EN TOURAINE
d'Ambillou.
Par lettres patentes enregistrées le 4 mars 4 599, Henri IV attribua de nouveau à la sénéchaussée et siège présidial de La Flèche la justice temporelle de la prévôté d'Anjou en l'église de Saint-Martin de Tours, composée de sept châtellenies. Les officiers de Baugé prétendirent qu'elle était de leur territoire et s'opposèrent inutilement à l'enregistrement de ces lettres patentes.
Ces sept châtellenies comprenaient les paroisses ci-après :
Chenu, la Bruère , Noyant, Meon , Savigné, Genetay en partie y Précigné id., Parce id.
Ce ne fut qu'en 4 597 que fut fait le procès- verbal de l'érection du présidial de La Flèche. Messire Denis Sebo, conseiller du roi et membre du Parlement, fut chargé de l'exécution de l'édit d'Henri IV, créant la sénéchaussée et siège royal et présidial de La Flèche , daté de Lyon en septembre 4 595.
Au mois d'octobre 4597, ce conseiller prévint Maître François Allory, substitut du procureur du roi , pour mettre cet édit à exécution. Il ne put arriver à La Flèche que le 23 octobre, ayant dû s'arrêter à Tours, la route n'étant pas sûre. Il fallait, en outre, que les magistrats eussent le temps de donner assignation au prévôt du lieutenant-général de La Flèche , au
appeUations des sénéchaux de Saint-Jean et d'Azé de la même ville, ressortiraient au présidial d*Àngers. Cette diversité de juridictions dans une même ville et Téloignement des lieux d'où elles ressortissaient , ont servi de motif à l'érection d'un siège présidial à Chftteau- Gootier, avec accroissement de retendue de la sénéchaussée. Ce siège a été établi par lettres patentes du mois de juiUet 1639.
procureur syndic, aux députés de la ville, aux abbés, religieux des couvents du Mélinais et de Saint-Jacques de La Flèche, de Bourgueil,de Vivoin, de Cliûteau-rHermitage, à l'abbesse et religieuses du couvent de la Fontaine-Saint-Marlin , aux prieurs, religieux et couvent des chartreux de Notre-Dame ***, (1) aux prieurés de Saint-Thomas de La Flèche , Notre- Dame-des-Champs ; Saint-Pierre de Leschau, Saint-Pierre de Verron,de Sainte-Colombe, de Luché, Clerraont, Mareil, du Lude, de Savigné-sousle-Lude, du Raillon, Chalonnes, d'Artbezé, de Bousse, deThorée, Dissay et Sainte-Croix du Verger, la commanderie de Thorée, aux seigneurs prince de ***, baron de*** et prince de ***, aux sieurs comte du Lude, comte de Montsoreau, sieur de Bouille, comte de ***, comte de Montgomery, sieur de Malicorne , du Bellay, Banville et la dame de ***, aux barons de JuUiers, de la Roche-Simon, aux sieurs de Sancerre, de la Motte ***, marquis de Gallerande et Clermont, vicomte de Neuvillette, aux sieurs de la ***, de Bonnefontaine , de la Marsolliére , Turbilly, de Saint-Germain, de la Courbe, du Lude, de Cré, Fougeray, de Pouillé, de Boislanfray, de Gouys, Martigné, Braie, de la Lande, du curé des Essards, de Chûleau- Sénéchal, de MaroUes, du Bailleul, de Fontaine-Gauthier, de la Chenellaye, de la Motte-Guérie, de Broc ***, de Courcelles, de Mézeray, des Grandes-Maisons, la Gautraie, de Clefs, de Chalonnes, du Plessis- Scionnet et de Maigné , et aux sénéchaux d'Anjou et du Maine ou leurs lieutenants généraux , lieutenant général de Baugé , prévôt, lieutenant général de Chàteau-Gontier, bailli de Sainte-Suzanne, de Beaumont, Fresnay, ***, Sonnois, Château-Sénéchal, Gallerande, Mareil, le Lude, ***, procureur syndic desdits lieux et communautés d'iceux et autres ecclésiastiques, seigneurs, juges et communautés ***, tant du duché de Beaumont qu'autres lieux du ressort et des *** de la sénéchaussée et siège royal et présidial de La Flèche , compris audit édit , à comparoir par devant Nous au palais royal de La Flèche, lieu destiné pour tenir siège dudit siège royal et présidial dudit lieu, le lundi 27 octobre , sept attendant huit heures du matin, pour voir par nous procéder à rétablissement de ladite sénéchaussée, siège royal
et présidial
Le conseiller du Parlement arriva le 23 octobre et descendit chez Messire Jacques Denyau , receveur du huitième du duché de La Flèche. Il fit assigner, par le sieur Cavon, substitut, Messire Jacques Gauthier, président du présidial , Paul Cindan , sénéchal , Charles Fourreau , lieutenant général , René Dubois , lieutenant particulier, Paul Bodindan , lieutenant criminel, Jean Fourreau et Gabriel Michel, conseillers, François AUory, substitut du procureur général , Charles Cour***, prévôt des maréchaux pour Tinstallation.
