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GÉNÉALOGIE DES PROVINCES

Il n'est pas toujours facile de précisera quelles dates les nouvelles provinces furent instituées. Plusieurs ont été créées au Chapitre général de i23o. On sait aussi que Frère Elie accentua la division et la subdivision administrative et porta le nombre des provinces à soixante-douze, en mémoire des soixante-douze disciples du Christ. Mais une division si menue nuisait au gouvernement intérieur de l'Ordre et à son action extérieure, car elle entraînait avec elle cette conséquence que chaque province ne comptait plus assez de religieux pour pourvoir à tous les offices. Aussi le Chapitre général de 1239 ramena-t-il les provinces au chiffre de trente-deux : seize ultramontaines et seize cismontaines toutes soumises directement et sans intermédiaire au Ministre Général.

Voici comment nous pouvons nous représenter la prolification des provinces ;

De la province de Toscane qui s'étendait dans l'Italie centrale comprenant la Toscane proprement dite, l'Ombrie et les Etats de l'Eglise, moins la Marche d'Ancône, étaient nées vers i23o la province Romaine et la province d'Ombrie ou de saint François ; le titre de province de Toscane resta définitivement attaché aux territoires de Florence et de Sienne.

La Marche d'Ancône demeura indivise.

De la primitive province de Lombardie, appelée aussi province de Bologne et quelquefois de Milan, qui embrassait toute l'Italie septentrionale, c'est-à-dire ; le Piémont, la Lombardie, l'Emilie, la Romagne, les territoires de Gênes, de Venise et le Frioul, on détacha la province de Gênes et celle de la Marche de Trévise appelée aussi de Venise ou de Saint Antoine de Padoue ; le nom de Lombardie s'appliqua désormais aux territoires de Bologne, de Milan et aux régions voisines.

La province de la Terre de Labow\ôx\.Q aussi de iVifl^/e5, était formée par cette région et par les Abruzzes. Ces dernières en furent détachées et constituèrent une province à part appelée aussi de Penne.

La Pouille, qui comprenait toute la portion méridionale de l'Italie s'étendant sur les bords de l'Adriatique, fut divisée en

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deux : le Nord dèVint jîrciivinfce de Saint- Ahg-è, le midi resta febus lé nom dé Poûillë ou Apûlié.

Uiie opératibii ahalbgùe sépara la Sitilè de là Càlàbrè priiniiivémént uriies sous là-dériominatibii de province de Calabrë,

De la province de France ou de Paris qui s'étendait au Nord de la Loire depuis la Bretagne jusqu'à la Bourgogne et qui se prolongeait dans les Flandres jusqu'à la Mer du Nord, et de la province de Provence qui embrassait tout le midi de lat France depuis les Alpes jusqu'à l'Atlantique, on Forina la province de France proprement dite au Nord et à l'Ouest, celle de Bourgogne à l'Est, celle de Touraine au centre^ celle de Provence au Sud- Est et celle d'Aquitaine au Sud-Ouést.

La province d'Espagne comprenait toute la péninsule ibérique non occupée par les Sarrasins qui dominaient dans le Sud,- en Andalousie et dépuis Valence jusqu'au détroit de Gibraltar. Elle dbnna naissance : i» à la province de St-Jacques ou de Portugal formée par la Galice et par les royaumes des Asturies, de Léori et du Portugal, 2° à celle d'Aragon qui s'étendait sur la Navarre,, la Catalogne, et, quand ils furent conquis par le roi d'Aragori, sur le royaume de Valence et les îles Baléares, 3° telle de Castille englobant la Biscaye et tout le centre de la péninsule.

La province d'Allemagne couvrait l'inimense territoire àii Saint- Empire romain et les royaumes voisins depuis la Pologne et la Hongrie jusqu'aux frontières de France et de Flandre. Le Chapitre général de i23o en fit deux provinces : celle dû Rhiit et celle de Saxe. La province du Rhin en 1289 fut elle-mênie partagée en deux : i» celle de Strasbourg où de Hautè-^ Allemagne qUi Comprenait l'Alsatè, la vallée du Rhin jusqu'à Mayenté, la Sôuabé, la Bavière et la Suisse ; 2*» celle de Cologne biti de Basse- Allemagne s'étendant sur la vallée du Rhin depuis Coblentz jusqu'à la mer du Nord, la Hesse, la Westphalie, lé Hollande et le Bràbant.

Là province de Saxe qui ëmbfassàit tôUt le resté dé le primitive province d'Allemagne donna naissance à cinq autres :.

GÉNÉALOPIE PES PROVINCES $^

celles d'Autfiche, 4^ Hongrie, de Dqlfftqiie pu Sclqypnîe, de flQhême )3t Pologne, et de Dqpetfiqrk pu de Z)^.c?e ayec 1^ Suèdg <;t la Norvège.

