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DERNIÈRES CROISADES

certes, mais impraticable; car aucune des républiques maritimes, Gênes, Pise ou Venise, ne pouvait consentir à y donner son adhésion sans ruiner son commerce avec l'Orient. (Fidènzio avait noté que l'Europe serait obligée de se priver du lin, de la soie et des tissus qu'elle tirait de l'Egypte.) Dès lors de nouveaux rapports s'établissent entre l'Orient et l'Europe ; les rapports religieux ne seront plus le fait que des missionnaires.

Dernières Tentatives de Croisade. — Les projets élaborés par les théoriciens de la Croisade ne restèrent pas tout-àr fait lettre morte. Nicolas IV, on l'a vu, (p. 648) leur donna, un commencement d'exécution en renouvelant l'interdiction de tout commerce entre la chrétienté et les Musulmans sous peine d'excommunication .; il donna en outre des ordres pour la constitution de la flotte de surveillance qui devait rendre la prohibition efficace et réaliser le blocus réclamé par Fidènzio •de Padoue. La fusion des Ordres de chevalerie, si instamment préconisée par R. LuU, n'eut pas lieu 40. Mais l'alliance avec les Mongols se réalisa pendant quelques années. L'idée de cette alliance, par la force des choses, avait fait son chemin rapidement parmi les princes orientaux, abandonnés sans défense en face des Turcs. Le roi franciscain d'Arménie, Hayton II, appelé Frère Jean, l'avait conclue, le roi de Géorgie fit de même. Gette coalition fut vaincue une première fois par l'armée du Sultan Kelaoun à Hims en 1281. Mais lorsque Cazan, Après quelques années de troubles, prit le gouvernement de la Perse, il reforma la coalition avec Hayton et le roi de Géorgie, ■auxquels s'adjoignirent le roi de Chypre et les Hospitaliers. Ils remportèrent au même endroit une victoire décisive (1299), ®t Cazan put reconquérir une partie de la Syrie (1299-1300).

*" Le blocus ne fut jamais strictement exécuté ; les villes maritimes violèrent ouvertement l'interdiction du commerce avec l'Egypte ou demandèrent des atténuations qui lui enlevaient toute efficacité (cf. Bréhibr, op. cit., p. 259-262). C'est ainsi qu'en 1317, le doge de Venise sollicitait Bertrand de la Tour, alors légat en Vénétie et Lombardie, d'obtenir de Jean XXII la permission de faire le commerce avec les Musulmans, conformément aux instructions de Benoît XI, que Clément V avait sup-; .primées (Ch. Grandjean, Registres de Benoît XI, No^ iioi et 1315 > Biblioteca, op. cit., t. II, p. 190).

664 APPENDICE m

Immédiatement il envoya deux Frères Mineurs de la Province de Terre Sainte en Europe pour annoncer ces victoires pleines d'espérance, et qui furent hélas ! sans lendemain. Elles réveillèrent cependant quelques espoirs 4'. A Gênes, le vaillant archevêque Porchetto Spinola, aidé de Frère Philippe Biisserio de Savone, avait obtenu, malgré l'opposition du podestat et du conseil de la ville, de nombreux enrôlements ; un véritable comité de secours s'était constitué parmi les nobles dames génoises, qui avaient vendu leurs joyaux pour équiper une flotte sous le commandement de Benedetto Zaccaria, redouté des Sarrasins (i3oi). Boniface VIII, qui n'avait rien accordé à Raymond Lull, encouragea ces efforts, et la flotte partit pour Chypre au secours de l'Arménie 42.

41 Hayton II fit preuve du plus grand courage dans la lutte contre les Sarrasins, et d'une grande habileté dans ses rapports avec les Mongols. Il avait succédé à Léon III en 1289, il abdiqua l'année suivantej. et reprit la couronne en 1291. Après la prise de Saint-Jean d'Acre, Thomas de Tolentino et Marc de Montelupo, que le général de l'Ordre,. Raymond Godefroid avait envoyés dans son royaume avec Ange Clareno- (1290), apportèrent au Pape, aux rois de France et d'Angleterre une dematnde instante de prompt secours. Nicolas IV répondit sans tarder en ^^ppellant de nouveau les chrétiens à la Croisade, et en ordonnant aux Templiers et aux Hospitaliers d'armer les galères pour la défense del'Arménie (Biblioteca, t. I, p. 33Ï ; t. II, p. 469-471). En 1294, Hayton II abdiqua de nouveau et entra chez les Frères Mineurs où il reçut le nom de Fr. Jean (Bull, fr., t. V, N" 58) ; contraint de reprendre les rênes-du gouvernement, il se rendit en 1295 et 1296 à la cour de Cazan pour renouveler et affermir l'alliance. Il y entraîna le roï de Géorgie (op. ctt.,. t. II, p. 156) et le roi de Chypre, et ils remportèrent ensemble la victoire de Hims (1289), où il combattit avec l'habit franciscain (op. cit., t. I, p. 335, 360 ; t. II, p. 465 ; L. Bréhier, op. cit., p. 243 s., 264 s.). La mort de Cazan (1304) rompit l'union des princes chrétiens avec les Tartares. Le successeur de Cazan se tourna vers l'Islam. Hayton laissa le trdne à son neveu Léon IV, et tous deux périrent le 13 août 1307,. victimes d'un complot ourdi par un parti d'Arméniens mécontents et le chef mongol Bîlargu (Biblioteca, t. I, p. 337).

