‹ Histoire de la formation de la langue françaiseChapitre 16 sur 77 · V. Socrule, beau-père · texte numérisé non relu

V. Socrule, beau-père

ÀBL. De la socrul, du beau-père.

Quant aux verbes, il n'en a pas été tout à fait de même que des noms. La confusion entre les temps n'était pas aussi grande qu'entre les cas.

Ainsi les auxiliaires, dont le rAle auprès des verbes a été justement comparé à celui des particules auprès des noms, se distinguent de celles^i en ce qu'ils n'ont pas toujours remplacé des formes perdues, mais beaucoup plus souvent créé de nouvelles formes à côté des anciennes. On a gardé le prétérit simple, /aimai, d'amavij et on y a joint le prétérit composé, fai aimé.

Nais il n'en a pas été de toutes les formes verbales comme des temps ; si aucun temps n'a péri excepté le supin et le gérondif, la voix passive à l'état simple a disparu dans toutes les langues néo-latines, et a été remplacée par un passif composé à l'aide du verbe être.

On a cité plusieurs phrases des bons auteurs latins, dans lesquelles le verbe habere pouvait être considéré comme ayant déjà un sens analogue à celui de l'auxiliaire avoir dans le parfait composé /ai aimé.

Cicéron dit, à la fin de la, cinquième Philippique,

Quse cum ita sint, de Caesare satis hoc tcmpore dictum habeo. Les choses étant ainsi, fai pour cette fois assez parlé de César.

Henri Estienne, qui cite plusieurs autres exemples de cet emploi du verbe habere^^ regarde comme vraisemblable qu'il Ait joint à tous les participes latins, ce qui en ferait un véritable auxiliaire ; on ne peut nier qu'ainsi employé, il n'y ressemble beaucoup.

Les exemples de cet emploi du verbe avoir se multiplient dans la basse latinité '.

Sed taraen ante habeant ipsi omnia sun facinora patefacta. Hais avant qu'ils aient découvert tous leurs crimes.

Auditum habemus qualiier.

Mous avons appris comment.

Mais il y avait en latin plus d'une marque de la tendance à remploi du verbe auxiliaire. Le prétérit passif ama/ui 9um était formé du verbe auxiliaire être, exactement comme un prétérit composé français ou italien : fui amatOy je fui aime; seulement le présent du verbe être était employé au lieu du passé.

Les verbes auxiliaires usités dans les langues néo>latines sont être et avoir dans toutes ; tenir (tener) est particulier à l'espagnol ; vouloir {voiire ou vrere) au valaque, venir (vegnir) au roumanche.

Gomme le verbe avoir paraît à l'état d'auxiliaire dans les plus anciens monuments des langues germaniques, on pourrait croire que cette circonstance a influé sur son emploi dans les langues néo-latines ; mais on n'a pas besoin de recourir à cette explication quand on les voit s'adieminer si

* De latimtate falso suspecta, p. 219. Voy. aussi Raynouard, t I, Origme et formation de ta langue romane, p. 84.

* Ducange, Gloss. Voc. Habere,

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