CHAPITRE VI
FORKATIOM DE L'ADJECTIP
La déclinaison des adjectifs suit, dans la plupart des langues, la déclinaison des substantifs.
il en fut ainsi dans Tancienne langue française. Les adjectifs furent soumis aux règles de la déclinaison à deux cas, et distinguèrent le nominatif du régime par des procédés semblables à ceux qu'employaient les substantifs. Le plus général fut la présence ou la suppression de Vs^ dont M. Raynouard rapporte des exemples nombreux et bien choisis'.
De même que pour les substantifs, Vs final supprime quelquefois la dernière consonne du radical ; exemple : vis*^ mors^ pour mf-s, morts. De même aussi que dans les substantifs cette consonne reparait quand ïs est supprimé.
Renars est mon, Renars est vis.
ChabaiUe, Rom, du Ben., Supplcm., p. 31.
Renart est mort, Renart est vivant.
*Grttm$naire comparée^ p. 132 et suiv.; ObservtUions sur le Homan de Hou, p. (H et suiv.
' n en résulte parfois une conrusion au nominatif, vis se tix)UTC |iom rt f{tïïvus), pour vil [vilis), et même pour vuide, (F.elC.^l, p. 80.) Nais U forme régulière de vil, au nominatif» est vit s. Renars est vils, rime avec le vers cité dans le texte, ce qui donne lieu de penser que Vs, «'il se prononçait, était du moins articulé bien faiblement.
Comme les substantifs, les adjectifs en als^ eh, ois, ont leur nominatif en aux^ eux (a), ox ou os. Au lieu de royale on irouse royaux ; au lieu de mortel, morteux; au lieu de/bii, fox, etc. Cette forme a triomphé dans radjeclif. moderne vieux, pour viels (de vetulus) . La forme en el reparait au féminin vieille, et dans les dérivés, vieillesse^ vieillir , vieillard.
Hais la présence ou la suppression de Vs fmal ne fut pas plus, pour les adjectifs que pour les substantifs, Tunique moyen de distinguer le nominatif du cas régime.
De même on employa, pour désigner ce dernier au masculin, la désinence on, en souvenir de Taccusalif latin i/m {h). Du nominatif fels, on forma le cas régime félon, comme de bers (c) , baron ; et de même on se servit de cette désinence en on pour désigner le nominatif pluriel. Guyot dit en parlant des princes^ qu'ils sont :
E dur, e vilein, e félon.
Bible Guijot, v. 256.
Et durs, et vilains, et félons.
La terminaison ant fut naturellement celle du cas régime pour les adjectifs en ans et en ens; exemple : constanl, prudent. Ici encore, la forme du cas indirect Va emporté dans l'usage sur la forme du nominatif et pour les meniez raisons ^
Le t se mit par analogie à la fin des mots terminés en an qui, en latin, ne prenaient le t à aucun cas, comme pamnt
^ Yoy. p. 69, et plus loin, Dérivation des Hubstantifê.
[a) [Plus ordinairement en ans, eus.]
[b) [La désinence latine nm n'est pour rien dans la formation des accusatifs en on : !• parce que um, finale atone, disparaît en français, i^pan^ que les accusatifs en on dérivent non de la seconde déclinaison latine, oub de la troisième : fel^felon, ber-baran étaient dans la basse latinité /"Wofelônem^ bdro-barôncm.]
[c) [11 serait plus correct de dire /b/, ber; dans les formes feh. bem l> s'est introduit par assimilation aux mots dérives de la seconde déclinaison latine.]
{paganus[a]), el de ceux qui, ne venant point du latin, ne le prenaient pas davantage dans la déclinaison germanique, comme normanL Au nominatif, ces mois avaient Vs final li paimm, li normans. On trouve Comot au cas régime sin^u- . lier et au nominatif pluriel pour un homme de Comouaillet,
Vers un Cornot ou vers un Saisne.
Triêtan, v. 3219.
Envers un homme de Cornouailles ou envers un Saxon.
Li Comot sont reherceor.
Ib., V. 3230. Les hommes de Cornouailles sont rapporteurs *.