*2 Sur la foi du premier biographe de R. Lull, Delavillè Le Roulx (La France en Orient..., t. I, p. 42), lui fait honneur d'avoir provoqué' le dévouement des Génois en 1307-1308, Lull était bien à Gênes à cette date et y travailla pour la Croisade, dont il voulait que le rof d'Aragon fut le chef (Biblioteca, t. I, p. 384, n. ï),smais le mouvement de 1301 est dû à l'impulsion de l'archevêque Porchetto- Spinola et à Ph. Busserio (op. cit., t. III, p. 29-31 ; Wadding, Annales, t. VI, p. 419- 426). En 1301, R. Lull était à Chypre (Biblioteca, t. I; p. 368 s»). PIus^

Jacques II d'Aragon sur qui Raymond Lull avait une si grande influence, se serait offert, d'après le premier biographe du Bienheureux, lui et son royaume au Souverain Pontife, pour la conquête des Lieux Saints. Rien d'effectif ne s'ensuivit. Du moins Jacques II entretint avec les Sultans d'Egypte d'activés relations diplomatiques (i3o3-i 3 18), qui aboutirent à une sorte de protectorat du royaume d'Aragon sur les chrétiens d'Orient 43,

En France, IPhillippe le Bel, à qui Raymond Lull avait adressé son Liber de natali pueri Jesu (i3ii), prit la croix, perçut la dîme et ne partit pas. Pour le trésor des rois de France et d'Angleterre en lutte l'un contre l'autre la Croisade était d'un bon rapport. Les fils de Philippe le Bel s'engagèrent à sa mort (i3i4) à accomplir son vœu. Pierre de Plaine Chassaigne, Évêque de Rodez, revenu de sa légation en Orient, essaya de ressusciter l'enthousiasme pour la cause de la Terre Sainte, et de lever une armée dont Louis de Clermont devait être le chef (i3i6). Le départ fut fixé à la Pentecôte de 1317. Pierre mourut le 3 février i3i8. Les Croisés étaient toujours en France, ils ne partirent jamais 44.

Depuis la chute de St Jean d'Acre (1291) et la mort de Nicolas IV, l'ère des grandes Croisades est définitivement close. L'Islam reste maître de la Terre Sainte. La faute n'en fut pas aux fils de S. François d'Assise.

3. — Union des Églises grecques et orientales avec l'Eglise romaine

Quand les Croisés s'emparèrent de Constantinople et y fondèrent un empire latin (1204), Innocent III, qui s'était opposé

tard, en 1306, Spinola et Busserio s'occupèrent encore des secours à envoyer en Arménie (op. cit., t. III, p. 32), et de la réconciliation entre- Gênes et le roi de Chypre (Bull, fr., t. V, N» 57).

*^ Jacques II d'Aragon paraît avoir été fortement impressionné par la lecture du Liber de fine que Raymond Lull écrivit pour lui, et dont il reçut une généreuse protection (Biblioteca, t. I, p. 382 s. ; t. II, p. 518- 521), Sur les relations de ce prince avec les Sultans d'Egypte, cf. Bihliotêca. t. III, p. 73-85, 185-187.

** La prédication de la Croisade en France par Pierre de Plaine Chaséaigne est relatée dans la Biblioteca, t. III, p. 147. Sur les dernières velléités de Croisade, cf. Bréhier, op. cit., p. 266-268.

à cette opération, avait espéré, en présence du fait accompli, -qu'elle servirait du moins à la réalisation d'un de ses vœux les plus chers, l'Union des Églises. Il n'en fut rien. Entre les Latins et les Grecs dont l'empereur et le patriarche s'étaient retirés à Nicée, les inimités étaient trop violentes. Les deux «mpires se surveillaient et cherchaient à s'anéantir réciproquement. L'union des Eglises ne pouvait naître de la conquête de Constantinople qui, en 1261, retomba aux mains des Grecs.

L'action diplomatique, à laquelle, sous l'impulsion du Saint- Siège, les Frères Mineurs se consacrèrent avec tant de persévérance qu'elle constitue une page d'histoire franciscaine n'eut qu'un succès éphémère au Concile de Lyon en 1274. Les Grecs demeuraient obstinément cramponnés au schisme. Ils esquissaient un geste de réconciliation avec Rome, lorsqu'un danger les menaçait. Le danger disparu, ils rompaient 45.

