‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 38 sur 251 · AGNÈS, FEHME DE LOUIS DE BRIENNE, DIXIÈME SEIGNEUR · texte numérisé non relu

AGNÈS, FEHME DE LOUIS DE BRIENNE, DIXIÈME SEIGNEUR

Quand en 4228, Robert, empereur de Constantinople, vint à mourir, il fut remplacé par Baudouin II , alors mineur. On jugea qu'il avait besoin d'un guide éclairé et on choisit Jean de Brienne que le pape fit venir à Riéti où se trouvaient les envoyés Grecs. Il fut réglé que le mariage de Baudouin et de Marie, fille de Jean de Brienne, arrêté dès ce moment, serait consommé quand tous les deux seraient en âge , et qu'attendu la jeunesse de Baudouin , Brienne serait couronné empereur et conserverait le pouvoir jusqu'à sa mort, époque à laquelle son gendre lui succéderait.

Ce traité fut accepté de part et d'autre et confirmé par le pape à Pérouse , le 49 avril 4229. Brienne avait alors 84 ans. En secondes noces il avait épousé Bérengère , fille d'Alphonse , roi de Castille , dont il eut trois fils et une fille (4).

Ainsi un simple chevalier français , gendre de deux rois , assis pendant quelques temps sur deux trônes prêts à s'écrouler, ne laissa en mourant que le souvenir de ses exploits et l'exemple d'une étrange destinée. Son fils Louis, quoique fils d'empereur, fut bien heureux de devenir le chef de la maison de Beaumont. Le jeune Baudouin , qui avait épousé sa fille, ne put conserver son déplorable héritage et sortit comme un fugitif de sa capitale, réduit à implorer la pitié des princes et des peuples.

En 4 253 , Louis de Brienne , vicomte de Beaumont , permit aux religieux de Saint-Hyppolite de Vivoin d'agrandir la cour de leur monastère. En 4255, nous le trouvons avec ses deux frères à la Cour d'Alphonse X. On se rappelle que sa mère était une princesse de Castille. En 4263 , il augmenta la fondation du parc d'Orques de 4200 livres de rentes à prendre sur les seigneuries de La Flèche, de Fresnay, de Sainte-Suzanne et de Château- Gontier. Il existe dans le chartrier du château de Gallerande un acte en date du mercredi suivant la Toussaint eu 4265, par lequel Louis de Brienne et Agnès sa femme, vicomtesse de Beaumont, etc., cousine germaine d'Auberée de Louvray, en faveur de son mariage avec Hubert de Clermont, font don de toute nature d'usage en la forêt du « Mélinais et de toutes choses < nécessaires où qu'elles soient dans leurs châtellenies du Lude et de La € Flèche pour leur hébergement de Gallerande et à charge que ladite Auf berée ou ses héritiers paieront au jour de Pâques-fleuries, chacun an, à € ladite dame Agnès et à ses héritiers une paire d'éperons dorés, etc., etc. »

La Flèche était châtellenie en 1265. Au 46"« et 47'n« siècle, elle est nommée baronnie. Où est le titre primordial?

Deux chartes déposées aux archives du Mans relatives à des donations indiquent que Louis de Brienne et Agnès de Beaumont vivaient encore en

(1) Ce fat on français^ Anselme ou Ânseau, seignear de Cayeux en Picardie, qui gou- Teroa comme régent Tempire latin de Constantinople après la mort de Jean de Brienne. Cç chevalier arait épous(5 la 01 le de l*empercqr Lascaris,

4285. Ils eurent plusieurs enfants, entre autres une fille, Jeanne, qui épousa Guy VII de Laval, et Jean qui leur succéda. Au nombre de ces enfants, nous devons compter Guillaume et Pierre de Beaumont-le- Vicomte qui, avec Bernard V de La Ferté , Guy VII de Montmorency, seigneur de Laval , et les deux Alain d'Avaugour, suivirent leur suzerain Charles, comte du Maine, frère de Louis IX, quand il partit pour faire la conquête du royaume de Naples et de Sicile (Hist. de l'Eglise du Mans, Dom Piolin. — Léopold Charles, Hist, d^ La Ferté). Les chroniques ne nous disent pas s'ils sont revenus de cette aventureuse expédition dont les brillants succès furent ternis par le supplice du jeune Conradin et par celui de Frédéric, duc d'Autriche, 4268.

Ménage cite un fait singulier qui eut lieu en 4468 du temps d'Agnès et de Louis de Brienne. La Sarthe qui passait alors au pied du château dont on aperçoit encore quelques restes, se sécha tout à coup et resta dans cet état pendant une heure et demie dans un endroit où les chevaux perdaient pied. — Per horam et dimidiam siccatm est, ita ut equi calceati sicâs ve^tigiis passent transire,

JEAN P', VICOMTE DE BEAUMONT-BRIENNE , etc., ONZIÈME

SEIGNEUR DE LA FLÈCHE

Jean P% vicomte de Beaumont-Brienne, épousa Jeanne, dame de La Guerche , de Pouancô et de Chàteau-Gontier, fille de Geoffroy de La Guerche et d'Emme de Château-Gontier.

Jean fut un des pleiges ( caution ) que Charles, comte de Valois et d'Anjou, donna à Guillaume, comte de Hainaut et de Hollande, pour les conventions de mariage de Jeanne de Valois , sa fille , le 49 mai 4305.

De son mariage avec Jeanne de La Guerche , Jean de Beaumont eut Robert, Richard, mentionné dans un titre de Marmoutier, Isabelle , qui épousa Geoffroy d'Ancenis et Anne , femme de Payen de Chourses , seigneur de Malicorne.

ROBERT DE BEAUMONT-BRIENNE , etc., DOUZIEME SEIGNEUR

Robert, vicomte de Beaumont, etc., épousa le 25 août 4303, Marie de Craon , fille de Maurice de Craon et de Mahaud de Malines.

Nous ne savons pas quand il hérita de son père Jeun de Beaumont : ce fut toutefois après 4305.

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