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APERÇU CHRONOLOGIQUE DE LA VIE DE SAINT FRANÇOIS D'ASSISE

Saint François naquit à Assise i vers la fin de 1 181 ou au commencement de 1 182. Sa mère s'appelait Pica et son père Pierre Bernardone 2. Riche marchand de drap, Bernardone voyageait en France pour son commerce quand Pica mit au monde ce fils à qui elle donna le nom de Jean. Le père, à son retour, ajouta celui de François en souvenir du beau pays qu'il venait de visiter.

1 Pour la chronologie de saint François d'Assise, si abondante en difficultés, cf. L. Patrem, O. m., Cronologia di S. Francesco, dans Mise, fr., t. IX (1902), p. 76-101 ; H. BoEHMER, Anàleltten zur Geschichte des Fr. V. A., Tubingen u. Leipzig, 1904, p. 123-132; Bihlioteca, t. I, p. 85- 100; P. RoBiNSON., O. M., Some chronological difficulties in the life of S, Fr., dans Archiv. fr. hist., t. I (1908), p. 23-30; Idem, Quo anno Ordo F. M. inceperit, ibid., t. II, p. 181-196 ; Van Ortroy, S. J., S. François d'Assise et son voyage en Orient, dans Analect. Bolland., t. XXXI (1912), p, 451-462; Dom. Mandic, O. M., De legislatione antiqua O. F. M., Mostar, 1924, p. 3-29, et le compte-rendu critique dans Archiv. fr. hist., t. XVIII, 1925, p. 272-278; L. CiccHiTO, O. M. Conv., Assisi ttelîa gioventu del Santo, dans San Francesco, periodico mensile per il VII centenario délia morte del Santo, vol. II (1922), p. 84-93; Ant. Cristofani, Délie Storie d'Assisi, 2 vol., 1902; A. Fortini, Nova vita di S. Fr. d'A., Milano, 1926, p. 373-390.

2 On ne sait rien de certain sur la famille de Pierre Bernardone, ni sur l'origine provençale et noble de Pica. Cf. Cristofani, op. cit., t. I, p. 78; Mise, fr., t. IX, p. 64, 74-76; X, p. 128; Et. fr., t. X, p. 449-4S4; An. boll., t. XXIII, p. 506s ; Bollettino délia R. Deputazione di Storia patria per l'Umbria, t. VIII, p. 279-285; t. XI, p. 537-549; Marcellino DA CiVEZZA, o. M., San Francesco oriundo dai Moriconi di Luca. Firenze, 1902. — Sur le nom de François, qui n'était pas inusité à la fin du Xlle siècle, cf. M. Bihl, O. M., De nomine S. Fr., dans Arch. fr. hist., t. XIX (1926), p. 469-529.

Pierre Bernardone tout occupé de ses affaires laissa l'éducation de l'enfant entre les mains de Pica. Femme de grande vertu, elle s'y donna toute entière et forma si bien l'âme de son fils que tous ceux qui étaient témoins de la conduite de François lui présageaient le plus bel avenir. L'instruction qui lui fut donnée par le prêtre de la petite église Saint-Georges avait surtout pour but de le rendre apte au commerce. Avec quelques notions de latin, il apprit donc la lecture, l'écriture et le calcul. Bernardone lui enseigna très probablement lui-même la langue qu'il avait apprise au cours de ses séjours en France. Puis, de bonne heure, au sortir de l'enfance, c'est-à-dire vers quinze ans, François fut associé au négoce paternel.

Le jeune homme y déploie les qualités qui font le commerçant habile et heureux. Mais en même temps il suit les ardeurs de son tempérament avide de gloire et de plaisir. Il n'avait pas encore vingt ans quand une guerre éclata entre Pérouse et Assise. Il s'engagea aussitôt, dans la lutte et fut fait prisonnier (1202). Rendu à la liberté vers la fin de l'année i2o3 3, il reprit son train de vie habituel.

L'annonce d'une expédition militaire en Pouille réveille son ardeur belliqueuse. Il rêve alors de se faire armer chevalier sur le champ de bataille en combattant sous les ordres de Gautier III de Brienne. Il part donc, mais s'arrête bientôt en chemin, tout près d'Assise, à Spolète. Une vision l'avait orienté vers une autre destinée. Brusquement il revient dans sa ville natale.

En 1206, il se voue totalement au service de Dieu, et renonce à l'héritage paternel. Pendant deux ans il mène ensuite la vie érémitique, répare les églises Saint- Damien, Saint- Pierre et Sainte-Marie des Anges. C'est dans cette, dernière que, vers la fin de 1208 ou au commencement

3 Cf. A. FoRTiNi, Nova vita di S. Fr. d'A., Milano, 1926, p. 72, 95, qui rectifie Fr. Pennachi, L'anno délia prigionia di S. Fr. in Perugia, Perugia, 1915.

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