Malgré ces amputatipijs, la province de Sa^e prppremei^t dite couvrait toute l'Allemagne centraile e|: septenltfripnale depuj,^ |e Weser et l'Elbe jusqu'à la Viçti^le et restait la plus étendue de l'Ordre si l'on excepta la Province de Syrie ou Terre-Sqinte appelée^ aussi province de Rqmqnie^ ^e Qr^ce ou lfltrqrnarii}e et s'étendant sur tout l'Orierit.

De la province d'Angleterre qui ppmprenait aussi l'Irlande et l'Ecosse, V Irlande se détacha et devint prpyince autpnprn© ejçi i23o.

Les douze prpvinçes-mères iavaient ainsi donné paissance^ de 1227 à 1239 à vingt nouvelles provinces,soit en tout trente-deux, chiifre qui ne varia pas jusqu'en 1272. Le droit d'en ériger de nouvelles avait été réservé au Chapitre général et, à la detyiaride de Jean de Parme, In npçent IV supprima en 1247 la liberté qui avait été accordée à certains religieux de faire de serriblables fondations.

Il parut cependant nécessaire au Chapitre Général teriu à Lyon en 1272 de fractionner les provinces de Syrie et de Lombardie qui étaient trop vastes. La prpvince de Romanie ou de Grèce fut forriiée par la Grèce et les îles de la mer Egée et de |a mer Ionienne. La province de Lombardie fut divisée en deux: celle de Milan et celle de Bologne.

Désormais le nombre de trente-quatre prpvinces est invariablement fixé. Il dura pendant tout le XlVe siècle. D'ailleurs le Chapitre général de 1274 tenu à Lyon avait interdit de fonder même de simples résidences sans une enquête préalable ordonpée par le Chapitre provincial et sans i^ne permission particu- Ji,ère du Minjstre Général. Plus tard, en 128^, Nicolas IV exige^ l'assentiment du Saint Siège pour ériger de nouvelles provinces.

Pes inodifiçations étaient nécessaires encore. Pour rester fidèles aux règles décrétées et pour ne pas dépasser le nombre fixé des provinces, on institua alors de nouvelles circonscriptions administrées au nom du Général par un Vicaii^e et qui prirent dans la suite le nom de Vicariat.

Ce furent : i» le Vicariat de l'Aquilon on de Tartarie Septentrionale qui comprenait toute la Russie d'Europe actuelle depuis le Dniester jusqu'à l'Oural à l'Est et jusqu'au Caucase et à la Géorgie au Sud ; il semble avoir été fondé sous le gouvernement de saint Bonaventure.

2° Le Vicariat Oriental ou de Tartarie Orientale qur s'étendait depuis Constantinople, en suivant les côtes Sud de là Mer Noire et de la Mer Caspienne jusqu'au Golfe Persique ; il fut fondé dans le dernier quart du XI 11^ siècle. ■ S" Le Vicariat de Caihay ou de Chine qui comprenait l'Asie centrale, l'Inde et la Chine.

La province de Terre-Sainte fut réduite aux établissements de Palestine et de Syrie ravagés et ruinés par les Sarrasins.

Peut-être les Vicariats du Maroc, de Sardaigne et de Bosnie furent-ils fondés aussi à la lin du XI 11^ siècle i6.

Nombre des Religieux et des Couvents. — S'il est relativement aisé de donner le nombre des provinces au XI 11^ siècle, il est plus difficile de déterminer le nombre des religieux et celui des couvents.

'' Le Chapitre général de Milan (i285) engagea les provinciaux à restreindre les réceptions dans l'Ordre à cause de la multitude de frères que l'on était obligé d'enlever de certaines province^ pour les placer dans d'autres moins peuplées 17.

Les statistiques qui subsistent sont parsemées d'erreurs au point de ne permettre qu'une approximation. Quelques historiens n'ont pas craint de compter 200.000 frères au cours du XI Ile siècle. Chiffre certainement exagéré, car nous savons par Thomas d'Eccleston qu'en i256 les 49 couvents de la province d'Angleterre étaient occupés par 1242 frères, soit une moyenne de 25 par couvent. Si l'on tient compte des plus récentes publications et des statistiques qu'elles contiennent, le chiffré

16 Voir les auteurs cités dans les notes précédentes et A. Callebaut, O. M., Le Chapitre Général de i2'j2 célébré à Lyon, dans Arch. fr. hist., t. XIII (1920), p. 305-317 ; P. Sevesi, O. m., Le origini délia provincia dei Frati Minori in Milano, dans St. Fr., année 1914, p. 80 ss.; 1915, p. 49 ss.

" Arch. /. Litt. u. Kirch.. t. VI, p. 56.

PRINCIPAUX COUVENTS $2f

total des couvents aurait été de 1 1 3o en l'année 1 263 et de 1407 en l'année i3i6, y compris les résidences des Vicariatsorientaux. En appliquant la moyenne de 25 frères par couvent, comme en Angleterre, on obtient le nombre de 3o à 35.ooo- Frères Mineurs dans la seconde moitié du XI 11^ siècle >8.

