‹ Histoire de la Floride françaiseChapitre 55 sur 72 · LU · texte numérisé non relu

LU

FORQUEVAULX AU ROY.

L'un et l'autre (5) sont délibérez de garder non-seulement le

conquis, ains aussi de faire mourir touts ceulx qui navigueront aux terres qui restent à descouvrir, et ce cœur ont-ils prins depuis avoir veu que les massacres du Brésil (6), de la Floride et d'infinis autres endroits sont mis en oubly : et qui en a mal son dam.

Madrid, 30 novembre 1567.

(1) Manuscrit 10751, fol. 1008, inédit.

(2) Les Espagnols.

(3) Manuscrit 10751, fol. 1030, inédit.

(A) Id., fol. 1083, inédit.

(5) Les rois d'Espagne et de Portugal.

(fi) Allusion à la colonie fondée au Brésil par Villegagnon, et détruite par le Portugais Men de Sa apr^s son retour en France. Cl Bévue politique et littéraire, 15 août 1874.

454 L&TTflBS ET PAPIERS O^ESTAT

un (1).

FORQUITAULX AU RoT.

Le capitaine lehan Pardo gouyerneur du fort de la poincte de

Saincte Hélène, en la Floride , a escript avoir envoyé trente de ses ses soldats sur un brigantin en contremont la rivière dudict Saincte Hélène, environ cent lieues^ et estans les aucuns d'iceulx descendus en terre du costé de nort, ils sont allez trente lieues par terre, s'esloignant de ladicte rivière, et ont trouvé au pied des montaignes une ville ouverte, les maisons basties de pierre, et un petit chasteau aussi de la pierre, où il y avoit une tour. Les habitans sont paisibles, et semblent bonnes gents; ils sontvestus de chemises de cotton et de fourreures de diverses bestes.

Ils servent mahis et autres grains. 11 y a des bœufs, mais ils sont petits, la terre est fertille, et ont arbres portants diverses espèces de fruicts bons à manger. Il y a des mines d'or et d'argent : et dirent auxdicts soldats que quelques ioumées plus avant y avoit une poplation d'hommes barbus, ne sçauroint entendre s'ils sont François ou Ëspaignols : ny aussi peu leur fut permis de passer ouitre : bien leur donnèrent lesdicts Indiens à manger et des vivres pour leur retour à leurdict brigantin, et ainfin s'en retournèrent audict fort.

L'opinion (2) desdicts descouvreurs est que ladicte rivière va à Canada, et qu'il y a passage pour aller à la mer de Sud et à la Chine comme i'entends; sembiablement que Pierre Melendez le dict et maintient. A ces fins il faict faire en Biscaye douze navires de robei^es, de deux cents thonnaulx la moindre, lesquelles seront prestes pour apvrii qui vient', auquel temps il faict estât de repasser à ladicte Floride, et faire merveille par delà comme i'ay escript par aultre advis (3).

Au fort dudict Floride qui s'appelle S. Matheo (lequel Melendez print sur les François) y a deux cents hommes. Au fort Sainct Augustin qui est le port où] il descendit, y a autres deux cents, et au fort de Saincte Hélène ne sont que cent soixante. Touts lesquels hommes feroint petite deffense, car eulx et leurs forts ne valient

(1) Manuscrit 10751, foL 1091, iaédiU

(3) C'était aussi ropinion de Cartier {EelatUm de son voffage, éd. Chaiton, passim). et deMenendes (Cf. Parlanan, Pkmnfers firtmçab en PUnide, p. 67). (S) a. Lettres XIJX et L.

DE FORQUEVACLX. 455

guère, selon qu'il in*a esté dict; yray est qu'ils ont de Tartillerie. Melendez est allé à Seville fréter troys navires et les charger de farines. Tins et autres vivres pour les envoyer auxdicts forts , qui en sont à Textrémité.

En la coste de Cube, et de TEspaignolle, y a huict navires fran- ^ois, (lui ont bruslé quelques villages desdictes îles ; il n'en faudroit

guères davantage pour forcer les trois forts susdicts

Madrid, 3 novembre 1567.

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