandant en second de l'Ecole militaire , vénéré de tous et dont nous nous honorons d'être le fils. M. Georget, qui, depuis longues années, s'oc* cupait gratuitement de toutes les affaires administratives, fut arrêté sans qu'on put en concevoir le motif. Les prisons étant pleines , le Maire dut chercher une succursale ; et, en effet, aussitôt qu'on parle dans la rue de libertés publiques , il faut mettre sous les verroux les gens les plus honnêtes et souvent les plus tranquilles. Le Maire ne trouvant pas mieux, mit alors le presbytère à la disposition du Sous-Préfet. Le curé et ses vicaires furent recueillis chez M. Le Roi de La Guitonnière , dans une maison enclavée entre la rue Basse et la rue Fontevrault et dont le portail donne sur la place aux Biqu^. M. Tabbé Camus vivait encore; octogénaire, aveugle, il n'avait aucun moyen d'existence. Résigné à son sort , il demanda avec calme , en vrai fils de saint François , qu'on le déposât dans une chaise sur la voie publique pour demander l'aumône. Mais ses confrères le firent porter à la Providence, où il mourut tranquillement et entouré de soins assidus.

Devenu prison , le presbytère en prit bientôt la tournure : les portes furent garnies de verroux , un corps de garde fut installé à chacune des portes extérieures, les cheminées furent en outre condamnées en haut et en bas. Ces travaux étaient à peine terminés , qu'on vit sortir de la prison de la ville cinquante détenus, traverser la place entre deux haies de soldats et accompagnés par les huées et les vociférations de la populace.

Parmi eux se trouvaient le Révérend Père dom Fulgence , abbé de Belle-Fontaine, en Anjou, MM. les curés d'Auvers-le-Hamon , deBoêcé, de la Chapelle-d' Aligné , le supérieur en second et six professeurs du petit

séminaire de Précigné. On retint dans la prison ordinaire M. Bellenfant, supérieur de cet établissement, et M. le curé de Durtal, les privant ainsi de la société de leurs confrères. Peu de jours après, la Cour d'Angers envoya deux de ses membres pour interroger les prisonniers.

tous furent déclarés innocents et relâchés après une détention de six semaines , à l'exception d'un petit nombre, dont M. Pineau, curé de Boêcé, faisait partie. Conduits à Orléans , ils passèrent en jugement et furent acquittés par le jury.

Nous avons parlé dans un précédent chapitre des troubles de la Vendée en 1 832 et de la nouvelle prise d'armes , des jeunes gens ou officiers démissionnaires , qui furent arrêtés ou poursuivis , et dont le dévouement absolu à la Maison de Bourbon devait faire craindre qu'ils ne s'empressassent de prendre part aux mouvements provoqués par l'arrivée de M"* la duchesse de Berry. •

Le 24 août 1 832 , la grosse cloche se fendit pendant qu'on sonnait les funérailles de M. Lelong, greffier du Tribunal de La Flèche. Cette même année, Mgr Caron mourut laissant vacant le siège épiscopal du Mans. En 4834 , Mgr Bouvier vint s'y asseoir. Il était issu d'une famille très-obscure de Saint-Charles-la-Forét (Mayenne) , et avait exercé la profession de charpentier. Né le 7 janvier 4783 , il avait cinquante et un ans quand , après avoir été longtemps supérieur du séminaire du Mans , il fut appelé à Tépiscopat et sacré par .Mgr de Montblanc, archevêque métropolitain de Tours, assisté par les évéques de Rennes et de Nancy. *

Il administra le Diocèse pendant vingt années, l'éclairant de sa profonde science et marchant avec sagesse au travers des difficultés sans cesse renaissantes sous un gouvernement né d'une émeute populaire.

Il mourut le 29 décembre 4854, à Rome même, des suites d'une dyssenterie , dont il fut atteint en quittant sa ville épiscopale p<yir se rendre à l'invitation du Pape et assister au décret de l'Immaculée Conception.

Le 25 décembre, à six heures et demie du soir, il reçut l'Ëxtrême-Onction des mains de son éminence le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, en présence des archevêques de Paris et d'Avignon, des évêques de Valence, de Montréal, de Bruges, de Blois, de Grenoble, de Saint-Flour, et de Mgr Tizzani, ancien évêque de Terni, son ami intime, s'unit aux prières, protesta de sa foi sincère aux croyances romaines, et surtout au dogme de l'Immaculée Conception , dont il n'avait jamais douté. Le 25, à huit heures et demie du matin, l'évêque de Marseille célébra la sainte Messe dans sa chambre et lui donna le saint Viatique en présence de plusieurs prélats , prêtres et laïques. Le soir du même jour, il i-eçut une visite du Saint Père, qui, pendant vingt-cinq minutes, resta seul avec lui. En se retirant, ce saint Pontife rencontra l'archevêque de Lyon et lui dit : c Qu'il est bon ce cher malade, « caro quidem infirma, sed spirittis promptw. »

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Le 29, il entra enfin en agonie, et baisait encore le cracifix et la médaille de l'Immaculée Conception que le Pape lui avait donnée. Il expira enfin, assisté par les évéques de Marseille , de Montréal et de Blois. Il mourait , du reste, ainsi qu'il Tavait désiré; car, après la cérémonie de l'Immaculée Conception , il s'était écrié : t qu'il serait doux de mourir à Rome après ce € que je Tiens de roir. >

Le 2 janvier les obsèques de Mgr Bouvier furent célébrées dans l'église . de Notre-Dame-des-Apôtres , aux frais du Saint Père, qui avait pris soin, en outre, d'en régler la pompe et les détails. L'ambassadeur de France avait manifesté le désir que cette cérémonie eût lieu à Saint-Louis-des- Français ; mais le Saint Père voulant continuer sa touchante hospitalité , tint à ce qu'elle eût lieu dans l'église romaine, mais paroissiale de l'ambassade.

