‹ Histoire de la forêt de SoigneChapitre 3 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

EN élaborant ce livro, j'ai eu le constant souci d'observer les principes de la science historique; c'est-à-dire que je me suis toujours efforcé, lorsque je traitais un des multiples objets formant l'ensemble de mon ouvrage, de recourir à leurs sources, quand elles existaient. J'ai l'orgueil d'affirmer que plusieurs des sept chapitres constituant cette Histoire ont été composés presque uniquement d'après des documents inédits. Cependant, j'ai eu bien souvent recours au témoignage des écrivains; mais j'ai surtout consulté ceux qui sont absolument dignes de foi, et de préférence les auteurs qui furent contemporains des événements dont leurs œuvres nous ont conservé la description plus ou moins lidèle. On me pardonnera d'avoir fait une part, très minime d'ailleurs, à la fable : Le terrain sur lequel je m'engageais est propice aux floraisons des légendes; et il en est quelques-unes dont la poésie était trop séduisante, trop émanée même de ce sol sylvestre dont je vais essayer d'évoquer la. splendeur, pour que leur omission volontaire ne constituât point une lacune incontestable. Si la légende n'est pas sœur de l'histoire, il est permis toutefois de les représenter côte à cote, ne fut-ce que pour opposer la vérité à la fantaisie et en marquer l'essentielle différence. Ce n'est pas sans craintes que j'ai entrepris de dire les fastes de la forêt de Soigne. Ces craintes ne se sont pas tout à fait dissipées au cours de mon labeur; maintenant que je donne à mon livre son vêtement définitif, il me reste des appréhensions... J'ai été effrayé, au début de mon entreprise, de constater combien étaient nombreux les documents où j'aurais à puiser; une telle abondance de matériaux pour le petit bâtiment que je désirais éditier était de nature à me

désorienter. H n*était pas possible d*utîlisor tout ceLi ; il fallait choisir, n'employer que les pierres capables de donner à la construction de la solidité en même temps qu^une lumineuse et régulière apparence. Par conséfiuent, j'ai cm a^r avec sagesse en négligeant les documents par trop secondaires p<^>ur concentrer toute mon attention sur ceux qui présentaient un intéiêt véritable. Je dois au prix de pareille élimination les proportions équilibrées qui, je pense, accordent entre elles les diverses parties de mon volume. Si jai, ça et là, dérogé exceptionnellement à ma ligne de conduite en me servant de détails qui n'étaient pas susceptibles d'ajouter à l'intérêt de la narration, c>st par amour du pittoresque et aussi pour enlever à la sécheresse de certaines pages cette aridité qui tant indispose le lecteur...

Cette Histoire n'a pas la prétention d'être parfaiie; il reste beaucoup à dire sans doute de la forêt de Soigne. Néanmoins, j'estime que mon ouvrage relate ce qu'il y a de capital dans son passé. Des découvertes nouvelles, des renseignements inédits ne feraient tout au plus que confirmer mes récits, en élargissant un peu la scène où se déroulent tant d'événements joyeux ou tragiques. J'avoue volontiers que si je suis parvenu à dépouiller, à lire les chartes, les diplômes, tous les écrits ayant trait à l'objet que j'avais choisi, si rien de particulièrement curieux ne m'a échappé pendant mes investigations, je le dois avant tout aux hommes dévoués qui ont la garde de nos dépôts publics. En tête de cette œuvre, qui, si on veut bien lui reconnaître quelque valeur, eût été moins méritante sans leur aide, je tiens à témoigner à ces savants ma gratitude. Aux Archives générales du Royaume, à Bruxelles, j'ai rencontré un accueil empressé auprès des fonctionnaires des différent? services : MM. Arthur Gaillard, archiviste général; Henri A^an der Haeghe-de Vicq, chef de la troisième section; Ed. Laloire et Em. Van der Mynsbrugge, attachés de première classe; sans oublier M. Em. Lefêvre, un modeste employé dont robligeance inépuisable est devenue classique pour ceux qui fréquentent la salle d'étude. Aux Archives de la ville de Bruxelles, je n'ai eu qu'à me louer de la cordialité de M. l'archiviste J. Van Malderghem, qui m'a

facilité la reproduction de maint monument graphique appartenant au Mu^ée communal. Son adjoint, cet historien brillant et extrêmement érudit qu'est M. G.-L.-H. Des Marez, a poussé la prévenance jusqu'à rechercher à mon intention des pièces non inventoriées, j)ièces dont j'ai retiré le plus grand bénéfice. A la Bibliothèque royale ce sont MM. Fetis et Henri Hymcins, le conservateur en chef d'hier et le conservateur en chef d'aujourd'hui, qui m'ont accordé leur précioux appui. Le conservateur de la section des imprimés, M. E. Gossart, (|ui, grâce à une expérience de trente années, n'ignore rien des trésors confiés à ses soins dévoués, m'a signalé des passages curieux et typiques, perdus dans le fatras souvent indigeste de vieux mémoires et de vieilles descriptions, et qui étaient d'un intérêt considérable. A la section des manuscrits, c'est mon ami, M. E. Bâcha, conser\^ateur adjoint, qui a facilité ma tâche. Enfin, le très artiste conservateur du Cabinet des Estampes, M. René van Bastelaere, n'a rien négligé pour me permettre de faire photographier, dans d'excellentes conditions, les dessins inédits, les gravures et les lithographies les plus attachantes des collections nationales qui entraient dans le cadre de mon travail.

A côté de ces fonctionnaires éminenls, il est d'autres personnes vers lesquelles va ma gratitude et qui, avec une spontanéité dont je m'honore, ont bien voulu, à la nouvelle de la publication de mon livre, me signaler certains éléments complémentaires et m'indiquer des sources inconnues de moi ou qui, dans mes notes, étaient fort sommairement renseignées. Mon souvenir ému et reconnaissant va tout d'abord à feu M. Léo Errera, le regretté professeur de botanique à la faculté des sciences de l'Université libre de Bruxelles, mort si inopinément le l'*" août de cette année; il m'avait communiqué sur la flore de la forêt de Soigne des données dont j'ai tiré profit et qui comblaient dans un de mes chapitres un véritable vide; merci à M. P. Verhaegen, vice-président du tribunal de première instance de Bruxelles, dont les nombreuses indications géographiques et historiques me sont venues fort à point; merci à M. Georges Cumont, qui m'a éclairé avec son éloquence nette et persuasive sur les mœurs

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