‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 121 sur 180 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

du Loiret, chaque concessionnaire fut autorisé à se foire aider par ses enfants ou domestiques, quel qu'en fût le nombre.

C'était, ou bien peu s'en faut, la concession gratuite. Peut-être les candidats officiels y ont-ils gagné quelques voix, mais une conséquence, qu'il était facile de prévoir, ne tarda pas à s'ensuivre. On vit se reproduire, à peu près, ce qui s'était passé en 1809; de véritables industriels accoururent, souvent de très loin, avec des bandes d'ouvriers, exploiter des quantités immenses de bruyères (il y en a eu certainement plus de trois millions de bottes enlevées en 1888), pour les revendre, comme chauffage, jusque dans la Beauce et le Gâtinais. Presque tout y a passé, et la forêt d'Orléans, sauf sur certains points que la nécessité de protéger de jeunes plants a fait réserver, ne renferme plus guère, à l'heure qu'il est, de bruyères d'une certaine hauteur. D'où ruine de la petite industrie des balais ; puis obligation, pour les riverains, de renoncer au chauffage économique de la bruyère, et il en sera de même pendant les six ou huit années nécessaires à celleci pour atteindre les dimensions convenables à ces deux emplois. Ceux qui ont besoin d'herbe et de litière ont, seuls, trouvé avantage à ce changement ; mais les autres ont tué la poule aux œufs d'or, et elle ne peut renaître, un jour, que si l'arrêté de M. Viette est rapporté.

Au point de vue de l'intérêt de l'État, cet arrêté n'a pas eu un résultat favorable. Sans parler de la diminution sensible de la petite ressource fournie par les journées de prestation, dont le nombre s'éleva bien à 14,424, en 1888, mais descendit, déjà, l'année suivante, à 10,718, ne fut plus que de 8,210 en 1890, et ne peut que décroître encore, ce

qui se pratique, niaintenaot, conslitue, somme toute, une exploitation en règle, â. la révolution de liuit ou neuTans au maximum, de la plus grande partie de la bruyère. Or, quelque frugale que soit celle-ci. elle extrait de la terre une certaine quantité de corps, tels que : chaux, pot^se, acide phosphorique, etc., indispensables à nos grandes essences, et dont l'aptitude â être envahi par notre sousarbrisseau est, précisément, un indice, tout spécial, de pauvreté pour un sol.

Moins on prendra de bruyères, mieux s'en trouvera donc la forêt, et toute mesure rendant plus fréquents les enlèvements tend à épuiser celle-ci de plus en plus (l).

Les autres menus produits du sol forestier, concédés

(I) On se fera une idée de ce que toutes les bruyères extraites, en une anoée, de la forél d'Orléans renferment de matières précieuses pour la végétation par les chiffres suivants, déduits de recherches chimiques faites par MM. Fliche et Grandeau, professeurs à l'École forestière de Neocy, sur des bruyères communes, récoltésB en cinq points différents de la France.

1,000 bottes de bruyères, fraîchement coupées, pèsent, en moyenne, S,000 kilogrammes; desséchées à l'étuve. 727 kilogrammes; brûlées, elles donnent 15 kilogrammes 340 grammes de cendres pures, se décomposant ainsi à l'aoelyse :

Acide phosphorique 1.387

Sexquioxyde de fer 0.666

Chaux 3.286

Uagnésie 1.945

Potasse 1.588

Soude 0.278

Acida Bulfurique 1.212

Silice 4.728

Chlore 0.S50

Total. ....... 15.340

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