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LES SPIRITUELS EN ITALIE

l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne semblent avoir complètement ignoré ces querelles intestines.

Les chefs du mouvement furent Ange Glareno dans la Marche d'Ancône, Pierre Jean Olive en Provence et Ubertin de Gasale en Toscane.

Dans la Marche d'Ancône. '■ — C'est à la suite du Gon- <cile de Lyon (1274) que l'agitation des :{elanti recommença dans la Marche d'Ancône. Le bruit avait couru <que Grégoire X allait contraindre tous les Ordres mendiants à accepter le principe de la propriété en commun. Cette nouvelle devait nécessairement jeter l'alarme dans *;ette Province où tant de Frères . avaient eu le bonheur de voir et d'entendre les compagnons de saint François 3 •et où déjà, trente ans auparavant, les zelanti s'étaient manifestés. Aussi arriva-t-il qu'un grand nombre protestèrent contre ce qu'ils considéraient comme une loi injuste et refusèrent d'accepter une dispense que ni Pape ni Concile ne leur paraissaient avoir le droit d'accorder. Bien que la nouvelle fut controuvée, le Chapitre proyindal exigea de ces derniers une rétractation formelle. Quelques-uns, entre autres Thomas de Tolentino et Pierre de Macerata, ayant refusé, furent blâmés et envoyés dans des ermitages. L'année suivante, ils comparaissaient •devant le Chapitre provincial où un religieux estimé de

pitur nomine oblationis et multis annis recepta est antequam hoc privilegium haberetur. Modo autem sub velamine privilegii, quod dominus Nicholaus papa IV dédit ambo illi conventus de pecunia contra regulam vivunt. » (Arch, /. Litt. u. Kirch., t. III, p. 104 s.). Le Ministre général Bonagrazia avait du moins interdit, en 1282, la réception de l'argent à îa Portioncule le 2 août de chaque année afin d'éviter, à l'occasion de la célèbre Indulgence que Martin IV venait de confirmer, la note 'd'avarice (Glassberger, p. 98). Tout cela nous montre que la Portioncule n'était pas le « symbole de la fidèle observance de la Règle » ni « le quartier général de l'opposition » (Spec. Sah., p. 164, n. i) contre le parti de la Communauté.

3 Bartholom^us de Pisa, De conformitate..., dans Anal, /r., t. IV, ;t. IV, p. 275-288.

tous, Frère Benjamin, parvint à obteriir d'eux la rétractation demandée. Les tracasseries doht ils avaient été l'objet et leur courage leur valurent de nombreuses sympathies et d'ardentes admirations qui multiplièrent leurs imitateurs. Au lieu de se calmer, l'agitation se propagea dans les Provinces voisines de Toscane et d'Ombrie.. Les Provinciaux pensèrent l'étouffer en châtiant les auteurs de cette rébellion. Les Spirituels les plus en vue, notamment Thomas de Tolentino, Pierre de Macerata et Pierre de Fossombrone que nous reverrons bientôt sous un nom plus célèbre, furent condamnés à une réclusion perpétuelle. A quelle date eut lieu cette condamnation ? Il est difficile de le dire. Ce dut être vers 1280. Ils restèrent en prison jusqu'à l'élection de Raymond: Godefroid (1289-1295) 4.

Pierre-Jean Olive en Provence. — A peu près en même temps que la Marche d'Ancône, la Provence était soulevée par une agitation semblable. Hugues de Digne, qui peut être regardé avec Jean de Parme comme un ami des- Spirituels, à cause de ses idées joachimistes, y avait laissé une trace profonde. Pierre- Jean Olive fut l'héritier de ses doctrines sévères et aussi de ses espérances en une régénération de l'Eglise par la pauvreté. Ce jeune religieux que nous avons déjà vu collaborer indirectement à la rédaction de la bulle Exiit qui seminat naquit vers 1248 à Sérignan (Hérault) et prit l'habit franciscain au couvent de Béziers vers 1260 5. Après les études préliminaires du Trivium et du Quadrivium, il fut envoyé

