LES SPIRITUELS (GROUPES ET CHEFS
Dans toutes les Provinces de l'Ordre, on trouve à Ja fin du XI IP siècle les traces plus ou moins nettes du relâchement que nous avons esquissé plus haut ». Cependant la résistance des Spirituels à ce fléchissement de la vie franciscaine s'était localisée dans la France méridionale et en Italie, particulièrement dans les Provinces d'Ombrie, de la Marche d'Ancône et de Toscane 2. Les Provinces septentrionales de la France,
1 Après avoir relaté le Chapitre de Montpellier (1287), Glassberger (p. 104) ajoute : <( Et continue decrescebat Ordo in provinciis, praelatis Ordinis ad dignitates ecclesiasticas volantibus, et visitatoribus rigîditate nimia fratres potius exasperantibus quam emendantibus, donec propter multimodas divisiones et relaxationes totus Ordo coUapsus est. » Ces derniers mots, empreints d'une évidente exagération, anticipent d'une cinquantaine d'années.
2 La Portioncule ne fut pas, comme on pourrait le croire, le centre de la résistance spirituelle, le bastion des zelanti dressé contre la Communauté qui du Sacro Convento régentait l'Ordre entier. « La Portioncule et la Basilique, dit M. Sabatier, ont incarné et incarnent encore les deux conceptions contraires du mouvement franciscain : l'observance ■et le conventualisme. » (Spec. Sab,, p. 268). Rien ne vérifie cette vue romantique de l'illustre historien. D'après les découvertes faites dans les archives du Sacro Convento, les ressources financières des deux monastères étaient mises en commun, ce qui ne favorise pas l'idée d'un antagonisme de principes. (Cf. B. Kleinschmidt, O. M., Zur geschichte
des Portiunkulaablasses. dans les Franz. Stud., t. III, 1916, p. 205- 213). Nous savons aussi par Ubertin de Casale qu'à la Portioncule comme au Sacro Convento on recevait des offrandes pécuniaires depuis longtemps déjà quand un privilège de Nicolas IV (15 mai 1288) (Bull, fr., t. IV, p. 23) confirma cet usage : « Item in loco beati Francisci et sanctae Mariae de Portiuncula ubi Ordo incepit, continue pecunia reci-