Les plus importants de ces couvents étaient d'abord le Sacro Convento d'Assise qui se dressa bientôt auprès de la Basilique élevée sur le tombeau du Saint Fondateur, puis ceux: de Rome et de Paris.

Quand S; François se rendait à Rome il cherchait un gîtedans les hôpitaux ou les monastères. Ses pren;iers disciples faisaient de même. Ce n'est qu'en 1229, à la demande de Jacqueline de Settesoli, que Grégoire IX leurifit donner un domicile à l'hôpital St-Blaise, dépendance de l'abbaye bénédictine des S*s Côme et Damien. Il était situé sur la rive droite du Tibre et Saint François y avait logé quelque fois. L'hôpital, transformé en couvent au temps de Grégoire IX, fut appelé 5. Francesco a Ripa. Sur la rive gauche du Tibre les Frères Mineurs eurent un autre couvent près de l'Eglise des S*s Crispin et Crispinien. Mais ces deux couvents étaient mal situés, insalubres et incommodes. Innocent IV mit les Frères Mineurs en possession du Monastère de S^e Marie du Capitule (1248-1252), l'un desnombreux monastères bénédictins de Rome qui prit au commencement du XIV^ siècle le nom d'Ara coeîi «9.

On sait que les Frères Mineurs avaient été, à leur arrivée eu France (1219), hospitalisés près de l'abbaye de Saint- Denis.. Quelques années après ils entrèrent dans Paris et construisirent à Vauvert (emplacement actuel du Luxembourg) un couvent qui s'écroula en 1229 ; des Frères — une trentaine environ — qui avaient commencé de l'habiter avant son complet achèvement une partie retourna à Saint-Denis, l'autre fut accueillie par l'Abbé de Saint-Germain de Prés qui mit à leur disposition,, dans le quartier où se trouve aujourd'hui l'Ecole de Médecine,. un petit groupe de maisons (i23o) racheté par saint Louisen 1234.

^8 Cf. Annales Minorum prussicorunti et le commentaire du P. L. Lem- MENS, dans Arch. fr, hist., t. VI (1913), p. 702-704. 19 Voir plus haut, p. 163 s.

^28 AFPENDIGÇ I

En 1236 GrégQÎre IX ordonna à l'Abbé d,^ Saint-Gernî4i)i> 4jÇ y^ndre encore jutant de terraip que l'éyêque 4© Senlis le jugç^fit nécessaire pQur agrandir b couvent.

Lq vente fut ratifiée par le Pape en 1249 et la même ann,é,^ l§ Provincial de France promettait de ne plus s'agrandir à r^yieî^ijf sur les terres (ie l'abbaye.

La consécration de l'église construite pour ce nouveau c.pwyent eut lieu en 1263 ; k cette occasion Urbain IV félicita l^ roi de France Louis IX de ses générosités envers les Frèr^ IVlineurs. En 1298 Philippe le Bal autorisa un nouvel agran.dissenient du couvent qui déjà était devenu assez vaste pour abrjiitef plus de 140 religieux étudiants. On l'appelait le « Grjain4 '.Couvent ».

Après le Sacro Convento, VAra çoeli et le Grand Cpuyetit, on doit mettre au nombre des plus importaiits, ceux où se tinrent des Chapitres généraux. Le Saçrp Convento avait été le siège de ces assemblées en 126g, 127g, i2g5 et i3o4, VArq Çoel} >en 1257, et Paris en 1266 et i2g2. Après eux il faut citer guss^ Bologne (Chap. de 1242), Gênes (1244, i25i, i3o2j, Lypn •{1247, 1272, 1274, 1299), Metz (1254), Narbonne(i26o), Pi^e (1263), Padoue (1276, x3io), Strasbourg (1282), Milan (i28§), Montpellier (1287), Toulouse (i3o7).

Les couvents de Paris et de Bologne tirent une partie de l^x^t importance des Universités florissant dans ces villes. A ce defr nier point de vue le couvent d'Oxford, puis ceux de Padoue et ■de Montpellier, précieux tous deux par le souvenir de saipjt Antoine de Padoue, furent aussi parmi les principaux avec celui de Cologne oii mpurut le Bienheureux Duns Sept, et celuji 4e Sainte-Croix à Florence qui vit dans ses murs Dante, Pierre-Jean Olive, IJbertin de Casaie, Matthieu d'Acquasparjt,^.

Du fait de la présence de la cour pontificale à Lyon ,ep 1244-1251 et en 1274, puis à Avignon depuis Clément V, le.!? couvents de ces deux villes acquirent également une inoipQftance particulière.

Tous ces couvents étaient remarquables par l'affluence 4es religieux qui y résidaient et par l'ampleur de leurs bâtiments. Mais les lieux les plus chers à la piété des Frères Mineurs furenjt

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