‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 125 sur 168 · LE CORPS HELVÉTIQUE A LA FIN DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE CORPS HELVÉTIQUE A LA FIN DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

fort variée d'ailleurs, trois d'entre eux avaient des princes ecclésiastiques ou laïques, diversement limités dans leurs droits souverains; de même que les républiques helvétiques proprement dites, celles qui étaient dans leur alliance avaient presque toutes des sujets, qui obéissaient à une seule ou à plusieurs d'entre elles.

Ensemble les deux groupes couvraient une superficie un peu plus considérable que celle de la Suisse actuelle; si celleci en effet s'étend le long du Rhin argovien, du Jura et de l'extrémité occidentale du Léman sur des territoires qui, en 1789, appartenaient à l'Autriche, à la partie allemande de l'évêché de Bâle, à la France et à la Savoie, elle ne comprend plus ni la ville de Mulhouse, ni les bailliages italiens des Grisons, à eux seuls plus étendus que toutes les acquisitions récentes; par conséquent, comme la Suisse contemporaine est cadastrée à 41 350 kilomètres carrés, on ne sera pas fort éloigné de la vérité en en attribuant 42 000 à l'ancienne Confédération : il 3' a loin de ce chiffre aux estimations de 47 000 ou même de 52 000 kilomètres carrés qu'on rencontre dans les ouvrages géographiques du dernier siècle.

Pour ce qui est de la population, tout moyen de contrôle direct nous fait défaut; nous ne pouvons donc qu'enregistrer les chiffres estimatifs qui avaient cours il y a cent ans, en faisant remarquer toutefois que dès cette époque certains d'entre eux paraissaient exagérés aux juges les plus compétents . On donnait 1800 000 habitants à la Confédération entière, dont 950 000 aux treize cantons, .350 000 à leurs dépendances communes, 500 000 aux Etats alliés. Le plus exact des trois chiffres partiels est sans doute le premier, car il ne paraît pas y avoir exagération à attribuer 330 000 âmes à Berne, 175 000 à Zurich, 100 000 cà Lucerne, 72 000 à Fribourg, 51 000 à Appenzell, 45 000 à Soleure, et de 35 000 à 20 000 à chacun des sept autres cantons; les deux autres, au contraire, sont probablement fort supérieurs à la réalité, sinon pour les 60 000 âmes assignées à la Thurgovie, les 90 000 de la principauté de Saint Gall, les GO 000 du

Valais, les 40 000 de Neuchâtel et les 30 000 de Genève, du moins pour les 150 000 et les 250 000 habitants respectivement attribués aux bailliag-es communs italiens et aux trois ligues grises.

Le groupement topographique des cantons, des bailliages communs et des alliés nous ramène sur un terrain plus solide. Ils se partageaient fort inégalement entre la Suisse orientale et la Suisse occidentale, dont la première, lieu d'origine de la Confédération, était beaucoup plus morcelée que l'autre.

A la Suisse orientale en effet appartenaient neuf cantons sur treize, à savoir les quatre pays forestiers d'Uri, Schwitz, Unterwalden et Lucerno avec leurs voisins alpestres de Zug et de Glaris, puis plus au nord, les continuant sans interruption, Zurich, le deuxième canton quant à la puissance, et SchafTliouse, l'unique république helvétique sise à la droite du Rhin, au nord-est enfin le pays d'Appenzell, qui seul ne touchait à aucun autre canton et était de tous côtés entouré par des terres alliées ou des bailliages communs. Plus nombreux encore y étaient les pays protégés, sujets et alliés : dans la région centrale du lac de Lucerne se trouvaient les petits Etats libres d'Engelberg et de Gersau; au sud les avoucries communes italiennes faisaient suite aux vicinances urnoises de la Levantine; au sud-est s'étendaient les trois ligues grises avec leurs dépendances; au nord-est les avoueries communes de Rapperschwyl, Utznach, Gaster, Sargans, Gams, Rheinthal et ïhurgovie, les bailliages glaronois ou zuricois de Werdenberg et de Sax, et les deux territoires alliés de l'abbaye et de la ville de Saint-Gall, occupaient, conjointement avec le canton d'Appenzell, la région comprise entre le lac de Constance et le lac de Wallenstadt, le lac de Zurich et le Rheinthal; au nord-ouest enfin, de l'autre côté du canton de Zurich, entre ses frontières et celles de Berne, se suivaient du sud au nord les bailliages-libres supérieurs et inférieurs, les villes de Bremgarten et de Mellingen et le comté de Baden.

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