CHAPITRE II
moyeçne annuelle d'Orléans est d'environ 14 degrés, supérieure de quatre dixièmes de degré à celle de Paris ; mais le climat de la forêt, dont le sol est imperméable, et, par conséquent, plus humide et plus froid que celui- des contrées voisines, la Beauce et le val de la Loire, est certainement moins doux que celui de ces dernières.
Ce n'est que rarement que la chaleur est nuisible à la végétation forestière.
Quant au froid, ses effets funestes se font sentir, chaque année, de deux manières différentes : la glace fait périr un certain nombre de souches, lors de l'exploitation, dans les parties où, malgré les travaux d'assainissement effectués, elles sont encore gorgées d'humidité par suite de la stagnation des eaux. Puis les gelées printanières sévissent, trop souvent, d'une manière fâcheuse sur les jeunes chênes de la forêt. Elles se produisent en mai et jusqu'en juin, et quelquefois avec tant de force que l'odorat du promeneur est péniblement affecté par la grande quantité des principes ammoniacaux qui se dégagent des bourgeons désagrégés. Elles n'attaquent le bois que dans une zone dont la surface dépasse rarement 2 mètres ou 2'n50, jamais 5 mètres. Souvent elles ne se font pas sentir plus bas que 50 centimètres ou 1 mètre. Il est facile de reconftaître les limites du phénomène sur certaines cépées qui, toutes verdoyantes au pied et à la cime, sont dégarnies de leurs feuilles dans la partie intermédiaire. Les chênes surmontés d'un couvert échappent ordinairement aux effets de ce météore ; mais dans les taillis, à moins qu'ils ne soient dominés par un certain nombre de vieilles rései*ves, on trouve partout ses traces.
Enfin, nous avons relevé quelques années exception-
nelles où le froid a eu des effets désastreux pour la forêt.
En 1 ^8, beaucoup de chênes séchèrent et moururent à la suite de l'hiver.
L'hiver de 1564 fit, lui aussi, un mal considérable.
Le Maire (1) cite l'hiver de 1 607j[ 6g8 comme particulièrement rigoureux. Le froid, qui commença en décembre, le jour de la Saint-Thomas, dura jusqu'en février.
En janvier 1709^ les froids ne durèrent que dix-sept jours, du 6 au 23, après un commencement d'hiver remarquablement doux ; mais le 13 et le 14, le thermomètre descendit jusqu'à — 2lo,2 réaumur (ce qui représente à peu près — 27» centigrades). Beaucoup d'arbres périrent, notamment t ous les noyers de la région (2).
Plinguet (3) cite, comme ayant fait subir des pertes à la forêt, les hivers de 1740 et deJJ15.
En 1 78^-17 89. le froid fit éclater beaucoup de réserves et môme des brins de taillis qu'il fallut exploiter sur des surfaces considérables. Les bruyères, buis, nerpruns, prunelliers, troènes, furent gelés (4).
Les hivers de 1829-1830. 1871-1872, doivent aussi être signalés. Ils furent fatals à un grand nombre de pins maritimes.
Enfin, nous arrivons aux années 1879 et 1880, dont les* désastres sont loin d'être réparés.
Les 22, 23 et 24 janvier 1879, à la suite d'une pluie de trente-six heures, durant laquelle la température s'était
(2) Ar. F. Lorris.
(4) Ar. F. Lorris.