•* Ang. Clareni, Epistola excusatoria, dans Arch. f. Litt. u. Kirch.^ t. I, p. 523 s. ; Hist. Trib., op. cit., t. II, p. 301-306 ; Biblioteca, t. I, p. 341-350, t. II, p. 466 ; René de Nantes, Hist. des Spir., p. 345-348.

s Cf. Fr. Ehrle, p. J. Olivi, sein Leien und seine Schriften, dans- Arch. f. Litt. u. Kirch., t. III, p. 409-452 ; René de Nantes, Hist.. des Spirituels, p. 267-313.

p. J. OLIVE ET LES SPIRITUELS DE PROVENCE 38 1

au grand couvent de Paris et en revint avec le titre, non pas de Maître qu'il ne voulut pas recevoir, mais de simple Lecteur 6. L'étendue de ses connaissances, l'austérité de sa vie, l'indépendance de son esprit et la noblesse de son caractère, lui gagnèrent des admirateurs et des disciples fervents. Par malheur, ses théories théologiques présentaient des opinions obscures ou téméraires, et ses critiques de la vie commune se hérissaient de pointes qui blessèrent' autour de lui des consciences moins rigoristes que la sienne. Le Ministre général Jérôme d'Ascoli le condamna un jour à brûler un traité sur la Sainte Vierge. Il obéit sans faiblir 7. Des plaintes s'élevèrent ensuite contre son joachimisme ; puis les récriminations perpétuelles de ses disciples contre la Communauté attirèrent sur leurs têtes de dures représailles. Accusés d'hérésie, ils furent jetés en prison. Se sentant frappé dans la personne de ses amis. Olive, sans avoir été convoqué, se rendit en Avignon auprès du Général et prit la défense des persécutés. Bonagrazia le renvoya à son Provincial qui le fit comparaître devant un Chapitre où il se justifia pleinement 8. En 1 282, le Chapitre général de Strasbourg n'en confia pas moins l'examen de ses opinions à s*ept Maîtres de Paris. Cet examen aboutit à la condamnation de trente-quatre propositions que détaillait un mémoire envoyé dans tous les couvents de Provence, et à la lettre connue sous le nom de Littera septem sigillorutn qui était l'énoncé de vingt-deux propositions que Pierre Jean Olive devait souscrire en signe de rétractation. Il se soumit d'abord complètement en

6 <( Parisienses atnbitiones ferhorrescens », dit-il de lui-même, dans une lettre à ses amis (Cf. Etudes fr., t. XXIX, 1913, p, 416).

7 Arch. f. Lin. u. Kirch. t. II, p. 288 s.; t. III, p. 13, n» XXVI.

8 Cf. Ang. Clareni, Hist. tribul. O. M., dans Arch. J. Litt. u. Kirch., t. II, p. 290-292, p. 385-387 ; t. III, p. 13 s.

signant la rétractation qu'on lui demandait 9. Mais le Chapitre de Milan ( 1 285) ayant interdit: la lecture de ses ouvrages, il se plaignit à ses censeurs, dans un écrit daté de Nîmes (i285), d'avoir été condamné sans qu'il ait pu se faire entendre. Un peu plus tard, vers 1286, il répondit au Mémoire que l'on avait répandu dans sa Province par une lettre datée de Montpellier, adressée à. Raymond Godefroid et à ses autres disciples qui le pressaient de se justifier 'o. Arnaud de Roquefeuil, Provincial de Provence, appuyé par trente- cinq autres religieux de la même Province en prit occasion pour le dénoncer au Chapitre général de Montpellier (1287) comme le chef d'une secte superstitieuse et schismatique. La question principale débattue à ce moment entre lui et la Communauté était celle de Vusage pauvre. Nous verrons plus loin sur quoi roulait cette polémique qui dura si longtemps dans l'Ordre franciscain. Contentons-nous pour l'instant de savoir qu'ayant démontré, sans peine, qu'il n'enseignait pas une autre doctrine que celle de la bulle Exiit qui seminat, on ne trouva rien, malgré la critique serrée qu'il faisait de la vie commune, qui put être condamné. Même, sur la recommandation de Nicolas IV, Matthieu d'Acquasparta le nomma Lecteur à Florence (vers 1 288) ^ ' . Le Ministre général satisfaisait ainsi les adversaires du Maître provençal en l'éloignant de ses turbulents disciples.