Avant le Concile de Lyon (12^4). — La première négociation commença en 1232 et finit en 1234. La nomination du vaillant et loyal Jean de Brienne, roi déchu de Jérusalem, comme tuteur de Baudouin II, empereur latin de Constantinople, et la réconciliation de Manuel, roi de Thessalonique, avec le Pape, inspirèrent à Vatatzès, empereur grec de Nicée, des inquiétudes qu'il conjura en exprimant à Grégoire IX son intention de rétablir l'union avec l'Église latine. Cinq missionnaires franciscains, fuyant la persécution des Turcs, se trouvaient alors dans la capitale. L'empereur et le patriarche eurent avec eux quelques conférences, puis les envoyèrent porter l'heureux message à Rome. Le Souverain Pontife accueillit la nouvelle avec confiance et députa à Nicée quatre religieux î deux domi-

45 L'histoire des efforts tentés pour réunir les Eglise grecque et latine a été écrite par W. Norden, Dos Pappstum und Byzans, Berlin, 1903. Sur cet ouvrage voir Diehl, Etudes byzantines, Paris, 1905, p. 190-197. — L'Historia polemica de graecorum schismate, par Laurent Cozza, O. M., 4 vol. fol., Romae, 1719-1720, malgré des erreurs nombreuses, peut encore rendre service ; cf. le t. II, p. 320-511; le t. III, p. 1-132. Voir aussi Dominique de Gubernatis, O. M., Orbis seraphicus... de missionibus inter infidèles, t. I, Roma, 1689, p.* 253-318, et surtout la Biblioteca bio-bibliografica délia T. 5. e deW Oriente Serafico, du P. G. GoLUBOviCH, O. M., où tous les documents relatifs à l'activité des Franciscains sont publiés ou mentionnés et discutés.

nicains et deux franciscains, dont Aymon de Faversham. Les discussions roulèrent sur la procession du Saint Esprit et l'emploi du pain azyme pour la consécration eucharistique. Elles prirent une tournure d'aigreur et de vivacité telle que les nonces du Pape, las d'être bernés, et les Grecs, à l'affût de tous les subterfuges, se séparèrent en se traitant mutuellement d'hérétiques 46. Le Saint-Siège adopta dès lors une attitude hostile à l'égard de Vatatzès, qui s'était allié à Frédéric IL Pourtant les projets d'union ne furent pas abandonnés. Après le Concile de Lyon (1245), Innocent IV essaya de nouveau d'employer la persuasion. On s'était rendu compte à Rome que l'un des principaux obstacles à l'union venait de l'entêtement du clergé orthodoxe, et des actes d'oppression commis dans l'empire latin contre les grecs. Innocent IV envoya donc Dominique d'Aragon à Gonstantinople (1345), et Laurent d'Orte à Nicée (1246) avec mission spéciale de défendre les Grecs contre les attaques injustes des Latins, et de chercher surtout à convaincre le clergé. Ces deux légations eurent un premier résultat dans la soumission à Rome du Patriarche grec d'Antioche (1246) 47. Elles prouvèrent en outre le désintéressement et le bon vouloir du Saint-

^^ Le P. Golubovich a édité intégralement la relation des quatre envoyés 4e Grégoire IX, rédigée par l'un des deux Frères Mineurs qui participèrent à la discussion, Arch. fr. hist., t. XII (1919), p. 418-470. Voir aussi Biblioteca, t. I, p. 161, 163-169 ; t. II, p. 301-303, 510-512; Hefele- Leclercq, Hist. des Conciles, t. V, 2® P., p. 1565-1572. Après cette malheureuse controverse, Vatatzès, aidé des Bulgares, menaça de nouveau Gonstantinople (1235). Grégoire IX chargea Guillaume de Cordelle de choisir quatre cents chevaliers pour se porter au secours de Jean de Brienne, qui par son courage et sa prudence repoussa tous les assauts. Sur la fin de sa vie, âgé de 80 ans, Jean de Brienne reçut l'habit franciscain des mains du B. Benoît d'Arezzo, provincial de Romanie. Il mourut en 1237, et son corps fut transporté plus tard dans la basilique d'Assise. Cf. Bernard de Besse, Liber de Laudibus, dans Anal, fr., t. III, p. 680 ; Salimbene, p. 43 s. ; Bull, fr., t. I, p. 179-181 ; Biblioteca, t. I, p. 136-138, 178-180 ; t. II, p. 122-124.

47 La légation de Laurent d'Orte s'étendait également aux églises orientales ; il eut pour l'aider de nombreux compagnons. Laurent d'Orte a été souvent confondu avec Laurent de Portugal, qui, avait reçu, en même temps que Jean de Plan Carpin (1245), une mission pour les Tartares. Cf. Bull, 'fr., t. I, p. 421, 452, 460, 475, 483 ; Biblioteca, t. I, p. 190, 215 s. ; t. II, p, 319-325. 350-355-

Siège pour arriver à une entente. Aussi furent-elles suivies d'une autre mission confiée à Jean de Parme (1249-1250) que Vatatzès avait demandé personnellement à Innocent IV par l'intermédiaire de deux Frères Mineurs grecs. Jean de Parme obtint l'envoi d'une ambassade grecque auprès d'Innocent IV. Les envoyés de Vatatzès conclurent avec le Pape un accord ou ils firent d'importantes concessions, des articles furent rédigés qui devaient servir de base à l'union, mais la mort du Pape et de l'empereur (i255) empêcha d'y mettre le sceau 48.

