EN ANGLETERRE
«t la Saxe la même année ; en i225 le Wurtemberg ; la Lorraine (1228), la Suisse où des couvents sont fondés à Zurich et à Fribourg (i23o), la même année le Danemark avec le couvent de Ribe ; l'année suivante la Suède ; la Hongrie vers > 1233, la Pologne et la Bohême vers 1237. Ils arrivent en Livonie où des Frères venus du I.ûbeck fondent le couvent de Riga (.1238) ; à Hambourg en 1239 et la même année à Thorn dans la Prusse occidentale ; en Silésie vers 1 240.
Jean de Plan Carpin avait été le principal artisan de cette magnifique expansion franciscaine en Allemagne 10.
La pénétration de l'Ordre en Angleterre ne fut décidée qu'au Chapitre général de 1223, mais elle s'y accomplit sans les difficultés éprouvées dans les autres pays. Ce furent des Frères Mineurs de France qui essaimèrent dans la grande île. Sous la direction de F. Agnello de Pise, neuf religieux dont trois anglais et un français, les autres italiens, partirent de Fécamp
10 GiANO, p. 3-62; H; Matrod, Réflexions sur la conquête de l'Alletnagne par les Mineurs (1221-1238), dans Et. fr., t. XXIX, p, 462-475, 570-584 ; t. XXX, p. 17-33 ; P. ScHLAGER, O. M., Beitràge zur Geschichie der Kôlnischen Franziskaner Ordensprovine im Mittelalter, Kôln, 1904; K. EuBEL, O. M. Conv., Geschichte der Kôlnischen Minoriten-Ordensprovinz, Kôln, 1906 ; L. Lemmens, O. M., Aus der Geschichte u'er deutschen Franziskaner in Ordenslande Preussen, dans Mitteilungen des Copernicus Vereins fur Wissenchaft u. Kunst, Thorn, 19 12, p. 59-65 (cf. Archiv. fr. hist., t. VI, p. 410); R. Banasch, Die Niederlassungen der Minoriten zwischen Weser u. Elbe im XIII Jahrh., 1891 ; P, Mingbs, O. M., Geschichte der Franziskaner in Bayern, Mûnchen, 1896 ; voir aussi D. Stockerl, Die bayrische Franziskanerprovinz, dans Franzk. Stud., t. XII, 1925, p. 1-22; H. HoLZAPFEL, Die Provinzen-Einteilung im deutschen Sprachgebiete ; Fr. Jansen, Verzeichnis von Klôstern des Franziskanerordens in der Rheinprovinz, ibidem, t. XIII, 1926, p. 1-33 ; Olai, o. m., Historia de inchoatione et propagatione O. F. M. in Dania et regionïbus septentrionalibus (1232-1535), dans SS. Rerum tdanicarum medii aevi, éd. J. Langebek, t. V, p. 511-528 ; L. Lemmens, Niedersàchsische Franziskaner Kloster in Mittelalter, Hildesheim, 1896 ; G. Raut, .0. M., Die Franziskaner der oesterreichischen Provinz..., 1908 (cf. Arch. fr. hist., t. II, 1909, p. 682) ; Chrys. Reisçh, O. M., Ur.kundenbuch der Kustodien Goldberg u. Breslau, I, Teil (1240-1517), Dusseldorf, 1917 (cf. Arch. fr. hist., 1922, p. 558-560) ; J. Karacsonyi, Histoire de l'Ordre de Saint François en Hongrie jusqu'en i^it, t. I, Budapest, 1923 (cf. Rev. Hist. Eccl., Louvain, t. XX, 1924, p. 339).
