‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 147 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Enfin, les taillis fournissent aussi, surtout dans Tinspection de Lorris, quelques écorces, de bonne qualité. Elles sont mises en bottes pesant 20 kilos et ayant 1™ 17 de long et autant de circonférence prise sur le lien.- Elles alimentent les tanneries du pays, à Montargis, Montereau, Moret, etc., où elles peuvent être conduites par la voie de terre, car un séjour sur les canaux les détériore, Quelquesunes vont plus loin, à Paris, à Nantes, dans les départements d'Eure-et-Loire et du Nord, jusqu'en Belgique et en Hollande. L'écorçage fait perdre une demi-feuille, au moins, aux taillis, et peut nuire sérieusement à ceux qui, accrus sur un terrain trop sec et pauvre, n'ont pas, dès la première année, une végétation vigoureuse; aussi Ta-t-on souvent défendu dans certaines coupes. Il n'est pas permis d'écorcer sur pied.

L'exploitation est faite, presque toujours, dans la forêt d'Orléans, par des ouvriers du pays, qui, cultivateurs, terrassiers, maçons, etc., le reste de l'année, se font bûcherons l'hiver.

Les prix de façon varient beaucoup d'une année à l'autre, et la même année suivant le genre d'exploitation, taillis ou éclaircie, la distance de la coupe aux lieux habités. Ils étaient, en 1882 : pour le bois de charpente, de 2 fr. 30 le mètre cube ; pour le bois paré, de 1 fr. le stère ; pour la charbonnette, de 1 fr. 30 le stère ; pour les bourrées ou fagots, depuis 5 fr. jusqu'à 7 fr. 15 le cent, selon la catégorie. Ces prix ont baissé, depuis lors, d'à peu près un sixième. Il faut ajouter au salaire argent la valeur des débris et copeaux d'abattage qui sont abandonnés par les marchands, parfois gratuitement, mais le plus souvent moyennant le paiement de 2 fr. par stère, tandis qu'ils

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valent 7 fr. sur le parterre de la coupe, ce qui représent 5 fr. de bénéllce net, au moins. Ce salaire en nature n laisse pas que d'être considérable ; il résulte d'expérience continuées sur toutes les coupes d'éclaircie de l'inspeclio de Lorris, pendant les cinq années 1882 à 1886, que le bois abandonnés aux ouvriers entrent pour les 8 centième dans le cube total exploite (5 centièmes pour les résineux 40 centièmes s il s agit de feuillus), ce qm augmente d 38 p. 100, enMLon, les salaires argent tels que nous le avons indiques plus haut, et porte la journée total moyenne d'un bon bucheion à environ 2 fr , maintenan Ifr. 80(1).

Malgré les tentations auxquelles ce paiement partiel e bois expose les ouvriers, on peut dire que, grâce à un surveillance vigilante et à de bonnes traditions, t'exploits tion est, en général, bien faite dans la forêt d'Orléans

L'écorçî^e coûte très cher. Il doit se faire dans u temps étroitement limité par l'ascension de la sève, etl prix de la main-d'œuvre s'en ressent. La fabrication d'u cent de bottes d'écorces coûte 50 fr.

Le transport, par voiture, aux lieux de coiisommatior

(l)Le numéro de septembre 1888 de la Beoue des eaux el forél donne, d'après une Revue alleme ode, le lableau du temps moyen en ployé par les bùcheroDadecinquante-sepl canton nemeatspruBsieii pour exploiter et fagonner les principaux produits d'une coup Ce lempB serait : les 55 cenlièmes d'un jour, pour 1 mètre cub de bois d'œuvre, dur, en grume ; tea 4S centièmes, pour uo stèr de bois de feu, dur, rondin, etc. A ce compte, nous avons calcul que la journée de travail, avec les prix que nous venons d'ind quer, ressortirait à S fr. 60 ; mais nos bûcheroDs Orléanais n'oc pas, croyons.nouB, la même productivité que les bûcheron allemands.

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