Cinq ans après, Baudouin II et le patriarche latin étaient chassés de Constantinople par Michel Paléologue, empereur der Nicée, qui se hâta de restaurer le schisme dans l'empire de Byzance (1261). Urbain IV organisa aussitôt une croisade contre lui. Guillaume de Villehardouin, prince d'Achaïe, et d'autres barons entrèrent en campagne avec tant de succès que Paléologue ne vit d'autre moyen de détourner l'orage que de feindre, comme son prédécesseur, le désir de se réconcilier avec Rome. Il demanda au Souverain Pontife de lui envoyer deslégats pour la préparer (1262). Urbain IV confia les négociations à quatre Franciscains : Simon d'Auvergne, Pierre de Crète, Pierre de Morée et Boniface d'Ivrée (28 juillet i263j.. Mais en même temps qu'il déléguait Simon d'Auvergne et ses compagnons, Urbain IV écrivait à Villehardouin de cesser les hostilités. Le but du Grec était atteint, l'union des Eglisespouvait attendre 49.

48 Biblioteca, t. I, p. 219-228 ; t. II, p. 366-369 ; Arch. fr. hist., t. XII (1919), p. 418, n. I. — On n'a pas oublié que vers la fin de sa vie, Jean de Parme voulut encore une fois travailler à l'union des Eglises ;: il se mit en route, la mort l'arrêta à Camerino (1289). .49 Biblioteca, t. I, p. 254-259; Wadding, Annales, t. IV, p. 181 s., 201-203, 223-231. — L'arrivée de Simon d'Auvergne et de ses compagnons ayant subi un retard, Paléologue, pressé d'échapper au péril qu'il courait, dépêcha à Rome Nicolas, évêque de Cortone, grec d'origine,, demandant en hâte des ambassadeurs, et faisant remarquer que les négociations engagées précédemment avaient échoué par suite de l'insuffisance et de l'ignorance de ceux qui les avaient conduites. Urbain IV lui répondit que pour déférer à sa demande, et bien que Simon d'Auvergne et les trois autres Frères Mineurs eussent les qualités suffisantes, il lui en déléguait deux autres : Gérard de Prato. et Raynier de Sienne (22 juin 1264). Ils arrivèrent à Nicée, mais n'eurent point à intervenir, Simon--

Il n'en fut de nouveau question qu'en 1267. Une redoutable coalition se formait entre Baudouin II, l'empereur déchu de Constantinople, et Charles d'Anjou qui, après avoir conquis la Sicile, rêvait d'asseoir Sa domination en Orient. Michel Paléologue reprit donc aussitôt avec Rome les pourparlers. Il demanda la ratification des articles, dont Simon d'Auvergne avait emporté la copie. Clément IV, successeur d'Urbain IV, s'y refusa, et répondit en envoyant une profession de foi plus claire que l'empereur et le clergé devaient souscrire (4 mars 1267). Clément IV mourut en 1268, et le S. Siège resta vacant pendant trois ans. Charles d'Anjou en profita pour accélérer les préparatifs de son expédition contre l'empire byzantin, qui devait commencer au printemps de 1 270. Cette fois en l'absence d'un Pape, Michel Paléolôgue, très habilement, s'adressa au propre frère de Charles d'Anjou, son adversaire principal, au pacifique Roi de France Louis IX, dont le renom d'équité était universel. Il espérait en faire l'arbitre de l'union. I.e saint roi estima sagement que cette aftaire n'était pas de sa compétence, et députa au collège des Cardinaux £'Ms/ac/îe (i'^rra.ç et Lambert de la Couture pour le prier de la poursuivre et de la mener à bonne fin (1270). Quant à lai, il s'occupa de diriger la Croisade, non contre Byzance, ainsi que le voulait Charles d'Anjou, mais contre Tunis. Michel Paléolôgue était encore une foi sauvé 5o.

Le Concile de Lyon (12^4) et ses suites. — Enfin Théobald Visconti, archidiacre de Liège, fut élu Pape le i^r septembre 1271. 11 prit le nom de Grégoire X. Avant même de quitter

d'Auvergne les avait précédés. Les discussions qui s'engagèrent traînant en longueur, les apocrisiaires du Pape y mirent fin et partirent, emportant avec eux un écrit où Michel Paléolôgue, après une profession de foi ambiguë, proposait la réunion d'un concile. Ce n'est pas par faiblesse ou par ignorance (Mortier, op. cit., t. II, p. 62-65), mais pour mettre un terme à de vains débats théologiques, que Simon d'Auvergne accepta de présenter cet écrit à Rome. Clément IV, dans ses lettres Magnitudinis tuae du 4 mars 1267, fait l'éloge de la prudence et de la discrétion de ce Frère Mineur. (Bull, fr., t. II, p. 493, 499, 564 ; t. III, p. m ; Wadding, Annales, t. IV, p. 269-276). En 1246, Simon d'Auvergne avait déjà été chargé d'une mission de paix en Danemark (Bull, fr., t. I, p. 420, 440). 50 Cf. Wadding, op. cit., p. 303-306 ; L. Bréhier, L'Eglise et l'Orient au Moyen-Age, p. 236 s.

