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Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale

Pendant que la maison de Habsbourg, qui était parvenue dès la fin du xm" siècle à la fois à l'empire et à une grande position territoriale, rayonnait tout à l'entour de la Marche orientale, centre de sa puissance, et fondait dans la vallée du Danube moyen une des antiques monarchies de l'Europe, la dépression septentrionale de l'Allemagne voyait grandir lentement, dans les deux bassins de la Baltique et de la mer du Nord, la dynastie rivale des Hohenzollern, qui, après avoir été longtemps éclipsée par elle, a commencé au milieu du xviii" siècle à lui disputer la prépondérance dans les contrées de race allemande, qu'elle vient de lui arracher sous nos yeux. La monarchie prussienne a eu, elle aussi, pour

berceau une de ces marches fondées sur la lisière des populations germaniques et slaves, où, en territoire toujours disputé, les agrandissements étaient plus faciles que dans la vraie Germanie, beaucoup plus tôt arrivée à une assiette territoriale fixe et déterminée; elle aussi, plus même peut-être que la monarchie autrichienne, elle est une création de par la main des princes : car sa raison d'être, c'est la lente persévérance de nombreuses générations de souverains et le génie d'un seul d'entre eux.

Comme les Habsbourg-, les Hohenzollern sont de souche souabe; leur manoir originaire, splendidement restauré par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, couronne, à une lieue au sud de Hechingen et presque à égale distance du Neckar et du Danabe, un des cônes isolés qui accompagnent la Rauhe-Alp. Frédéric II s'est moqué avec esprit, au début de ses Mémoires pour servir à l'histoire de la maison de Brandebourg, des historiographes officiels qui ont voulu les rattacher aux Colonna romains, aux Welfs allemanniques ou au duc saxon AVittikind; leur commune descendance avec les Habsbourg, les Agilolfmgiens ou même les Mérovingiens ne repose également que sur des rêveries de généalogistes ; l'histoire authentique enregistre la première apparition du nom de Zollcrn à l'année 1061, avec Burkardus et Wezil (Werner) de Zolorin. Pendant près de deux siècles encore, à partir de cette date, on n'a que des renseignements insuffisants sur la filiation et les gestes des seigneurs, puis comtes de Hohenzollern : preuve évidente de la position modeste qu'ils occupaient à leurs débuts. Jamais d'ailleurs ils ne sont devenus vraiment puissants dans leur patrie souabe : leur rôle historique est le résultat de transplantations successives, par des rameaux sans cesse renouvelés, qui dans les temps modernes sont tous venus se fondre dans la branche royale de Prusse, seule régnante aujourd'hui.

La première bifurcation et la première transplantation partielle de la maison paraissent remonter à la fin du xif siècle. D'après la tradition reçue, mais non diplomatique-

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