(l) Les noms remplacés par ce signe *^* étaient illisibles dans le titre.
Le 25, les anciens ofliciers du palais furent confirmés dans leurs fonctions.
Le 27, le conseiller au Parlement fut, à 7 heures du malin, entendre la messe du Saint-Esprit à l'église de Saint- Thomas, accompagné de Messire Paul Cavon, substitut, suivi de ses présidents, du sénéchal, du lieutenant, des conseillers et du procureur du roi.
A ce cortège étaient venus se joindre Guillaume Fouquet, sieur de la Varenne , gouverneur de la ville et du château de La Flèche , ses prévôts des maréchaux et son lieutenant à Château-Gontier, René de la Porte , procureur syndic, Messire Jacques Denyau et Jacques Fontaine , députés de la ville de La Flèche, et un certain nombre d'habitants.
M. de la Porte, procureur syndic, Messire Jacques Denyau et Jacques Fontaine, députés de la ville, acceptèrent Térection et aussi au nom des religieux de Saint-Jacques, du couvent de Bourgueil et du prieur de Sainte-Colombe.
Messire Guillaume Le Febvre , sieur de la Valette , bailli du Sonnois , pour Monseigneur François de Bourbon , prince de Conti et baron du Sonnois, et Jacques Dav oust, procureur fiscal de ces baronies, déclarèrent qu'ils ne voyaient rien de préjudiciable aux intérêts du prince dans rétablissement du présidial , mais qu'ils n'avaient pas pu avoir son consentement, vu le court délai et sa présence près du roi au camp de Doulens. Ainsi de Messire Louis de Rohan, prince de Guéménée et pair de France, et de Messire François de Champagne, baron de la Roche-Simon.
Messire Odet de Saint-Denis, chevalier de l'Ordre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur de la ville et château d'Alençon , seigneur et baron de Fresnay, ne met pas d'obstacle à l'établissement du présidial pourvu que l'exercice de la justice soit dévolu à ses officiers à Fresnay et ne leur fasse aucun tort.
Pour différentes raisons , Messire François de Daillon , comte du Lude , déclare qu'il s'oppose à l'établissement du présidial. La même déclaration fut faite par la sénéchaussée du Maine et autres magistrats.
Messire René de Laval , chevalier des Ordres du roi , seigneur de Boisdauphin, baron de Sablé, fait remontrance que les sieurs deMalicorne, de Gallerande et de Courcerriers , étant ses vassaux , et devant être soumis à la juridiction du présidial, il s'oppose à son érection.
Malgré ces oppositions, le conseiller requerre qu'il soit passé outre et procédé à l'exécution de l'édit.
Après cela, toute l'assistance, ainsi que M. Fouquet de la Varenne, se rendirent à l'église de Saint-Thomas et on y chanta un Te Deum laudnmus, le psaume Exaudiat et autres prières en action de grâces et pour la prospérité de la santé du roi.
Cette création d'un siège royal et présidial donnait une véritable irapor-
tance à la ville de La Flèclie. Elle en fut dotée très-probablement par suile de rinfluence bien établie déjà de la Varenne.
Cette faveur n'avait pas été appréciée partout de même; car noas lisons dans les cahiers de charges de la ville de Troyes pour les Etats généraux de 4560:
« Quant à la justice , elle estoit aussy bien administrée, quand il n'y « avoit que ung prévost et son lieutenant avec ung bailly et ses lieutenants « civils et criminels, comme elle est maintenant avecla multitude d'ung « président et des conseillers présidiaulx qui ne servent qu'à augmenter « les fraicts de justice, d'aultant qu'il fault espices plus fort pour garder « justice de corruption , et si on dict vulgairement qu'il fault à chascun « sainct sa chandelle , aussy il y a plus grande suspicion d'injustice, car « souvent ung barbier raze l'aultre. »
L'établissement du présidial devait concentrer les principales affaires dans la ville de La Flèche et c'était là un des principaux motifs de l'opposition de différents seigneurs, (i)
La nécessité d'établir des communications promptes et faciles surtout avec les lieux soumis à cette juridiction et les plus éloignés, se fit nécessairement sentir; et nous voyons en cette même année établir un messagère de La Flèche à Château - Gontier par le conseiller Charles Fourreau :
« Sur ce qui nous a été démontré , dit-il dans le titre original , par le € procureur du roi à ce siège , qu'il est nécessaire pour nous de commettre « un messager de cette ville à Château-Gontier et le Mans pour la poste « des sacs (à procédure) tant pour des particuliers qui auront besoin « à ce siège, pour la conduite des prisonniers que pour la conserve et com- « modité de ceux qui y négotient, lequel soit nommé pour pouvoir mener « un ou deux chevaux dorénavant pour la nécessité des allants et venants « et qui puisse bailler comme et pour caution un gage fixé à la somme de « cinq cents écus et ne commette aucun fait , abus ou malversation de ladite « charge »
Le sieur Peigné , ayant été présenté à Messire Charles Fourreau comme pouvant remplir toutes les conditions requises, ce service lui fut confié et le règlement établi pour le port des sacs à procédure et la conduite des prisonniers aux grefiiers de chaque ressort.