Saint-Jean d'Acre où il apprit son élection, sa première préoccupation fut l'union des Eglises. Il invita Paléologue à de nouvelles conférences. Charles d'Anjou, dont les intrigues avaient provoqué la longue vacance du Saint-Siège, devenait chaque jour plus menaçant. L'empereur ne se fit pas prier, Immédiatement(i272), il dépêcha à Rome Jean Parastron, originaire de Constantinople, dont le zèle pour l'union se déployait avec ardeur. Il devait faire connaître au Pape la bonne volonté de l'empereur et son désir de recevoir des Légats. Grégoire X désigna les Frères Mineurs Jérôme d'Ascoli, Raymond Bérenger, Bonaventure de Mugello et Bonagra!(ia, qui partirent avec Jean Parastron. Celui-ci s'efforça de gagner surtout le clergé, et de disposer les esprits des Grecs et des Latins à une large tolérance. Il n'hésitait pas à assister aux cérémonies des Grecs, et disait aux Latins qu'il n'était pas nécessaire d'exiger d'eux l'addition du Filioque à leur Credo. Aux Grecs il démontrait que cette addition dans le Credo des Latins n'était pas contraire à la doctrine reçue par les deux Eglises, qu'elle était légitime, et qu'ils la devaient tolérer. Jérôme d'Ascoli et les autres agissaient plus spécialement sur l'Empereur et sa cour, exposant la foi de l'Eglise Romaine, et surtout les conséquences politiques qui résulteraient de l'acceptation ou du refus de l'union. Dans le premier cas, Paléologue pouvait compter sur l'appui du Souverain Pontife ; dans le second cas, Grégoire X déclarait ne plus pouvoir arrêter Charles d'Anjou. Paléologue comprit que le Pape tenait le sort de l'empire grec entre ses mains et qu'il n'était plus possible de simuler. Il força la main à son clergé et à son peuple, et promit de se faire représenter au Concile Général.

Au mois de novembre 1273, Raymond Bérenger et Bonaventure de Mugello revinrent à Rome pour instruire le Pape de l'état des négociations, et pour demander de la part de l'empereur la cessation des hostilités de Charles d'Anjou ; ce qui fut accordé. Alors, dans le palais impérial, Michel Paléologue et son fils Antoine jurèrent solennellement devant les nonces pontificaux de professser la foi catholique (février 1274). Le clergé grec, jusque là si rebelle, reconnut, à l'exception du

patriarche dont personne ne put vaincre l'obstination, la primauté du Pontife romain, et, peu de temps après, au mois de mars, Jérôme d'Ascoli, Bonagra![ia et les ambassadeurs de Michel Paléologue prirent le chemin de Lyon où le Concile avait été convoqué.

Grégoire X lui avait donné pour programme : 1° l'union des Eglises, 2» la Croisade, 3» la réforme des mœurs.

Quinze Cardinaux, les patriarches latins de Constantinople et d'Antioche, plus de 5oo évêques, 60 ou 70 abbés, un millier de prélats de tout ordre étaient présents avec les Grands Maîtres du Temple et de l'Hôpital, les ambassadeurs de Rodolphe de Habsbourg, Empereur d'Allemagne, avec Conrad Probus, les^ ambassadeurs du roi de France, du roi d'Angleterre et du roi de Naples. Grégoire X présidait les séances solennelles de cette auguste assemblée. Saint Bonaventure, qui avait reçu le chapeau de Cardinal l'année précédente en fut l'âme. C'est lui qui dirigea les délibérations des commissions particulières. Tous, ceux qui l'approchaient, dit une narration du Concile, étaient saisis d'affection pour lui. S^a chétive santé ne résista pas à l'énorme labeur qui lui incombait. Il mourut le i5 juillet après avoir pu du moins saluer l'aurore de la paix entre l'Orient et l'Occident.

La première session s'ouvrit en effet le 7 mai. Le 28, pendant la troisième session, Grégoire X reçut les lettres de Jérôme d'Ascoli annonçant l'arrivée des légats de l'empereur grec. L'enthousiasme fut si grand que le Pape réunit une assemblée extraordinaire. Saint Bonaventure y exprima l'allégresse universelle en commentant dans un discours le texte : Exsurge Jérusalem, et sta in excelso, et circumspice ad Orientem (Baruch V. 5). Ils arrivèrent le 24 juin conduits par Jérôme d'Ascoli, Bonagra!(ia et Jean Parastron, l'artisan infatigable de l'union. Le 29 juin, en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le Pape célébra solennellement la Messe, l'Epitre et l'Evangile furent chantés en latin et en grec. Puis après un nouveau discours de saint Bonaventure, le Credo fut également chanté en latin et en grec ; Guillaume de Morbecque, Frère Prêcheur, et Jean Parastron, qui les avaient instruits, chanté-

