‹ Histoire de la fondationChapitre 67 sur 238 · Organisation des Etudes · texte numérisé non relu

Organisation des Etudes

Développement des études théologiques "^^ . — En 1228, « le Ministre Général Jean Parenti, apprenant que la Province d'Allemagne n'avait pas de Lecteur en théologie,

^^ La même commission fut donnée aux archevêques de Cologne, de Magdebourg et à l'évêque de Wurtzbourg pour l'Allemagne. Cf. Bull, franc, t. I, p. 75-77; Arch. fr. hist., t. X (1917), p. 301, 316. Voir aussi S. BoNAV., Détertninationes Quaestionum P. II, Q. 12 : Cur fratres a Sancta Sede obtineani judices et conservatores ? dans Op. Otnn., t. VIII, p. 366.

^^ Cf. HiLARiN DE LucERNE, Histoire des Etudes, p. 131-328.

déposa de sa charge le Provincial, Frère Simon, et le nomma Lecteur » . Cette petite phrase de Jourdain de Giano ^- nous donne à penser que dans d'autres Provinces, sinon dans toutes les autres, la science sacrée était cultivée. D'autres constatations nous amènent à la même conclusion. Ainsi Grégoire IX dans la bulle Qtio elongati (i23o) dispense de l'examen et de l'approbation du Ministre Général exigés pour être admis à l'office de la prédication les Frères instruits dans la théologie. Parmi les objets dont les Frères Mineurs pouvaient avoir l'usage mais non la propriété, le même Pontife mentionne tout particulièrement les livres. On remarque en outre que les appels faits par les papes à la charité publique en faveur des Frères ont presque toujours pour motif les constructions et les livres. De tout cela nous pouvons déduire que dès 1280, V étude de la Sainte Ecriture, c'est-à-dire de la théologie, était implantée dans l'Ordre franciscain et que le nombre des clercs s'y augmentait de jour en jour. L'attrait qui les portait vers l'Ordre des Mineurs, fut même pour le chroniqueur Mathieu Paris une énigme insoluble 33. On conçoit qu'une telle affluence de savants put déterminer à l'intérieur de l'Ordre un courant irrésistible vers la science. L'étude était d'ailleurs une nécessité inévitable. Les Frères ne pouvaient sans elle accomplir même leur humble apostolat populaire. A tous les carrefours de routes, sur toutes les places publiques ils rencontraient, armé d'arguments captieux, l'hérétique. Impossible de fuir la controverse publique avec lui, impossible de l'affronter sapa posséder une sérieuse connaissance de la Sainte Ecriture. Aussi

32 GlANO, p. 47.

33 (( Quod spretis beatissimi Benedicti pleni spîritu omnium sanctorum et magnifici Augustini disciplinis, contra statutum concilii (Can. 13 du IV^ Concile de Latran, 1215) sub gloriosae memoriae Innocentio m celebrati, tôt viri Htterati ad inauditos ordines subito convolarunt. » (Chron. Maj. ad ann. 1255, éd. Mon. Germ. SS., t. XXVIII, p. 248, cité par le P, Hilarin de Lucerne, Hist. des Etudes, p. 128, n. 3).

Page 1