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CHAPITRE DEUXIÈME

k^ MAISON ; BEAUMONT-BRIENNE. - AGNÈS, VICOMTESSE DE BEAUMONT, FEMME DE LODIS DE BRIENNE, DIXIÈME SEIGNEUR DE LA FLÈCHE. -- JEAN I^', VICOMTE DE BEAUMONT-BRIENNE, ONZIÈME SEIGNEUR DE LA FLÈCHE. — ROBERT, VICOMTE DE BEAUMONT-BRIENNE, DOUZIÈME SEIGNEUR DE U FLÈCHE. - JEAN II, VICOMTE DE BEAUMONT-BRIENNE, TREIZIÈME SEIGNEUR DE U HÈCHE. — LOUIS n, VICOMTE DE BEAUMONT-BRIENNE, QUATORZIÈME SEIGNEUR DE U FLÈCHE.

(De 1249 à 1364.)

Nous avons dit qu'Agnès de Beaumont avait hérité de ses frères et recueilli tout l'héritage paternel. Quatre années seulement après la mort de son frère Richard, elle épousa Louis de Brienne, troisième (ils de Jean, roi de Jérusalem, empereur de Constantinople, et de Bérengère de CastiUe.

La postérité de ce seigneur dut prendre le nom de Beaumont-Brienne.

C'était une grande et illustre alliance, quoique de toutes ces grandeurs, il n'en restât plus que Torabre. Si Louis de Brienne apportait un nom connu dans toutes les contrées de TOrient et de TOccident, Agnès, de son côté, se trouvait dotée de belles seigneuries et, en même temps, d'une position très-influente.

Louis de Brienne était, comme nous l'avons dit plus haut, fils de Jean de Brienne, mort presque nonagénaire en 1237, après avoir porté pendant huit années le titre d'empereur (1). Celui-ci était (ils d'Erard, comte de Brienne, et

(1) Qnestioo de la monnaie aux Croisades. {Revue de Deux Mondes. Les principautés frawfues, L.-G. Schlumborger. t. XV™«, 1»' juin 1876, p. 573.)

Jean de Brienne. « A peine en possession de leurs nouvelles et étranges principautés, « Ucs flottantes au milieu de ]*océan musulman , les chefs élus des croisés, les rois de Jéru- « salem, las comtes d*Edessc, les princes d'Anliochc, les comtes de Tripoli, songèrent à e frapper monnaie à leurs nouveaux titres. On sait quel fut, à ce sujet et de tout temps,

dés son enfance avait été destiné à l'Eglise; mais ne se sentant aucune vocation pour l'état ecclésiastique, il s'enfuit de Clairvaux où il était élevé par un oncle religieux dans cette abbaye. Un jour qu'il se tenait sur la porte du monastère, il fut reconnu par Simon de Broies, seigneur de Châteauvilain, son parent, qui l'emmena, lui donna une éducation militaire et le fit chevalier. Il prit la croix avec Gautier son frère et partit avec les seigneurs qui marchaient d la conquête de Constantinople. Mais Gautier ayant obtenu la couronne de Sicile , Jean l'accompagna dans son voyage de Naples et après sa mort prit la tutèle de ses enfants. On retrouve le nom de Jean de Brienne dans les chansons du roi poète Thibaut de Champagne.

Amauri II, roi de Jérusalem, étant mort, les barons de Palestine, connaissant tout le mérite de Jean de Brienne, lui offrirent la couronne avec la main de Marie , fille de Conrad de Montferrat et de la reine Isabelle. De ce mariage naquit lolande qu'il donna pour femme à l'empereur Frédéric IL Mais ce royaume de Jérusalem ne consistait alors que dans la possession de la ville d'Acre et de celle de Tyr. Frédéric II, étant passé en Palestine, dépouilla son beau-père et prit à son tour le titre de roi de Jérusalem. Jean de Brienne s'était rendu auprès de Grégoire IX , qui lui avait donné le commandement de son armée contre ce même Frédéric auquel il faisait la guerre dans le royaume de Naples.

« l'empressemeDt des conquérants, aussi bien des plus grands vainqueurs que des plus c minces aventuriers et des plus chëtifs parvenus : de nos jours encore , il n*est pas d« c principicule heureux, pas de président d*une république américaine, pas de commune

« révolutionnaire, qui ne se hâte de frapper monnaie à sa plus grande gloire

« .... 11 est encore un denier du roi Jean de Brienne presque introuvable qui mérite, lui « aussi , une mention spéciale : il rappelle l'événement le plus important de cette siiième

< croisade , dont les suites furent si désastreuses pour les restes des seigneuries franques

< de Palestine. On sait que les chefs de cette croisade, obéissant à un plan que devait « reprendre après eux et sans plus de succès le roi Louis IX, s'étaient décidés à aller

< attaquer les Sarrasins au cœur mémo de leur puissance , sur cette terre d'Egypte , d*où c ils retiraient leurs plus grandes ressources et leurs meilleurs soldats. La prise de « Damietto, après un long siège, devait leur assurer la conquête de la vallée du Nil. Au « mois de novembre 1219, les assiégés, décimés par la peste et la famine, ouvrirent leurs « portes et les croisés entrèrent dans la ville arabe, sans assaut, sans capitulation , sans c pillage. Un affreux spectacle Gt reculer d'horreur les premiers qui pénétrèrent dans cette « vaste nécropole ; les places publiques , les maisons, les mosquées, toute la ville était tf remplie de cadavres , et , de toute cette nombreuse population , 3000 habitants à peine « subsistaient encore. Damiette fut donnée à perpétuité au roi de Jérusalem, Jean de « Brienne, et chaque nation qui avait fourni un contingent à Tarmée eut une des tours de

H la ville De ce règne éphémère du chevaleresque Jean de

€ Brienne, futur empereur latin de Constantinople, sur cette terre d'Egypte si souvent « trempée du sang des croisés , il nous reste une petite pièce de biUon portant la tète couc ronnée du roi Jean, avec ces mots en latin : Jean, roi, et au revers, Damiette, Cette « monnaie sera toujours fort rare, elle ne dut, en effet, être frappée que durant ce court « intervalle où Damiette demeura au mains du roi Jean. C'est la seule monnaie d'origine « frauque qui ait jamais été frappée au temps des croisades sur la vieille terre des « Pharaons. ...»

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