rent avec les légats répétant trois fois le Filioque. Quelques conférences eurent encore lieu sur les articles de foi tels qu'ils avaient été, réglés à Constantinople, et à la quatrième session, le 6 juillet, Georges Acropolis abjura le schisme en son nom et au nom de l'empereur. Les prélats grecs vinrent siéger avec les Latins. De nouveau on chanta le Credo comme la première fois, et Grégoire entonna le Te Deum au milieu de la joie universelle. L'union était faite sur la base de la reconnaissance de la primauté du Pape, et sans aucune modification, ni dans le Symbole, ni dans le rite des Grecs. Avant de clore le Concile, malgré les réclamations de Baudouin II et de Philippe son fils, -auxquelles se joignirent celles de Charles d'Anjou, l'Empire d'Orient fut confirmé à Paléologue.

A l'automne de 1274, les ambassadeurs de celui-ci quittèrent Lyon accompagnés par Jean Parastron et de nouveaux légais du Pape, dont l'abbé du Mont Cassin. Le i6 janvier 1275, des cérémonies semblables à celles de Lyon furent célébrées et la Primauté du Pontife romain solennellement reconnue. On pouvait croire que l'union des Eglises grecque et latine était définitivement scellée. Le Concile de Lyon semblait avoir effacé quatre cents ans d'hostilité 5i.

SI Pour l'histoire du Concile de Lyon, de ses préliminaires et de ses résultats, cf. Wadding, Annales, t. IV, p. 345-356, 386-400, 406-408 ; Mansi, Sacr. Conc. nova et am-pliSsima collectio, t. XXIV, C. 47; Hefele- Leclercq, Conciles, t. VI, P. I, p. 153-218 ; Biblioteca, t. II, p. 417-423 ; W. NoRDEN, op. cit., p. 493, 520-526. — Wadding (loc. cit.), à qui Jean de Parastron est inconnu, l'a confondu avec Jean de Montecorvino (cf. Biblioteca, t. I, p. 283-290 ; t. II, p. 415-417. Parastron mourut à Constantinople en 1275, également vénéré des grecs et des latins.

Saint Bonaventure fut créé Cardinal le 28 mai 1273 ; il se trouvait alors à Angers. Charles d'Anjou, désirant gagner son appui dans le Sacré-Collège, prit des mesures pour que l'arrivée du nouveau Cardinal se fit rapidement. Il fournit lui-même l'argent et les chevaux nécessaires au voyage. Cf. Arch. fr. hist., t. XIV (1921), p. 401-414. Jérôme d'Ascoli était Provincial de Dalmatie, et par conséquent très

■au courant des choses d'Orient, quand il fut choisi par saint Bonaventure et présenté à Grégoire X pour chef de l'importante légation à Constantinople de 1272-1274. Il n'était pas encore revenu de cette mission, lorsque le Chapitre général réuni à Lyon en même temps que le Concile le fit successeur de saint Bonaventure. Sbaralea (Bull, fr., t. III, p. 267-

.274) attribue à Jérôme d'Ascoli une seconde ambassade à Constantinople

L'union cependant était plus apparente que réeile. Les proimesses de Fempereur dépassaient les concessions auxquelles se ■résignait le clergé. Michel Paléologue employa la violence pouf le réduire, et une opposition formidable se déclara contre ies lîniateSj que les nouvelles entreprises de Charles d'Anjou vinrent fortifier. L'empereur grec s'étant plaint au Souverain Pontife des difficultés qu'il rencontrait dans la réalisation de j'union, Nicolas III lui envoya, en 1278. une nouvelle ambassade de F. M. sous la conduite de Barthélémy d'Ameiia, évêque de Grosseto, afin de dissiper les suspicions, de rétablir l& pair .entre le roi de Sicile et le basileus. Mais, oubliant la sage modé^ ration de Jean Parastron, Nicolas III exigeait aussi l'addition du Filioque au Credo. Le mécontentement grondait de plus .eiii ipiusdans l'Empire, lorsque Martin IV, favorable à la dynastie .angevine, sachant que Paléologue s'était entendu avec Pierre d'Aragon et Jean de Procida pour lui enlever le royaume de Sicile, (1281) l'excommunia en l'accusant de déloyautés et 4e violences calculées contre les schismatiques afin de détourner son peuple de l'union. En même temps il préparait un© -expédition pour reprendre Gonstantinople. Les Vêpres Siciliennes (3o mars 1282) ruinèrent les ambitions de Charles d'Anjou et, affermissant la puissance de Michel Paléologue (f 1282) et de son fils Andronic, consommèrent la ruptujre entre l'église latine et l'église grecque 52.