âi'6 M¥minm i
sût Ùiï bateau foûrriî p^ar les Bénédictiôs dé tëiië \i^illé' et éSbtâèiérit à DouVrès le lô Septembre 1224. Ràjjîdèmeé'HIs dîsîsîpëtent les sôtipçôris qu'un botirgebià avait fait peser s-^i ëÛi êi gagnèi-etit aussitôt Câfltorbéry où tïùâtre d'éfitre eitx réstèfëM aVet Âgriellô,* tâiïdis que lés cinq àtïtfes se rendaient a Lt»tidfes. Un cduvérit tïé tarda pas y être fondé. Dé là deux frères àltètttii à Oxford qiiî devint là prihci^ailè résidence dés Mineurs è^ Angleterre. La fondation de Northàmpton suivit presque àtissitÔf (iàaS) et aVàrit i23o lés Frères Mineurs avaient des couVehts à Norwich, à Wôrcéstér,' à Héreford, à Gambridgè, à Liiicolïi, É Nottingham, à Leicester et à Gloucester. Trente-deux ans après lèu'f entrée en Gran'dé-Brètàghe (i256) ils avaient qùàranie-nèuf èô*u vents sans cbrripter ceux d'Irlande et d'Écoèsè où ils étaiéiit âjî-fivéè vers 1:232-1233 f'.
• Eîi 3o an(s,'lès Frères Mineurs se soii't doiic établis partout êû Éùrôpé- Ils s'iristellèférif dâflfs lés villes ôti à prôxifïiité dféè ^îHéS ^2j surtout dans celles qui soiit à cette époque des' foyers de vie intellectuelle comme Paris, Oxford, Bologne, ou des centres dé vie' commerciale e{ industrielle comme Paris, Londres, Cologne et les villes du Rhin, Gênes, Venise, Marseille, Beaucaire,' Dijon, Troyes, Provins, Ltibeck et Rigfà. Mais à quelles cdtidiéiôhs fùrènt-iïs admis daii's les diffëfèntes coiitfëès d'Europe t
SitUàtiofi juridique des Frères Mineurs du pôtrii de Vite êivit. — Il suffisait en ces temps-là que l'Eglise eût approuvé
11 A. G. LitTLÉ, TràctatUk F. Thoniae iiiilgo dicii de Éccléstoê Ûk ÀdvetttU F: M. iH Akgiidfri, Paris',- 1909 ; CuTHèÉRt,- O; M. C, fhë ëhrù'- Hitle of Tfiônias 6f Ècclesiôfi; Lohdôri, i^'og'; W. MôiR BUibèj Tiië Stoiiiish Orey friàrs, i vol.,' Lô'rid6?n igà^ (fcf. Et. FtàUc.; i. XXlV, p. îS^i^i é Arèh. ff. Hist., t. IV, l'^ii, p; ïsd-m) ; MatërîaU foi' thë HiéUS^ <ff ihë FrariciscàH prbvihce of IHlaM (12^0-^450)'; pdtjîîcà'trôïif Se la BHiùh Sbbikt^ of Frâncîiiân StÙdiës; i. IX, Mà'ricKesièr, ï^'ô;
" tîf. S. FÔnAV*.,- Oj>. bmH.; t. VIII, DéierniiHatioHes ^uaisMkum. .CUr fMtfès mànéaHt in cmtatibus et expiais ? ^. 2140 î ^«^ JrMHk pë^itéritiUê pràèàicèht m b'pjlidiè çlUâiH ifi aMitis Ibcis ? ^. i^6. èH MhiiM. cé'fe' déix vers .'
BéfUàrâUà miëSî ntohtëi BëfiêdiHUÈ affiàVàii Opftâa ÉfanciscUs, cëUbtës boïhifiicus U^his. .
