IV. — Adjectifs
Les exemples d'adjectifs infléchis abondent au seizième siècle, surtout de l'adjectif grand :
Tu dois longtemps maint sillon mesurer De la grand mer.
T. III, p. 65.
Saturne, sa grand faux; Neptune, ses grands eaux. Ross., voy. Pasquier, Recherches, p. 773.
Amyot écrit grand peine, Daph, et Chl., p. 57, verso, mais il écrit grande chose, Daph. et ChL, p. 56, verso. Cependant pas grand chose est resté dans l'usage jusqu'à nos jours. iMais grand n'est pas le seul adjectif qu'on trouve infléchi au seizième siècle.
Les participes en ant se déclinaient, au seizième siècle,
(a) [Bure est ici un adjectif. Voy. ce mot dans le Dict. de M. Littré.]
(b) [On ne voit pas trace, dans cet exemple, d'une imitation de la déclinaison grecque.]
comme les adjectifs (voy. plus loin), comme eux ils restaient souvent infléchis devant ou après un substantif féminin : une vaillant dame1-, Vannée ensuyvant2.
Elle qui se dit être genti- femme.
Amtot, Théag. et Char., p. 7.
Ont aide spécial.
Calvin, Inst. de la Rel. chr., p. 8.
La forme primitive en al des adjectifs en el reparaît quelquefois au seizième siècle ; exemple : accidentalement, Mont. Essais, t. VII, p. 196.
Les adjectifs en île n'ont pas toujours pris Ye muet :
Toujours avecq7 l'honneur le labeur est util, Quand on cultive un champs qui est gras et fertil. Rons., t. VII, p. 77.
D'autre part, puéril que nous écrivons sans e muet l'avait dans Amyot. Vie des Hommes ML, t. II, p. 141.
Adjectifs pris d'une manière absolue.
Comme Y amer au vin trop vieux.
Mont., Essais, t. Y, p. 152.
Il siffle aigu.
Rons., t. III, p. 126.
Je suis le doux et Y amer tout ensemble.
Rons., t. III, p. 512.
A pratiquer d'amour l'amertume et le doux.
Rons., t. VII, p. 176.
! Hist. du bon chev. sanspaour et sans reprouche, p. 504» 2 P. 524.
LANGUE DU XVIe SIÈCLE. 415
Y. — Pronoms.