LA CONFEDERATION HELVETIQUE MODERNE
Avant d'étudier la transformation politique et géographique de la Suisse qui fut le contre-coup de la Révolution française, et de montrer comment, au prix d'une période douloureuse de guerre civile et étrangère, l'ancienne Gonfération des treize cantons avec ses sujets et ses alliés, momentanément chang'ée en une république unitaire, devint une fédération de ving-t-deux cantons égaux en droits, il est convenable de résumer en peu de mois l'org-anisation complexe du corps helvétique à la fin du xvni*^ siècle, en ajoutant à ce qui a été dit plus haut quelques observations géographiques et statistiques, qui rendront plus facile la comparaison des circonscriptions de la Suisse moderne avec l'état territorial antérieur.
Résultat historique de l'agrégation successive d'une série de territoires qui ne s'étaient jamais fondus dans une unité politique supérieure, l'ancienne Confédération helvétique procédait en droite ligne du moyen âge et offrait à certains égards un spectacle plus étrange encore que le saint-empire lui-même. Sans reproduire les détails relatifs à chacun de ses membres, que l'on trouvera d'ailleurs sommairement indi- T. II. 28
qués dans le tableau au bas de la page ', nous rappellerons seulement les caractères essentiels qui les différenciaient entre eux.
Les treize cantons souverains de Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Schwitz, Unterwalden, Zug-, Glaris, Bâle, Fribourg, Soleure, Schaffhouse et Appenzell, que nous énumérons ici non plus d'après l'ordre de leur admission, mais d'après leur rang- officiel en diète, formaient autant de républiques dis-