‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 56 sur 251 · HENRI DE NAVARRE, VINGT-QUATRIÈXE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

HENRI DE NAVARRE, VINGT-QUATRIÈXE SEIGNEUR

Le prince de Condé, septième fils de Françoise d'Alençon , épousa en secondes noces Françoise d'Orléans-Longueville. Ce mariage eut lieu à La Flèche même, le 8 novembre 4565 suivant Moréri, ou le 30 octobre 1564 suivant Burbure. Les seigneurs de la suite du roi assistèrent à cette cérémonie , qui dut se célébrer dans Téglise paroissiale de Saint-Thomas , ou peut-être dans la chapelle du château. Parmi eux , on distinguait le cardinal de Cbâtillon , le baron des Adrets , Jacqueline de Rohan , marquise de RothelîQ , mère de W^ de Longueville.

La famille de Longueville était issue du célèbre Dunois , bâtard d'Orléans , comte de Longueville; le flls de celui-ci échangea en 4505 le titre de comte pour celui de duc ; ses descendants obtinrent le titre de prince en

€ Les seigneurs témoins de ce mariage, dit Burbure, avaient suivi de- € pais le mois de septembre le roi Charles IX dans son voyage en Touraine c et d'Anjou qui eut lieu, en effet, en 4564 , et le quittèrent à Châteaubriant € pour venir aux noces du prince de Condé. »

En 4574, les avantages accordés aux Huguenots par la paix de Saint- Germain , ne donnèrent pas satisfaction complète aux chefs de ce parti. On essaya de dissiper leurs soupçons en proposant le mariage de la princesse Marguerite , sœur du roi , avec le jeune prince de Béarn.

L'année suivante , Jeanne d'Albret fut attirée â Paris par le mariage de son fils. Elle y mourut, dit-on, empoisonnée; si le fait est vrai, on peut le considérer comme le criminel prélude de la journée de la Saint-Bar- Uiélemy.

Nous passons rapidement sur les règnes de Charles IX et d'Henri III. Ce dernier prince , en lequel s'éteignait la branche des Valois , le duc d'Alençon l'ayant précédé dans la tombe, expira le 2 août 4589. Il avait été frappé la veille d'un coup de poignard par Jacques Clément, moine jacobin. Ce prince était âgé de 38 ans. La branche des Valois avait régné 464 ans, à compter de Philippe VI, et donné 43 rois à la France.

La succession en ligne masculine s'étend à l'infini d'après l'ancien droit français; Henri III, roi.de Navarre, premier prince du sang, quoique parent du roi du dix au onzième degré, lui succéda et prit lé nom d'Henri IV.

Son mariage avec Marguerite de France ayant été déclaré nul en 4 599 , il épousa Marie de Médicis en 4 600.

Lors de son avènement au trône, Henri voulut conserver son domaine particulier, notamment le duché de Beaumont , séparé et distinct de celui de la couronne. Il rendit des lettres patentes à cet effet , datées du 34 décembre 4 596 , mais le Parlement se refusa à leur enregistrement, par ce motif que < tout domaine particulier d'un prince qui parvient à la royauté, € est de plein droit réuni à la couronne. »

Après quelques instances de la part du roi , rendues sans effet par la fermeté du Parlement , disent tous les historiens , le duché de Beaumont fut réuni au domaine royal et la justice y fut exercée au nom du roi ; cette maxime de notre droit public n*a plus souffert depuis cette époque. Nous observons pour appuyer cette assertion que le duc d'Orléans , au moment d'être élu roi des Français, en 1830 , eut soin , avant son élection , de faire passer tous ses biens sur la tète de ses enfants. On a dit, à cette époque, qu'il avait pu échapper aux droits énormes qu'avait à exiger le domaine de l'Etat comme droits de donation et de mutation entre-vifs. Cependant Henri IV ne se pressa pas de se conformer à la loi sur le domaine de la couronne, car son édit de réunion ne fut rendu qu'au mois de juillet 1607. Dans ce môme édit , le roi fait réserve du duché de Vendôme en faveur de son fils naturel César.

Ici doit se terminer la première période de notre travail. La Flèche , cheflieu d'une simple seigneurie relevant du duché de Beaumont , n'est plus en mains royales à titre de bien patrimonial , et c'est à partir de cette époque que commence véritablement son histoire privée.

ÉDIT de dérogation d*Henri IV à Védit de réii,nion de tous ses damaiws à la couronne , du mois de Juillet é607, pour en excepter le domaine de Vendôme donné par lui à son fils naturel César, né de Gabrielle d'Estrées.

Henry, par la grâce Dieu , roi de France et de Navarre , etc. Nous avons par notre édit du mois de juillet dernier (1607) déclaré que les duchés, comtés, vicomtes et baronies et autres seigneuries de nostre ancien domaine de Navarre mouvant de nostre couronne de France ou des parts et portions du sacré domaine d'Icelle, de nostre avènement à tel Etat sont demeurés incorporés et unis à ce qui est dudit sacré domaine de France et devenus de môme nature et condition que le reste en général d'Iceluy et d'autant que par contract du troisième jour d'avril mil cinq cent quatre vingt dix huit vériffié en vertu de nos lettres patentes sur ce expédiées le quinzième jour du mois partout ou besoin a esté muni de zelle et affection paternelle envers notre très cher et bien aimé fils naturel et légitime Cesard , nous luy avons par donation faitte entre vifs , délaissé à luy et aux siens specifSé par ledit contract, le duché pairie de Vendosme et pays de Vendômois dudit ancien domaine de Navarre , estant notre intention que icelle donation sorte

son plein entier effet, sçavoir faisons ,

Avons déclaré et par ces présentes signées de nostre main , déclarons

qu'en faisant ledit édit du mois de juillet dernier (4607) pour l'union de nostre ancien domaine de Navarre à celuy de France, nous n'avajis entendu.

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