‹ Histoire de la fondationChapitre 78 sur 238 · Frère Aymon de Faversham · texte numérisé non relu

Frère Aymon de Faversham

Ministre général (1240-1244).

Modifications dans le recrutement.

Il appartenait au Ministre général de faire entrer dans la pratique les nouvelles Constitutions. Albert de Pise,

confirmation du Général. Cf. Eccleston, p. io8; Const. Narb., loc. cit., p. 460.

87 Cf. Constit. Narb., loc. cit., p. 458 in fine Rubr. VII. — La supériorité du Chapitre sur le Ministre est nettement affirmée dans le prologue : (( Non enim absque periculo parvipendi potest, quod cum tanta difficultate, tôt laboribus et periculis, tôt et tantis deliberationibus pro salute animarum a generali capitula statuitur apud quod praecipua residet auctoritas Ordinis gubernandi. » (Ibid., p. 450.) Les Quatre Maîtres, écrivant au lendemain de ce coup d'état, avaient émis la même opinion (Cap. VIII).

88 Eccleston, p. 49. — Ni Crescence de Jesi (1244-1247) ni Jean de Parme (1247-1257) ne modifièrent ce qu'avaient fait le Chapitre de 1239 et Aymon de Faversham. Jean de Parme ordonna sagement que les Chapitres généraux se tiendraient désormais alternativement dans les Provinces cismontaines et les provinces ultramontaines (Eccleston, p. 92). Innocent IV permit en outre, le 4 octobre 1255, que le Ministre général puisse entrer immédiatement après son élection en possession de sa charge, sans attendre la confirmation du Souverain Pontife. C'était un usage nouveau dans l'Eglise, autorisé depuis onze ans seulement par un privilège accordé aux Frères Prêcheurs (Bull, fr., t. II, p. 76 s.; Mortier, Histoire des M. Gen., t. I, p. 330 s.).

tout rempli de l'esprit du fondateur, et très expérimenté^ puisqu'il avait déjà gouverné plusieurs Provinces, possédait toutes les qualités nécessaires à cette tâche. Le temps lui fit défaut ; il mourut quelques mois après son élection. Son successeur, Aymon de Faversham, (1240-1244) une des lumières de l'Ordre, pouvait assumer cette tâche délicate.

Aymon de Faversham, le premier Ministre général né hors de l'Itahe 89, est une figure que le temps a fait pâlir et qu'il a presque eflPacée. Cependant plus on suit la marche de l'évolution franciscaine, plus on se convainc que frère Aymon de Faversham lui donna, avant d'avoir entre les mains les rênes de l'Ordre, une impulsion décisive. C'est lui en tout cas qui mit la dernière main à cette organisation que saint Bonaventure trouvera toute faite, qu'il ne songera pas à modifier et qui lui sera attribuée.

Aymon n'avait pas eu comme Elle l'avantage de connaître personnellement saint François, ou tout au moins de jouir de son intimité. Fils de l'Université de Paris, il avait reçu l'habit à Saint-Denis en 1226, des mains de Grégoire de Naples, Provincial de France. Bientôt après, il était passé en Angleterre et avait collaboré aux progrès de la nouvelle Province. Successivement Lecteur à Tours, à Bologne, à Padoue, Custode de Paris, c'est en cette qualité que cinq ans seulement après sa vêture, il prend une part considérable au Chapitre de i23o. Si l'on en juge par le nonibre et l'importance des privilèges qu'il obtiendra dans la suite, il dut être en i23o de ceux qui, n'ayant pas participé pleinement à la pensée du saint patriarche, désiraient une observance adoucie de la Règle et l'abrogation du Testament 9».

89 Voir plus bas, n, 9 du chap. XIV.

so Parmi les privilèges procurés par Aymon de Faversham, rappelons

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