CHAPITRE VI
ciennes constructions entourées de larges fossés, sur le bord d'une petite pièce d'eau établie de main d'horame. C'est là, au pied du Mont-Hercule, dans les vides donnés par Louis-le-Gros, au commencement du Xlle siècle, comme nous l'avons dit au chapitre premier, que les religieuses de la Madeleine, bien vite à l'étroit dans leur monastère d'Orléans, étaient venues essaimer. On ne sait, au juste, l'année où les premiers bâtiments furent construits, mais ils existaient avant 4163, car, cette année, Louis Y II fit don aux feminis de Chaumotesio du tiers de la dîme du pain et du vin de sa table, quand il résidait à Lorris, les deux autres tiers étant réservés pour les religieuses de Brandelou et les lépreux de Lorris (1). La vie conventuelle ne paraît pas avoir été longtemps pratiquée au Ghaumonlois par les « non nains de l'hôtel des Olliens », comme elles étaient désignées, en 1291, dans le testament de Jeanne de Ghatillon, comtesse de Blois (2); et V Abbaye, ainsi que les ruines actuelles sont encore appelées dans le pays, devint, assez vite, une simple ferme ou grange. Saint Louis, le 26 octobre 1239, y prit un repas, pour lequel il donna 40 sous parisis. Ruinés pendant les guerres des XlVe et XVe siècles, les bâtiments furent relevés par l'abbesse Marie de Bretagne, dans la première moitié du XVe siècle (3). Cédés au duc d'Orléans, le 22 août 1749 (voir au chapitre premier), ils furent rasés, et les terres, qui formaient alors deux enclaves au milieu de la forêt, furent boisées.
On trouve, sur les limites des cantons de Ghappes et du
(1) H. P. M., pp. 20 et 21.
(2) H, O., pp. 376 et 377.
(3) H. P. M., pp. 20 et 21.
Grot-Cadet, à côté de la fontaine de Saint-Eutrope, quelques débris de l'ancienne chapelle de Ghappes-en-Bois, que révoque d'Orléans, Manassès de Garlande, avait fait élever, en 1467 (voir au chapitre premier), en l'honneur des saints Thomas etEutrope. Ruinée et rétablie plusieurs fois, elle existait encore lors de la Révolution. Elle fut vendue alors, à charge de la dénjolir, le 2 avril 1792, moyennant la somme de 265 fr.
Non loin de là, au milieu du canton du Marchais-Bichat, se trouvent les ruines de l'ancienne métairie de Sainte- Groix, rasée en 1744, ainsi que nous l'avons expliqué au chapitre premier.
Enfin, arrivant aux temps présents, nous signalerons un petit monument érigé, sur le bord de la route départementale no 17, en l'honneur d'un tirailleur algérien, tué, pendant la guerre de 1870, par une colonne d'infanterie hessoise qui s'avançait vers Orléans. Les circonstances de cet incident sont relatées dans l'inscription, peut-être plus patriotique que bien orthodoxe, gravée sur les pierres du cippe commémoratif.