La rupture fut telle que Nicolas IV qui, comme cardinal

en i?77 en compagnie de trois autres Frères MineMrs. La ti\ort d'Inijx^cent V (22 juin 1276), qui lui jtvait confié cette nouvelle t^che le 28 .ipai, l'arrêta au moment où il allait s'embarquer à Ancône. Jean XXI chargeai des religieux dominicains de cette mission, et envoya Jérôme d'Ascoli «t Jean de Verceil auprès des rois de France et d'Espagne. Cf. siupra, ,p. 637 s. BiblioteçoLj t. I, p. 292-296,; t. II, ,p. 423-425, 477 s. — H. Finke a .pvtl;>li.é ■une lettre sur les erreurs des grecs envoyée par J. d'Ascoli probablement en 1273 et celle qu'il écrivit pendant son voyage de retour et qui fut lue au Concile (KotpzilienstMdien ^r Geschichfe des ^^III jahr., Miansiter, 1891, p.117-120).

s=« Cf. Bvll. jr., t, in, p. 348-362 ; Wadding, Annaies, t. V, p. 9-iis, 29-36, 62-68 ; Biblioteca, t. t, pi 299 s. ; M. Viller, La question ,^t l'union des Eglises grecque et latine depuis le Concile de Lyon jusqu'^ 'Celui de Florence (iz^t^-i^^S), dans Rev. Hist. ecch, Louvain, t. Xyil (1921), p. 260-269.

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avait collaboré si intimement à l'éphémère extinction dm schisme réalisée au Concile de Lyon, et qui travailla avec tant de zèle à maintenir dans l'unité romaine ou à y ramener les- Églises orientales, ne crut pas opportun d'engager de nouvellesrelations avec l'Église de Byzance. Il n'écrivit qu'une seule lettre à ce sujet à l'empereur Andronic, et ce fut pour s'excuser de ne pas lui envoyer de légat. Mieux que personne, pour les avoir vus de près, il se rendait compte de l'inutilité de toutesnégociations avec les Grecs.

, Ce que la diplomatie avait été impuissante à réaliser, onprojeta de l'obtenir en revenant, comme Boniface VIII et Benoit XI, à l'idée de conquête, qui avait donné naissance à ][ 'éphémère empire latin de Gonstantinople. D'autres préféraient la persuasion, soit par la parole, comme les Franciscainsmissionnaires de plus en plus nombreux en Orient, soit par Jeurs écrits comme Matthieu d'Acquasparta et Raymond LuU;. qui composèrent des traités contre les erreurs des Grecs. Ni l'une ni l'autre de ces méthodes ne put refaire l'union entra Rome et Byzance 53.

Les Eglises orientales. — L'échec ne fut pas aussi complet avec les autres Eglises orientales. Grégoire IX en 1283,.. Innocent IV en 1245, Alexandre IV en i258 et Nicolas IV en 1289 et 1291 organisèrent des expéditions de missionnaires versles régions de l'Europe orientale et de l'Asie. La Bulgarie, la. Serbie, la Russie, la Géorgie, l'Arménie, le Liban, la Perse où étaient répandus les Jacobites et les Nestoriens, furent évangélisés par des Franciscains sous la conduite de Laurent d'Orie, d& Dominique d'Aragon (1245), de Jean de Monte Cprvino (1289),. de Guillaume de Chieri et de Mathieu de Chieti (1291). L'Eglise grecque s'efforçait de maintenir ces chrétientés dans le cercle de son influence. Sous sa pression, et par suite aussi des intérêts politiques, la Bulgarie, la Serbie, résistèrent au zèle des Frères Mineurs, mais Jean de Plan Carpin, au cours de sa

• 53 L'ouvrage de Matth. d'Acquaspart^ sur les erreurs des Grecs, Traciatus de àeterna Spiritus Sancti processione ex Pâtre Filioque, a éiépublié à Quaracchi en 1895. Sur celui de Raymond LuU, cf. BibliotecUf. t. I, p. 378.

mission en Tartarie, fut assez heureux pour ramener un duc de Moscovie au bercail de l'Eglise romaine; plus tard, devenu :éyêque d'Antivari, il reçut l'abjuration d'un prélat d'Albanie. . . Dès avant 1233, les Frères Mineurs avaient pénétré en Géorgie et resserré l'union de son église qui vivait isolée, plutôt que séparée, du centre catholique. Malgré les ravages, les révolutions, les massacres, les invasions tartares, les relations continuèrent avec Rome.

,, Il en fut de même en Arménie, qui s'était ralliée en 1199. Laurent d'Orte et André (de Pérouse ?) cimentèrent l'union qui fut proclamée au Synode de Sis (i 25 1), et que maintint le roi Hayton II (en religion Frère Jean) malgré l'opposition d'une minorité très remuante de dissidents.

André de Pérouse parvint aussi à ramener plusieurs groupes de Jacobites et de Nestoriens de Perse, et Jean de Monte Corvino, Guillaume de Chieri, Mathieu de Chieti portèrent à leurs patriarches les félicitations et les encouragements do Nicolas IV. Les résultats obtenus par le zèle des Frères Mineurs sont donc assez minces. On se souvient que Rubrouck attribuait au christianisme de mauvais aloi pratiqué par les Nestoriens la difficulté qu'il y avait à convertir les Tartares 34.

