CHAPITRE IV
Cette dernière, dont on fait le charbon qui entre dans la composition de la poudre, avait été, par l'ordonnance de 1669, réservée aux salpétriers et poudriers. Il en fut ainsi jusqu'à la promulgation du Code de 1827, qui supprima le privilège de l'administration des poudres et salpêtres ; mais celui-ci fut rétabli à partir de 1870.
De tous ces menus produits, un seul a une certaine importance, c'est la bruyère; nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.
On trouvfe quatre espèces de bruyères dans la forêt d'Orléans : erica tetralix, bruyère quaternée ou des marais, de 30 à 70 centimètres de haut, à fleurs roses, rarement blanches ; erica cinerea, bruyère cendrée, de 30 à 60 centimètres de haut, à fleurs roses, violettes ou blanches; erica scoparis, bruyère à balais, ordinairement de 60 centimètres à 1 mètre, mais qui atteint, parfois, dans nos pays, une hauteur de 3 mètres et plus, à fleurs jaunesverdâtres ; callune vulgariSy bruyère commune, de 50 à 90 centimètres, parvient, également, à de bien plus grandes dimensions, 2 mètres et au-delà, à fleurs roses, plus rarement blanches. Les deux premières, sans être rares, ne se rencontrent pas très fréquemment et présentent peu d'importance. La troisième est très recherchée pour la fabrication des balais et a donné naissance, depuis longtemps, dans le pays de Lorris, à la très modeste industrie que nous avons signalée au chapitre IIL Enfin, la quatrième, de beaucoup la plus abondante, qui envahit les vides de la forêt avec une rapidité et une vigueur vraiment surprenantes, sert, jeune, à la litière des bestiaux, vieille, au chauffage de leurs propriétaires, et, à ces deux titres, rend de véritables services aux populations agricoles de la région.
328 HISTOIttE DE LA FOBÈT D'ORLÉANS
La bruyère, de même que le genêt, l'herbe, les souches mortes, mais ces trois derniers produits dans de bien moindres proportions, se délivre moyennant des journées de prestation, employées â l'entretien des routes et des fossés, â des plantations et k quelques autres travaux divers. Cependant, en 1850, on autorisa un industriel û carboniser de la bruyère dans le cantonnement de Châteauneur, à raison de 33 centimes les ■! 00 bottes de 1™ 20 de haut sur l^ao de tour. Cette fabrication de charbon d'un nouveau genre dura quatre ans, pendant lesquels il fut extrait 572,000 bottes ; mais celte tentative ne donna vraisemblablement pas de résultats suffisamment rémunérateurs, et elle cessa en 1854. Une autre personne avait obtenu, en 18C0, une autorisation analogue, A meilleur marché encore, mais n'en a pas profité.
Le nombre de journées de travail obtenu pour ces diverses concessions n'a jamais varié, sensiblement, jusqu'à 1887, inclus, abstraction faite, naturellement, des années 1870 et 1871. La moyenne en était d'environ 10,000. En général, on exigeait deux journées pour dOO bottes ; mais le contrôle était fort difficile, et il était, certainement, enlevé beaucoup plus.
Vers la fin de 1887, les maires de quelques communes demandèrent au ministre de revenir aux anciens errements et d'autoriser l'extraction d'un nombre illimité de bottes de bruyère et d'herbe, ou de stères de souches mortes à raison de deux journées de travail par trimestre. Les élections sénatoriales approchaient, et le ministre, M. Viette, fit complètement droit 6 cette réclamation, contrai l'émeut à l'avis des agens forestiers locaux. Bientôt après, môme, t^rAco à l'intervention de l'un des députés