Le <, marque du cas régime, est plus rare dans les adjectifs que dans les substantifs. Je ne compte pas fort, mort, de for'$, mor-s, parce que le t qui termine ces mois est celui du nominatiflatin, fortis, mortuus, que 1* avait effacé, et qu'en tombant il laisse reparaître ; mais on peut citer petit do. petU; Guillot le petis (Théâtre fr, au moyen âge, p. 56), cor. serve dans le nom propre Petis de la Croix, à moins que 1 elyraologie de ce mot ne montre un second t dans le radical, ce qui aurait lieu, par exemple, s'il provenait, comnK^ le veut Le Duchat, de petilum. Mais cette étymologie mi\ semble peu probable*. Le t reparaissait au nominatif pluriel.
Aux armes courent li gnnt et li petit,
Gariti }e Ijoherain, t. II, p. 224.
Les grands et les petits courent aux armes.
• Mot à mot : sont des gens qui répètent, do l'anglais rehearse. Cornoi foamit un exemple du cas régime en ot, qui se retrouve dans des nomg propres, comme Guyot de Guis, Emmelot d'Emmchs (liom, franc., p 28,1 et dans d'autres mots encore. '
' M. Dici y a recours (t. Il, p. 50V pour se rendre compte du / de petk; mais si le t n'était pas inhérent au mot, et n'était qu'un signe de flexion, <>n n'aurait pas besoin, pour l'expliquer, d'avoir recours à une étymologie mvraisemblable. — [Le fait est qu'on ignore rétymologic du mot petit; celle qui le dérive de pctitum n est que spiriluelle; toutefois il esttrèsprol«ble que le t final est étymologique. (Voy. Diez, Etym, Wart., au mot ptto.] Petit serait donc dans le même cas que fort et mort]
{a, \Paisant ne vient pas de paganus qui donne ;;«fcr» ; c'est un mot dérivé à l'aide d'un suflixe de pais qui lui-même vient ùepagense.]
Quant aux genres, les féminins en a remplacèrent celte désinence par un e muet, comme le firent les noms : gloriosa^ fit gloriose^ comme rosa fît rose.
La terminaison ose (d'où euse) fut appliquée par confusion h des adjectifs qui, en latin, n avaient point la terminaison osits^ comme pieuse de pia. C'est, étymologique meut parlant, un véritable barbarisme, car piosa n*est pas latin. Aussi trouve-t-on la vraie forme du féminin de pieux dans piûe :
La piûe Yirgene*.
et dans j^itf que nous a conservé Texpression œuvre pie (a).
En général, les dérivés des adjectifs qui, en latin, avaient )e masculin semblable au féminin, et ne distinguaient point les deux genres; grand, fort, etc., furent des deux genres. Ceci rend compte d'une anomalie apparente de Tanciennc langue, dans laquelle on disait : grarul femme, fort tour, etc. ; j*y reviendrai tout à Theure.
Cependant il y avait des exceptions ; les adjectifs terminés par un f, prenaient au féminin un v ; il en est ainsi aujourd'hui dans beaucoup de mots : vif, vive; sauf y sauve; mais la règle était plus constante dans l'ancienne langue. Nous disons grave et suave pour les deux genres ; on disait grief* et grieve, sœf et soeve (b).
* L'ancienne terminaison française otis, os s'est conservée dans ces deux vers du God save the khtg.
Send him glorious Ilappy, and victorious.
Prononcez glorios, victorios.
' Orelli, Altfr. gram., p. 30.
' L'ancienne forme de l'adjectif s'est conservée dans le substantif ua grief, c'est-à-dire une chose qui alflige ; ce substantif est un TéritaW* neutre.
{a) [La Traie forme du féminin de pieux est pieuse et non pasfw^- f^' vient de pia, et pour rendre compte de jneux, pieuse, il faut supposer le dérivé latin piosus, piosa.]
(6) [grave et suave sont des formes savantes calquées sur Je latin; iJ
Id, contre Tordinaire, la langue moderne s'est rapprochée dD latin, et, par là, a perdu une distinction que l'ancienne langue avait établie.
De même, en anglais, les adjectifs fi ançais en f ont pris aux deux genres la terminaison en ve : récréative, inoffensive.