(1) Deux erreurs dans le titre que nous citons ici an sujet dn présidial.
Il est dit :
lo Duché de La Flèche. — Or La Flèche, siège da duché de Beaumont, n'a jamais été titrée que baronie,
3* Fouquet de la Varenne était gouverneur des ville et château d'Angers. Ce fut son fils René» baron do Sainte-Suzanne, qui fut nommé par Henri IV gouverneur des viUe et château de La Flèche.
Le litre est signé Charles Fourreau; au-dossous se trouve rengagement da sieur Peigné, du 10 novembre 1597.
Cette même année paraît une ordonnance pour le pavage de la ville de La Flèche.
« Sur ce qui a été démontré au procureur du roi à ce siège et nos juge- « menls par lesquels nous avions ordonné que les lieux destinés au pavé € des rues de cette ville seraient pavés tant pour la commodité des hahi- « lants d'icelle que al lans et venans, serait bon pour la pauvreté notoire € des habitants de ladite ville permettre sur partie dudit pour aux années « prochaines redresser seulement dudit pour des deux côtés le long des € rues d'icelle ville, attendant commodité pour Tannée prochaine — avons € ordonné que dedans quinzaine tous les habitants de ladite ville feront « conduire et amener chacun devant soi la pierre froide propre à paver à < au devant de chacune de leurs maisons sur une toise de large.... »
Pour cette opération , on vint en aide aux plus pauvres , et tous les habitants durent se conformer à ce qui a — esté commencé en la rue des Bancs. Il fut publié, en outre, d 6an en pu6/ic, que chacun devait une fois par semaine nettoyer devant son domicile , et qu'il était défendu de laisser dans les rues ni mottes , ni immondices, fumiers ou boues; tous les sergents attachés au siège royal de la ville durent veiller à l'exécution de cet arrêté, chacun dans son quartier, et sous sa responsabilité personnelle. Il n'y eut de nivellement d'exécuté qu'en 1643.
Le 23 septembre 1598, sur les remontrances du procureur du roi, tous les notaires et sergents de La Flèche furent interdits dans leurs fonctions jusqu'à ce qu'ils eussent reçu leurs lettres brevets de la grande chancellerie par suite de l'érection du présidial et siège royal de La Flèche ; ce jugement est signé Fourreau, Gabriel Michel , Davoust, Brecet et Lozy.
L'établissement des foires franches à La Flèche date du 31 décembre 1599. Les foires franches étaient celles qui n'étaient soumises à aucuns droits féodaux. Ces foires, accordées par Henri IV, s'étant trouvées à des jours incommodes, les maire et échevins présentèrent une requête à Louis XrV pour qu'ils eussent la faculté d'en choisir d'autres. Par un arrêt du Conseil du roi du 10 novembre 1671, elles furent ainsi fixées : la première le mercredi avant le carême, la deuxième le mercredi précédant la Quasimodo, la troisième le mercredi précédant la Pentecôte, et la quatrième le mercredi précédant la Toussaint.
Cet arrangement fait à l'instance du sieur Bertereau, conseiller et maire de La Flèche, fut maintenu jusqu'en 1790. A cette époque, au lieu de quatre, il y eut neuf foires établies, dont une le 4 de chaque mois, depuis Vendémiaire jusqu'au 4 prairial inclusivement. En l'an X de la République, un arrêté des consuls les fixa à l'un des mercredis des neuf premiers mois de l'année républicaine.
A cette heure , marché ou foire tous les mercredis.
Au mois de juin i 599 , Henri IV accorda aux habitants de La Flèche le droit d'apétissement (diminutio) des menus vins et autres boissons vendues dans cette ville, baronie et quinte (quinte, coutume d'Anjoa — certains quartiers de la ville , ses faubourgs et quelques villages des environs dans lesquels le prévôt rendait la justice).
En 4603 , les jésuites , réintégrés en France, reçurent des mains d'Henri rv le Chàteau-Neuf de Françoise d'Alençon pour y établir leur fameux collège.
En 4604, deux portes de ville, à 235 livres furent « bâties pour empetcher « l'ennemi. »
Nous retrouvons cette même année une nouvelle ordonnance pour le pavage de la ville signée Salmon , et pour quittance par Michel , paveur. La ville en fit les frais.
En 1606, adjudication des halles. (Voir chapitre suivant.)