Jusqu'à la d8l*nière minute, nous avons retrouvé l'évéque de Montréal au chevet de l'illustre prélat; ne se souvenait-il pas que, deux siècles auparavant, La Flèche, la ville si aimée de Mgr Bouvier, si souvent visitée par lui, avait , par la main de M. Le Royer, de la Dauversiëre , jeté le germe qui avait donné naissance à l'évéché dont il était titulaire? (4)

Hais revenons à Saint-Thomas, dont M. Goumenault commença, en 4834, des réparations qui ne remplirent pas entièrement le but qu'il s'était proposé. Le lambris placé , dit M. Poulain , en 4430 , tombait en lambeaux. En en descendant ce qui en restait , les ouvriers aperçurent au milieu de la voûte de la nef et dans la partie la plus élevée, des écussons armoiries, armes des bienfaiteurs ou des seigneurs. Ils virent également , au-dessus du sanctuaire de l'autel de la Vierge , quatre grandes figures peintes sur bois, et au-dessus quelques lignes dont on put déchiffrer ces mots : c Celui € qui a fait faire et orner ce lieu et les quatre couronnes qui sont ci-dessus € en cette figure , c'est M. Branchu , greffier de la Ferre et des Gremelurez, € et fait en l'an 4430... » et plus bas : € c'est dans ce lieu qu'il a été fait au € frère René (bénédictin) une rente annuelle par Bidault et son épouse , c afin que leurs corps y fussent déposés après leur mort; elle (son épouse) € y fut enterrée au mois de mai. »

Déjà, en 4828, l'une des cohéritières de Notre-Dame-des-vertus vendue nationalement, avait donné son quart à la Fabrique , sous les conditions d'une messe, dite à perpétuité, à son intention. En 4836, M. Etienne Bodin , aux mêmes conditions , fit don d'un autre quart. Cette même année , on dédia de nouveau à la Vierge la chapelle de Notre-Dame-des-Verlus , qui devint, depuis cette époque, et est encore un lieu de pèlerinage trèssuivi , surtout dans la Semaine-Sainte et au mois de mai.

En 4837 mourut M. l'abbé Dorveau, ancien vicaire de Saint-Thomas et

(1) Deuxième période.

aumônier de l'Ecole royale militaire: il légua S,000 francs à la Fabrique pour contribuer à la refonte de la grosse cloche. En 1849, avant de la briser, on transcrivit l'inscription ancienne de la plus grosse : c Tan 4758, j'ai « été bénite par messire Jean Labarre, recteur, curé de la ville de La c Flèche, et nommée Marie par très-haute et très-puissante Dame M»* de

< Champagne , seigneur de La Flèche , épouse de très-haut et très-puissant « seigneur Mgr Gabriel-César de Choiseul , comte de Choiseul , lieutenant- € général des armées du Roi dans sa province du Dauphiné , représenté c par René-François Habel , son procureur. Fondue par les soins de M« Re- € né-Gabriel Houssaie, avocat au siège présidial de La Flèche, procureur « de la Fabrique ; François Breussan et Jean Pihaut m'ont faite. » Sur la seconde : « au mois d'août 1741, cette cloche a été bénite par messire Pierre c Gaignard , recteur, curé de cette ville , et nommée Marie-Françoise par € haut et puissant seigneur messire Jean-François de BrRiueville, comte « de la Luzerne, gouverneur de cette ville, et haute et puissante Dame

< Marie-Magdeleine Chollet , marquise de Brèves ; M. François Richer, sieur € des Pins , avocat au siège présidial , lors marguillier. Jean-Baptiste Vi- « gneux m'a faite. »

La bénédiction des cloches refondues fut fixée au 29 juillet 1839.

La première cloche eut pour parrain M. Cherrier J.-B*«, pour marraine Marie- Victoire Etard de Bascardon, épouse de M. Pierre-Alexandre de La Bouillerie, chevalier de St-Louis et de la Légion d'honneur; M. Goumenault des Plantes , curé ; M. L.-P. Grollier, maire; MM. Helot, Mouette-Lamotte , Etienne Bodin marguilliers ; J. Bodin, Broutin, L. Lelasseux, Pallu, de La Bouillerie, de Ravenel, conseillers de Fabrique.

La seconde cloche, nommée Philippe-Elisabeth : M. Grollier, parrain, et marraine M»"* £. Macé de Saiot-Hilaire, épouse de M. Garreau de La Barre, président du tribunal de première instance.

La troisième cloche, nommée Ambroise-Charlotte eut pour parrain M. Goumenault des Plantes, curé, et pour marraine M""*^ Charlotte de Quatrebarbes , épouse de M. de Ravenel, administrateur de l'Hôpital, conseiller de Fabrique.

La quatrième cloche, nommée Etienne-Emile, eut pour parmin M. Etienne Bodin, membre et trésorier de la Fabrique, juge de paix, chevalier de la Légion d'honneur, et pour marraine M'''*' Lucile Meslin, épouse de M. Pallu, juge , conseiller municipal et administrateur de l'hôpital ; Ernest BoUée , fondeur.

Une cinquième cloche, destinée à Notre-Dame-des- Vertus, nommée Marie : parrain Lancelot de Quatrebarbes, et marraine Antoinette de Germiny; sur cette même cloche, souvenir de M. l'abbé Dorveau , donateur d'une somme de 2,000 francs.

Ces cloches, cependant, furent refondues aux frais de M. BoUée» ne

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