Le neutre, qui, en français, a entièrement disparu du substantif, a laissé une trace dans l'adjectir. Pis de pejus^ peut être considéré comme le neutre de Tadjeclif dont pire, de pejor, est le masculin. Voilà pourquoi on dit : il est pire; et, c'est bien ph.
Nous disons : le faux, le vrai^ le beau, le laid; ce sont de véritables adjectifs neutres devenus des substantifs absolus, comme il arrive en grec, en latin et en allemand. Ce qui a lieu pour quelques adjectifs dans le français moderne, était beaucoup plus général dans l'ancienne langue. On disait : li doux-, li amers, pour la douceur, V amertume, etc. (a).
L'adjectif était pris aussi adverbialement dans l'ancien français, comme en latin : dulce loquentem, Hor., et en provençal : gent esgardar, gentiment regarder ^ Nous disons
forme ancienne de ces mêmes mots est grief et souef pour les deux genres, commegrand et fort cités plus liaut. On trouve, il est vrai, grieve et goeve, nais au temps où on rencontre aussi grande et forte, en général après le treizième siècle ]
* Raynouard, Gramm. romane, p. fK). Voici un charmant exemple de cet emploi adverbial de l'adjectif en italien :
Cht non sa corne dolce il cor si fura, Corne dolce s'obblia ogni martire, Come dolce s'acqneta ogni désire.
Rime di Madonna Gaspara Stampa. Ven., 1737. p. 16.
(fli [f doux, li amers sont des adjectifs pris substantivement, mais ils sont masculins et non pas neutres. Il y a dans l'ancienne langue, au Nord comme au Midi, des exemples d'adjectifs neutres. Ce qui les caractérise, c'est qu'ils n'ont pas de terminaisons casuelles; ainsi, on provençal, dans les locutions mal m'a, greu m'es, etc., mal, greii sont neutres et ont été considérés comme tels parles anciens grammairiens. ( ToirGuessard, Gram^ maire jfrov., p. 6, et Littré, //«/. de la langue /r., Il, 431-2,) Le même fait s'observe en (rancis.]
eacore : sentir boUy mais nous ne disons plus : sentir doux; nous disons : aller vite, mais nous ne disons plus : aller lent. Dans Tancien français on disait : soef flairant^ soef tiourri,
sœf emblant.
La jument fait a 1er plus lent.
Fahl. et Cont , t, I, p. 97.
Il Tait aller la jument plus lentement.
Nus n'en parlout si cruelment.
Si laid ne si vilainement.
Benoit, Chron. de Sorm., t. ÏU, p. 33. Nul n'en parlait si cruellement, si laidement, ni si vilainement.
Dans cerlaines locutions encore usitées, on est frappé de l'association d'un adjectif masculin avec un substantif féminin.
Ainsi on dit encore, grand pitié ^ grand peine, grand salle, grand mère, grand rue, et Perrault, dans le Petit Chaperon^ a dit mère grand ; on dit, en style de palais, lettres royaux; on dit fonts baptismaux ; or, fonts (pour fontaines) était féminin, comme le prouvent Belle-font, nom propre, et Chaudesfonts, nom de lieu.
D'où vient cette apparente anomalie? Les grammairiens prétendent que dans grand mère, grand pitié', etc., Ye muet est étidé ^, et ils placent une apostrophe après grand. Cela prouve que les grammairiens ne savent pas l'histoire de la langue; il ne faut point d'apostrophe, car il n'y a rien d'élidé.
L'ancienne langue rend raison de cette infraction à la loi d'après laquelle l'adjectif s'accorde avec le substantif; elle en rend raison par une autre loi fondée sur l'étymologie. M. Raynouard, qui a mis en lumière le fait du désaccord de ces adjectifs avec leur substantif, ne me parait pas, non plus que MM. Diez et Orelli, en avoir connu la raison.
M. Raynouard énumère * plusieurs classes d'adjectifs qui,
• Lavaux, Difficultés de la langue franc., p. 360.
• Gramm comparée, p. 100 et suiv.
dans rancienne langue, étaient invariables au masculin et au féminin, et ne prenaient point le genre du substantif auquel ils se rapportaient.
i** Les adjectifs français en al ou «/, dérivés des adjectifs latins en alis, comme royaîy charnel, mortel.
i^ L*adjectif grande qu*on trouve jusque dans Marot et dans Du Bartas, joint à un substantif féminin sans en suivre le çenre.
