‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 162 sur 180 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

à ce lieu le nom de château de Montfras. Des vieillards prétendent se souvenir avoir vu là de nombreux maté^ riaux de construction, enlevés, petit à petit, par les riverains; mais M. de Saint- Venant (1) n'a pu y trouver le moindre débris, et penche à croire que ce soi-disant château était peut-être un petit camp romain, un castrum stativum, capable de contenir trois cohortes.

La tradition locale veut aussi qu'il y ait eu dans la forêt, au temps jadis, deux autres châteaux dont nous n'avons trouvé nulle part qu'il ait été fait mention.

Le château de Gandelan, dans l'ancienne Petite-Forêtde-Saint-Benoit, canton de la Fontaine-Gandelan, à 200 mètres du vieux chemin de Gien à Lorris. On ne rencontre sur cet emplacement que quelques pierres informes, des vestiges de vieux fossés encore assez apparents, et une fontaine, nommée la fontaine Gandelan.

Le château des Enchastres, dans l'ancien domaine royal, canton du Buisson-Allant. Il existe là un terre-plein élevé de 1 mètre à 1™ 50 au-dessus du sol et affectant la forme d'un cercle d'une centaine de mètres de diamètre; la circonférence, nettement accusée sur toute la partie sud-ouest, est beaucoup plus difficilement reconnaissable sur le reste. En contre-bas, se trouve la fontaine des Enchastres ou Enchastrées (2).

Enfin, au canton de la Ghennetière, a existé, réellement, le château de Jarnonce, dont l'origine est inconnue, mais ne paraît pas devoir remonter au-delà du XV^, peut-être même du XVIe siècle. M. de Maulde, ainsi que

(1) B. S.y no 138, t. IX.

(2) Faudrait-il voir, là aussi, les traces d'un ancien camp romain et faire venir l'étymologie d'Enchastres de in castrum ?

nous Tavons dit au chapitre III, suppose qu'il servait de résidence au gruyer de SeichebrièreS; Dans tous lès cas, il résulte de documents conservés dans le pays qu'en 1659, Jarnonce appartenait au duc de la Vrillière, et fut vendu. Tannée suivante, à Jehan Nouet, de Saint-Denis. Jacques d'Estrades en devint acquéreur le 4 mars 1717, et, le 10 juillet 1756, sa fille, M"e Thérèse d'Estrades, qui en avait hérité en 1744, le vendit au duc d'Orléans (voir au chapitre premier). Ce n'était plus, depuis longtemps, qu'une simple métairie, qui fut réunie à la forêt. Des fouilles pratiquées à diverses époques, et en dernier lieu par M. de Saint-Venant, en 1888 (1), ont fait voir que le château proprement dit, composé de trois corps de logis distincts et d'un colombier à pied, s'étendait sur une surface carrée de 33 mètres de côté, dont chaque angle était flanqué d'une petite tour ronde, de 4 mètres de diamètre. Cette enceinte, dans laquelle M. de Saint- Venant a retrouvé le puits qui servait à J'usage des habitants, était entourée de fossés de 11 mètres de large, devant avoir primitivement de 2™ 20 à 2™ 50 de profondeur ; d'autres fossés, à peu près de la môme profondeur et larges, seulement, de 5" 50 à 6 mètres, circonscrivaient une deuxième enceinte extérieure de 99 mètres sur 84. Lors du bornage de 1718, on voyait encore les traces très apparentes d'un pont-levis. On a trouvé un peu partout, tant dans l'ancienne cour intérieure que dans les fossés, des pierres taillées, des briques, des carreaux de terre, se rapprochant beaucoup des matériaux modernes.

Il existe, dans le canton du Bouchot, des traces d'an-

(1) B. S., no 138, t. IX.

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