54 Pour les missions franciscaines envoyées aux Eglises orientales, cf. Bïblioteca, t, I, p. 162 s. ; t. II, p. 299-301 (Grégoire IX, 1233) ; t. I, p. 190 ; t. II, p. 324 s, (Innocent IV, 1245) ; t, I, p. 235 ; t. II, p. 392 .(Alexandre IV, 1258) ; t. I, p. 302, 354 s. ; t. II, p. 441, 472-477 (Nicolas IV, 1289 et 1291). La seule lettre adressée par ce Pape au sujet de l'union des Eglises à Andronîc, empereur de Constantinople, est du 13 janvier 1290 (E. Langlois, Reg. de Nicolas IV, N» 7242). L'année suivante, il lui recommanda, comme aux autres princes d'Orient les nonces Guillaume de Chieri et Mathieu de Chieti (Biblioteca, t. II,

Innocent IV avait essayé de faire rentrer les Bulgares dans le giron

de l'Eglise en 1245, et recommandé à son roi les Frères Mineurs qui travaillaient à cette tâche (Eubel, Epitome, N» 364). Ces paternelles exhortations furent inutiles, comme l'avait été la croisade entreprise contre eux en 1238 avec l'approbation de Grégoire IX par Bêla IV, roi de Hongrie (Bull, fr., t. I, p. 247-249 ; Wadding, Annales, t. IV, p. 417 s.). La cour de Hongrie s'intéressa pendant longtemps à l'extinction du schisme grec. Marie, reine de ce royaume, s'efforça en vain de convertir son frère Vatatzès qui avait fait alliance avec le roi de Bulgarie (Bull, fr., t. I, p. 446).

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Par leurs négociations, leurs controverses, leurs missions, tefe Frères Mineurs furent les principaux artisans de cette tâche «i chère au cœur des Papes et si difficile, l'union des EglisôS grecque et orientale à l'Église romaine. Ils en furent aussi les martyrs. En iSoj, Andronic, à rinstigation du Patriarctiè Athanase, les expulsa brutalement de Constantinople. Frèc© Etienne de Hongrie fut mis à mort, «n 1284, par des schismatiques grecs, et Ange de Spolète par les Bulgares en i3i4. Le im d'Arménie lui-même, Hayton II, fut trahi par les arméniens partisans de l'union avec Constantinople, et mis à mort par un chef tartareen i3o7 55,

Sous le pontificat de Nicolas IV, en 1288, et de Cléinent V, en isoiJ, le roi de Serbie feignit de consentir à l'union avec Rome. Il se disait fils soumis de l'Eglise, et n'en condamnait pas moins aux mines ceux de ces «ujets que les. Franciscains convertissaient (Bull, fr., t. IV, p. 27 s. ; t. V, No» 108-110).

Sur l'action dei Jean de Plan Carpin en Russie et en Albanie, cf. Bull, -fr., t. I, p. 506, 550, et H. Matrod, Notes sur le voyage de J. de Flan Carpin, dans Et. fr.^ t. XXVIîI, p. 365-367.

Sur les premières missions en Géorgie et sur Tapostolat de Jacques de Russano en 1233, cf. Biblioteca, t. II, p. 299 s. Les missionnaires y furent continuellement envoyés, notamment en 1245, 1258, 1289 et 1291 ( Biblioteca, t. II, p. 316, 392, 441 ; M. Tamarati, L'Eglise géorgienne des origines à nos jours, Rome, 1910, p. 421-434).

L'Arménie resta fidèle à l'Eglise romaine depuis les légations de Laurent d'Orte (1246) et d'André de Pérouse (1247). Cf. Biblioteca^ t. 'i,, p. 215 s. ; t. I, p. 351, 355-357. Nicolas IV s'intéressa particulièrement à ce royaume où combattait si vaillamment Hayton II (op. cit., t. l, P- 328-339,; t. Il, p. 456-465).

Pour l'apostolat des Frères Mineurs chez les Jacobites^ et les Nestoriens de Perse, cf. Biblioteca, t. I, p. 216, 323 ; t. II, p. 355-357, 438 s., 444.; A,rch. fr. hist,, t. XVIII, 1925, p. 351-356. Les chrétientés nestoriennes très nombreuses s'étendaient de Bagdad à Pékin (Cf. Bonin, Notes sur les anciennes chrétientés nestoriennes de l'Asie centrale, dans le Journal Asiatique, 19:0, p. 10) .

ss On trouve un récit de l'expulsion des Frères Mineurs de Constantinople en 1307, dans Biblioteca, t. III, p. 111-117. Le martyre d'Etienne de Hongrie eut lieu en 1284' (Biblioteca, t. I, p. 324 s. ; t. II, p. 429)4 et non en 1288 (XXIV Gêner., p. 417. s.). "Sur le martyre d'Ange de Spolète, cf. Biblioteca, t, III, p. 60, 65 s., et sur la mort d'Hayton, t. II, op. cit., t. I, p. 337.; t. II, p. 1348.

Introduction VII

UÈte des principales abréviations XXII

pe PARTIE. — LA FONDATION DE L'ORDRE DES FRÈRES MINEURS

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