I. ËTA.T ACTUEL DE l'ORDRE DES FrÈRES MiNEURS
J2. But et méthode de cet ouvrage. — 3. Un mot sur les
^SOURCES DE l'histoire FRANCISCAINE.
Pas plus que les génies ou les saints qui leur donnent naissance les grandes institutions ne sont le fruit d'une géné- Tation spontanée. EUes sont l'aboutissement de lentes germinations poursuivies à travers les âges, et souvent leur succès €st dû aux ébauches imparfaites qui les ont précédées.
A la fin du XII® siècle un mouvement de réforme travaillait la Société. Gn vit se former des Associations pieuses qui, «ous le nom de Fraternités de la 'Pénitence, groupaient des hommes de toutes conditions, des laïcs et des clercs, des artisans et des pauvres aussi bien que des bourgeois et des seigneurs, en vue de retrouver la paix dans la pratique de la pauvreté et de la charité évangéUques.
C'est de ce renouveau de la vie chrétienne qu'est né i'Ordre des Frères Mineurs.
h^s Frères Mineurs QVi Franciscains ont été fondés en 1209 par saint François d'Assise.
La corde blanche dont ils se ceignent leur fit donner en iFrance le nom de Cordeliers ; la couleur de leur habit celui de Grey Friars, Frères Gris, en Angleterre ; les sandales qui ■leur servent de chaussures celui de BarfUsser^ Pieds-nus, en Allemagne.
Vni INTRODUCTION
Le Supérieur de chaque résidence ou couvent est appelé Gardien.
Les couvents franciscains ne sont pas comme les monastères bénédictins, indépendants les uns des autres. Groupés en Provinces, ils sont soumis à un Ministre provincial.. L'ensemble des Provinces constitue l'Ordre entier gouverné par un Ministre général.
Une pauvreté si rigoureuse qu'éUé exclut toute possession individuelle ou collective et qu'elle interdit l'usage de l'argent et la réception de revenus fixes est le caractère distinctif de la Règle franciscaine. Pratiquer une désappropriation si absolue ne va pas, pour un Ordre qui se livre en même temps aux travaux apostoliques et scientifiques, sans de grandes difficultés. C'est pourquoi, dès la seconde moitié du XIII®" siècle, des mitigations et un fléchissement de la discijphne régulière se produisirent qui amenèrent chez les religieux désireux de rester fidèles à la lettre de la Règle et à l'esprit de saint François, des réactions et des réformes,
La première en date est celle des Observants ou Ohserv antins. Les débuts furent des plus pénibles. Héritiers des Spirituels (en particulier d'Ange de Clareno), qui avaient tenté de se séparer de l'Ordre, et que Jean XXII avait condamnés, les initiateurs de l'Observance (1334) souffrirent tout d'abord d'être tenus en suspicion par les supérieurs.. Gentil de Spolète fut même emprisonné (1355). Enfin, Paul de Trinci, quii était de noble famille, réussit, en 1368,. à faire accepter la réforme ; c'est-à-dire qu'il obtint, pour l'es zélàteuirs de la pauvreté, la permission de quitter les couvents construits à grands frais dans les villes et de se retirer dans lés ermitages.. Pendant la seconde moitié du XIV® siècle, ils se répandirent assez rapidement en ItaHe et en France. Ils cessèrent alors, de se confiner dans les solitudes et rentrèrent dans les cités..
Le nom de Conventuels, qui avait servi jusque-là à distinguer les Frères habitant un couvent de ceux qui résidaient: