CONCLUSION
Jusqu'en 1819, la ville de La Flèche était encore celle du XVIII* siècle et restait circonscrite par ses douves et ses murailles, ayant deux faubourgs, Saint-Germain et Saint-Jacques. La vente de ses nombreux couvents y avait, dès l'origine révolutionnaire, apporté des modifications intérieures. La plus importante fut celle que produisit la vente, en 1819, du château, bâti par LaVarenne, et de toutes ses dépendances, par M. le comte de Choiseul-Praslin , à MM. Ménard, Bertrand et compagnie. Ainsi fut complétée la rue du Château et fut formée celle des Bancs, qui , à cette époque, était longée par le mail , qu'un pont sur la douve reliait au parc seigneurial.
D'un autre côté, entre le rempart, les murs du parc du Collège, le faubourg Saint-Germain et un chemin devenu la rue de Ceinture, se trouvait enclose une vaste pièce de terre formant un rectangle et ayant appartenu au couvent de Notre-Dame. Elle en avait retenu le nom de Parc-oMX'Dames et était reliée au rempart par un petit pont appelé Pont-aux- Filles. En 4826 , MM. Couchot, Portebœuf et compagnie , ayant acheté ce terrain , sollicitèrent de l'Administration un tracé régulier pour la création d'un nouveau quartier, et le vendirent successivement par parcelles, retenue faite d'une place spacieuse pour le marché aux bestiaux.
Chaque acquéreur ayant enclos son terrain de planches de sapin , le nom de Sapinville resta à ce nouveau quartier, qui se trouva réuni à la ville par le boulevard d'Alger et la suppression des remparts, démolis en 4849.
Du côté du port et de la rivière , de grands travaux furent exécutés. Le pont fut élargi , en 4828 , aux dépens de ce qui restait de l'imposant donjon féodal des comtes de Beaugency, Jean et Hélie, nos Seigneurs; par suite, on put construire une large chaussée , conduisant directement du port au pont des Carmes, dont les travaux, adjugés en 4853 au prix de 250,000 fr. , furent commencés en 4855. La pose de la première pierre eut lieu en grande cérémonie le 7 mars de la même année. Nous devons dire ici que, pendant la nuit du 34 mars, cette pierre fut descellée el la cassette, contenant le procès-verbal et les pièces de monnaies , volée.
La chaussée du Quai fut construite sous la direction de M. de Boulenoi, qui, élevé au grade d'ingénieur en chef, fut remplacé par l'ingénieur Le Blanc, qui dirigea les travaux du pont. C'est alors qu'on vil disparaître l'arche en bois, dernier souvenir de la guerre civile et du passage de l'armée vendéenne en 4793.
Plus tard , sous le mairat de M. Latouche , un boulevard , faisant suite au Quai et à la Promenade, vint se relier aux routes de Sablé et d'Angers. Un projet grandiose avait été formulé : continuer le boulevard et le Quai en traversant la rue Basse et en gagnant la route du Mans par l'ancien entourage du château de La Varenne et la grande prairie. Mais il fallait compter avec les eaux du Loir, si fréquemment débordées ; et d'ailleurs ce projet éloignait une fois de plus le voyageur des voies purement urbaines.
La Flèche prospère donc lentement, mais plus sûrement peut-être. L'Administration a été sage et prudente ; elle a suivi presque toujours ce principe : tout vient à point & qui sait attendre.
Sa population augmente, et, chaque année, nous voyons arriver de braves officiers suivant leurs fils internes au Prytanée et s'installer à La Flèche pour .y vivre et y mourir.
La ganterie, la minoterie, la papeterie surtout y prospèrent. La tannerie , vieille industrie de La Flèche , progresse par l'intelligente et habile direction d'un homme qui , libre et indépendant par sa fortune et sa position