5° Les adjectifs en ani; exemple : v^erdmant.
4*> Les adjectifs qui ont formé leur terminaison ar ou er, du latin ari»; ex. : par (d'oùj^air).
5<^ Les adjectifs qui ont formé leur terminaison el^ du latin e/w; ex. : cruel.
6* L'adjectif ren/ ou vert,
l'* Les adjectifs en il, du latin îlis ^; ex. : gentiL
Quelle est la cause de ce singulier phénomène grammatical? M. Raynouard ne Ta pas dit. Évidemment, c'est que dans tous ces adjectifs la terminaison latine du masculin était semblable à celle du féminin. Ce que le latin ne distinguait pas, Tancienne langue française ne le distinguait pas non plus. Là où le latin disait aux deux genres :
Regalis,
Mortalis,
Grandis,
Virescens,
Par,
' X. Raynouard a tort, ce me semble, de citer comme exemple de la forme ûiTariable drs adjectifs en il mis en construction avec un nom féminin, ces deux vers du teêtament de Jean de Mehung :
De néant flt réalité D'imraobft mutabilité,
comme si immobil se rapportait à nmlabilUé, Tout au contraire, immobil e^t ici an sens absolu, comme néant dans le vers qui précède; immobil n'est pas féminin, il serait plutôt neutre. Il faut ponctuer le vers ainsi :
D'immobil, miitabilité.
Crudelis,
Viridis,
Gentiiis,
1 *ancien français disait aux deux genres :
Royal,
Mortel,
Grand,
Verdissant,
Pair,
Cruel,
Verd,
Gentil.
Les adjectifs au contraire qui, en latin, distinguaient par une terminaison différente le masculin du féminin, distinguaient également les deux genres dans Tancien franco comme dans le moderne. On disait, comme aujourd'hui, bonne femme, chère fille, longue route, parce quen latin, bona différait de bonus; cara, de carus; longa, de longiis^.
Le vers suivant offre l'exemple d'un adjectif qui s'accorde et d'un adjectif qui ne s'accorde pas avec un substantif.
La roule ert longue et gran;: assez.
Fables et Conies^ 1. 1, p. 196.
I^ route était très-longue et ti*ès- grande.
' Celte règle, comme toutes les règles, el surtout celles de la gramimiiv française au moyen âge, est sujette à des exceptions. D'une part, quelques adjectifs qui avaient en latin le masculin semblable au féminin distinguaient, dans l'ancien français, les deux genres. Dulci» s'employait en latin pour le masculin et le féminin, mais dans l'ancien français on disait dtmU amù' eiflouîce dame. D'autre part, on trouve saini Yglise (Vin de Thomu dr Cantorbéry, p. 09 et pas^sim); mais ces anomalies partielles ne détruisent point la réalité de la règle générale fondée sur une base étymologique. — [Saint est la leçon du manuscrit de Wolfenbûttel, publié par Bekker, iu«> il faut en ce cas imprimer saint' Yglise, car le manuscrit de Paris, qua édité M. Hippoau, porte aux mômes endroits sainte.]
Plus tard on a étendu la même distinction du masculin et du féminin à tous les adjectifs, quelle que fût en latin la ressemblance ou la différence des genres ^ ; il y avait avantage à faire ainsi, puisqu'on donnait par là une terminaison distincte à deux genres distincts. On peut donc dire heureuse cette modification que Tancien français a subie en passant au français moderne.
On ne saurait approuver de même le changement orthographique par lequel nous avons placé arbitrairement à la terminaison masculine de quelques adjectifs en il un e muet dont nul motif étymologique ne justifie la capricieuse adoption. Ainsi, tandis que nous écrivons, comme il est naturel :
yU de viliSf Gentil de gentiliSf
nous écrivons :
Servife de aerviliSf Fertite de fertilis.
Au moyen âge, on écrivait *
Servilf fertile
et on avait bien raison.