Or, au moment où Pierre Jean Olive arrivait à Florence^

» Cf. Arch. /. Litt. u. Kirch., t. III, p. 416 s.; XXIV Gêner., p. 374- 376. Parmi les sept examinateurs se trouvaient Richard de Mediavilla, Arlotto de Prato et Jean Minio de Morrovalle. Sur la part prise par Richard de Mediavilla, cf . E. Hocedez, Richard de Middleton, Sa vie. Ses œuvres. Sa doctrine, p. 79-92, 443-454.

10 Cf. Une lettre inédite de P. J.Olivi, dans Et. fr., t. XXIX, 1913, p. 414-422.

11 Voir la Défense de P. J. Olive par Ubertin de Casale (Arch. f. Litt. u. Kirch., t. II, p. 388 s., 400 ; Hist. Trib., loc. cit., p. 296-299).

ANGE DE CLARENO 383:

l'effervence causée par la répression des Spirituels dansla Marche d'Ancône troublait les Provinces de l'Italie centrale et particulièrement la Toscane. A Florence,. Olive se trouva donc dans une atmosphère aussi enfiévrée que celle de sa Province natale. L'exaltation des esprits s'accrut encore à l'avènement de Raymond Godefroid. Successeur de Matthieu d'Acquasparta, ami de Pierre Jean Olive, Raymond Godefroid entreprit aussitôt après sa nomination la* visite des Provinces. Quand il arriva dansla Marche d'Ancône, une enquête sur les événements qui avaient motivé l'incarcération d'un certain nombre de Spirituels 12 lui fit comprendre que les prisonniers avaient été châtiés pour avoir manifesté trop de zèle à l'égard, de la pauvreté. « Dieu veuille que leur crime soit mon crime et celui de l'Ordre tout entier ! » s'écria-t-il. Et sur le champ, il les fit remettre en liberté ^3. Les espérances de tous les zelanti reprirent aussitôt leur essor. Et c'est dans ces circonstances que le chef des Spirituels de Provence fit la connaissance de ceux qui allaient devenir bientôt les chefs des Spirituels en Italie : Ange de Glareno i4et Ubertinde Casale "5.

Ange de Clareno, libertin de Casale et Conrad d'Offida. — Ange de Clareno avait reçu l'habit franciscain

12 Voir plus haut, p. 379.

1* Hist. Trib., loc. cit., p. 305.

1* Ange de Clareno {4- 1337) écrivait dans les dernières années desa vie : «< Et quia, Chi-isto docente, cognovi, jam fere sunt anni XL. elapsi, quod pater misericordiarum et luminum decreverat in homine Dei P.etro Johanne Olivi ponere spiritum fundatoris, ideo subesse, sequi et conformare me ei tanquam nuntio signato primi lapidis angularis Francisco intègre et cordialiter amo. » (Arch. f. Litt. u. Kirch., t. I, p. 554).

15 Frédégand Callaey, Etude sur Ubertin de Casale, p. 1-15 ; cf. Et. fr., t. XXV, 191 1, p. 534-540. Davidsohn, Geschichte von Florenz, vol. II, t. 2, 2° partie, p. 274-278. — Dante Alighieri vivait à Florence à la même époque en relations fréquentes avec les Frères Mineurs de Santa Croce.

