‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 2 sur 168 · LES HOHENZOLLERN EN SOUABE ET EN FIIANCONIE · texte numérisé non relu

LES HOHENZOLLERN EN SOUABE ET EN FIIANCONIE

ment prouvée, Rodolphe II de Hohenzollern aurait eu deux fils : le cadet, Conrad, aurait eu les biens patrimoniaux en Franconie et serait devenu l'aïeul des burgraves de Nuremberg-, électeurs de Brandebourg-, rois de Prusse, empereurs allemands; son frère aîné, Frédéric IV, aurait continué les Hohenzollern souabes.

Les destinées de la ligne aînée ou souabe peuvent se résumer en peu de mois. A ses possessions primitives, g-roupées autour du château de Zollern et de la ville de Hechingen, elle ajouta à la fin du xv" siècle la seigneurie de Ilaigerloch, qui la rendit riveraine du Neckar, et dans le courant du xvi° les comtés de Sig-maringen et de Vering-en, qui prolongèrent ses domaines jusqu'au sud du Danube. En 1.376, à la mort da comte Charles P"", petit-fds d'Eitcl-Frédéric IV, dont la faveur de Maximilien F*" avait fait le premier jugesuprême à la chambre impériale de Spire, elle se divisa en deux branches principales, Hohenzollern- Ilcchingen et Hohenzollern-Sigmaringen, qui toutes les deux furent élevées au rang princier par les empereurs du xwf siècle, la première en 1623 et la seconde en 1696. L'une et l'autre entrèrent, avec quelques insignifiantes augmentations territoriales, dans la Confédération du Rhin, lors de sa création en 1806; puis en 1813 elles firent partie de la Confédération germanique; mais, dix-sept ans avant la disparition de celle-ci, une double abdication volontaire mit fin à leur souveraineté, et adjoignit leur modeste patrimoine, de 1 150 kilomètres carrés et de 60 000 âmes, à la monarchie prussienne. Dès 1693 elles avaient conclu avec leurs cousins de Brandebourg un pacte de confraternité, qui leur avait permis de prendre le litre de burgraves de Nuremberg; le 7 décembre 1849, les deux princes régnants, Frédéric de Hohenzollern-Hechingen et Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen, résignèrent leurs Etals entre les mains du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV. Depuis lors, la branche de Hechingen s'est éteinte en 1869 dans la personne du prince Frédéric; celle de Sigmaringen au contraire a occupé d'elle

la renommée plus que ne l'avaient jamais fait auparavant les Hohenzollern souabes : au mois de mai 1866, le deuxième fils du prince Charles-Antoine, le prince Charles, était appelé par le libre choix du peuple roumain à fonder, sur les bords du bas Danube, une dynastie héréditaire, aujourd'hui royale; et quatre ans plus lard, au mois de juillet 1870, la candidature au trône d'Espagne de son fils aîné, le prince Léopold, servait de prétexte à la guerre depuis longtemps imminente entre la France et l'Allemagne.

La ligne cadette ou franconienne, quoique appelée à des destinées beaucoup plus hautes que son aînée , resta , elle aussi, pendant longtemps passablement obscure. Établie en Franconie, elle dut d'abord son importance relative au burgraviat de Nuremberg, que les ZoUern possédaient peut-être déjà en 1180, qu'ils détenaient indubitablement en 1226, et que Rodolphe de Habsbourg, au lendemain de son couronnement (1273), leur inféoda héréditairement, même avec le droit de le transmettre par les femmes, comme un gage de son affection et de sa gratitude à l'égard de son parent et ami Frédéric III de Hohenzollern, qui avait puissamment aidé à son élection, en attendant qu'il portât la bannière de l'empire à la bataille du Marchfeld. Le burgraviat, c'est-àdire l'administration des biens impériaux et Texercice de la haute justice au nom de l'empereur, se réduisit peu à peu, à Nuremberg comme ailleurs, à fort peu de chose, par suite de l'éclipsé presque totale de l'autorité impériale, mais les burgraves de Nuremberg avaient auparavant mis le temps à profit pour augmenter leur puissance patrimoniale. Le comté d'Abenberg dans le pays de la Rézat, acquis déjà dans la première moitié du xin" siècle, devint le noyau de la principauté d'Anspach; celle de Baireuth s'aggloméra successivement autour de la part des biens méraniens qui leur était échue en héritage en 1248. Pendant tout le xiv" siècle, l'administration prudente et économe des Hohenzollern franconiens, dignes aïeux des souverains brandebourgeois et prussiens, ne se démentit pas un instant; toujours prêts à

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