‹ Histoire de la Floride françaiseChapitre 54 sur 72 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

FORQUEVAULX AU ROY.

Sire, un Espaignol nommé capitaine Parra s'en ira bientost à la Floride avec commission du roy d'Espaigne de desterrer un trésor estimé quatre cent mille escus, ou plus : sur le donner entendre et relation de certain soldat françois qu'il tient secrètement en sa chambre, bien gardé, lequel soldat a promis de monstrer ledict secret sur sa vie, disant que lors de la première arrivée des François à la Floride, il fut. un iour, luy sixième, courre dans le pais, où ils s'encontrerent sur une troupe d'Indiens, qui s'en fuyoient de peur

(i] Tel D*était pas Tavis de Melendez. Nommé peu après commandeur de Sainte- Croix de la Sarre « U feit encore le desdaigneux,car U 8*en estoit promis une meil« leure. • Lettre de Forquevanlx à Charles IX, datée de Madrid, 19 janvier 1568, manuscrit 10751, fol. 1154.

(2) Manuscrit 10751, fol. 975. Cf. du Prat, p. b47.

452 LETTEB9 ET PAPIEIS D*£STAT

desdiets François, et esloint chargez de grandes pièces d'or et d'argent marquées dn coing d'Espi^^ne, de la valenr à son advis de quatre cent mille escus, on daTantage, et d'autres richesses, le tout estant venu an pouroir desdiets Indiens, par bris et naufrage de navires qui aToint donné à traTcrs en ladicte coste, comme cesdicts six François sceurent par les fuyants, en nombre de vint, qu'ils tuèrent. Cella faict, Ds cachèrent sous terre le butin, ayec grand serment entre eux de n'en dire mot à capitaine ny à autre personne ; ains le reserrer pour eulx six, quand ils rerront leur commodité de le pouToir sauver, et s'en retourner en France ; desquels six les cinq furent tuez à la deffaicte de lehan Ribaut, et n'en est demeuré que le denontiateur, lequel offre de franche Tolonté de retourner à la Floride, sur les belles promesses qu'on lui a faict, s'il monstrera ce qu'il dict.

Pierre Melendez partira cest hyrer, et mènera environ quinze cents hommes, tous ieunes et la plus part mariez, et iront «leurs femmes avec eux pour peupler la Floride, et cultiver les terres, à ces fins feront besoing pluâeurs navires. Il est tous les iours au conseil des Indes à consulter et presser ceux du conseil pour son embarquement, et pour avoir les choses nécessaires, mesme qu'il ne laissa vivres- dans les trois forts quand il partit, qui fut le iour de la Feste-Dieu, sinon pour trois mois, encore estoit-ce à vivre si sobrement, qu'ils n'auront pour homme que dix onces de farine chascun iour, et bien leur aura servi d'aller à la chasse et pescher du poisson, car leur portion est bien maigre â durer longuement. Après qu'il aura refraischi lesdicts ports , il donnera plus avant en pais pour descouvrir et peupler; et mettra toute diligence de se bien asseurer de ladicte Floride, et provinces adjacentes à plus de deux cents lieues au dedans, afin de iouir plus librement de la navigation des autres Indes descouvertes et à descouvrir : et le prennent icy fort à cœur, mais pour ce commencement ne leur seront envoyez

que trois nafires avec quelques vivres en attendant la flotte

Madrid, 42 septembre 1567.

DE ?OBQUEVACLX. 453

FORQUEVAULX A CaTHBRINB DE MÉDICIS.

Et sont (2) icy avec leur Pierre Melendez pour adviser les

moyens d'empescher que yos limites ne s'advancent par la mer^ et que Tos subiects ne naviguent que par leur mercy, et des Portugois comme i'ay desia escript à Vos Maiestez. En quoy n'espargneront chose du monde pour en venir à bout : car ils sont coustumiers de poursuivre à bon escient ce qu'ils ont une fois entrepris et com-

mancé

Madrid^ S3 septembre 1567.

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