■vers 1270. Il adhéra de bonne heure: aux Spirituels et :fut de ceux qui subirent la persécution dans la Marche d'Ancône. Il s'appelait alors Pierre de Fossombrone, nom qu'il abandonna pour échapper plus facilement à ses ennemis '6.

Ubertin de Casale appartenait à la Province franciscaine

de Gênes. Il naquit en 1259 et entra dans l'Ordre en

1273. Après son noviciat, il fut envoyé à Paris où il

.resta pendant neuf ans. De retour en Italie, en 1284,

il fit la rencontre de la grande mystique, Angèle de

Foligno, et, en 1286, celle de Jean de Parme à l'ermitage

sde Greccio. Le saint vieillard lui confia sa douleur et

ses alarmes au sujet de la situation dans laquelle il voyait

l'Eglise et TOrdre franciscain. Il lui fit part aussi des

espérances qu'il puisait dans la doctrine de Joachim de

Flore 17. Tout imprégné de ces idées Ubertin de Casale

exerça ensuite l'office de Lecteur à Florence de 1 285 à

1289. Il s'y trouvait donc encore quand le chef des Spi-

.rituels de Provence, Pierre Jean Olive, y arriva »8.

Pierre Jean Olive fit aussi à cette époque la connaissance du principal confident d'Ange Clareno et d' Ubertin^

16 Cf. Liv. Oliger, Expos, reg. Ang. Clareni, p. XXII s. Voir aussi la Suppletnentum ad Bullarium O. M., p. 138-152, où le P. Ann. de Latera s'efforce de disculper Angelo Clareno de toute hérésie. De même le P. Cire da Pesaro, dans la Miscellanea francescana, t. XV-XVII (1914-1916) : Beato Angelo Clareno dei Minori.

17 Cf. Ubertinus de Casali, Arbor vitae, Lib. V, cap. 3, fol. 210 et

18 Cf. Arbor vitae, prologus, fol. i*. — Pour la chronologie d'Ubertin • de Casale, nous suivons ici les données traditionnelles malgré les raisons

qu'a fournies le P. F. Callaey pour les abandonner (Cf. o.p cit., p. 1-24, et Rev. Hist. ecclés., Louvain, t. XVII, 1921, p. 538, n. i), raisons qui ne nous paraissent pas suffisantes comme le P. A. Martini, O. F. M., l'a démontré dans La Verna (1913), p. 249-252. Voir aussi Arch. fr. ..hist,, t. IV (1911), p. 597; t. VI (1913), p. 207; sur la rencontre de P. J. Olive avec Ubertin à Florence, un article du P. F, Sarri, O. M., •dans Studi francescani, 1925, p. 88-125.

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UBERTIN DE CASALE ET CONRAD d'OFFIDA 385

îe Bienheureux Conrad d'Offida '9. Ce saint homme était «ntré dans l'Ordre à l'âge de 14 ans, sous le généralat de Jean de Parme, en i255 20. n renonça volontairement à l'étude pour se livrer aux emplois les plus humbles. Jl montra néanmoins une grande et légitime curiosité à l'égard des traditions franciscaines. Il connut les compagnons de saint François, et notamment Frère Léon. Il recueillit ainsi des traits, des paroles, des prophéties qui lui furent rapportées par les uns et par les autres plus ou moins exactement. A son tour, il les raconta à ceux qui venaient le voir, soulignant le contraste qui existait entre la vie des premiers compagnons de saint François et celle des Frères de la Communauté. Conrad d'Offida était une autorité importante pour les Spirituels, et on peut à bon droit le considérer comme le père d'un grand nombre d'entre eux 21. Ubertin dé Casale lui doit plusieurs des récits qu'il cite dans son Arbor vitae 22 et dont il se forgera des arguments contre la Communauté.

18 <( Fratres Johannes de Parma et Petrus Johannes eum in tanta habebant reverencia, ut eum loquentem magis audire desiderarent quam eo présente loqui. » (Ang. Clareno, Hist, trib., dans Arch. f. Litt. u. Kirch,, t. II, p. 311). — Conrad d'Offida mourut en 1306 près d'Assise, h l'ermitage de la Bastia. Pie VII confirma en 1817 le culte immémorial rendu à ce serviteur de Dieu.

