I. — Article
L'article li pour le est encore dans Villon (a) :
Autant en emporte li vens.
(a) [On ne peut tirer de cet exemple une preuve de l'usage suivi au temps de Villon ; le poëte annonce en effet l'intention d'écrire « en vieil Irançois. »]
LANGUE DU XVIe SIÈCLE. 405
Mais on ne le rencontre point chez les auteurs du seizième siècle. On trouve pourtant dans Rabelais (t. II, p. 15) ly bon Dieu et ly bons lioms, le bon Dieu et les bons hommes; mais c'est, ce semble, dans l'intention de Rabelais, une exclamation solennelle selon une formule antique, ce qui explique l'emploi suranné de ly.
Es se prend encore au seizième siècle dans le sens locatif, pour dans les :
Le délibérer, voire ez choses plus légières, m'importune.
Mont., Essais, t. Y, p. 91.
Mais il se prend aussi pour le datif simple, très-fréquemment dans Rabelais; on voit que la tradition du sens primitif va se perdant :
£;zquelz je suis coustumier de respondre.
T. II, p. 1.