ÉGLISE DE SAINT*THOMAS
remplissant pas, comme son, les conditions voulues. Elles ne furent reçues que le 29 octobre 1840.
En 4843, on se servit pour le rétable de Tautel de la communion de colonnes provenant de la chapelle de la Motte, près Crosmiëres. Elles avaient été volées en 4793 et vendues à M. Davoust, qui les remit à M. Mouette La Motte.
En 4842, mort de M. Mouette La Motte , qui , depuis tant d'années , remplissait avec zèle les fonctions de trésorier de la Fabrique et de Marguillier.
La même année, Jardin, Taveugle, fut nommé organiste.
Le 17 septembre 1843, en vertu des pouvoirs qui lui avaient été conférés par Mgr révéque du Mans , M. le curé Goumenault fit solennellement la bénédiction de la Croix de mission , qui venait d'être replacée , et du Calvaire , nouvellement restauré , avec l'avantage des mêmes faveurs que primitivement Mgr de La Myre avait accordées. La consécration de Tautel du Saint-Sacrement eut lieu le 3 décembre 1843.
Le 29 janvier 1850 , la Fabrique concéda les vieilles boiseries qui ornent à cette heure le chœur de Notre-Dame-des- Vertus, et qui viennent du château du Verger.
Le 24 juin , fut bénie la principale cloche de Saint-Thomas , qu'on avait refondue.
En 1852, soixante-cinq Dames de la ville se partagèrent par bandes la confection d'un tapis pour le grand autel.
Le vénérable M. Goumenault des Plantes mourut en 1856 et fut inhumé dans le chœur de Notre-Dame-des-Vertus. Sa mémoire est restée chère à tous ses paroissiens , et jamais il ne sera oublié par ses amis particuliers.
Il fut remplacé par M. Tabbé Coulon, chanoine honoraire et curé de Château-du-Loir. Cet ecclésiastique (dix-septième curé) avait, dans cette paroisse, transformé l'ancienne église. A La Flèche, dès les débuts, il se consacra à cette même œuvre : il reprit tous les travaux de son prédécesseur, et a doté la paroisse et même le diocèse d'un édifice remarquable à tous égards.
Il fut certainement secondé par de pieux paroissiens; mais on peut afflr* mer, sans crainte de se tromper, qu'il y mit une partie de son avoir. Il voulut que Notre-Dame-des-Vertus, ce sanctuaire si vénéré par nos populations, soit de la ville, soit de la campagne, eût aussi sa part. Non-seulement il a réparé cette chapelle dans toutes ses parties, mais il l'a augmentée de manière à ce qu'elle pût contenir tous les fidèles qui y viennent pendant le temps des neuvaines.
Quand tous les travaux de l'église de Saint-Thomas furent terminés, Mgr Fillion voulut en faire la consécration avec un éclat inaccoutumé et la coopération de Mgr de La Bouillerie, archevêque de Perga, coadjuteur de Bordeaux, et de Mgr Wicart, évêque de Laval. Cette cérémonie eut lieu en octobre 1873.
M. Tarchiprétre, curé de La Flèche, a bien voala nous donner communication d'un travail complet renfermant tous ses souTenirs au sujet de la restauration ou plutôt de Tentiôre réfection de l'église de Saint-Thomas, qu'il a courageusement entreprise malgré tous les obstacles qui se dressaient devant lui. Il serait bien à désirer, pour l'édification du public, qui voit maintenant ces travaux accomplis sans pouvoir se rendre compte de ce qu'il a fallu d'efforts, de persévérance, de prudence et de puissante volonté pour arriver à un pareil résultat, il serait bien à désirer, disons-nous, que ces pages si intéressantes fussent imprimées et mises entre les mains de tous.
L'étendue de notre publication sur La Flèche et ses Seigneurs dépassant déjà de beaucoup les limites que nous avions posées, ne nous permet que d'en faire simple mention , en y empruntant deux ou trois notes qui viennent affirmer l'antiquité de cette église.
Le chœur primitif avait été transformé pour le mettre en rapport avec le style grec. M. l'abbé Coulon l'a retrouvé et rétabli dans son premier état
Par la confection des deux absides, ce chœur avait reçu son double complément ; mais , comme il est plus étroit que la nef, la grande difficulté qui se présentait était de mettre les bas-côtés en rapport avec les absides ; sans cette opération , l'église se trouvait toujours divisée eu deux parties et manquait d'unité. M. le curé parvint à prolonger les nefs latérales dans toute leur largeur et jusqu'au rond-point des absides.
Primitivement, Saint-Thomas n'avait pas de nefs latérales; celle du côté nord, commencée dans le courant de l'année 4626, comme nous l'avons dit dans notre seconde période (livre 4«, chap. \^j page 287) , se composait de chapelles avec leurs pignons, qui furent bâties successivement. A chacune de ces constructions on faisait de grandes ouvertures avec des cintres irréguliers dans les murs de la nef, qui ne laissaient plus subsister de traces sur l'époque de la construction de l'église.
Lorsque M. le curé Coulon fit détruire le plafond du bas-côté pour y substituer les voûtes , il retrouva les sommets ou quelques-uns des côtés des fenêtres primitives, placées à la hauteur voulue dans les nefs romanes, avec des ouvertures d'une assez grande dimension ornées de leui*s dents de scie très-bien travaillées , en attestant une église romane d'une grande importance. Ceci vient prouver, avec la grandeur de la nef, la munificence du seigneur qui fonda Saint-Thomas.
A la première travée, devant l'autel de Saint-Thomas et en partie sous le marche-pied , existe encore un caveau de quatre mètres de longueur sur deux mètres cinquante centimètres de largeur, bien voûté et assez haut pour qu'un homme puisse s'y tenir debout. Il fut découvert quand on renouvela le pavage. Il n'y restait que les ossements de deux personnages. H. le curé pense que c'est la sépulture de La Varenne. A ce sujet , nous ne pouvons partager son avis , au moins pour Guillaume et René ; le premier fut inhu-
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mé dans le caveau de la chapelle du Collège; le second, vivant en trèsmauvaise intelligence avec les Jésuites, se fit inhumer dans Téglise des Récollets. Rien ne vient nous dire où sont morts et où ont été inhumés Claude !•' et Claude II. Nous savons, d'autre part , que les curés Le Sourd , dont l'un, mort en 4611, eut pour successeur son frère, mort en 1631, farent enterrés tous les deux, près du pilier en face de la porte du nord , à côté de deux dames Nadereau. Comme ce caveau est compris dans la nef, qui ne fut commencée qu'en 1636, ces ossements n'appartiennent pas à ces deux ecclésiastiques.
Nous pensons qu'il se faisait peu d'inhumations à Saint-Thomas et qu'en général on donnait la préférence aux églises des nombreux couvents fondés à La Flèche. C'est ce que nous indique la réclamation faite , en 1513, au duc d'Alençon, Charles IV, et à Marguerite de Lorraine, par M. Guillaume Richer, curé de Saint-Thomas, voulant s'opposer à ce que les gardiens et religieux du couvent des Cordeliers perçussent les oblations de luminaires, torches, cierges qui leur étaient offertes, et même à ce qu'ils inhumassent dans leur église ceux qui en avaient exprimé le désir. Le duc d'Alençon, comme indemnité, accorda au curé de Saint-Thomas, sur les revenus de la seigneurie, une rente annuelle de 13 livres tournois.