20 XXIV Gen., p. 422-428.

21 « Nam fratribus in persecucione et tribulacione positis, quos ipse exemplo vitae et verborum pura et fideli doctrina genuerat in Christo, eum ipse graviora illis faceret et moribus fratrum magis adversancia loqueretur et de ordine omnibus illîs, qui affligebantur, peiora sentiret, virtutef quadam emuU ejus seu reverencia detenti et Ugati, ipsum tangere vel affligere nullatenus sinebantur. » (Hist. trib. ord. Min., dans Arch. j. Litt. u. Kirch., t. II, p. 311).

22 « Et ego audivi a viro virtutis et sanctitatis probato legitimo patris filio reverendo toti orbi ubi cognoscitur frate (sic) Conrado de Ofida... Ab hoc tamen sancto viro frate Conrado pluries audivi quos ipse omnia praedicta et multo plura et majora audivit a frate sancto Leone... » (Arbor vitae, Lib. V, c. III, fol. 2162.) «Nam quod sequitur a sancto fratre Conrado praedicto et viva voce audivit a sancto fratre Leone qui praesens erat... » (Ibid., fol. 222I).

L'humble Conrad d'Offida qui laissa dans la littérature franciscaine la réputation d'un « admirable zélateur de la règle évangélique de notre Père saint François » ^3^ le prudent Angelo Clareno, Ubertin de Gasale, dialecticien habile et fougueux, Pierre-Jean Olive aussi ardent que ce dernier et plus souple, quand ils se rencontrèrent, durent nécessairement se reconnaître comme de la même famille d'âmes et se lier d'amitié. Ils se confièrent leurs peines, leurs aspirations et leurs espérances communes.. Ils échangèrent leurs idées et leurs souvenirs.

Le joachimisme de Pierre Jean Olive. — Olive, que Clareno et Ubertin vénéraient comme un saint, qu'ils suivaient comme un chef et qu'ils mettaient au rang des plus illustres docteurs de l'Ordre H, initia ses amis à un nouveau joachimisme '^^. Le fin provençal se garde de renouveler les erreurs de Gérard de Borgo San Donnino ; il rejette l'idée d'un règne du Saint-Esprit faisant suite au règne du Christ ; il rejette aussi l'erreur d'un Evangile éternel se substituant à l'Evangile du Christ. Il reprend néanmoins la division de l'histoire du monde en trois âges et l'histoire de l'Eglise en sept époques,, imaginée par Joachim de Flore. Le troisième âge du

2''' Actus, cap. 50, p. 150.

24 Cf. Liv. Oligkr, Angel. Clareni, Expos. Reg., p.. 233.

25 Ubertin de Casale raconte que lorsqu'il fut envoyé au studium de Florence, il trouva en Toscane un grand nombre de saints personnages en qui l'esprit de Jésus bouillonnait fortement : <( Affuit tune cum predictis magistris practicis seraphice sapientie doctor speculativus et Christi vite defensor precipuus Deo charissimus frater Johannes Olivi qui nunc felici transitu ut spero régnât in celis (Olive mourut en 1298, Ubertin «de Casale écrivait en 1305). Qui me modico tempore, spiritu Jesu preveniente, sic introduxit ad altas perfectiones animae dilecti Jesu et sue dilectissime Matris et ad profunda Scripture et ad intima tertii status mundi et renovationis vite Christi, ut jam ex tune in novum hominem mente transiverim. » (Arbor Vitae, Prologus primus). Sur la fin de sa vie, P. J. Olive développa son système joachimiste dans la Postula in Apocalipsin (Cf. Arch. f. Litt. u. Kirch., t. III,, p.. 493- 495 ; Baluze, Miscellanea, t. I, p. 214 s.).

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