IX
FORQUEVAULX A CATHERINE DE MéDICIS.
La Royne (2) m'a dit que le Roy son mari mande à son ambassadeur qu'il parle de haute gamme à Vostre Maiesté du faict de la Floride, et n'a voulu n'en rien dire à moy, ny eut voulu que le duc d'Albe m'en eust sonné mot, car c'est à vous. Madame, quMl s'en veult adresser, et prend Taifaire fort à cœur : tellement que ma dicte Dame a opinion que quelque altération de vostre amitié s'en pourroit ensuivre voulant soustenir ou deffendre ceulx qu'ils disent usurpateurs de la Floride, le luy ay respondu que si c'est chose usurpée par les Espaignols il desplairoil à Vostre Maiesté de favoriser en ccUa vos subiects : mais qu'il ne faut pas aussi pour estre menacez laisser et quitter le sien. Car s'ensuivroit que chascun iour Ion vous useroit de bravades, et que la France Dieu mercy a faict teste à quiconque l'a assaillie, et se deffendra de qui Tassaul-
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Madrid, 25 décembre 1565.
Catherine de Médicis a de Forquevaulx.
...;. Au demeurant par ce que le désire plus que nulle chose entretenir l'amitié qui est entre ces deux grands Roys, mes enfans ,
(1) Manuscrit 10751, fol. 102, iuédit.
(2) Elisabeth de Valois.
(3) Manuscrit 10751, fol. 131. Cf. du Prdf, p. ai2.
et voir cesser toute occasion contraire , i'attends en bonne dévotion à sçavoir comme aura esté prinse par délia la response que dernièrement nous fismes à Tours à l'ambassadeur d'Espaigne sur r instance qu'il faisoit encor du faict de la Floride^ par où ils auront bien conneu de quel pied nous y cheminon^ car nous ne prétendons rien en cest endroit que conserver une terre^ qui pieça a esté descouverte et possédée par des François : comme le nom de la terre aux Bretons le tesmoigne encore assez et non pas entreprendre sur le sien : en quoy si nos gents s'estoient oubliez ils sont bien asseurés d'estre chastiez durement^ qui me faict croyre que s'ils connoissoient aprez le commandement qu'ils en ont eu^ et qui leur a esté assez de fois reitéré despuis y avoir mespris , qu'ils ne faudront à se retirer hors de ce qui ne sera dudict sieur roy d'Espaigne. Car telle est l'intention du Roy mon fils^ qui entend^ et moy aussi, que quand on vous parlera de cest affaire par della^ vous en respondiez suivant ce que dessus^ et que ce n'est pas chose dont nous ayons iamais autrement faict cas^ sinon autant que les princes doivent estre ialoux de ce qui est leur, et regarde leur honneur et autorité, à quoy ie m'asseure aussi que de leur cousté ils ne voudront toucher, qui est tout ce que vous aurez de moi pour asture (1).
Moulins, 30 décembre i565.