LES FRÈRES MINEURS Et LÀ SOCIÉTÉ CIVILE 521
iiûê assdciatiori religieuse poiir qtiè les pouvoirs civils, rois, èei^rièùrs ou communes, lui rècôriiiûàseht îè droit d'exister. G'àriô'riiquemetit autorisés les Frères Mineurs furent donc reçus pàt les autorités temporelles. Ils eurent une place a part, eh taàrge du s^stènie féodal qui régissait alors l'organisation politique de la société et auquel l'Eglise n'avait pas pu se soustraire. Lès Ordres anciens, pour ne pas parler des prélats et autres dignitaires ecclésiastiques, étaient tous graiids propriétaires fonciers. Leurs chefs faisaient figure de véritables seigneurs temporels. Lés moiries jouissaient de certaines immunités, comme celles du for et de l'impôt. Cette dernière était plus théorique qiië réelle. En fait les monastères, s'ils percevaient des redevances en acquittaient aussi comme tous les suzerains et tous les ^éfàsàux de ce temps. Ils étaient souvent astreints à fournir des côhtributidns pécuniaires et des contingents d'hommes d'ariïîës. Les Frères Mineurs jouirent des mêmes immunités que lès iiîdines avec cette particularité que celle de l'impôt ne fut pas pônr eux un vain mot. Professant là pauvreté individuelle et col lective, vivant d'aumônes au jour le jour, ils se trouvaient exemptés par le fait même de ces obligations sans être dépouillés ^dtir cela des privilèges dont jouissaient les clercs et les moines. Gditiirie ils n'avaient pas de revenus, la possession de leurs couvents ne tentait l'avidité d'aucun patron et nulle influence étrangère ne pesait d'ordinaire siir l'élection dès supérieurs. Si parfois le propriétaire des biens dont les frères avaient l'usage exigeait d'éiix quelque redevance en signe de reconnaissance de sa propriéië, le taux en était toujours minime. D'un autre côté, y avait-il dêti de terrain, celui-ci était la plupart du temps gratuit et le cens &êiit il pouvait être grève était presque toujours racheté ou comfiatiépar les donateurs i3. C'étaient souvent les municipalités qui cdricédâîént ces terrains où assignaient des sommes pour la fondation de maisons. Souvent aussi, comme en Angleterre, eri France et en Allemagne, les municipalités des villes qui avaient fourni une habitation en conservaient le droit dé propriété jùs-
". Cf. S. BdNA<7.^ Op. dnin.i t. VIII, p. 365. CUr frdtrhs récipiànt dotnos... inconsultis dominis locorum?
qu'à ce que le Saint Siège en eût assumé le domaine. Loin de les obliger à payer impôt, on faisait encore aux Frères Mineurs don de matériaux de construction ; on leur accordait des droits de passage sur certains chemins, d'usage de sources ou de cours d'eaux, en y ajoutant fréquemment des fournitures de vêtements, de vivres, de bois et autres objets.
Cependant lorsqu'à la suite de dons, d'achats, de legs ou de fondations, les biens dont disposaient les Frères Mineurs se furent accrus dans plusieurs villes allemandes, celles-ci s'inquiétèrent de la mainmorte qui diminuait leurs ressources. A Nuremberg, par exemple, vers i3io, la commune défendit aux citoyens de leur faire des aumônes ; l'empereur, il est vrai, prit la défense des religieux «4.
En résumé les pouvoirs civils reconnurent aux Franciscains le droit d'exister sans les soumettre aux impôts et aux charges qui pesaient sur les anciens Ordres. Ce fut là un fait nouveau dans l'histoire des associations religieuses, non moins que leur dilatation rapide si rapidement organisée en provinces francisx;aines.
Généalogie et Statistique des Provinces. -- Les provinces fondées en 1217 étaient au nombre de onze: six en Italie et ^inq hors de l'Italie.
Les six provinces italiennes furent celle de Toscane^ de la Marche d'Ancône, de la Lombardie, de la Terre de Labour ou de Naples, de la Fouille et de la Calabre. Les cinq autres hors de l'Italie étaient celles de France ou de Paris, de Provence, d'Espagne, d' Allemagne, de Syrie ou Terre-Sainte, La province d'Angleterre ayant été constituée en 1224, l'Ordre des Frères Mineurs comptait à la mort de saint François douze provinces qui sont considérées comme les provinces-mères de tout l'Ordre i5.
1* Glassberger, p. 118.
is Le P. Golubovich (loc. cit., p. 215, 221) compte 13 provinces fondées du temps de saint Francis; en réalité il n'y en eut que 12, car la pro- "vince d'Aquitaine ne faisait qu'un avec la Provence (cf. Archiv. fr. hist., t. IV, 191 1, p. 619-621).