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ATTITUDE DE BONIFACE VIII

moins propice que jamais pour les réclamations du clergé. En effet, l'année suivante le pape confirma le privilège d'exemption et tous les autres privilèges contenus dans le Mare magnum (ii novembre 1295), ce qui excita les protestations du célèbre Maître Gilles de Rome 33. De leur côté les Supérieurs de l'Ordre s'efforçaient d'éviter les causes de conflit. Le Chapitre général des Frères Mineurs tenu à Paris en 1292, élaborant une nouvelle rédaction des Constitutions de Narbonne, y avait, fait entrer de pressantes exhortations pour que la concorde avec le clergé séculier ne fut pas troublée ^4.

Ces ordonnances furent-elles fidèlement observées?... Forts de l'appui du Saint-Siège tant de fois et si nettement manifesté, les Frères n'abusèrent-ils pas de leurs droits, ou gardèrent-ils seulement une prudente discrétion dans l'exercice des libertés si larges que leur conférait la bulle Ad fructiis uberes ?... Des plaintes affluaient de nouveau à Rome 35.

Peu à peu Boniface VIII leur prêtait Toreil le. On se plaignait en particulier des fondations nouvelles des Mendiants et des changements de lieu qu'ils opéraient suivant leur convenance et leurs commodités, avec un peu trop d'inconstance. Il leur interdit alors de fonder pu de transférer leurs couvents sans une permission spéciale du Saint-Siège (1296). Il déclara la même année, que les pactes et concordats conclus entre les Religieux et le clergé séculier seraient valides, même s'ils n'étaient pas confirmés par les Ministres 36.

33 Cf. Bull, fr., t. IV, p. 370 s.; Hist. litt. Fr., t. XXX, p. 428.

3* Arch. f. Litt. u. Kirch., t. VI, p. 95, n. 5.

35 Cf. Bibl. Nat. Ms. lat. 3120, ff. 55-59 un nouveau mémoire de Thomas de Pontoise adressé à un successeur d'Honorius IV et qui est une amplification des mémoires précédents.

38 Bull. jr. t. IV, p. 424. — Le 5 mai 1298, il renouvelle cependant l'approbation des Prêcheurs et des Mineurs, puis celle des Carmes et des Ermites de S. Augustin en suspens depuis le concile de Lyon, 1274.

Mais le privilège de Martin IV était toujours le principal objet des réclamations ^7. Elles devinrent sans doute si nombreuses, et aussi peut-être, les abus des Frères si évidents, que Boniface VIII se résolut à publier une constitution qui allait fixer équitablement les droits des uns et des autres. Ce fut la célèbre bulle Super Cathedram (18 février i3oo) 38.

Elle réglemente les rapports des Religieux avec les curés sur trois points : \° au sujet des prédications : Les Frères pourront prêcher en toute liberté dans leurs églises et sur les places publiques sauf à l'heure où les prélats du lieu prêcheront ou feront prêcher devant eux. Ils ne prêcheront pas dans les églises paroissiales sans l'invitation ou la permission du curé ; 1° au sujet des confessions : L'autorisation de l'Ordinaire est obligatoire ; l'examen et le choix des Religieux pour ce ministère est laissé au jugement des Supérieurs qui devront les présenter eux-mêmes et en nombre limité proportionnellement au chiffre des clercs et de la population. S'il arrivait que de parti pris l'évêque les refusât tous, les Frères légitimement proposés auront le droit de confesser avec les mêmes pouvoirs que les curés ; aucune allusion n'est faite à l'obligation de la confession annuelle au curé ; 3° au sujet des sépultures ; les Frères pourront librement donner chez eux la sépulture à ceux qui le désireront, mais ils devront donner aux curés le quart des offrandes, legs ou dons qu'ils auront reçus.

Boniface VIII supprimait, en terminant, tous les privilèges précédents, en particulier celui de Martin IV

37 Le 18 juin 1299, Guillaume de Flavacourt tint avec ses suffragants un concile provincial dont le sixième canon n'accorde le droit d'absoudre des cas réservés qu'à des Religieux connus et déterminés et maintient pour tous les fidèles l'obligation de la confession annuelle au curé (Hefele-Leclercq, op. cit., t. VI, P, I, p, 458).

38 Bull, fr., t. IV, p. 498-500.

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