Le latin avait des formes simples et directes de comparaison, farmosus -ior -issimus. Ces formes ont presque complètement disparu dans le français du moyen âge *. On employait alors, comme aujourd'hui, plus, pour exprimer le comparatif*, et le pluSj pour exprimer le superlatif.
' Eicepté au mot grand (de grandis, masculin et féminin) dans les locu-* tiofls citées plus haut : grand pitié, grand peine, etc.
* Cependant on trouve au moyen âge quelques traces du comparatif en or. Voy. Dic2, Gram. der, rom. Spr„ t. H, p. 59.
* Le français, l'italien, le roumanche, se servent de /)/*«, ;>tà, pli; l'espaffnot, le portugais, le valaquc, emploient un mot dérivé de niagis : mas, mais, mai. Le provençal employait plus et mais.
La première de ces deux formes était préparée par remploi en latin de plus j non pas, il est vrai, devant un adjectif, mais devant un verbe, plus facit, il ïaii plus. On irou\e plus devant un adjectif déjà dans Némésien^
Quant à le plus, ce n'est réellement qu'un comparatif emphatique. Le plus beau f c'est-à-dire celui qui est plus beau que tous les autres. L'inconvénient d'exprimer ainsi la superlativité, c'est de rappeler toujours un terme de comparaison, tandis que le propre du superlatif est d'exclure toute comparaison.
La forme du superlatif latin, issimusy est restée attachée par l'usage à quelques adjectifs exprimant une vénération profonde, révérendmime^ sérénissime ; et, ce qui est plus remarquable, cette forme, bannie presque entièrement de l'adjectif où elle avait pris naissance, a trouvé asile dans quelques substantifs, généralissime^.
Dans l'ancien français, beaucoup plus d'adjectifs avaient gardé la forme du superlatif latin ; on disait saintisme, hallismey grandismey pêsme (pessimus).
Quatre adjectifs, dont les formes comparatives sont, dans plusieurs langues, différentes de celles des ifutres adjectifs ^ savoir : bon, mauvais, grand, petite eurent des comparatifs dans l'ancienne langue.
Bon. . . .
Meillor.
Mieldre ou mieudre.
Mauvais [a).
Pejor.
Pire.
* Plus formosws. Ed. IV, v. 72.
* Piaute avait dit en se jouant : OcuHisimus.
* En grec àyaOô$, jSs^r^wv, — /liyaç, jcjisiÇeay, — fiupàç, iXàrrtav, — x«*»» X<t>uv. En latin bonus, melior, — tnalus^ pejor^ — panfus, minor. En anglais good^ better, — bad, worse,
(a) [Mal vaudrait peut-être mieux ici que mauvais.]
FORHÀTIO:^ DE L'ADJECTIF. 101
Grand. . • Greignor*.
Major.
Maire-.
Petit . . . Miiior,
Meindre (a).
De ces formes, sont restés seulement les comparatifs meilleur, pire et moindre. Grand a perdu tout comparatif simple : greiçnor n'est pas arrivé jusqu'à nous. Maire n'est plus que substantif; major se prend quelquefois avec son sens comparatif, mais c est seulement dans certaines locutions consacrées : après un nom propre, pour désigner l'aîné de deux frères, ou dans des noms de charges ou de dignités, major, major-dome, tambour-major y etc.
* Gragn, veut dire grand dans un dialecte de l'Italie septentrionale, qui a de singulières analogies avec le français. Hormayr, Gesch. des Tyr, p 160.
* Ce Tcrs :
Qui meut est grande, et adés sera maire.
veut dire :
Qui est très-grande et bientôt sera plus grande.
et ne prouve nullement, comme le dit M. Edelestand du Héril, que le titre de maire stii été donné à une femme dès le douzième siècle. Hist. de la poésie uandinare, p. 203.
,«', [Me'dlor, pejor, greignor, minor sont régimes, mieudre^ pire, maire , ndttdresoni sujets. L'ancienne langue française possédait d'autres comparai ils encore : joindre-joveinort pour jeune; forçor, halsor, sordeor, belli- '"''r.yenceêorf que l'on ne connaît que sous la forme du rég. Nous a\ons tikore««ret neigneur. Yov. Diez, Gramm., II, 70, et Gadton Paris, Accent ^a/w.p.5C-8.J